samedi 6 octobre 2018

Derrière le visage


Derrière le visage, le plus important, c'est le regard et les différentes expressions qui font découvrir la personnalité de son auteur.

Des acteurs qui jouent le rôle de médecins, de policiers, de soldats, des gardiens de prison nous semblent tellement réalistes qu'on a l'impression qu'ils pourraient exercer le métier sans formation.
Ils réussissent à entrer dans la peau d'un personnage au point de nous faire oublier qui ils sont vraiment.

C'est le cas de l'acteur anglais Robert Powell qui a joué le rôle de Jésus de Nazareth dans la série du même nom, la série télévisée la plus écoutée de tous les temps. On l'avait d'abord retenu pour jouer le rôle de Juda. Quand le metteur en scène l'a rencontré, il a été ébloui par son regard et décidé qu'il devait plutôt jouer le rôle de Jésus de Nazareth.

Le rôle a été tellement bien joué qu'on a fini par confondre la représentation des deux personnages. Robert Powell a toujours été un peu mal à l'aise par ce lien que l'on fait entre ses photos et celle du fils de Dieu. Lors d'une entrevue récente, il faisait allusion à  sa photo personnifiant le Christ derrière l'autel.

Voir le vidéo qui suit où Robert Powell témoigne de l'incident:
https://www.youtube.com/watch?v=OacW3VFxbdw



Il a souvent dit: "Je ne suis pas le fils de Dieu, je ne suis qu'un acteur qui a joué  ce rôle pour de l'argent". Il demeure très ambivalent car sans être un fervent croyant, il se décrit comme un chrétien bien ordinaire alimenté par des doutes comme la plupart des croyants.

La ressemblance entre Robert Powell et le personnage de Jésus de Nazareth mérite qu'on s'y arrête un peu plus, selon moi. Mais j'y reviendrai un peu plus loin. Pour l'instant, je veux plutôt vous parler d'un phénomène qui m'amuse: on connait très souvent quelqu'un qui connait quelqu'un de célèbre.

Comme on dit souvent: le monde est petit. On dit qu'il faut souvent 4 ou 5 personnes de nos connaissances (au sens large) pour rejoindre à peu près n'importe qui sur terre.

Gildor Roy, District 31
Tout récemment, j'ai su qu'un comédien que j'avais déjà rencontré avait eu l'occasion de passer un bon moment avec Robert Powell. Il s'agit de Gildor Roy, l'illustre commandant de la série District 31 qui joue ce rôle 4 fois par semaine.

Gildor Roy dans une entrevue récente racontait avoir eu le bonheur de rencontrer, comme comédien, Robert Powell qu'il décrit comme un être très sympathique.

Je ne me souviens plus très bien dans quel contexte la rencontre avait eu lieu, mais il y avait un lien avec son métier d'acteur. Gildor Roy poursuivait un échange avec Robert Powell lorsque ce dernier lui a demandé s'il avait une bière. En plaisantant, il lui a fait une confidence. Durant le tournage de Jésus de Nazareth, Robert Powell profitait de ses pauses pour déguster quelques bières puisqu'il est amateur.

Comment, j'ai pu rencontrer Gildor Roy? Il était membre d'un jury à l'occasion d'un concours musical: CEGEP en spectacle à Sherbrooke, la ville que j'habite. Et par bonheur, mon fils a gagné le prix qui a pu le propulser à la compétition provinciale du Québec. L'occasion était trop bonne pour ne pas en profiter alors je suis allé saluer Gildor Roy.


Jipe Dalpe /voir Biographie

Le lien suivant fait mention du concours en question: Biographie de Jipé Dalpé.
On y mentionne notamment ce qui suit:

Gagnant de plusieurs prix et concours (Prix du Mérite Estrien 2012, Granby, Petite-Vallée, Cégep en spectacle, Cégep Rock, etc.) Jipé Dalpé est un artiste talentueux, complet et multi-instrumentiste (guitares, voix, trompette et flugelhorn). 
L’auteur-compositeur-interprète est incroyablement versatile : musicien accompagnateur, collaborateur très en demande sur scène comme sur disque ainsi que réalisateur (Vincent Vallières, Les Trois accords, Yann Perreau, Gaële, Sylvie Paquette, Edgar Bori, Tricot Machine, 3 gars su’l sofa, David Goudreault, etc.). Le milieu artistique fait aussi appel à lui pour de la mise en scène et de la direction artistique : « Les Monumentales signées Granby » (Monument National), « Le Cabaret de la Nuit Blanche » (Monument National) et « La Chanteaufête de Charlevoix » (St-Siméon).

