jeudi 3 juin 2010

La peur de s'engager


Je ne compte plus le nombre de filles belles et intéressantes qui connaissent des déceptions amoureuses. J'en connais et les articles sur le sujet ne manquent pas. Les gars semblent avoir peur de s'engager.

Le phénomène ne se limite pas à l'amour. Il est aussi désolant en politique. Un véritable drame. Avant de vous livrer mon prochain billet, je veux vous laisser tel quel un éditorial aussi triste que vrai. Je parlais tout récemment d'un silence inquiétant, désolant face à des événements tellement inacceptables qui ne semblent plus déranger personne. L'éditorial qui suit tombe donc dans le mille!

Stéphane Laporte
Lucien Bouchard a le droit de dire ce qu’il pense. Il a le droit de dénoncer le projet souverainiste. Il a le droit de prôner un dégel des droits de scolarité. Il aurait même le droit de proposer au Canadien d’échanger Price et de garder Halak. Jacques Parizeau aussi a le droit de dire exactement le contraire de Lucien Bouchard. Et Bernard Landry a le droit de dire le contraire de Bouchard et la même chose que Parizeau, mais en latin.

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas que tous ces ex se prononcent. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y a que des ex qui se prononcent. Où sont les prochains? Les next? Les chefs de file de la nouvelle génération? Comment se fait-il que les nouvelles idées sont de vieilles idées venues de ceux qui sont déjà passés par là, qui auraient pu les réaliser lorsqu’ils étaient en place, mais qui ne l’ont pas fait? Comment se fait-il que le débat de société est animé par des gens dont les années de pouvoir sont derrière eux? Par des gens qui ont encore le souci de proposer des solutions, mais qui n’ont plus la fougue pour les appliquer, les concrétiser?

Comment se fait-il que, au Québec, on n’entende que des ex? C’est simple, il n’y a plus de fiancées. Les fiancées ont sacré leur camp. Les fiancées ont cassé. Personne ne veut s’engager. Personne ne veut se marier à la politique. La politique est en train de sécher, au Québec. La politique est un divorcé qui ne pogne plus. Il n’y a que ses ex qui s’intéressent encore à lui. Et ce n’est surtout pas pour reprendre avec lui. C’est juste pour le critiquer, pour chialer davantage. Pour lui redire à quel point il ne fait rien de bon. Pour lui redire qu’il devrait tout faire autrement. Pour lui redire combien elles ont bien fait de le quitter.

Au Québec, tout le monde préfère commenter plutôt que d’accomplir. On est un peuple de gérants d’estrade. Où sont les jeunes loups? Disparus. Durant des années, Mario Dumont était l’incarnation de la nouvelle génération. Un précoce qui un jour deviendrait PM. C’était écrit dans le ciel. Que fait Dumont aujourd’hui? Il commente. Il fait des 360. Il y a quelques années, l’avenir du PQ, c’était André Boisclair. Le nationaliste nouveau. Que fait Boisclair aujourd’hui? Il commente.

Qui a succédé à Mario Dumont? Personne. Qui a succédé à André Boisclair? Pauline Marois. Les seuls prétendants au Québec sont les anciens. Les engagés des années 70 sont encore les engagés des années 2010. Chapeau pour leur vigueur! Chapeau pour leur sens de l’engagement! Mais après eux, ce ne sera pas le déluge, ce sera le désert. Il n’y a pas de relève en politique. Nommez-moi un jeune politicien qui promet. Pas qui fait des promesses, qui promet, qui commence déjà à faire sa marque. En 2004, toute l’Amérique avait déjà repéré Barack Obama.

Le leader de 2014, le leader de 2020, ce sera qui, chez nous? Encore Charest, ça se peut bien... Ou Pauline.

Aux dernières élections municipales, qui représentait le changement, le nouveau Montréal face aux vieux maires, face à Gérald Tremblay? Louise Harel. Une autre battante des années 70. C’est pas normal.

Je n’ai rien contre les politiciens expérimentés. Au contraire, une chance qu’ils sont là : sans leur sens de la nation, le Québec serait un État sous-développé. Mais l’arène politique ressemble à une salle de spectacle de Michel Louvain.

