dimanche 15 juillet 2018

Tout a un sens

Suite du message précédent...


L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, serait le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre du dictionnaire (Albert Einstein)


La phrase qui précède vient du livre d'Yves Duteil: Et si la clé était ailleurs.
Ce livre, Laure l'a découvert la semaine dernière au magasin de l'Abbaye St-Benoit du Lac.
Ce qui est fascinant, c'est qu'il venait, par hasard illustrer parfaitement les propos de mon dernier billet. Mais oui, le hasard, il n'est jamais bien loin.

Le texte suivant suite à la citation d'Einstein, p, 39 du livre d'Yves Duteil:
La peau cicatrise si on lui laisse le temps. L'âme aussi, même si les plaies du coeur sont longues à se refermer. Il est rassurant de se convaincre que tout ça a un sens, et que le chemin qu'on défriche à coup de joies et de peines mène quelque part.
Laure et moi, nous avons lu ce livre avec beaucoup d'intérêt. Le texte et les idées sont très profonds.
C'est incroyable de voir comment les difficultés qu'il a rencontrées l'ont enrichi humainement, socialement et intellectuellement. Elles lui ont permis de raffiner ses valeurs et d'enrichir sa spiritualité.

Pourtant, ses épreuves ont été loin d'être banales.
En juillet 2010, en revenant d'une tournée au Japon, il a été frappé par un camion et a subi de multiples fractures dont il ressent encore les effets. Selon ses médecins, il aurait pu facilement mourir ou devoir crculer en fauteuil roulant pour le reste de ses jours. Il a fait une crise cardiaque peu de temps après alors qu'il se promenait avec sa conjointe Noëlle. Il a avait perdu connaissance à côté d'elle.

Noëlle avait dû quant à elle subir un cancer agressif dont l'issue était loin d'être rassurante.
Elle a pu heureusement être guérie après de longs traitements.

 Tout dans le texte est aussi un hommage à la poésie et la beauté de  la langue de chez nous.
Yves Duteil a toujours été étroitement assisté par Noëlle. Le passage suivant de son livre, p.82, m'a séduit d'une façon particulière:

Noëlle se charge toujours de mettre la barre haute. Je lui dois, entre autres, le quatrain essentiel de "La langue de chez-nous". Je croyais l'avoir achevé quand elle m'a glissé: "il manque peut-être encore une image pour évoquer davantage le Québec...",  j'ai replongé  dans le texte pour ajouter.
...Nous dire que là-bas dans ce sentier de neige 
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout 
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges 
Et qu'on y parle encore la langue de chez-nous.

Il viendra donner un spectacle à Sherbrooke en mars 2019. Nous avons nos billets.
Nous avions pu le voir à Sept-Iles, sur la Côte-Nord. C'est à 12 heures de route de Sherbrooke.






mardi 10 juillet 2018

Il n'y a rien pour rien

Je crois que dans la vie, tout sert à quelque chose, le meilleur comme le pire. 

Suite du billet précédent


À mon avis, nous avons tout naturellement le goût de bien faire. Tous.
Mais il y a en dedans de nous "un ange" et un "petit démon".
Avec le moindrement d'autocritique, on éprouve parfois des regrets. Ça m'arrive.

Mais je me console en pensant que tout a une fonction, même le fait de ne pas être fier de ce qu'on a pu faire. C'est ce que dit la Bible. Je m'empresse de préciser que pour moi la Bible n'est pas uniquement un livre  dédié à alimenter la foi des croyants. C'est un recueil qui témoigne de la sagesse humaine et de son évolution à travers les âges.

Voici donc ce qu'elle dit:
Luc 18
(Jésus) dit aussi cette parabole:
Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était pharisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.…Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant: Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur!
Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l'autre; car quiconque s'élève, sera abaissé; et celui qui s'abaisse sera élevé.
Le fait d'avoir des remords nous aide parfois à avoir l'idée de nous racheter, faire mieux.