Bien sûr, le lien qui précède a de quoi rendre fier n'importe quel père ou n'importe quelle mère. C'est normal qu'on souhaite tout le succès possible à ses enfants. Nous voulons que la vie donne à nos enfants plus que ce qu'elle nous a  donné. Nous voulons qu'ils aillent plus loin, plus haut.  Mais je le fais sans prétention. Il y a tellement de talent un peu partout qui se manifestent sous différentes formes dans plusieurs domaines.

Il en est ainsi pour tout ce qui concerne le domaine des arts: la peinture, l'architecture, la caricature, la sculpture, les symphonies, les comédies musicales de renom, etc. Quand j'ai assisté à la comédie musicale "Les Misérables", par moment, je trouvais la mélodie tellement belle que j'ai versé des larmes. Je me souviens m'être dit: "Dieu existe, c'est trop beau".

Tout ça me fascine et me fait croire que l'homme n'est pas un simple amalgame de neurones qui guident sa destinée. Il y a plus et il doit y avoir quelqu'un de plus grand que nous derrière tout ça.

Le visage de quelqu'un, c'est beaucoup plus qu'un ensemble de traits, de formes. Ce n'est pas simplement de l'anatomie. Une expérience récente l'a démontré de façon éloquente. On en a d'ailleurs abondamment parlé dans le bulletin de nouvelle d'hier, 11 octobre à TV5.

Préparez-vous, je vais faire un long détour pas vraiment improvisé. Mais ne vous inquiétez pas je vais revenir à mon sujet.

En janvier 2011, Maurice est victime d’un accident de chasse. Malgré quatre chirurgies de reconstruction, rien n’y fait. Maurice demeure défiguré. Il souffre aussi physiquement. Sans nez, sans mâchoire ni dents, il mange avec la peur constante de s’étouffer. Sans sa trachéotomie, il ne pourrait ni respirer ni parler.

Première greffe du visage au Canada
Équipe médicale : 9 chirurgiens, des anesthésistes, infirmiers et infirmières
Au printemps 2018, on cherche un donneur pour une transplantation du visage. Puis le miracle se produit.
Un donneur est trouvé. L’opération sera méthodique. La chirurgie se décline en une quarantaine d’étapes affichée au mur de la salle d’opération. On pourra s’y référer au besoin.

La greffe est totale. On ne parle pas que de la peau, mais de l’ensemble du visage : le nez, son cartilage, les os de la mâchoire, les dents et la bouche. Le tout dans un seul et même greffon. Quelques patients seulement dans le monde ont subi une greffe aussi complète. 

D’abord, on dégage la peau du donneur, pour ensuite identifier les gros vaisseaux sanguins, les nerfs et les os. Après, il faudra les sectionner. On commencera par les vaisseaux sanguins, suivis des nerfs et finalement des os. À ce moment-là, Maurice sera prêt à recevoir son nouveau visage. On y fixera d’abord les os. On reconnectera les vaisseaux sanguins et les nerfs. On terminera la chirurgie en suturant la peau. On pourra voir le détail de cette intervention sur le lien qui suit: 
Greffe du visage

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Le Dr Borsuk au côté de Maurice

Quel est le lien avec le début du texte? J'y arrive.
Quand on a demandé au Dr Borsuk, chirurgien en charge de la transplantation, si le receveur (Maurice) ressemblait au donneur. Il a répondu: "Non. Il ressemblait à Maurice avant l'accident". Il avait en effet des expressions bien typique de sa personnalité qui, elle, n'avait pas changé

On dit que les yeux, c'est le miroir de l'âme. C'est vrai pour tout le visage.
Le plus important, ce ne sont pas les traits, mais les expressions qui traduisent la personnalité de son auteur. En ce sens, on peut avoir un visage attirant sans nécessairement être une beauté au sens classique du terme.

Dr Daniel Borsuk
Encore une fois, le hasard est tout étonnant.

Le Dr Daniel Borsuk n'avait jamais eu l'intention d'être médecin. C'est en voyant souffrir sa mère, malade, qu'il a eu l'idée de faire des études en médecine afin de pouvoir lui être utile.
Si sa mère avait été en excellente santé, Maurice n'aurait jamais eu la chance d'avoir un nouveau visage.









jeudi 13 septembre 2018

Complot no.3: cultiver l'ignorance et l'indifférence

Les hommes préfèrent toujours subir des malheurs supportables 

plutôt que se redresser et abolir les formes de  gouvernement auxquels ils sont habitués. (Denys Arcand, Le confort et l'indifférence, ONF 1981)



Ce film de Denys Arcand (auteur de La chute de l'Empire américain, Les Invasions Barbares, etc ...) Le confort et l'indifférence est un véritable petit bijou que je vous recommande fortement. Il est très d'actualité même s'il date de 1981. Il est peut-être un peu long, mais regardez au moins le début.