Où sont les jeunes? Et quand je dis jeune, je parle des gens dans la trentaine et même dans la quarantaine. Ils s’occupent de leurs affaires. On a de plus en plus d’exemples de réussite personnelle au Québec, et de moins en moins d’exemples de réussite collective.

Qui succédera à Charest chez les libéraux? Impossible de voir un dauphin. Il n’y a que des brochets. Qui succédera à Marois chez les péquistes? Parizeau?

Si j’étais Lucien Bouchard, c’est ça que je dénoncerais. L’indifférence politique du Québec. Le problème, ce n’est pas de rêver à un pays, c’est de ne plus rêver à rien. Ni au Québec. Ni au Canada. C’est de ne rêver qu’à soi.

C’est un constat lucide de notre société. Nous sommes un peuple d’ex. Ce n’est pas avec des ex qu’on prépare son avenir. Avec des ex, on ne fait que réveiller de vieilles chicanes.

Sans relève politique, le Québec deviendra tôt ou tard un ex à son tour.

· Où habites-tu ?
· J’habite dans l’ex-Québec

Nous sommes de la génération des droits et libertés... Les obligations, c'était pour les générations d'avant.

Youpi! Imagniez, j'ai vu aujourd'hui par hasard un concours de photographies sur des villes du Canada. J'ai soumis celle-ci de Natashquan. Elle a été retenue. Mais je n'ai aucun vote à date. Au moins, j'ai participé. On peut la voir sur le lien suivant:
http://www.bingphotocontest.ca/QC/Natashquan.aspx?Photo=75347

19 commentaires:

gaétan a dit…

Ouais c'est un peu vrai....où sont les jeunes en politique.
Question idées et projets de société cela devrait venir de leur part...

gaétan a dit…

Haaa les galets de Natashquan....le comptoir de crème à glace de la promenade est-il ouvert? :-)

Pierre F. a dit…

Salut Jackss,

Très intéressant ce texte de Stéphane Laporte. Évidemment, vouloir faire de la politique, ajourd'hui n'est plus aussi noble qu'autrefois. D'abord, il faut avoir fait une vie exemplaire, sinon les squelettes ressortiront du placard, ce qui élimine une bonne partie des candidats dès la ligne de départ. Ensuite, pour jouer un rôle-clé, dans un Ministère et avoir les moyens de changer les choses, il faut des compétences, qui très souvent, sont beaucoup mieux rémunérées dans le privé. Ensuite, il y a la ligne de partie et la politique partisane, qui pourrait forcer les candidats à devoir défendre des idées qui vont à l'encontre de leurs valeurs. Tout ces éléments, mis bout à bout, n'incite évidemment pas beaucoup les jeunes à se lancer en politique . Il faut une très grande dose d'altruisme, tout en sachant qu'on sort généralement écorché de la vie politique.

Jackss a dit…

Bravo Gaétan,

Tu gagnes le 1er prix! Tu as découvert le site exact de la photo. Elle a été prise l'année dernière là où tu dis. J'avais été reçu de façon un peu cavalière au kiosque d'information touristique. Je suis sorti bouder sur le bord de la mère. Et ma fille m'a pris en photo pour la postérité.

Depuis, j'ai échappé ma caméra Sony presque neuve. Je veux m'en acheter une autre. Je regarde les Canon et les Nikon. Cette activité me tient tellement occupé que je n'ai pas pu voir si le comtoir de crème à glace était ouvert. J'enquête sur le sujet et te tient au courant.

Jackss a dit…

Pierre,

tu vois juste. Il y a beaucoup de vrai dans ce que tu dis. Je crois qu'on exige beaucoup d'intégrité de nos dirigeants. Et c'est bien qu'il en soit ainsi. C'est une valeur fondamentale pour être respecté, considéré, crédible. Le patron le plus performant, c'est celui qui impose le respect. Il en est ainsi également des politiciens.