Un de mes anciens profs, l'abbé Jules Beaulac, a été longtemps curé de prison. J'ai eu l'occasion de le revoir en 2008. Il me disait que les prisonniers étaient les êtres les plus ouverts à ses messages. Même après être sortis de prison, plusieurs voulaient le revoir.  Je devais le revoir en 2010, à Havre-Saint-Pierre où nous habitions sur la Côte-Nord. Nous l'avons invité. Pas de nouvelles. Nous avons appris qu'il était décédé. Ses valeurs étaient inspirantes. Il a influencé toute ma vie. Sa principale valeur était: le pardon. C'était sa façon d'aborder les prisonniers qu'il côtoyait.





Denys Arcand a fait un commentaire fort intéressant pour parler du sujet de son dernier film:
"La chute de l'empire américain".

Il suggère que la religion était un excellent véhicule pour alimenter les valeurs de la société. Depuis qu'elle n'a plus cette influence, on a perdu presque tous nos repères. La seule valeur qui compte, toujours selon Denys Arcand, c'est l'argent. Il avait d'ailleurs d'abord intitulé son film: "Le pouvoir de l'argent".

On  n'a qu'à penser à l'immense popularité de Donald Trump pour comprendre ce phénomène qui risque de provoquer la chute de l'empire américain.

Mais je crois que le passage de Donald Trump va permettre un monde meilleur. Il risque de faire réfléchir aux dérapages de notre société actuelle et souhaiter des changements profonds.  C'est ainsi que la société évolue. Qui aurait cru en pleine crise de l'Allemagne nazie qu'elle devrait si vite aussi évoluée qu'elle l'est aujourd'hui.

Je suis de plus en plus convaincu que tout ce qui existe a sa raison d'être. Et ce n'est peut-être pas un hasard si l'homme a tout naturellement cette capacité de s'interroger sur le sens de sa vie.





jeudi 5 avril 2018

Il n'y a rien pour rien, vraiment?

Je crois que dans la vie, tout sert à quelque chose, le meilleur comme le pire.
Si on est convaincu du contraire, c'est qu'on n'a pas tout compris.

On dit aussi que, dans la vie, il ne faut pas chercher à tout comprendre. Durant mes années de collège, j'étais étudiant au séminaire de St-Hyacinthe. La plupart de nos professeurs étaient des prêtres, assez jeunes pour la plupart. C'était normal à cette époque. Pour aller à l'université, il fallait absolument réussir nos huit années de cours classique. On n'avait pas le choix. J'étais surpris lorsque suite à une question de fond, un professeur me répondait que c'était un mystère. Un mystère, c'était quelque chose qu'on ne pouvait comprendre. Ça me dépassait.
Alors, il y a beaucoup de mystères auxquels je ne croyais pas. Et je ne me gênais pas pour le dire.

Je ne croyais pas qu'une hostie, c'était le corps du Christ. Je ne croyais pas que notre corps possédait une âme immatérielle. Je voulais essayer de tout comprendre. Et je n'ai pas changé. Mes croyances ont changé, mais pas cette manie que j'ai de réfléchir continuellement sur le sens de la vie. Mes croyances évoluent. Plus je vieillis, plus je vois la vie comme un mystère. Mais je cherche toujours à y trouver un sens. Je pense que tout ce qui nous entoure sert à quelque chose, même le mal et les pires horreurs.

Encore faudrait-il savoir ce qui est bien ou mal. Mais là n'est pas le but de mon propos.

Je me conterai de citer un exemple. Il y a quelques jours, la fameuse chaîne Walmart, a décidé de mettre fin à un programme d'embauche des personnes atteintes de handicaps mentaux. Vous comprendrez que ce n'était pas bien.

Finalement, cette décision bête et méchante a eu de très bons résultats. Elle a soulevé tout un débat de société sur l'importance de donner une chance à tous et même de reconnaître une grande valeur aux exclus de la société.

Plusieurs ont témoigné du fait que tous ces handicapés étaient très bien considérés autant par leurs collègues, leurs employeurs que la clientèle.

Dans le journal du 3 avril de La Tribune de Sherbrooke, on pouvait lire un article intitulé: "Du bon dans l'affaire Walmart":

Enfin les personnes handicapées sont défendues et considérées dans l'opinion publique (David Caron)

On dit de ces employés qu'ils sont enthousiastes au travail, toujours souriants, pressés de rendre service, très assidus au travail.

