jeudi 21 juin 2012

Tête de turc



J'ai commencé à vous raconter une histoire de voyage sur un bateau-cargo qui nous a tronsportés en mai dernier à l'extrême est du Québec, plus précisément en basse Côte Nord.
 Il y a dans cette région 18 petits villages parmi les plus anciens et les plus pittoresques du Canada. Pourtant, ils n'ont presque pas changé depuis les derniers siècles. Et ils ne sont presque pas connus. On ne peut y faire une visite sans être profondément marqués. La nature est encore maître presque partout. Pour y habiter, il faut être de véritables amoureux de la Nature. Avant de poursuivre mon récit, je veux cependant revenir sur un détour improvisé que j'ai fait à la fin du billet. Je reprends le tout textuellement.


Chaque coin de terre a ses têtes de turc. Nous sommes la tête de turcs des provinces anglophones. On nous appelle les frogs. Nos têtes de turc, ce sont les newfees, les habitants de notre province voisine: Terre Neuve. Voici un vidéo d'une auto dun policier newfee qui essaie de rattraper une auto. Ce vidéo montre que même la police ne fait pas toujours ce qu'elle veut, en particulier chez les newfees.

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2è partie du billet

Oublions cette histoire. Savez-vous d'où vient l'expression "tête de turc"? Je vous cite un lien Expression:
Sans chercher à remonter jusqu'aux Croisades, aux XVIIe et XVIIIe siècles, le Maure et le Turc étaient les emblêmes des incroyants, des barbares cruels et sanguinaires.
C'est probablement pour cette raison, et pour faire suite à l'expression "fort comme un Turc" citée au XVIIe, que, dans les fêtes foraines du XIXe siècle, on trouvait des attractions constituées d'une sorte de dynamomètre surmonté d'une tête enturbannée (symbole du Turc) dans laquelle il fallait taper le plus fort possible, la force du coup étant mesurée par une aiguille.

Dans ces jeux, il était bien sûr plus viril de se frotter à un symbole de force, d'où la cible à la forme d'une tête de Turc. Mais c'est le fait que cette pauvre tête était constamment frappée par tout le monde, qui a fait de la tête de turc celui sur lequel chacun s'acharne.

3è partie du billet
Aujourd'hui, j'ai eu un drôle de message sur mon ordinateur. On disait que mon serveur ne reconnaissait pas mon identité ou mon mot de passe. Alors, je me suis dit que j'allais l'appeler mon serveur. J'ai toujours fait affaire avec la même compagnie pour mon lien internet, une compagnie bien québécoise dirigée de l'Ontario.

J'ai expliqué que je n'avais aucun problème d'accès, mais que le message m'intriguait. Comment une compagnie que je connais si bien depuis des dizaines d'années peut douter de mon indentité? Le monsieur me pose toutes sortes de questions. Je lui ai dit que si tout était normal dans mon dossier, j'étais satisfait. Mais je me demandais si je n'avais pas été victime d'une tentative de hamçonnage.

Le monsieur avait d'autres préoccupations. Je lui ai dit que j'avais un Mac Pro. Il m'a demandé c'était quoi un Mac Pro. C'est comme si je lui avais dit que c'étit un Marco Polo. Je lui ai expliqué que c'était comme un PC, mais que ça n'en était pas un. Pour détendre l'athmosphère et l'impressionner un peu, je lui ai dit que le temps était très frais où j'étais sur la Côte-Nord. Il a paru intéressé. Je lui ai demandé s'il avait chaud. Très chaud qu'il m'a répondu. Je lui ai demandé s'il était à Montréal où il y a une cannicule écrasante actuellement: un 33 degrés qui donnent l'impression de dépasser le 40.

Alors le monsieur m'a dit qu'il se trouvait en Turquie. Je lui ai demandé s'il voulait rire. Mais non, c'était sérieux. Imaginez,sans l'avoir prévu lors de la rédaction de mon dernier billet, je me trouvais en communication avec un turc. J'aurais bien aimé lui voir la tête.

samedi 16 juin 2012

Se faire monter un bateau

On ne contrôle pas sa vie. Souvent, c'est elle qui décide pour nous. On a beau vouloir tout prévoir, se renseigner, planifier, la vie nous réserve plein de surprises. Elle décide souvent pour nous avec son lot de hasards et d'imprévus.


