mercredi 7 janvier 2009

Les filles du roy

Résumé des deux derniers billets

Mon ancêtre est arrivé de Rodez, dans l'Aveyron, au sud de la France, comme soldat du Régiment de Carignan, en 1665. Il avait 18 ans. Deux ans plus tard, il y eut un traité de paix avec les Iroquois, ce qui n'empêchait pas les escarmouches. Les Iroquois, alliés des Anglais avaient déjà découvert des techniques de guérillas.

Les Français faisaient à l'occasion des attaques préventives. En 1690, 25 Français attaquent une centaire d'Iroquois. Mon ancêtre, Jean Dalpé (ou Delpué ou Delpèche) fut tué. Il avait 43 ans. Après le traité de paix conclu avec les Iroquois, 400 soldats du régiment de Carignan étaient restés au pays. Par ce traité, le roi de France devint le seul chef d'État reconnu sur les terres d'Amérique. Le territoire était très vaste. À cette époque, une bonne partie du territoire actuel des États-Unis était une colonie de la France. La Louisiane, dans le sud des États-Unis fut baptisée ainsi en l'honneur de Louis XIV.
Cliquer pour voir la carte: carte Nouvelle France;

Pourquoi 400 soldats sont restés en Nouvelle-France ?

Louis XIV avait rapatrié une partie du régiment tout en souhaitant que quelques-uns restent en Nouvelle-France pour développer et protéger la colonie. Pour les encourager, il leur offrit des concessions de terre le long du fleuve St-Laurent. Mon ancêtre s'établit à Vercheres. Une rue porte son nom.

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Le vidéoclip de Caracole auquel nous avons participé comme figurants il y a quelques mois a justement été tourné par hasard dans le Vieux centre ville de Verchères. Un endroit à faire rêver.

En plus d'octroyer des terres à ces anciens soldats devenus agriculteurs, il fallait offrir des filles à marier. Un bateau de filles du roi fit la joie des soldats. Des 1000 filles qui avaient entrepris le voyage, seulement 800 arrivèrent en Nouvelle-France. Pour plus de détails cliquez sur les filles du roy.

Filles de petite vertu ces jeunes femmes arrivées en 1665 pour peupler la Nouvelle-France? Certains disent que oui. D'autres rappellent qu'elles avaient été sélectionnées une à une par les religieuses et qu'elles étaient en bonne santé. La preuve? Vingt ans plus tard, elles avaient fait tripler la population.




En peu de temps on passa à 4000 résidents, puis à 6000. Il était d'ailleurs très mal vu à cette époque qu'une dame reste veuve longtemps.

Les soldats demeurés en Nouvelle-France y étaient restés surtout par loyauté au roi et par héroïsme pour le développement d'une société idéale. Ils s'entraidaient, s'épaulaient.

Ils eurent de nombreux enfants. Certaines filles n'hésitaient pas à changer de mari au besoin. Elles se souvenaient bien des paroles de la Bible: "Allez, multipliez-vous..." Alors elles multipliaient les descendants, à la grâce du roi, peu importait la façon.

Mais tout était trop beau pour se poursuivre si bien. Les guerres de Louis XIV en Europe drainaient la jeunesse française et il y eut peu de nouveaux arrivants.

Alors que les défricheurs vivaient péniblement de durement, luttant contre le froid et la misère, les fils devenus grands comprirent vite que la vie de coureur des bois étaient plus excitante et plus payante. Le commerce de la fourrure était très payant. Et Brigitte Bardot n'était pas encore née. Personne ne prenait la défense de ces pauvres bêtes qu'on tuait pour la fourrure.

La guerre de Louis XIV prit fin en 1713 et le roi Soleil mourut en 1715.
Pour la Nouvelle France commença alors une ère merveilleuse, impotoyable mais envoûtante. Le petit fils de Jean Dalpé allait y être associé sur les terres des Pères de St-Sulpice. Il aura un rôle de prestige assez amusant.