Pour certaines tâches, leurs handicaps deviennent même un atout précieux. Les tâches routinières répétitives dangereuses sont exécutées chaque fois comme un nouveau défi requérant toute leur attention. Aussi, alors que ce genre de tâches peut occasionner des risques d'accident, il n'en est rien pour eux.

J'ai d'ailleurs constaté ce phénomène lors d'un stage en France en 1974. On nous avait justement amené visiter un atelier où ne travaillaient que des personnes handicapées pour la même raison que celle qu'on vient d'énoncer. Il y avait aussi certains autres avantages un peu plus cocasses. Dans des ateliers où on développait de nouveaux produits, on utilisait cette clientèle qui ne pouvait jamais trahir des secrets industriels avant la mise en marché des produits concernés puisque leurs compréhension était trop limité.










lundi 2 octobre 2017

J'ai mon voyage!

Vous connaissez l'expression "J'ai mon voyage"? Et bien, en voici un exemple qui dit tout.

Il y a 50 ans, Laure et moi, nous étions mariés et séparés dans le même mois.
Notre voyage de noce venait à peine d'être terminé. Les parents de Laure avaient accepté de la reprendre chez elle, à environ 150km de mon domicile.

Dans ma vie les choses ne se sont jamais passées comme je les avais prévues. J'ai appris très tôt que je ne pouvais organiser et planifier ma vie, même pas un jour à la fois. Je suis un maniaque de la planification. Mais on est comme on naît. Et parfois, c'est le hasard qui mène!

Si vous avez lu mon dernier billet, vous savez déjà que Laure et moi, nous nous sommes mariés le 4 septembre 1967. Et, ce même jour, nous sommes partis en voyage de noce, le coeur en émoi. Le premier soir, nous nous sommes arrêtés dans un môtel très ordinaire, en Pennsylvanie: Le Miller's Motel.

Devant le motel, il y avait une inscription: "Les chiens et les chats sont acceptés. Ils ne m'ont jamais volé de couvertes ou de serviettes de bain". Nous non plus. L'inscription nous avait bien amusés comme tout le reste de notre séjour en Pennsylvanie, USA.

Notre destination pour le voyage de noces était reconnue comme le paradis des amoureux.
Nous avons adoré l'endroit. Il y avait un décor très spécial dont un bain en forme de coeur.
L'endroit: le Mount Airy Lodge au mont Pocono.




Le hasard mène tout. Il est omniprésent. Il faut l'avoir à l'oeil. Et justement, il est dans la cour du voisin comme pour  nous rappeler qu'il est toujours là.
Voici une photo que j'ai prise la semaine dernière dans la cour du voisin.



L'auto rouge photographiée dans la cour du voisin la semaine dernière, c'est une Vauxhall Viva.
C'est exactement le type d'auto que nous possédions pour notre voyage de noces en 1967. Mais la mienne, elle était beige. Je l'avais achetée usagée au début de l'année. Un mois ou deux après l'achat, une roue arrière s'était détachée et m'avait dépassé sur l'autoroute des Laurentides. Mes trois passagers ont eu la frousse de leur vie.

Revenons à notre voyage de noces. Nous étions sur le chemin du retour. J'ai pris de l'essence à Catskill en Pennsylvanie. Au moment de partir, Laure m'a demandé:
- Veux-tu vérifier l'huile?
- Mais non. On doit être correct, lui répondis-je.

Une demi-heure plus tard, ce qui devait arriver arriva. Le moteur a brûlé, faute d'huile à moteur.
Un policier américain nous a arrêtés, le gyrophares en mouvement. Il nous a demandé nos pièces d'identité et nous a dit que nous aurions droit à une contravention parce qu'il était interdit de s'arrêter sur le bord de l'autoroute. Nous sommes expliqués, il a vérifié et a appelé une remorque.
L'auto a été remorquée. Nous sommes restés à l'intérieur tout en admirant une pleine lune ironique.

Le lendemain, nous avons appris qu'aucun concessionnaire n'avait les pièces de cette voiture aux USA, même pas à New-York ou San Francisco. Il fallait aller les chercher au Canada et revenir les porter au garage en Pennsylvanie Nous avons pris un motel pas cher, un peu découragés. Nous n'avions plus d'argent.