En voici un bel exemple. L'été dernier, j'ai voulu réserver un voyage sur le Nordik Express, un bateau cargo. La gentille dame qui m'a répondu m'a révélé qu'il ne restait que quelques places, environ 4. Et il fallait dormir sur le pont. Il ne restait plus de chambres. Les sièges que l'on voit ici sont tous occupés la nuit par des gens qui dorment: des hommes, femmes et enfants. La plupart sont des autochtones qui habitent les villages de la côte.


Pour avoir des cabines privées, il fallait réserver un an à l'avance. J'ai donc choisi de faire preuve de patience et de prévoyance. J'ai donné mon nom pour la prochaine année. On m'a avisé que je serais au 350è rang sur la liste. On devait m'appeler en février et on pensait que je n'aurais pas de problème  pour avoir une bonne place, une chambre pour 2 avec hublot et salle de bain privée.

En plus, on m'annonca une bonne nouvelle: un nouveau bateau devait entrer en fonction au début de 2012: le Bella Desgagné. Il faut dire que le cargo actuel, le Nordik Express commence à prendre de l'âge. Sa construction remonte à 1974. Le parcours actuel comme tel n'est cependant pas dépourvu de charmes comme on peu le voir sur le lien qui précède.

Photo du futur Bella Desgagné.

En 2010, le journal La Presse avait d'ailleurs déjà annoncé la mise en service du Bella Desgagnés pour 2011 comme on peut lire sur le lien qui précède. Ce lien contient d'ailleures de belles photos sur la Côte-Nord.



Le navire Bella Desgagnés, qui doit remplacer le Nordik Express pour la desserte de l'île d'Anticosti et de la Basse-Côte-Nord, a dû être transféré rapidement en Italie lundi. Le chantier maritime, où sa construction se poursuivait en Croatie, est acculé à la faillite.

Pour sa part, la députée péquiste de la circonscription de Duplessis, Lorraine Richard, estime qu'il aurait été préférable de construire le navire au Québec.

« Il y a eu des décisions d'affaires qu'on a prises par le passé que je ne peux pas juger. Sauf que peut-être que si on l'avait construit au Québec, même si ça avait coûté quelques millions de plus, le Bella Desgagnés serait peut-être en service. » — Lorraine Richard, députée péquiste de Duplessis
Source: Radio-Canada

Des amis nous avaient prévenu l'an dernier: ce bateau est attendu depuis longtemps. Mais il ne faut pas se fier aux promesses. Instinctivement, je ne sais trop pourquoi, l'image de plusieurs politiciens m'est venue en tête.

Que voulez-vous? Dans la vie, on ne fait pas tout ce qu'on veut. Et ce n'est pas vrai seulement au Québec. Dans notre voyage en bateau, nous nous rendrons jusqu'à la frontière de la province voisine du Québec: Terre-Neuve Labrador.

Chaque coin de terre a ses têtes de turc. Nous sommes la tête de turcs des provinces anglophones. On nous appelle les frogs. Nos têtes de turc, ce sont les newfees, les habitants de notre province voisine: Terre Neuve. Voici un vidéo d'une auto dun policier newfee qui essaie de rattraper une auto. Ce vidéo montre que même la police ne fait pas toujours ce qu'elle veut, en particulier chez les newfees.


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À suivre...

samedi 2 juin 2012

Nordik Express: départ Natashquan



Jamais je n’aurais pensé visiter si souvent Natashquan. C’est le commentaire que j’avais fait à Laure en ce 23 mai 2012. Il y a quelques années à peine, jeunes retraités, nous disions que ce serait une bonne idée d’aller un jour voir cette ville légendaire qui a vu naître Gilles Vigneault.