Mais ce n'est plus facile de l'être. Le crime organisé porte de plus en plus son nom. Et il n'est pas facile de réussir sans se faire "organiser". L'argent, c'est le nerf de la guerre alors que ça devrait être les vraies valeurs humaines. Savoir mobiliser, donner des rêves et de l'espoir, voilà ce qui devraient être les meilleurs atouts.

Je crois que l'intégrité est la qualité la plus recherchée. Mais c'est aussi celle qui est la plus mise à l'épreuve. On dirait que le bon peuple a de plus en plus de difficulté à distinguer ceux qui sont honnêtes de ceux qui ne le sont pas.

On veut savoir la vérité, les vrais affaires, mais si quelqu'un dit le fond de sa pensée, il sera tout de suite tourné en ridicule. En contre-partie, un ministre ou un premier ministre qui dit tout ce que le monde a le goût d'entendre s'assure d'être au pouvoir longtemps. Après avoir dit ce que tout le monde veut entendre, des politiciens font tout ce qu'ils veulent.

Si l'opposition note des incohérenre, on les accuse de faire du salissage, de faire de la chicane. Tout ça crée un climat trouble. Et tu as bien raison, Pierre, ça ne donne pas le goût à des jeunes de se présenter.

Il faut un sens des valeurs peu commun, le goût de servir ses semblables pour accepter de le faire sans être justement rémunérés. On pourrait en trouver. Il y en a. Mais jamais il n'auront les appuis nécessaires ni de la population ni des médias.

Les Joseph Facal, les François Legault, les Mario Dumont et bien d'autres devront se contenter de déplorer la situation dans leurs coins.

Jackss a dit…

Hier, un esprit malin m'a jeté un mauvais sort.

J'avais donné une suite à ce billet. Mon programme s'est emballé. Mes liens d'images se sont retrouvés sur ma liste de favoris en haut et une partie du billet en préparation s'est effacé.

Alors, j'ai eu peur de m'engager sur la même voie. Je prépare autre chose. Un autre billet sur la peur, mais dans un tout autre domaine.

Jackss a dit…

Youpi! Imagniez, j'ai vu aujourd'hui par hasard un concours de photographies sur des villes du Canada. J'ai soumis celle-ci de Natashquan. Elle a été retenue. Mais je n'ai aucun vote à date. Au moins, j'ai participé. On peut la voir sur le lien suivant:
http://www.bingphotocontest.ca/QC/Natashquan.aspx?Photo=75347

shaton a dit…

Au moins votre billet donnera peut-être envie de s'engager à de nouveaux jeunes loups...
Le Québec est-il en train de perdre son identité ?

Jackss a dit…

Bonjour Shaton,

voilà une bien belle question. La question de l'identité des québécois est plus actuelle que jamais. Elle est encore bien vivante, mais de moins en moins chez les jeunes générations.

L'histoire témoigne moins du passé, des menaces à la survie de la culture française en Amérique. La langue française est bien reconnue et on sent beaucoup moins le besoin de se protéger.

Le militantisme a perdu de son ardeur. Le rêve d'un pays à bâtir à notre image bat de l'aile et soulève de moins les passions. Les idéaux qui cimentent les nations comportent des risques, certes, mais ils sont essentiels pour le coeur y soit.

Merci pour ce commentaire sensible.

Éléonore a dit…

Oui mais il faut les comprendre les politiciens... qui est prêt à donner les meilleures années de sa vie professionnelle à se faire critiquer sans arrêt, à se faire caricaturer, humilier, à faire rire de soi sans aucun respect de sa personne ? Au rsique que tes enfants en souffre aussi :(

Autrefois on respectait plus les personnages publiques, regarde ce qui se dit sur monseigneur Ouellet, je veux bien croire que beaucoup de gens désapprouvent son discours mais il y a à mon avis des limites de politesse qu'on devrait respecter.

Qu'est-ce qu'on dit d'un politicien ? tous des pourris, des menteurs, des incapables ! Alors je les comprends... en plus que c'est moins payant qu'une bonne job dans le privé.

Je trouve cela triste comme toi, mais je pense que notre manque de respect et notre position désabuée fair fuir le moindre candidat.