Il nous restait quelques dollars à peine. Nous sommes allés au restaurant. J'ai téléphoné à l'hôtel ou nous avions séjourné pendant notre voyage de noce. Nous avions fait connaissance avec des québécois qui devaient rentrer au Québec le lendemain dans l'espoir d'avoir une solution pour revenir avec nos bagages. Le maître d'hôtel nous a dit qu'il était impossible de déranger des touristes en vacances chez eux.

Lorsque j'ai fait part de la nouvelle a Laure, elle a éclaté en sanglots de façon tellement émouvante qu'un américain bien bâti dans la trentaine ou quarantaine, à la table voisine, s'est levé et est venu vers nous pour s'informer de la situation. Il nous a demandé le no. de téléphone de l'hôtel où se trouvaient nos amis. Il a parlé fort!. Puis il a passé le récepteur à Laure. Il lui a dit:
 "Voilà, votre ami est en ligne".

Nous avons attendu nos amis au moins une douzaine d'heures, assis sur le bord de l'autoroute, le lendemain, avec nos valises. Et c'est ainsi que nous avons pu entrer au pays.

Conclusion: en 1967, il y avait encore des américains sensibles et très humains.

Mais ce fut pour moi l'occasion de découvrir davantage le caractère merveilleux de Laure.

Jamais, elle ne m'a reproché de ne pas avoir vérifié l'huile à moteur avant que la catastrophe ne se produise.

Elle a un caractère en or qui ne s'est jamais démenti. 50 ans plus tard, j'y pense encore. Les reproches, ce n'est pas son genre.

Je me sens comblé par le fait que le hasard m'a permis un jour de croiser son chemin.


dimanche 3 septembre 2017

50 ans déjà

Comme la vie passe vite!
Il y a 50 ans déjà, nous nous sommes mariés.
C'était le jour de la fête du travail, un lundi 4 septembre, comme cette année.  C'était comme en 1967.

Laure était ravissante à merveille. Elle l'est toujours. Mon père disait que Laure ressemblait à la sainte vierge. Venant de lui, c'était tout un compliment!


Vous vous en doutez, en 50 ans, on en voit de toutes les couleurs. Nous n'y avons pas échappé.
Mais nous avons eu la chance de toujours nous épauler de notre mieux, nous compléter.

On ne peux jamais promettre d'aimer quelqu'un toute la vie. L'amour, ça ne se commande pas. Ça se vit. C'est toute une chance parce qu'on ne sait jamais ce que sera l'autre dans 50 ans. Et Laure a toujours été la même, sensible, vivante, le coeur jeune. Si c'était à refaire, je la choisirais à nouveau sans hésitation. L'amour, ça se vit, ça se sent. 

Vincent Vallières nous a fait l'honneur de nous dédier cette chanson lors de son passage à Havre-Saint-Pierre, il y a quelques années. Il nous a dit alors que c'était la première fois qu'il la chantait en  public.

Quand la maison sera payée et qui restera plus rien qu'a s'aimer

On va s'aimer encore, au travers des doutes, des travers de la route et de plus en plus fort On va s'aimer encore, au travers des bons coups, au travers des déboires la vie, à la mort on va s'aimer encore
Quand nos enfants vont partir, qu'on les aura vu grandir

Quand sera leur tour de choisir, leurs tour de bâtir

Quand nos têtes seront blanches, qu'on aura de l'expérience

Quand plus personnes va nous attendre, qui restera plus qu'a s'éprendre

On va s'aimer encore, au travers des doutes, des travers de la route et de plus en plus fort On va s'aimer encore, au travers des bons coups, au travers des déboires la vie, à la mort on va s'aimer encore
(...)
s'aimer encore, après nos bons coups, après nos déboires et de plus en plus fort On va s'aimer encore au bout de nos doutes au bout de la route au delà de la mort On va s'aimer encore, au bout du doute, au bout de la route au delà mort On va s'aimer ...

(Merci à Catherine Renaud pour ces paroles) 




samedi 10 décembre 2016

Les trains de la vie

 Un heureux hasard.