Nous sommes en campagne électorale. À mon avis, les idées débattues sont riches et diversifiées.
Certaines émissions d'information sont très bien faites. Ce que j'ai un peu de difficultés à comprendre, c'est que plusieurs chroniqueurs n'y voit rien, ont l'impression que les véritables débats de fond n'ont pas lieu. Et pourtant!

Une chose me frappe: les jeunes sont beaucoup moins mobilisés et renseignés, d'après ce que nous rapportent les médias. Plusieurs ont dit à la caméra ne pas vouloir voter parce qu'ils manquaient d'informations. Pourtant, il me semble que nous n'avons jamais eu autant d'informations. Je crois que ce ne sont pas les idées qui manquent, mais notre confiance en ceux qui les expriment.
Gertrude Bourdon, celle qui porte bien son nom (Côté, Le Soleil)
Le Journal de Montréal a récemment demandé à ses chroniqueurs : « De quelle idée le Québec a-t-il besoin pour retrouver sa fierté ? ». 
Au total, tout récemment 14 candidats sont passés d'un parti à un autre aux idées et aux valeurs totalement opposées. Ils sont des transfuges dont on peut douter des convictions.

"Speed dating politique
Oui, ce speed dating (site de rencontres)  à la sauce politique renforce le cynisme ambiant. C’est clair. 
Mais, il donne surtout raison aux jeunes qui pensent que la politique « c’est du pareil au même », « que c’est toute la même chose » et « que de toute façon, mon vote ne changera rien ».  Et pourtant! Jamais, on a eu tant de diversités si bien expliquées. 
On a beau prendre n’importe quelle mesure pour faire participer les jeunes, mais il y a rien de plus décourageant que de voir les partis s’échanger des candidats comme on s’échange des joueurs d’hockey. Où sont passés les idéaux et les projets de société ? "
(Le magasinage de convictions) Le Journal de Montréal, 1 septembre 2018)
Nous avons beaucoup d'informations, mais... voici quelques aspects un peu troublants:
  1. Les heures de diffusions: les meilleures émissions télévisuelles passent au milieu de l'après-midi ou après 23 heures. L'émission 24/60 de Radio-Canada est rediffusée à minuit.
    L'émission La Joute est un véritable petit bijou; les invités sont remarquables, compétents, crédibles et engagés. L'émission passe de 15h à 17h, puis de 23h à minuit. Nous pouvons l'écouter le  soir parce que nous sommes retraités.
  2. Aux heures de grandes écoutes, on dirait qu'on fait tout pour rapporter le moins possible d'informations qui nous touchent. Il n'y a pas plus d'une demi-heure de nouvelles, en excluant les commanditaires. Beaucoup de nouvelles sont des documentaires préparés à l'avance, les invités pour commenter l'actualité n'ont pas toujours la compétence souhaitée, ont la langue de bois, ont pour mission de ne pas trop faire grimper les statistiques de plaintes. On traite beaucoup d'informations en quelques secondes, en évitant les analyses approfondies. De toute façon, on n'aurait pas le temps.
    Jean-François Lisée
  3. Selon Joseph Facal pour qui j'ai toujours eu le plus grand respect, c'est Jean-François Lisée qui fait la meilleure campagne. Mais il faut aller aux rencontres partisanes pour entendre ses idées. Les médias en parlent peu. On préfère mousser la polarisation entre le Parti Libéral et La Coalition Avenir Québec. Selon Joseph Facal, le meilleur ne gagne pas toujours. Voir Le Journal de Montréal.
     
  4. L'immigration est un sujet tabou dont il ne faut surtout pas parler sans se faire traiter de racistes, d'esprits étroits.
  5. Les nouveaux arrivants sont acceptés sans même comprendre ni le français, ni l'anglais.
    Les règles d'intégration sont défaillantes et on juge très sévèrement toute démarche pour bien informer les nouveaux arrivants des valeurs de la société, comme si c'était un crime de vouloir en parler.
  6. Les informations ne sont pas toujours fiables: "«Plus le mensonge est gros, plus le peuple le croira», disait le sinistre Joseph Goebbels."
    Ça vous fait penser à quelqu'un?
L'indifférence

Il n'y a pas si longtemps, beaucoup de sujets étaient sacrés. La langue, la fierté liée à l'identité de la communauté, il fallait les respecter. Sinon, la mobilisation était forte et efficace. L'indignation était une arme de résistance dont nos élites, Michel Chartrand par exemple, savaient s'en servir pour préserver nos valeurs fondamentales.