On a déjà demandé à Gilles Vigneault s'il avait inventé le mot Natashquan. Depuis le temps qu'il le chante et le raconte, son village natal, au bout de la route 138, est presque devenu mythique. «Eh ben, nous avons la preuve tous les deux que ça existe depuis avant moi et j'espère que ça existera longtemps après moi!» dit en riant le poète qui ressasse en notre compagnie ses souvenirs d'enfance. Source La Presse.

Les galets de Natasquan (c'est là que les pêcheurs arrangeaient leurs poissons. Il y en avait au début une douzaines serrées les unes contre les autres. Beaucoup ont disparu. Cette qui restent auraient probablement besoin de se refaire une beauté pour durer.


Ces galets se trouvent à doite de l'Échouerie que l'on voit en bas. C'est la place des spectacles. Gilles Vigneault s'y produit occasionnellement. Il y va même voir des spectacles sans s'annoncer. Vous comprenez que ça crée toujours toute une commotion. C'est là que notre amie Gaële a pu chanter aussi. La chanceuse. On peut la voir d'ailleurs avec Gilles Vigneault sur le lien qui précède. Je viens de le découvrir tout à fait par hasard en voulant trouver un lien pour agrémenté le texte déjà écrit sur l'Échourie.

L'Échouerie, Natashquan


La maison natale de Gilles Vigneault se trouve juste en arrière de l'Échouerie, du côté opposé aux tables.

Maison paternelle de Gilles Vigneault à Natashquan. Elle est toujours là, telle quelle.

Gilles Vigneault, maison paternelle avril 2010




Au milieu de la ville de Natasquan, sur la route 138 se trouve une maison d'été que Gilles Vigneault habite encore pendant les beaux jours d'été. J'ai déjà vu des vêtements sur la corde à l,inge.

La première fois que j'ai vu cette maison, c'était en avril 2010. Actuellement il y a une petite différence. Il y a une pancarte: défense de passer, propritété privée.

Quand je me suis présenté, la  pancarte n'existait pas encore. Je suis  donc allé photographier la maison à l'arrière.




Avant devenir habiter sur la Côte-Nord, visiter Natashquan, c'était comme un rêve inaccessible. C'est loin Natashquan. Ses habitants ont le sens de l'humour. La signalisation existe vraiment, sur le bord de la mer.





Natashquan distances

On ne connait pas l'avenir. Je ne peux plus compter le nombre de fois que nous y sommes allés. On commence presque à s'y habituer. C'est comme la vie. C'est dommage qu'on ne garde pas cette fascination si naturelle d'un enfant qui découvre tout. J'y pense souvent.

On prend pour acquis tellement de merveilles. Le mystère est une réalité qui se perd. Il existe encore, mais on n'y porte plus attention. Ma mère m'a déjà rapporté que son père lui avait déjà dit: Quand on va se voir d'un bout à l'autre de la terre, la fin du monde sera proche. Avec les médias sociaux, ça fait maintenant  partie de nontre univers comme si c'était tout simple. Pourtant le phénomène est renversant. C'est de la magie au quotidien.

Monter sur le Nordik Express, c'était  un vrai départ pour l'aventure, un retour vers un passé où le mystère était omniprésent. C'était comme un rêve qui nous ferait découvrir la Côte-Nord à son extrémité, aux confins du continent d'où sont apparus nos ancêtres. Nous imaginions ce qu'ils avaient pu ressentir en voyant apparaître la terre du navire où ils s'étaient embarqués pour l'avenrure au risque de leur vie. C'est dans cet esprit que j'ai entrepris avec Laure ce voyage sur le Nordik Express.

Nordik Express au quai de Natasquan, 24 mai 2012




Ce décor, découvert par nos ancêtres, il n'a pas tellement changé. C'est rare les paysages qui n'ont pas changé sur notre bonne vieille terre que l'on modifie tellement vite sans trop y réfléchir,  en lui manquant de respect d'une certaine façon. Pour entreprendre ce voyage, il me semble que nous ne pouvions mieux choisir que cette ville legendaire qu'est Natashquan.