Dans mon avant dernier billet, j'ai écrit ce qui suit:

Personnellement, je crois que la recherche du bonheur est la meilleure façon de vivre sa vie peu importe ce qui peut se passer après. Si ce qu'on fait nous rend heureux, les autres seront plus heureux à notre contact. On ne se trompe pas.
André Mélançon
C'est la première fois que je laisse cette réflexion sans faire référence à son auteur et au contexte qui me l'a inspiré.
Je ne l'ai pas fait pour ne pas trop allonger le billet. Mais voilà que l'actualité m'en a donné l'occasion. J'ai été fasciné par un documentaire présenté à l'occasion de la mort d'André Mélançon  est né à Rouyn-Noranda le 18 février 1942[ et mort le 23 août 2016 à Montréal. Il a réalisé de nombreux films légendaires comme La guerre des tuques.

Petite parenthèse. C'est là que le cinéaste Xavier Dolan a fait ses début, en tant qu'acteur, étant enfant.

La guerre des Tuques

André Mélançon a produit aussi de grands documentaires. Celui qui a été présenté à l'occasion de sa mort est venu me chercher. Encore une fois, on dirait que le destin nous tient la main. Le destin est venu répondre à une de mes questions et me donner l'occasion de vous préciser ma pensée.

Quand j'ai écrit le billet précédent, je me demandais ce que pouvait bien être devenu Kees Vanderheyden que j'avais connu dans mon enfance et qui avait influencé toute ma vie, ma façon de la considérer. Kees Vanderheyden avait émis l'opinion suivante: le bonheur c'est comme une petite lumière verte en nous qui nous dit si on peut continuer.

À l'occasion d'une soirée avec des jeunes de mon âge, il avait animée une discussion fort intéressante dont le thème était: "Est-ce que la recherche du bonheur doit être ce qui nous guide par dessus tout?"
Il faut préciser que la question était abordée sous l'angle des valeurs judéo-chrétiennes. À l'époque, ces valeurs avaient une influence très forte dans notre société.

Même si nos croyances ne sont plus ce qu'elles étaient, même si on se pose beaucoup de questions, je crois que les valeurs judéo-chrétiennes contiennent beaucoup de sagesse pour bien vivre en société.

Quand j'ai connu Kees Vanderheyden, il  était tout jeune. Mais j'étais loin de me douter de ce qu'il avait vécu à peine quelques années auparavant. Le documentaire qui suit nous en fait mention. Et vous pourrez constater que c'est tout un conteur. Il faut voir la réaction des enfants qui sont suspendus à ses lèvres et vivent des émotions intenses en l'écoutant.

Kees Vanderheyden a 15 ans lorsque, 3 ans après la seconde guerre mondiale, où il a subi l’occupation de l’armée allemande, sa mère accueille dans leur famille près d’Amsterdam une petite autrichienne malingre et affamée. Traudi Berndl est arrivée en Hollande dans le cadre d’un vaste projet collectif organisé par des membres visionnaires de la Croix-Rouge : des dizaines de milliers d’enfants traumatisés venant des pays vaincus sont amenés en train pour séjourner dans des familles d’Europe de l’ouest.

Presque 60 ans plus tard, c’est du Québec, où il a poursuivi sa vie, que Kees se lance à la recherche de la petite Traudi qui a marqué sa jeunesse. Il lui faudra 5 ans pour la retracer et commencer à correspondre avec la vieille dame de Vienne. (Ref.http://www.informactionfilms.com/fr/productions/les-trains-vie.php)

Après avoir vu ce documentaire, j'ai saisi toute la profondeur de la pensée de celui qui avait tellement influencé ma façon de voir la vie et la richesse de ses valeurs.

Pour voir le documentaire, cliquer sur le lien qui suit. Je vous le recommande fortement.
Vous allez adorer, je vous jure.








mardi 6 septembre 2016

À quelques secondes de savoir...