Certains phénomènes récents vont dans une toute autre direction
  1. Plusieurs montrent un ouverture à une moins grande importance du français.
    Non seulement on ne croit plus que le français peut être menacé, on ne voit plus de raisons de le protéger. Il faut savoir que le Québec est le plus grand territoire géographique où la langue parlée est le français. C' est la langue officielle. C'est la seule langue officielle, afin de la protéger dans un océan d'anglophones. Mais pour combien de temps? L'an dernier, 58% des nouveaux réfugiés et des immigrants ne parlaient pas français. Et on manque de monde pour leur enseigner.
  2. Le sentiment d'identité et la fierté nationale n'attirent plus. Au contraire! C'est mal vu. On identifie ces sentiments à de la fermeture d'esprit.
  3. On a perdu cette belle combativité qui permettait de débattre avec vigueur de ses convictions, ce droit à l'indignation qu'on reconnaissait comme une vertu. Michel Chartrand en était notre meilleur ambassadeur.
    Voir vidéo de l'ONF " Un homme de parole.

    Dénoncer l'inacceptable est maintenant vu comme un vice. Une opposition qui n'a plus le droit de s'opposer, c'est le propre d'un système politique qui s'appelle "une dictature". On veut "des campagnes propres", donc perdre le droit de dénoncer l'inacceptable, ne pas avoir toute l'information pour voter selon nos valeurs.
On n'enseigne plus l'histoire de façon à ce que les jeunes générations puissent comprendre, d'où nous venons et qui nous sommes. Des journalistes ont demandé aux jeunes, 10 ans après le référendum sur l'indépendance, quels étaient leur opinion sur le sujet. La plupart ne savaient même pas qu'il y en avait eu un et que le résultat avait été très serré: 51% pour le maintien du Québec dans le Canada et 49% pour la souveraineté. Ce n'est pas rien. Le Canada a failli perdre une bonne partie de son territoire.

Plusieurs même n'avaient jamais entendu parler le l'attaque des tours du Wal-Trade center, n'avaient jamais entendu parler de Ben Laden ou d'Al-Qaïda.










mardi 4 septembre 2018

Autre complot: les soins médicaux

Nous sommes en campagne électorale et tous les chefs de partie ont les mêmes priorité: l'éducation et la santé.

Nous payons nos médecins très cher pour qu'ils nous gardent en vie. Et au fond, nous savons bien que c'est un combat perdu d'avance. C'est déjà tout un défi de nous garder en santé jusqu'à la fin, dans de bonnes  conditions.

Pourtant, dans la force de l'âge, tout est différent. Laure et moi, c'est notre 51è anniversaire de mariage aujourd'hui, le 4 septembre. Ce jour-là, c'est comme si nous avions l'impression que nous avons presque toute une éternité devant nous. Nous réalisons vite que si notre coeur ne vieillit pas, il en va tout autrement de notre corps.




Seul notre physique trahit le nombre d'années qui ont passé si vite. Et pour moi, c'est comme un grand mystère. S'il fallait imaginer tout ce qui aurait pu être différent si nous ne nous étions pas rencontrés, ce serait renversant.

La vie est une suite de hasards qui changent le monde, notre univers et les générations futures. Sans cette rencontre avec Laure, nos enfants n'existeraient pas, tout leur parcours professionnel n'aurait pas produit les fruits dont nous sommes si fiers.

Tout à fait, par hasard, deux jeunes dames viennent tout juste de sonner à notre porte. Dring, dring!
 Je les ai reconnues. C'étaient deux témoins de Jéhovah. Je leur ai dit: "J'imagine que vous êtes venues nous souhaiter un bon anniversaire de mariage". J'ai sorti notre album de photos. Elles ont vite changé de sujet.

Elles nous ont demandé: "Croyez-vous  à la résurrection des corps?" J'ai répondu à la blague: "Pas vraiment, mais je ne prends pas de chance. Je ne fais jamais de dons d'organe. Imaginez si à la fin des temps mon corps ressuscite et que mon coeur se trouve dans le corps d'un autre... Quand les anges vont jouer de la trompette, je veux avoir tous mes morceaux."

Plus sérieusement, je crois que notre corps n'est qu'une écorce emprunté le temps d'une vie dans une dimension sujette à se transformer en je ne sais trop quoi. Je crois que notre corps est une partie de nous-même auquel se greffe autre chose. Je suis porté à croire qu'il y a une autre partie en nous différente et indépendante de la matière. Je pense, mais je n'en sais rien.

Même l'ordinateur le plus puissant n'a pas le début du commencement de la conscience d'exister.



Un ordinateur des millions de fois plus puissants que le cerveau ne se pose pas de questions sur sa raison d'être, le sens à donner à sa vie. Et quand on parle d'intelligence artificielle, je pense qu'on joue avec les mots. Mon téléphone sera intelligent lorsqu'il me demandera quel est le sens de la vie et se posera des questions sur l'existence ou la non-existence d'un être supérieur qui a créé notre univers.