De là, le Nordik Express nous amène jusqu'à Blanc Sablon. On ne peut s'y rendre par la route. La route 138, c'est la seule, finit à Natasquan.

Pour aller plus loin, il n'y a que l'avion ou le Nordik Express. J'aurais dû ajouter qu'il y a aussi le kayak ou le zodiac. En Hiver, on peut faire le trajet en motoneige. C'est ce qu'on appelle la route blache qui fait 1647 kilomètres.


À suivre...


Pusqu'il est question de notre amie Gaële, voici ce que je viens de découvrir sur son blogue:

Quelle soirée incroyable, 1600 personnes criant Cockpit à Tûe-tête! Wow! Merci beaucoup à Véronique Dicaire de m’avoir permis de faire sa première partie. Son spectacle était simplement sensationnel. L’aventure suisse continue ce soir, en double plateau avec Alexandre Poulain au théâtre de la voirie! Si jamais vous êtes dans le coin!

La chanson de Gaële Cockpit est tout un phénomène en soi. Cette chanson géniale est sortie comme par hasard tout à coup de sa tête. Elle était en compagnie d'un ami. Les deux étaient pris dans un rythme fou et arrivaient à peine à se voir. Elle a eu tout a coup un cri du coeur: Il faudra à un moment donné faire de l'air dans le Cockpit. C'est une chanson de défoulement qui ne manque jamais son effet. L'air et les paroles ont presque été improvisées. Le lien qui précède permet de l'entendre sur youtube.


Le lien qui suit est églement à voir: Alain Delon impressionné par Véronic Dicaire De plus en plus ému, il verse une larme ou deux. Moi aussi. On finit par être plus émotif avec l'âge. Voir le commentaire de Michel Girouard. Il a pleuré lui aussi. Imaginez si Céline avait été là. :-)`

On est loin du NordiK. Voilà tout un détour improvisé. Pas de panique, je continue bientôt mon récit de voyage en bateau cargo.

Nous avons pris le bateau à Natashquan parce que là voie terrestre pour se rendre à Blanc-Sablon s'arrête là. Normalement, on peut prendre le bateau à Rimouski, passez par l'Ile d'Anticosti et Havre-Saint-Pierre. Le voyage de Havres-Saint-Pierre à Natashquan en bateau prend 6h, en auto, il en faut trois.
Anticosti en vaut la peine. Laure vient tout jute d'y revenir par avion. Elle s'y était rendu pour son travail.

Si vous voulez profiter d'un voyage intéressant ur l'Île d'Anticosti,voici un site qui vous en donnera le goût:

Séjour sur l'ile de rêve Anticosti

lundi 28 mai 2012

Coisière Nordik Express



Le 24 mai 2012, nous avons posé le pied sur le Nordik Express à Natashquan, la patrie qui a vu naître Gilles Vigneault et l'a inspiré pour ne pas dire propulsé.


Cette croisière devait nous amener à l'extrême est du Québec jusqu'à Blanc Sablon, à la frontière du Québec et du Labrador, patrie qui a vu naître bien des newfees et a inspiré bien des histoires pendant quelques générations.

Le voyage nous a réservé bien des surprises et bien des aventures comme c'est dans notre nature. Le Capitaine n'avais jamais entendu parler de nous, Laure et moi. Sinon, il aurait peut-être hésité à nous laisser monter. Nos voyages ne se passent jamais sans aventure.

Nous arrivons à peine. Mais, nous vous réservons un récit plus détaillé pour bientôt.

À suivre...




mardi 8 mai 2012

Les héros qu'on avait


J'aurais pu intituler ce billet: Le choc du passé.
Que faisiez-vous il y a 30 ans? Moi, je m'en souviens. J'étais à la piscine du CEGEP de Sherbrooke, là où il y avait grève la semaine dernìère. J'étais à la piscine, assis sur un banc. Je regardais Jean-Philippe suivre ses cours de natation. J'étais distrait. J'écoutais la radio, le coeur gros. Je suivais le reportage sur l'accident de Gilles Villeneuve, le père de Jacques, blessé fatalement lors d'une course automobile. Il n'a pas survécu.