L'homme appartient à la vie, mais la vie n'appartient pas à l'homme.
[Fabien Blanchot]



Dans mes derniers billets, j'ai beaucoup parlé de la vie après la vie. J'ai été sensibilisé très jeune à ce mystère. J'ai vécu cet instant assez particulier qui nous sépare de la vie à la mort. J'ai déjà raconté l'histoire dans un billet datant de juillet 2008. Mon dernier billet me donne l'occasion d'y revenir.

Sans le hasard et quelques secondes de répit, ma vie se serait arrêtée brusquement, laissant mon niveau primaire inachevé. Un vrai miracle! Ou un simple hasard. L'histoire est incroyable, authentique malgré tout.

J'avais 7 ou 8 ans. J'étais en visite chez mon oncle "Jacques" Champagne. Ce dernier possédait une ferme familiale peu commune, dans la campagne d'Acton Vale. La maison de style victorien, construite en 1870, possèdait 22 pièces. Rien à voir avec les habitations d'aujourd'hui. La terre faisait 200 arpents. La photo ci-contre donne une idée du domaine.

J'étais impressionné par la maison, les bâtiments de ferme, la machinerie agricole. Juste devant la ferme, il y avait ce jour-là une très grande charette chargée de foin. Une grande fourche mécanique agrippait d'immenses charges de foin pour les décharger dans la tasserie de la grange. Curieux, et quelque peu hyperactif, j'ai voulu voir ça de plus près.

Je suis monté dans la " tasserie". Le nom est normand et désigne la pièce où on entasse le foin, le blé... pour l'hiver. Arrivé en haut,  j'ai vu la grande fourche remplie de foin au dessus de ma tête. De là, le spectacle était excitant. J'ai levé la tête pour mieux observer le décor. C'est à ce moment précis que la grande fourche a lâché son contenu sur moi. Et je l'ai vu de très près. Mais pas pour longtemps. J'ai été complètement ensevelli, ne pouvant plus bouger. J'ai poussé un cri, puis un long gémissement. Puis, j'ai eu le souffle complètement coupé par une seconde charge tombée sur moi.


Je me souviens de la suite comme si c'était hier. Je ressentais comme une boule dans la poitrine et une sensation désagréable d'oppression. Le plus curieux, c'est que je n'étais ni paniqué, ni angoissé. Ma curiosité l'emportait sur tout le reste:  j'étais sur le point de voir à quoi ressemblait l'autre monde. J'avais hâte de savoir, mais triste à l'idée de ce que ma mère allait vivre. La mort d'un enfant, c'est toujours très pénible pour les autres. Mais je crois que la résilience d'un enfant a de quoi surprendre.

J’avais été enseveli sous deux charges de foin lancées par la « grande fourche ». C’est entre les deux charges que le hasard le plus inattendu s’est produit. Une voisine de l’oncle Jacques s’est présentée dans l’étable pour lui emprunter je ne sais plus trop quoi, un peu de crème, je crois. Elle a été intriguée par un gémissement qu’elle avait entendu en entrant dans l’étable.

Elle a demandé à mon oncle ce que c’était. Il lui a répondu que c’était probablement les enfants qui s’amusaient. Mais la dame en doutait. Pour elle, le gémissement était plus suspect. Ça venait du haut de la grange. Dès lors, le cerveau de l’oncle Jacques n’a fait qu’un tour. Il imagina tout de suite ce qui devait venir de se passer. Il grimpa en vitesse dans la tasserie armé d'une fouche.

La manœuvre était délicate. Ce n’était pas évident de tasser vigoureusement le foin avec sa fourche et ne pas risquer de blesser l’enfant qui s’y trouvait. Il tira tout de même son épingle du jeu assez rapidement pour que je puisse absorber un peu d'air et pousser un léger cri. À ma grande surprise, j’étais sauvé. Au lieu d’être dans les bras d’un ange, j’étais dans les bras de mon oncle Jacob. Je pense même qu'il m'appela "mon petit sacrament".

Il m’agrippa, et me fit descendre rapidement. En retournant dans l’étable il aperçut Yves, mon frère d’un an plus vieux que moi. Il était vert. Il venait de boire une gorgée d’eau de javel en pensant que c’était de l’eau.