Je disais au tout début que la médecine est un combat perdu d'avance. Peu importe le prix qu'on paie, le médecin ne peut nous empêcher de mourir. Alors, on aime penser que même après la mort, on ne sera pas mort. Et on va plus loin: on imagine que les ordinateurs deviendront dotés d'intelligence, ce qui est l'apanage des créatures humaines que nous sommes.

Il serait peut-être plus utile de se poser des questions sur la survie de la planète...
Le vrai complot, il est là: toutes les raisons qu'on invente pour ne pas s'en occuper.

mardi 28 août 2018

Complot ou pas: l'obsolescence programmée ?

Vous savez ce que c'est?

La loi française définit l'obsolescence programmée comme « l'ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d'un produit pour en augmenter le taux de remplacement. »3. Il peut s'agir d'un matériel délibérément conçu pour ne pas pouvoir « évoluer », par exemple limité arbitrairement en taille de mémoire auxiliaire), ou de produits dont la conception comprend des « fragilités » délibérées (condensateurs électrolytiques peu durables, pièces de fatigue non renforcées, etc.)
Les exemples ne manquent pas:
  • Plusieurs imprimantes, scanners ou autres équipements ne fonctionnent plus lorsque vous changez vers une nouvelle version de Windows, vous achetez un nouvel ordinateur, etc.
    J'ai souvent choisi des imprimantes qui avaient des cartouches d'encre à plus forte capacité. Le remplacement des cartouches-couleurs pouvait coûter 500$. Mais une fois achetée, l'imprimante cessait de fonctionner. En achetant une imprimante de la même compagnie, même série, il fallait acheter de nouvelles cartouches. Chaque modèle d'imprimante, même de la série équivalente, requiert des cartouches particulières.
  • Un monsieur que je connais fabrique des pièces pour une compagnie de véhicules récréatifs de renom. On lui a demandé de modifier un peu les pièces qu'il fabriquait parce qu'elles étaient trop résistantes.
  • Dans un cours de confection de meubles, on nous enseignait comment faire des meubles moins résistants afin de protéger le commerce de l'industrie du meuble.
  • J'ai acheté un congélateur usager il y a 30 ans. Quand je l'ai donné, l'année dernière, il fonctionnait encore.
  • J'ai fait changer les lames d'un rasoir électrique acheté il y a 40 ans environ. On m'a conseillé de ne jamais vendre ce rasoir. Les plus récents ne durent plus très longtemps.

Il y a un problème, pardon, plusieurs problèmes:

  • Les déchets ne sont plus contrôlables: on ne sait plus où les mettre
  • Les matières premières s'épuisent: au début d'août, on avait déjà utilisé tout ce que la planète peut permettre pour que les générations futures ne manquent pas de matière.
  • Les océans sont de plus en plus étouffés par le plastique qu'on y jette.

La solution: hypocrisie ?


  • Toutes les demeures doivent maintenant trier les déchets à l'aide de bacs de récupération:
    - le brun pour les matières compostables
    - le vert: pour les matières récupérables
    - le noir: pour les déchets
  • C'est une bonne idée, mais ce n'est rien comparativement à certaines mesures légales pouvant être prises pour favoriser la durée de vie des électro-ménagers de fortes tailles, pour bannir des produits inutiles comme les bouteilles d'eau en plastique. L'eau du robinet est souvent meilleure pour la santé.

Mon expérience: complot ou  pas? À vous de deviner.


Mon GPS a cessé de fonctionner.
J'en avais un urgent besoin. Il s'est déchargé subitement.

Consultation
Mon bijoutier vérifie ma pile. Il m'explique que ma pile au lithium a une durée de vie limitée.
Il me réfère à un marchant spécialisé dans la vente de batteries. Ce dernier peut m'en vendre une, envoyer mon GPS à Montréal pour le faire installer par un spécialiste. Je dois payer 40$ pour la pile, le coût du transport (300 km aller-retour) et de l'installation. Mon GPS m'avait coûté 75$. Je décide donc d'en acheter un neuf. Tant qu'à y être, j'en achète un bon, plus cher.

Réaction:  colère 

Je me sens comme  une victime de l'obsolescence programmée.
Mon nouveau GPS perd sa charge avant que je n'arrive à destination.
Je raconte l'histoire à un ami chez qui je venais de me rendre de peine et de misère.
L'ami sort ses outil,et m'aide à vérifier si ma fusible de briquet est brisée.
Je fouille mon manuel d'instruction pour voir où trouver et vérifier la fusible.




Complot?
Après un bon moment, je vérifie l'allume-cigarette qui devait fournir la charge à mon GPS.

Surprise! Je vois qu'il y a un 10 cents tombé dans l'allume-cigarette.
C'est lui qui empêchait mon GPS de se charger. 
Mon GPS neuf et l'autre que je venais de remplacer fonctionnaient à merveille.
Le complot était dans ma tête uniquement.