Éléonore a dit…

Finallement je dit comme Pierre lol

Nanou La Terre a dit…

Très pertinent ce texte de Laporte! Faut croire que les 30-40 dorment, comme la Belle au Bois Dormant. Ils attendent tous le prince charmant mais voilà, il dort lui aussi... Où est passée la fierté nationale, où??? Les gens prennent du soleil sur le bateau qui vogue à la dérive tiens...

Ta photo est tellement belle que je me suis permis de la placer sur mon fond d'écran. Elle m'apaise!

Zoreilles a dit…

C'est drôle, ce billet de Stéphane Laporte, une amie me l'avait fait parvenir par courriel en me disant que j'allais vouloir l'endosser à 100 %. Elle avait raison.

Et voilà que nous sommes encore interpellés, toi et moi, par les mêmes choses.

J'aime beaucoup la photo où tu boudes, à Natashquan. Ça te ressemble seulement si c'est pour rigoler, je ne t'imagine tellement pas bouder. Mais dans un si beau paysage, t'avais le droit de te retirer pour méditer...

J'ai bien essayé d'aller voter pour ta photo, mais n'y suis pas arrivée, à cause des mots de passe, je sais pas ce qu'ils veulent...

shaton a dit…

C'est moi qui vous remercie pour vos billets et pour le temps que vous consacrez à nous répondre !
J'ai toujours aimé le Québec et les Québécois, par les rencontres faites en France ou au Canada, par mon frère qui y a vécu deux ans, par mon travail de linguiste, par des amis français qui s'y sont installés, par la visite de nombreux blogues québécois...
C'est pourquoi j'ai réagi et posé cette question. Merci d'y avoir répondu. Je suis attentif à vos messages.
shaton

Jackss a dit…

Bonjour Shaton,

C'est un grand plaisir de vous revoir. Être linguiste témoigne de bien belles préoccupations.

Ici, au Québec, l'attachement à la langue et la culture française, c'est plus que des mots. Nous déplorons parfois que la France ne le soit pas autant que nous. Le mot "STOP" ne fait pas encore partie de notre paysage visuel sur les routes.

J'ai vu, il y a environ un mois Yves Duteuil en spectacle près d'ici, à Sept-Iles. Quand il a interprété la La langue de chez-nous, j'en ai eu des frissons et des larmes aux yeux.

De la table où je me trouve présentement, je vois la mer. Je pense souvent que la France se trouve juste de l'autre côté.

Nous avons comme projet plus ou moins lointain une traversée l'océan. Les parents d'une de nos meilleures amies demeurent en Haute-Savoie. Âgée d'une trentaine d'année, elle a maintenant sa citoyenneté québécoise.

Jackss a dit…

Bonjour Zoreilles,

La méditation, le mot convient. La mer et le paysage avoisinant s'y prêtaient tellement bien. C'est un privilège que d'avoir l'occasion de le faire dans la patrie de Gilles Vigneault.

Ces jours-ci, Gaële aura un privilège inouï. C'est presque un jeu de mots. Une réserve inoue se trouve tout près (Pointe Parent.

Gaële donc aura la chance de faire le parcours, avec 5 filles, de Montréal à Natashquan, en compagnie de Gilles Vigneault. Faut choisir ses compagnons de voyages! :-)

Le projet: une séance d'écritures. Je crois que le voyage se fera à la fin du mois.

Éléonore a dit…

J,ai voté pour ta photo :)

Jackss a dit…

Merci Éléonore,

C'est gentil. Si je gagne un prix, je me rappelerai que tu as fait ta part. :-)

Anonyme a dit…

En ce qui concerne les politiciens je ne peux rien ajouter de plus aux commentaires de Pierre F. et d'Éléonore sinon que c'est très regrettable.

Pour la photo j'ai tenté de voter mais c'est un peu compliqué et je ne sais pas si j'ai réussi. Très belle photo d'ailleurs.

Dianne
P.S. je n'arrive pas non plus à me servir de mon compte Google...parfois, souvent même, Internet me met en rage avec toutes ces "identités".