C’est ainsi qu’on s’est retrouvés tous les deux, Yves et moi, en pénitence sur la galerie d’une bâtisse histoirique de 1870. Je dois dire que cet événement m’a marqué profondément. J’ai tellement vu la mort de près que j’ai eu comme l’impression qu’elle m’avait un peu apprivoisé.

Chaque fois que je revois mon oncle, il me reparle de cet incident. Cette journée-là, le hasard a vraiment joué fort en ma faveur. Décidément, mon heure n’était pas encore arrivée. Ou bien, j'ai eu beaucoup beaucoup de chance.

Lorsque j'ai laissé ce billet en 2008, une de mes cousines a laissé ce commentaire: Ton histoire sur la tasserie de foin fait partie de l'histoire de notre famille. Papa raconte encore cette histoire avec beaucoup d'émotion. La voisine qui a alerté papa, c'est madame Savoie, la tante de mon chum. Elle est décédée l'automne passé. Elle est sûrement comme un ange qui veille encore sur toi.

La vie est une suite de hasards, de coïncidences et de synchronocités plus surprenants les uns que les autres. Je viens d'ailleurs d'en vivre cette semaine en lien avec mon dernier  billet. J'y reviendrai peut-être.

Ce qui me frappe dans ce que j'ai vécu dans la tasserie, c'est l'innocence de l'enfance. Alors qu'on a toute la vie devant soi, on éprouve un détachement que j'aimerais garder encore. Mais ironiquement, moins on a de temps à vivre statistiquement, plus on est éprouve de la résistance à partir. C'est ce que nous avait expliqué un de mes profs de collège et ça m'avait impressionné au point d'être resté gravé dans ma tête.

Mais par dessous tout, il y a ce mystère qui fait qu'on vit parfois des petits miracles dû au hasard. Cette voisine qui s'est présentée chez mon oncle juste au bon moment, c'est assez incroyable. Et il est difficile d'imaginer tout ce qui ne serait pas arrivé autour de moi par la suite sans sa visite impromptue.



mardi 2 août 2016

La vie, rien que la vie

Est-ce nécessaire d'attendre la vie après la vie, toute sa vie?

Jipé Dalpé, avril 2016
Le billet que voici a d'abord été inspiré par un petit vidéo déniché sur Facebook mettant mon fils Jipé en scène. En le voyant, il m'est tout de suite venu en tête une foule d'idées en lien avec mes derniers billets.

Pour agrémenter la mise en page, j'ai voulu  dénicher une photo récente sur mon iPad (Voir à gauche).Tout à côté, une autre photo situait le contexte. Voir plus bas. C'est la photo du brunch de Pâques à la maison.

Après avoir choisi ces photos, deux réflexions me sont venues à l'esprit.

La première, c'est que cette photo exprime bien mon propos. En résumé, notre fiston aime bien vivre, bien manger, apprécier le bon vin. Et oui, il a un petit côté épicurien.

Brunch de Pâques 2016

La seconde, c'est que la fête de Pâques, c'est la fête de la résurrection, le symbole par excellence de la vie après la vie. Il n'en fallait pas plus pour que je fasse le lien avec un billet tout récent où je citais un extrait d'une mélodie de mon fils s'intitulant "La vie après la vie".

Voici cet extrait.

La vie après la vie 
Est-ce que c’est loin d’ici? 
J’aime bien l’idée d’un paradis 
La vie après la vie 
Est-ce que c’est mieux qu’ici? 
Moi, j’en attends gros du paradis 
Mais ça a besoin d’être beau, as-tu vu l’prix? 
(Parole et musique Jipé Dalpé)

 

Voici le vidéo qui m'a inspiré ce billet. C'est clair notre fiston sait apprécier la vie.

 WEBSÉRIE Le vin du Québec au coeur de notre culture JIPÉ DALPÉ AU VIGNOBLE D'ORFORD  
 
Personnellement, je crois que la recherche du bonheur est la meilleure façon de vivre sa vie peu importe ce qui peut se passer après. Si ce qu'on fait nous rend heureux, les autres seront plus heureux à notre contact. On ne se trompe pas.
 