La morale de cette histoire: il y a des complots, mais il ne faut pas en voir partout.

Prochain billet: au autre complot.
Vous saurez seulement à la fin du billet si c'est un vrai complot du début à la fin.



mercredi 22 août 2018

Attention, complots!

Vous croyez aux complots? Vous croyez qu'il y en a beaucoup? Moi si! 
Je vais vous donner quelques exemples.
Mais auparavant, permettez que je vous fasse une réflexion générale:

Carricature La Presse (Chapleau)
On a facilement tendance à voir des complots partout,
à tous les niveaux.

L'arrivée de Donald Trump a exacerbé  le phénomène.

On peut avoir deux réactions extrêmes:

  1. Voir des complots partout
  2. Voir des complots où il n'y en a pas






Voici donc quelques exemples:
  1. Les antivirus, faut-il s'en méfier?
  2. L'obsolescence programmée
  3. Le choix des sujets retenus pour les bulletins de nouvelle:
    information ou propagande?
  4. Légalisation du cannabis pour mieux protéger citoyens
  5. La démocratie au service du peuple
  6. La protection des frontières
  7. L'ONU comme organisme pour éviter ou régler des conflits.
  8. La Russie...
  9. Le réchauffement climatique
Source La Presse (caricature Chapleau)
Il y a beaucoup de sujets. Je pourrais en ajouter tellement plus! 
J'y consacrerai donc quelques billets dans les prochaines semaines...

Vous aimeriez que j'ajoute d'autres sujets à débattre sous le thème du complot?
Allez-y, vos suggestions sont les bienvenues. J'en tiendrai compte.

dimanche 3 septembre 2017

50 ans déjà

Comme la vie passe vite!
Il y a 50 ans déjà, nous nous sommes mariés.
C'était le jour de la fête du travail, un lundi 4 septembre, comme cette année.  C'était comme en 1967.

Laure était ravissante à merveille. Elle l'est toujours. Mon père disait que Laure ressemblait à la sainte vierge. Venant de lui, c'était tout un compliment!


Vous vous en doutez, en 50 ans, on en voit de toutes les couleurs. Nous n'y avons pas échappé.
Mais nous avons eu la chance de toujours nous épauler de notre mieux, nous compléter.

On ne peux jamais promettre d'aimer quelqu'un toute la vie. L'amour, ça ne se commande pas. Ça se vit. C'est toute une chance parce qu'on ne sait jamais ce que sera l'autre dans 50 ans. Et Laure a toujours été la même, sensible, vivante, le coeur jeune. Si c'était à refaire, je la choisirais à nouveau sans hésitation. L'amour, ça se vit, ça se sent. 

Vincent Vallières nous a fait l'honneur de nous dédier cette chanson lors de son passage à Havre-Saint-Pierre, il y a quelques années. Il nous a dit alors que c'était la première fois qu'il la chantait en  public.

Quand la maison sera payée et qui restera plus rien qu'a s'aimer

On va s'aimer encore, au travers des doutes, des travers de la route et de plus en plus fort On va s'aimer encore, au travers des bons coups, au travers des déboires la vie, à la mort on va s'aimer encore
Quand nos enfants vont partir, qu'on les aura vu grandir

Quand sera leur tour de choisir, leurs tour de bâtir

Quand nos têtes seront blanches, qu'on aura de l'expérience

Quand plus personnes va nous attendre, qui restera plus qu'a s'éprendre

On va s'aimer encore, au travers des doutes, des travers de la route et de plus en plus fort On va s'aimer encore, au travers des bons coups, au travers des déboires la vie, à la mort on va s'aimer encore
(...)
s'aimer encore, après nos bons coups, après nos déboires et de plus en plus fort On va s'aimer encore au bout de nos doutes au bout de la route au delà de la mort On va s'aimer encore, au bout du doute, au bout de la route au delà mort On va s'aimer ...

(Merci à Catherine Renaud pour ces paroles) 




samedi 10 décembre 2016

Les trains de la vie

 Un heureux hasard.

Dans mon avant dernier billet, j'ai écrit ce qui suit:

Personnellement, je crois que la recherche du bonheur est la meilleure façon de vivre sa vie peu importe ce qui peut se passer après. Si ce qu'on fait nous rend heureux, les autres seront plus heureux à notre contact. On ne se trompe pas.
André Mélançon
C'est la première fois que je laisse cette réflexion sans faire référence à son auteur et au contexte qui me l'a inspiré.
Je ne l'ai pas fait pour ne pas trop allonger le billet. Mais voilà que l'actualité m'en a donné l'occasion. J'ai été fasciné par un documentaire présenté à l'occasion de la mort d'André Mélançon  est né à Rouyn-Noranda le 18 février 1942[ et mort le 23 août 2016 à Montréal. Il a réalisé de nombreux films légendaires comme La guerre des tuques.