On peut comprendre pourquoi plusieurs soldats du régiment de Carignan sont restés en Nouvelle-France. La vie n'était pas plus rose en France. Il y avait la guerre, des guerres de religion et beaucoup d'instabilité. En Nouvelle France, il y avait une communauté soudée, avec des valeurs communes, de l'aventure pour tous les goûts, d'immenses concessions cédées sur le bord de cours d'eau magestueux: le fleuve St-Laurent, la rivière Richelieu (en l'honneur du Cardinal), des territoires immenses à découvrir, etc.

Mais pour les premiers colons installés ailleurs, sans commodité, les temps allaient être durs. Et pour eux, rester là, n'étaient pas évidentes. Pourquoi sont-ils restés?
Une vraie leçon de vie...

À suivre...

6 commentaires:

Encre a dit…

J'ose à peine entrevoir ce que pouvait être la vie sous nos climats sans la technologie, sans même aucune forme d'infrastructure, sans possibilité de ravitaillement une grande partie de l'année. Comment ces premiers arrivants, perdus sur ce contiment immense, ont-il bien pu survivre durant les premières décennies?! Qui choisirait de vivre ainsi?

Jackss a dit…

Encre,

Tes questions tombent pile. C'est le genre de questions qui me viennent aussi à l'esprit à la lecture de la vie au quotidien des gens de cette époque. Il fallait être drôlement fort, courageux et débrouillards.

Déjà, en partant à l'aventure, j'ai hâte de voir comment certaines facilités vont me manquer. Bien sûr, il n'y a rien de comparable. Il va manquer certaines ressources et certains commerces qui font partie de mon quotidiens. Je n'aurai plus mes outils, le nettoyeur à proximité.

Reste à savoir si que j'y gagnerai au change. C'est ce qui m'attire le plus dans l'aventure.

Marguerite-Marie a dit…

j'ai visité l'Acadie lors d'un voyage en 2005 en nouvelle Ecosse et au Québec, puis en 2007 je suis allée en nouvelle Angleterre et ai visité le lieu où les pélerins ( en majorité Anglais) sont arrivés avec le Mayflower, d'après les recontitutions la vie était très dure mais elle l'était aussi en France. J'ai remarqué une chose sur la liste des "filles du Roy" que quelques unes s'appelaient marguerite c'est mon prénom complètement ou presque plus donné maintenant en france.
Continue ton reportage ça me plait.

Jackss a dit…

Bonjour Marguerite-Marie,

Vous avez de la culture! Je n'ai jamais visité l'Acadie, le Nouveau Brunswick. Je pars bientôt pour Havre Saint-Pierre. Je prévois y demeurer un an. L'endroit à été d'abord habité par des Esquimaux puis des Adadiens ayans été déporté aux Iles de la Madeleine.

J'ai l'intention de jouer un reporter durant ce long périple.

La Nouvelle Angleterre m'est plus familière. Nous demeurons tout près de la frontière. Et la région où j'habite a été d'abord occupée et développée par des Royalistes demeurés fidèles à la couronne britannique après l'indépendance des USA.

Quand j'étais jeune, les cantons de l'Est (où j'habite) étaient à majorité anglophone. La situation s'est inversée. Il est rare de rencontrer un anglophone a Sherbrooke et si tel est le cas, il est bilingue.

Marguerite-Marie a dit…

wouah!!!j'espère qu'alors le blog continuera.
nous sommes hésitants pour un voyage cet été, en 2008 nous sommes allés au japon...nous avons des amis qui étaient avec nous en nouvelle Angleterre et qui veulent nous convaincre d'aller à Terre neuve, on verra.
Nous connaissons aussi le Canada ouest les rocheuses et Vancouver une merveille!!!!

Jackss a dit…

Faudra bien garder le contact Marguerie-Marie.

D'òu nous serons, nous ne serons pas très loin de Terre-Neuve. Une partie de Terre-Neuve a déjà été considéré comme partie du Québec. Le litige a duré longtemps.

Nous pourrions vous accueillir avec plaisir si l'occasion se présente.

Actuellement, je prépare le terrain, sur mes billets, pour raconter en direct mon voyage sur la Côte Nord. Le premier soir du voyage, nous logerons dans un hôtel comprenant Internet Haute-Vitesse. Je pourrai donc déjà raconter le début du voyage, photos à l'appui. Je me suis acheté une nouvelle caméra pour la circonstance.