C'était l'époque où nous avions des héros, de vrais stars qui n'avaient pas besoin d'une accadémie pour le devenir. Je me souviens de son immense talent et de sa simmplicité. Je me souviens même l'avoir déjà vu faire une apparition surprise dans une rôle d'une série télévisée comique.

C'était un vrai héro qui, par son talent, son courage avait réussi à s'imposer sur la scène internationale dans un domaine où on ne fait pas de cadeau. Il me semble que nous avions beaucoup de héros à cette époque, même au plan politique.

 Il y a 30 ans, j'étais à la piscine, assis sur un banc. Je regardais Jean-Philippe suivre ses cours de natation. Jean-Philippe a grandi. Mais il a réussi à sa façon. Il a dû lutter fort dans un monde qui ne fait  pas de cadeaux non plus: le domaine artistique. Je ne voudrais pas abuser, mais il y a des bons moments qu'on a le goût de partager. Je vous invite donc à visionner cet excellent reportage qu'il a eu la chance de voir réaliser hier à l'occasion de son dernier album. Voir entrevue télévisée avec Jipé Dalpé.

Il y a 30 ans, nous avions des rêves. Nous voulions un grand pays à nous. Et nous avions de l'espoirs plus que du désespoirs, un grand rêve: celui de vivre tous ensembles comme des frères unis par la langue et la culture dans un pays à nous.

Nous somme loin de là. L'horizon politique n'a rien d'emballant, Le dernier billet de Joseph Facal est très éloquent sur les sentiments qui hantent une bonne partie de notre société qui cherche ses raisons d'espérer.
À lire absolument Une amère déception

Photo La Presse


Aujourd'hui, dire qu'on a la nostalgie de certains héros n'est pas nécessairement bien vu. Mais je crois que c'est dans la nature de l'homme de s'identifier à des héros souvent plus grands que nature. Des recherches récentes tendent à démontrer que le fait de s'identifier à un personnage peut modifier le comportement. Cliquez sur le lient qui précède.

Daniel Boucher s'exprime sur le conflit étudiant



mercredi 2 mai 2012

Le choc du futur


Quand j'étais dans la trentaine, au début des années 70, un livre révolutionnaire faisait fureur: Le choc du futur d'Alvin Toffler. Ce souvenir m'est revenu à la mémoire alors que je visitais un tout petit village à 80 kilomètres de Havre-Saint-Pierre: Magpie. L'endroit contraste étrangement avec le brasse-camarade quotidien des grands centres urbains. J'appréciais le calme paisible de ce coin perdu, figé dans le temps, à quelques kilomètres des grands bouleversements du Plan Nord.



Alvin Toffler avait vu juste. Il imaginait des changements rapides à plusieurs égards. Ce qui me frappe, c'est de voir comment dans le Nord, on ressent cette lutte entre traditions et bouleversements socio-énomomiqes. L'équilibre n'est pas facile. Et nos dirigeants ne font rien pour prendre le temps de réflexions que plusieurs ajustements nécessiteraient pour que la démocratie et le bon sens éclairé puissent s'exercer. C'est comme si les choix de sociétés que commandent les changements rapides, profonds et non réversibles n'avaient plus leur place.

    Dans le choc du Futur, Alvin Toffler avait écrit : le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. » Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :
  • Premièrement, la brièveté des choses : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente;
  • Deuxièmement, la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent ;
  • Troisièmement, la diversité. La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.


Nous sommes loin de l'époque où l'église était le principal lieu de rassemblement comme en fait foi ce vidéo de la manif tenue sous l'oeil amusé de la police.

Voir La Presse


Source de la caricature


Une analyse intéressante:

Jusqu’à un certain point, il est normal que l’opposition officielle se comporte de façon opportuniste. Mais dans la crise actuelle, ce point a été dépassé depuis longtemps et Mme Marois porte une lourde responsabilité à cet égard.

