lundi 21 juillet 2008

Quelques secondes plus tard


Suite du billet précédent...


J’avais été enseveli sous deux charges de foin lancées par la « grande fourche ». C’est entre les deux charges que le hasard le plus inattendu s’est produit. Une voisine de l’oncle Jacob s’est présentée dans l’étable pour lui emprunter je ne sais plus trop quoi. Elle a été intriguée par un gémissement qu’elle avait entendu en entrant dans l’étable.

Elle a demandé à mon oncle ce que c’était. Il lui a dit que c’était probablement les enfants qui s’amusaient. Mais la dame émit de sérieux doutes. Pour elle, le gémissement était plus suspect. Ça venait du haut de la grange. Dès lors, le cerveau de l’oncle Jacob n’a fait qu’un tour. Il imagina tout de suite ce qui devait venir de se passer. Il prit sa petite fourche, enjamba l’échelle de bois et s’élança dans la tasserie dans la bonne direction.

La manœuvre était délicate. Ce n’était pas évident de tasser vigoureusement le foin avec sa fourche et ne pas risquer de blesser l’enfant qui s’y trouvait. Il tira tout de même son épingle du jeu assez rapidement pour que je puisse absorber un peu d'air et pousser un léger cri. À ma grande surprise, j’étais sauvé. Au lieu d’être dans les bras d’un ange, j’étais dans les bras de mon oncle Jacob. Je pense même qu'il m'appela "mon petit sacrament".

Il m’agrippa, et me fit descendre rapidement. En retournant dans l’étable il aperçut Yves, mon frère d’un an plus vieux que moi. Il était vert. Il venait de boire une gorgée d’eau de javel en pensant que c’était de l’eau.

C’est ainsi qu’on s’est retrouvés tous les deux, Yves et moi, en pénitence sur la galerie d’une bâtisse histoirique de 1870. Je dois dire que cet événement m’a marqué profondément. J’ai tellement vu la mort de près que j’ai eu comme l’impression qu’elle m’avait un peu apprivoisé.

Chaque fois que je revois mon oncle, il me reparle de cet incident. Cette journée-là, le hasard a vraiment joué fort en ma faveur. Décidément, mon heure n’était pas encore arrivée. Ou bien, j'ai eu beaucoup beaucoup de chance. Il y avait un ange gardien qui veillait sur moi.



Suite au dernier billet Quelques secondes, jai parlé du livre de Anne-Marie Champagne. C'était le 3è message. J'ai parlé de mon grand intérêt pour cette réalisation. Si, par hasard, vous avez manqué le message, vous avez suffisamment de secondes pour le faire. Je vous invite donc à en profiter.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

4 commentaires:

Marie a dit…

Merci Jackss pour la petite publicité sur mon roman.
Je découvre des billets intéressants à lire...
à bientôt,
Marie

Jackss a dit…

Cette publicité est bien méritée, Marie

C'est tellement agréable de nous donner l'occasion de plonger intimement dans cette belle histoire de famille. Toute une famille! C'est précieux tous ces instants que tu as captés pour le plaisir de nous tous et des générations futures.

Cette maison,tout d'abord construite pour le député fédéral MacDonald est un véritable monument historique. Tu auras permis qu'on en connaisse l'essentiel depuis le début. Tu l'as tellement bien décrite. On la voit. J'imagine le plaisir que vous avez dû avoir à la faire visiter aux petits fils de Milton MacDonald, partis de Montréal pour aller comme en pellerinage chez-vous.

J'ai remarqué ce petit détail dans ton livre:"La traite des vaches se faisait à la trayeuse. Jacob remplissait ensuite les bidons, préalablement brossés et lavés à l'aide de chiffons mouillés d'eau javelisée, et..." L'eau de javel! Elle devait être belle pour que Yves ait tant le goût d'y goûtter.

Encore une fois Bravo Marie! C'est passionnant!

Zoreilles a dit…

Fiou, là, je respire! J'avais peur que tu sois toutttt mouru...

S'il avait fallu.

Jackss a dit…

C'était juste une pratique :-)

C'est drôle à dire, mais cette expérience m'a été utile. Je m'en suis sorti. Mais j'ai vécu tout ça comme si c'était mes derniers instants.

Ça m'a aidé à démystifier le tout.