Petite parenthèse. C'est là que le cinéaste Xavier Dolan a fait ses début, en tant qu'acteur, étant enfant.

La guerre des Tuques

André Mélançon a produit aussi de grands documentaires. Celui qui a été présenté à l'occasion de sa mort est venu me chercher. Encore une fois, on dirait que le destin nous tient la main. Le destin est venu répondre à une de mes questions et me donner l'occasion de vous préciser ma pensée.

Quand j'ai écrit le billet précédent, je me demandais ce que pouvait bien être devenu Kees Vanderheyden que j'avais connu dans mon enfance et qui avait influencé toute ma vie, ma façon de la considérer. Kees Vanderheyden avait émis l'opinion suivante: le bonheur c'est comme une petite lumière verte en nous qui nous dit si on peut continuer.

À l'occasion d'une soirée avec des jeunes de mon âge, il avait animée une discussion fort intéressante dont le thème était: "Est-ce que la recherche du bonheur doit être ce qui nous guide par dessus tout?"
Il faut préciser que la question était abordée sous l'angle des valeurs judéo-chrétiennes. À l'époque, ces valeurs avaient une influence très forte dans notre société.

Même si nos croyances ne sont plus ce qu'elles étaient, même si on se pose beaucoup de questions, je crois que les valeurs judéo-chrétiennes contiennent beaucoup de sagesse pour bien vivre en société.

Quand j'ai connu Kees Vanderheyden, il  était tout jeune. Mais j'étais loin de me douter de ce qu'il avait vécu à peine quelques années auparavant. Le documentaire qui suit nous en fait mention. Et vous pourrez constater que c'est tout un conteur. Il faut voir la réaction des enfants qui sont suspendus à ses lèvres et vivent des émotions intenses en l'écoutant.

Kees Vanderheyden a 15 ans lorsque, 3 ans après la seconde guerre mondiale, où il a subi l’occupation de l’armée allemande, sa mère accueille dans leur famille près d’Amsterdam une petite autrichienne malingre et affamée. Traudi Berndl est arrivée en Hollande dans le cadre d’un vaste projet collectif organisé par des membres visionnaires de la Croix-Rouge : des dizaines de milliers d’enfants traumatisés venant des pays vaincus sont amenés en train pour séjourner dans des familles d’Europe de l’ouest.

Presque 60 ans plus tard, c’est du Québec, où il a poursuivi sa vie, que Kees se lance à la recherche de la petite Traudi qui a marqué sa jeunesse. Il lui faudra 5 ans pour la retracer et commencer à correspondre avec la vieille dame de Vienne. (Ref.http://www.informactionfilms.com/fr/productions/les-trains-vie.php)

Après avoir vu ce documentaire, j'ai saisi toute la profondeur de la pensée de celui qui avait tellement influencé ma façon de voir la vie et la richesse de ses valeurs.

Pour voir le documentaire, cliquer sur le lien qui suit. Je vous le recommande fortement.
Vous allez adorer, je vous jure.








mardi 6 septembre 2016

À quelques secondes de savoir...



L'homme appartient à la vie, mais la vie n'appartient pas à l'homme.
[Fabien Blanchot]



Dans mes derniers billets, j'ai beaucoup parlé de la vie après la vie. J'ai été sensibilisé très jeune à ce mystère. J'ai vécu cet instant assez particulier qui nous sépare de la vie à la mort. J'ai déjà raconté l'histoire dans un billet datant de juillet 2008. Mon dernier billet me donne l'occasion d'y revenir.

Sans le hasard et quelques secondes de répit, ma vie se serait arrêtée brusquement, laissant mon niveau primaire inachevé. Un vrai miracle! Ou un simple hasard. L'histoire est incroyable, authentique malgré tout.

J'avais 7 ou 8 ans. J'étais en visite chez mon oncle "Jacques" Champagne. Ce dernier possédait une ferme familiale peu commune, dans la campagne d'Acton Vale. La maison de style victorien, construite en 1870, possèdait 22 pièces. Rien à voir avec les habitations d'aujourd'hui. La terre faisait 200 arpents. La photo ci-contre donne une idée du domaine.

J'étais impressionné par la maison, les bâtiments de ferme, la machinerie agricole. Juste devant la ferme, il y avait ce jour-là une très grande charette chargée de foin. Une grande fourche mécanique agrippait d'immenses charges de foin pour les décharger dans la tasserie de la grange. Curieux, et quelque peu hyperactif, j'ai voulu voir ça de plus près.