Sur la hausse des droits, ses positions successives font penser à un ballon de football qui rebondit dans toutes les directions de façon totalement imprévisible : gel, dégel, sommet, médiation, indexation, et quoi encore ?

Il y a cependant beaucoup plus grave. Les ordres des tribunaux ont été bafoués. Une minorité a privé la majorité de ses droits. Des casseurs ont semé la destruction. Le mouvement étudiant n’a pas jamais voulu négocier sérieusement jusqu’aux derniers dérapages. Les centrales syndicales ont jeté de l’huile sur le feu.

Pendant tout ce temps, Mme Marois n’avait qu’une ligne : tout, absolument tout, est de la faute du gouvernement. Elle sait évidemment que ce n’est pas vrai.

Voir la suite sur le blogue de Joseph Facal: le lien se trouve à droite: une amère déception

samedi 14 avril 2012

La tête en bois

 
C’est dans un souci d’intégrité que Jipé Dalpé a choisi d’intituler son deuxième album La tête en bois. 
« Comme j'ai la tête dure, pour moi, ça veut dire être fidèle à son instinct, fidèle à ce qu'on veut accomplir dans la vie. C'est un petit peu ma façon d'envisager ce métier-là aussi. Je le vois un peu comme un sculpteur qui va prendre son temps, qui va travailler le bois, qui est un matériau rough, mais qui a sa part de fragilité aussi. J'aime beaucoup les travaux de longue haleine qui sont faits pour durer dans le temps. » 
Le texte de la chanson qui a inspiré ce titre décrit d’ailleurs parfaitement la démarche ou la quête artistique de Jipé Dalpé, qui propose de toujours rester fidèle à ses racines et de se battre pour ce que l'on veut accomplir dans la vie. 
« Il y a des chansons sur le deuil, sur l'urgence de vivre, mais c'est vrai que je parle beaucoup d'amour. Dans les collaborations aussi, il y en a qui m'ont fait des tounes d'amour, mais ce n'était pas dans le but de faire un disque d'amour. Il y a des affaires qui me sont arrivées à ce niveau-là et j'avais simplement besoin de les coucher sur papier. » Source Le Journal de Montréal Ce dernier lien donne accès à un extrait vidéo du spectacle.
Ce texte paru dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui, avait de quoi me rendre fier.  Comme par hasard, il rejoint ce que je venais d'écrire sur l'attachement à nos racine et l'importance de ne pas avoir peur de s'exprimer tel qu'on est. La langue de bois, si à la mode actuellement, me déplait et me rebute.

Pour en savoir plus,il me fait plaisir de vous inviter à ses prochains spectacles.


Le premier lancement se fera à Sherbrooke le 16 avril 2012 à 18h au St-Malo, 255 Jacques-Cartier Sud.
L'album sera mis en vente le lendemain 17 avril.
Le lancement à Montréal au Le Belmont, le 24 avril 2012 à 18h, 4483 Blv Saint-Laurent.
Pour plus de détails, vous pouvez visitez le site officiel de jipé

Si vous êtes en Europe, tout n'est pas perdu. Jipé rêve de la France. Évidemment, il y a parfois un écart entre le rêve et la réalité. Mais la vie n'est-elle pas faite de rêves? lIs nous permettent d'avancer.





Lors des dernières années, Jipé Dalpé fut aussi demandé pour ses talents d’auteur-compositeur.

 Après une faste récolte de prix dans les festivals de chanson et un premier opus (Les préliminaires, en 2008), il a brillamment réchauffé les planches pour des artistes d’ici qui lui ressemblent, comme Daniel Bélanger et Vincent Vallières (qui lui a fait cadeau d’une chanson, Faut qu’on fitte), mais on s’étonne qu’il ait fait la première partie de Miossec, mauvais garçon de la chanson française.