Si on rend les autres heureux, c'est sûr qu'on est sur la bonne voie. La vie est bien faite, comme la nature d'ailleurs. Si vous ne respectez pas leurs lois, elles trouveront le moyen de se faire entendre. Juste à voir comment la nature se déchaîne présentement, on peut voir comprendre qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
 
Tornade au Québec, juillet 2016
Des tornades au Québec, c'était jusqu'à maintenant un problème plutôt rare. On en comptait environ 5 par année et de très faible intensité. Cette année, nous en avons déjà 4 et elles sont violentes: toits arrachées, arbres déracinées, etc.

L'année 2015, la pire année de l'histoire. 2016 s'annonce encore plus catastrophique.
Les températures, la montée des eaux et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux records l'an dernier, faisant de 2015 la pire année de l'histoire moderne pour une série d'indicateurs clés, révèle mardi un rapport international de référence.

Recul des glaces, sécheresse, inondations... c'est un sombre portrait de la Terre que donne le rapport annuel sur l'état du climat (State of the Climate), un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.Voir La Presse 2 août 2016
 
scarabée japonais
On voit apparaître au Québec pour la première fois des moustiques et des bestioles plutôt dérangeantes qu'on n'avait jamais vu avant ici, au nord. Par exemple l'infernal scarabée japonais. Ça se répand à une vitesse folle. Ça attaque les arbres fruitiers, les fleurs, les potagers. En Asie, ces moustiques ont des prédateurs, mais pas ici. Il faut dire que les québécois sont reconnus pour être bien accueillants. :-)

De plus en plus, c'est la vie sur terre qui est en jeu. La qualité de vie également. Il y a de quoi se poser des questions et je crois que ce sont rarement les bonnes. Au fond, ce qui devrait nous guider, c'est notre qualité de vie et les conditions pour être heureux. Actuellement plusieurs pays ne peuvent assurer le minimum vital à leurs concitoyens sans de gros revenus pétroliers. Fermons la parenthèse.


Épicure
Ceci étant dit, je crois qu'il faut ne pas trop abuser des bulletins de nouvelles ni des médias sociaux qui nous préviennent des pires catastrophes. Il faut être conscients, mais prendre ses distances, faire le vide et trouver le moyen de profiter de la vie tous les jours. J'offre un bon verre de vin à votre santé. Sa qualité est de plus en plus remarquable au Québec.

Est-ce nécessaire d'attendre la vie après la vie toute sa vie?
Est-ce que nous pouvons nous contenter de vivre simplement notre vie et en tirer la plus grande joie ?

Il n'y a pas de mal à  vivre en épicurien, savoir apprécier le goût du bon vin autour d'une bonne table.

Eau de Lourdes?
Ça fait même partie des valeurs qui font partie de notre héritage chrétien. Jésus de Nazareth ne s'est-il pas permis de changer l'eau en vin aux noces de Cana. S'il était encore vivant, la Société des Alcools du Québec aimerait bien l'avoir comme PDG en autant qu'il ait sa carte de membre du parti libéral. :-)

Soyons sérieux. Revenons à notre question:
Est-ce nécessaire d'attendre la vie après la vie toute sa vie?
Curieusement, je viens de dénicher également sur Facebook une belle composition signé Jipé Dalpé et Yann Perreau: qui va dans ce sens.

Tant qu'il y a d'e l'amour tout autour
Avant que la vie te mette à mort
Soigne tes jours pis fais le fort
Attends pas qu'il soit trop tard.

Il faut vivre sa vie à fond, l'aimer, en profiter. La meilleur façon, c'est de ne pas s'inquiéter de ce qui va nous arriver après. De toute façon, la vie m'a appris que dans les moments les plus difficiles, on se découvre souvent des forces insoupçonnées.

Imaginons-nous un instant  que nous savons que nous allons mourir dans quelques secondes. Qu'est-ce qui se passe dans notre tête? Je le sais parce que je l'ai déjà vécu.
Je ne respirais plus depuis presque une minutes. C'était clair dans ma tête. C'était fini. Je ne pouvais survivre à moins d'un miracle auquel j'avais cessé de croire. À première vue, on pourrait croire qu'il n'y a rien de plus traumatisant.

Comment peut-on se sentir lorsqu'on croit à 100% que notre vie sera finie dans les secondes à venir?


À suivre...