Je suis monté dans la " tasserie". Le nom est normand et désigne la pièce où on entasse le foin, le blé... pour l'hiver. Arrivé en haut,  j'ai vu la grande fourche remplie de foin au dessus de ma tête. De là, le spectacle était excitant. J'ai levé la tête pour mieux observer le décor. C'est à ce moment précis que la grande fourche a lâché son contenu sur moi. Et je l'ai vu de très près. Mais pas pour longtemps. J'ai été complètement ensevelli, ne pouvant plus bouger. J'ai poussé un cri, puis un long gémissement. Puis, j'ai eu le souffle complètement coupé par une seconde charge tombée sur moi.


Je me souviens de la suite comme si c'était hier. Je ressentais comme une boule dans la poitrine et une sensation désagréable d'oppression. Le plus curieux, c'est que je n'étais ni paniqué, ni angoissé. Ma curiosité l'emportait sur tout le reste:  j'étais sur le point de voir à quoi ressemblait l'autre monde. J'avais hâte de savoir, mais triste à l'idée de ce que ma mère allait vivre. La mort d'un enfant, c'est toujours très pénible pour les autres. Mais je crois que la résilience d'un enfant a de quoi surprendre.

J’avais été enseveli sous deux charges de foin lancées par la « grande fourche ». C’est entre les deux charges que le hasard le plus inattendu s’est produit. Une voisine de l’oncle Jacques s’est présentée dans l’étable pour lui emprunter je ne sais plus trop quoi, un peu de crème, je crois. Elle a été intriguée par un gémissement qu’elle avait entendu en entrant dans l’étable.

Elle a demandé à mon oncle ce que c’était. Il lui a répondu que c’était probablement les enfants qui s’amusaient. Mais la dame en doutait. Pour elle, le gémissement était plus suspect. Ça venait du haut de la grange. Dès lors, le cerveau de l’oncle Jacques n’a fait qu’un tour. Il imagina tout de suite ce qui devait venir de se passer. Il grimpa en vitesse dans la tasserie armé d'une fouche.

La manœuvre était délicate. Ce n’était pas évident de tasser vigoureusement le foin avec sa fourche et ne pas risquer de blesser l’enfant qui s’y trouvait. Il tira tout de même son épingle du jeu assez rapidement pour que je puisse absorber un peu d'air et pousser un léger cri. À ma grande surprise, j’étais sauvé. Au lieu d’être dans les bras d’un ange, j’étais dans les bras de mon oncle Jacob. Je pense même qu'il m'appela "mon petit sacrament".

Il m’agrippa, et me fit descendre rapidement. En retournant dans l’étable il aperçut Yves, mon frère d’un an plus vieux que moi. Il était vert. Il venait de boire une gorgée d’eau de javel en pensant que c’était de l’eau.


C’est ainsi qu’on s’est retrouvés tous les deux, Yves et moi, en pénitence sur la galerie d’une bâtisse histoirique de 1870. Je dois dire que cet événement m’a marqué profondément. J’ai tellement vu la mort de près que j’ai eu comme l’impression qu’elle m’avait un peu apprivoisé.

Chaque fois que je revois mon oncle, il me reparle de cet incident. Cette journée-là, le hasard a vraiment joué fort en ma faveur. Décidément, mon heure n’était pas encore arrivée. Ou bien, j'ai eu beaucoup beaucoup de chance.

Lorsque j'ai laissé ce billet en 2008, une de mes cousines a laissé ce commentaire: Ton histoire sur la tasserie de foin fait partie de l'histoire de notre famille. Papa raconte encore cette histoire avec beaucoup d'émotion. La voisine qui a alerté papa, c'est madame Savoie, la tante de mon chum. Elle est décédée l'automne passé. Elle est sûrement comme un ange qui veille encore sur toi.

La vie est une suite de hasards, de coïncidences et de synchronocités plus surprenants les uns que les autres. Je viens d'ailleurs d'en vivre cette semaine en lien avec mon dernier  billet. J'y reviendrai peut-être.

Ce qui me frappe dans ce que j'ai vécu dans la tasserie, c'est l'innocence de l'enfance. Alors qu'on a toute la vie devant soi, on éprouve un détachement que j'aimerais garder encore. Mais ironiquement, moins on a de temps à vivre statistiquement, plus on est éprouve de la résistance à partir. C'est ce que nous avait expliqué un de mes profs de collège et ça m'avait impressionné au point d'être resté gravé dans ma tête.

Mais par dessous tout, il y a ce mystère qui fait qu'on vit parfois des petits miracles dû au hasard. Cette voisine qui s'est présentée chez mon oncle juste au bon moment, c'est assez incroyable. Et il est difficile d'imaginer tout ce qui ne serait pas arrivé autour de moi par la suite sans sa visite impromptue.