 "J’ai des amis français qui m’avaient parlé d’un festival, Musique en stock. J’y ai envoyé mon dossier, mon disque. Ils ont tripé, et je me suis retrouvé sur la grosse scène, à jouer avant Miossec. Bizarre, hein?" Source: Voir (L'entêtement)

Plusieurs collaborations viennent aussi teinter cet album folk rempli d'humanité et d'authenticité. À commencer par celle qu'il a entamée avec Éloi Painchaud, le réalisateur de ses deux albums. «Il a grandi avec moi là-dedans. On a fait ce disque-là à la lumière du premier en retenant les choses qu'on aimait le plus.»

À cette complicité, Pierre Fortin est venu ajouter sa touche. «On a enregistré les pièces live dans une même pièce avec l'énergie. On voulait que ce soit humain, que ce ne soit pas des machines. Il n'y a rien de cérébral, tout vient ici du coeur», explique-t-il en nommant au passage les Gaële, Vincent Vallières, Antoine Gratton et Martin Léon qu'il a aussi accueillis dans son univers.

Chaque fois complice de ses pas musicaux, sa fidèle trompette le suit encore et toujours. Véritable support lyrique, il s'exprime à travers elle comme il le fait avec les mots. «Elle est une extension de ce que je suis. J'ai une grande gueule, il y a beaucoup de choses que j'aimerais raconter, alors la trompette c'est l'extension de ma voix», conclut celui qui souhaite maintenant reprendre la route pour que son album fasse partie de la vie des gens. «Quel chemin, je ne sais pas, mais je veux qu'il accompagne les gens.»
Source: La Nouvelle de Sherbrooke.


Après bien des péripéties, Laure a finalement pu arriver de l'Ile d'Anticosti vers 13h sous un ciel radieux. Hier l'avion avait survolé l'Aéroport de Havre-Saint-Pierre pendant un bon moment. Il n'avait que deux passagers à bord. L'ambiance était donc intime. À un certain moment donné, le pilote a dit qu'il préférait retourner sur l'ile d'Anticosti parce qu'il y avait trop de brume. Laure avait d'abord pensé que c'était une blague. Mais elle vite réalisé que c'était le cas. Elle est retourné sur l'Ile, a mangé du cerf. Il y en a 200 000 sur l'ile.

Si vous pouvez vous rendre facilement au lancement de Jipé à Montréal, le 24 avril, comptez-vous chanceux. Quant à nous, Laure et moi, il nous faudra faire preuve d'une grande témérité. Nous devrons parcourir 1200km dont une bonne partie en pleine tempête sur la route 138.


Cette route est l'une des plus anciennes au Canada. Elle prend sa source à la frontière de l'État de New-York et se termine 1300km plus loin à Natshquan. Plus à l'Est, il n'y a plus de route. Sur une distance de 800 km, c'est la seule route que l'on peut emprunter. Vous pouvez parcourir plus de 100km sans pouvoir vous arrêter ou rebrousser chemin et à certains endroits, la route plonge droit dans la mer.






C'est beau, mais parfois inquiétant. Et c'est ce que nous devrons affronter pour voir Jipé. Alors, si vous pouvez y aller sans problèmes, appréciez votre chance.

À suivre...








lundi 9 avril 2012

L'épine

Sitôt nommé, le nouvel archevêque de Montréal a subi tout un baptême du feu à l’émission Tout le monde en parle. Dès les premières secondes de présentation, on a fait remarquer à Son Éminence qu’il avait un nom prédestiné. Nommé peu de temps avant Pâques, son nom Christian Lépine permet de faire un rapprochement entre le Christ et sa couronne d’épines.

 Ceci a donné le ton au reste de l'entrevue et créé un certain malaise. Et dans un certain sens, on peut dire qu'on a pratiqué une certaine forme d'intimidation qui frôlait l'humiliation jusqu'à ce que le malaise soit perceptible.On a cherché à le mettre en boîte, à lui reprocher « tous les péchés » du monde.

L'archevêque s'est vite trouvé en terrain miné, par exemple sur la pédophilie et la non reconnaissance par l’Église de l’homosexualité. En démocratie, les questions méritaient d'être posées. Il faut reconnaître que l'Église a encore de l'influence dans certains milieux Mais il ne fautdrait pas l'exagérer.

Voir vidéo de l'entrevue.

 Je ne suis pas d'accord avec plusieurs positions de l'église catholique, notamment sur l'avortement, le mariage des prêtres et le rôle de la femme.

Je rejoins donc les points de vue des animateurs. Mais lors de l'émission à laquelle je fais référence, le ton et le manque de respect n’étaient pas appropriés. Je crois que le personnage est sincère et a droit à ses opinions. L'idée d'inviter Richard Martineau à la même tribune n'était pas la trouvaille du siècle. La présence de ce dernier sur le plateau était de nature à porter le niveau là où il ne fallait pas. La suite était prévisible.

C'est avec diplomatie que le prélat s'est retiré dès l'entrevue terminée,  mentionnant que c'était la semaine sainte et qu'il avait des offices à préparer.

L’héritage que nous a donné le monde religieux n’a pas bonne presse. Les commentaires sont durs, parfois injustes. On ne compte pas le nombre d'hommes et de femmes de grande valeur qui ont voulu donner leur vie au service de leurs semblables avec sincérité.

 Dans un blogue on pouvait lire : Qu’est-ce qu'on foute encore avec les soutanes? Il y a eu des abus, c’est vrai. Il y a eu des maladresses, c’est vrai. Qui n'en commet pas? On en parle sans tenir compte de la société de l’époque,de la mentalité, des mœurs d’alors. L’histoire qu'on apprend à l'école ne donne pas un portrait réel et complet de l’héritage culturel religieux du Québec.

Séminaire de St-Hyacinthe, 1962


Quand j'étais  au collège, les profs étaient presque tous des reliegieux. Plusieurs se dévouaient entièrement à leur tâche avec rigueur et désinstéressement. Ils étaient passionnés par leurs matières. Ils transmettaient aussi des valeurs, le sens de la discipline, le sens critique, le sens de l'inovation. Plusieurs américains envoyaient leurs enfants dans nos collèges parce qu'ils y croyaient. À gauche, un de mes anciens profs: Jules Beaulac. Tout le monde l'appréciait. Il est décédé le 13 juin 2010. Je venais tout juste de lui envoyer un couriel pour l'inviter à me visiter.

 Cette époque avait quelque chose de particulier.  Les enseignants avaient beaucoup de marge de manoeuvre pour leurs plans de cours et les tests d'évaluation. Les questions ne venaient pas du Ministère de l'Éducation. Cette forme d'autonomie fait présentement ses preuves en Filande. On obtient des résultats spectculaires en choisissant bien les candidats à l 'enseignement, en les supprotant et leur donnant ensuite toute l'autonmie nécessaire pour assurer le succès. Des règles strictes et efficaces permettent de combattre efficacement l'intimidation à l'école.

Jean-Françcois Lépine
Le reportage de Une heure sur terre vaut vraiment la peine d'être vu. Petit fait amusant: nous avons vécu 2 mois à Paris dans une maison de chambre, chez madame Côme, avec Jean-François Lépine. Comme il était célibataire nous l'invitions souvent à partager les respas avec nous. Il était pigiste pour Radio-Canada. Et comme par hasard, après l'avoir cité, j'ai remarqué qu'il avait Lépine comme nom de famille. Le même que celui du nouvel archevêque de Montréal. Ce qui est surprenant, c'est que ce que l'on décrit dans ce reportage ressemble étrangement, sous plusieurs aspects, à ce qui se faisait au Québec il y a 50 ans. Quand on fait de gros changements au nom de la modernité, on jette souvent le bébé avec l'eau du bain.

Ceci étant dit, je ne voudrais pas manquer l'occasion de parler du plaisir que j'éprouve en voyant le combat que mènent présentement les étudiants. Avec le temps, j'ai  mieux compris la justesse de leur cause. Ils auront ainsi réussi à redonner le goût de la mobilisation nécessaire à l'expression démocratique, de façon calme, coordonnée et réfléchie. C'est prometteur pour l'avenir.

Grève étudiante avril 2011, Montréal
Source: La Presse

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