dimanche 18 janvier 2009

Havre Saint-Pierre, aller simple

Pour frayer un sentier nouveau, il fatt être capable de s'égarer.
Jean Rostand


La semaine dernière, au moment de partir, nous avons acheté cette mini-van GM Astro usagée de notre voisin. On ne déménage pas à 1100 Km pour un an sans apporter quelques petits effets personnels.

Au moment de partir, j'ai déneigé l'auto. Je l'ai remplie à pleine capacité. Il avait fait -31 degrés celsius durant la nuit.

Le départ de Sherbrooke s'est fait à 10h du matin.
Au départ, il faisait -22 degrés C. J'ai mis le contact. Le moteur a hésité puis, s'est mis à ronronner. Ouf! Nous étions très excités. Mais j'avais quand même à l'esprit ces fameuses portes non verouillées et mal clanchées...

A suivre...

Ne vous inquiétez pas pour mon récit des débuts de la Nouvelle-France, je vais le continuer bientôt.

jeudi 15 janvier 2009

Aurevoir


L'heure du départ approche,
Le compte à rebours est commencé. Voici un aperçu de mon prochain milieu de vie. Nous sera là lundi. Nous y serons en paix puisque notre maison de Sherbrooke est déjà louée. Le bonheur des uns fait le bonheur des autres.



Nous irons habiter ce décor de rêves pour un an. Nous irons explorer, manger des fruits de mer frais du jour: crevette, crabe des neiges, pétoncles, huitres. Bien sûr je me ferai un plaisir de partager avec vous nos plaisirs renouvelés au jour le jour. Inutile de vous dire que nous sommes très excités.



Mais je trouverai le moyen de poursuivre le récit des premiers colons français en Nouvelle-France.

Pour plus de détails, cliquez sur Havre Saint-Pierre.

Au plaisir de vous retrouver!

lundi 12 janvier 2009

Les Iroquois, des guerriers féroces ?

Permettez-moi d'attirer votre attention sur un billet fort intéressant que l'on trouve sur un de mes blogues favoris:
des flocons de bonheur:
de peuple paisible à peuple guerrier


J'y ai moi-même appris beaucoup de détails intéressants sur les autochtones présents en Amérique du Nord au moment où les français sont arrivés. Je suis heureux d'avoir une vision différente que celle que m'avaient inspirées les lectures que j'ai faites. Je vois bien qu'on peut facilement se nourrir de préjugés. Les seules opinions sur les amérindiens me venaient de ce qu'ont écrit les premiers occupants français.

Avec la concentration de l'information, du moins au Québec, je pense que l'on tombe dans le même piège. Tout est présenté sous le même angle. Prenez par exemple ce qui se passe en Palestine présentement. Lorsque je regarde les bulletins de nouvelles à TV5, je trouve l'information plus complète, moins biaisée que la chaîne française de Radio-Canada


Cliquez sur l'image pour d'autres photos
Pourtant, l'information c'est la base même de la démocratie. Une information déficiente ouvre la porte à l'exploitation d'un classe dirigeante ou de forces occultes.
Le problème est beaucoup plus complexe qu'on nous le présente. Tout n'est pas bon d'un côté et mauvais de l'autre. Tant qu'on va penser ainsi, ce sera la guerre. Comme l'a dit si bien Barack Obama, c'est triste de voir ce qui se passe d'un côté comme de l'autre.

Dans mon prochain billet, je vais poursuivre la vie des premiers habitants de la Nouvelle-France. Je continuerai en suivant la trace de mon premier ancêtre, plus préciséement de son petit fils. Ce dernier ira s'établir dans ce qui s'appelait à l'époque Le Portage. C'était effectivement une zone où l'on devait porter son canot d'un cours d'eau à l'autre. Cet endroit devint une des premières seigneurie en Nouvelle-France.

Cliquez sur l'image


A suivre...
Je vous propose une petite visite chez un autre blogue que j'aime bien, celui de Marguerite-Marie.

mercredi 7 janvier 2009

Les filles du roy

Résumé des deux derniers billets

Mon ancêtre est arrivé de Rodez, dans l'Aveyron, au sud de la France, comme soldat du Régiment de Carignan, en 1665. Il avait 18 ans. Deux ans plus tard, il y eut un traité de paix avec les Iroquois, ce qui n'empêchait pas les escarmouches. Les Iroquois, alliés des Anglais avaient déjà découvert des techniques de guérillas.

Les Français faisaient à l'occasion des attaques préventives. En 1690, 25 Français attaquent une centaire d'Iroquois. Mon ancêtre, Jean Dalpé (ou Delpué ou Delpèche) fut tué. Il avait 43 ans. Après le traité de paix conclu avec les Iroquois, 400 soldats du régiment de Carignan étaient restés au pays. Par ce traité, le roi de France devint le seul chef d'État reconnu sur les terres d'Amérique. Le territoire était très vaste. À cette époque, une bonne partie du territoire actuel des États-Unis était une colonie de la France. La Louisiane, dans le sud des États-Unis fut baptisée ainsi en l'honneur de Louis XIV.
Cliquer pour voir la carte: carte Nouvelle France;

Pourquoi 400 soldats sont restés en Nouvelle-France ?

Louis XIV avait rapatrié une partie du régiment tout en souhaitant que quelques-uns restent en Nouvelle-France pour développer et protéger la colonie. Pour les encourager, il leur offrit des concessions de terre le long du fleuve St-Laurent. Mon ancêtre s'établit à Vercheres. Une rue porte son nom.

Cliquez pour aggrandir
Le vidéoclip de Caracole auquel nous avons participé comme figurants il y a quelques mois a justement été tourné par hasard dans le Vieux centre ville de Verchères. Un endroit à faire rêver.

En plus d'octroyer des terres à ces anciens soldats devenus agriculteurs, il fallait offrir des filles à marier. Un bateau de filles du roi fit la joie des soldats. Des 1000 filles qui avaient entrepris le voyage, seulement 800 arrivèrent en Nouvelle-France. Pour plus de détails cliquez sur les filles du roy.

Filles de petite vertu ces jeunes femmes arrivées en 1665 pour peupler la Nouvelle-France? Certains disent que oui. D'autres rappellent qu'elles avaient été sélectionnées une à une par les religieuses et qu'elles étaient en bonne santé. La preuve? Vingt ans plus tard, elles avaient fait tripler la population.




En peu de temps on passa à 4000 résidents, puis à 6000. Il était d'ailleurs très mal vu à cette époque qu'une dame reste veuve longtemps.

Les soldats demeurés en Nouvelle-France y étaient restés surtout par loyauté au roi et par héroïsme pour le développement d'une société idéale. Ils s'entraidaient, s'épaulaient.

Ils eurent de nombreux enfants. Certaines filles n'hésitaient pas à changer de mari au besoin. Elles se souvenaient bien des paroles de la Bible: "Allez, multipliez-vous..." Alors elles multipliaient les descendants, à la grâce du roi, peu importait la façon.

Mais tout était trop beau pour se poursuivre si bien. Les guerres de Louis XIV en Europe drainaient la jeunesse française et il y eut peu de nouveaux arrivants.

Alors que les défricheurs vivaient péniblement de durement, luttant contre le froid et la misère, les fils devenus grands comprirent vite que la vie de coureur des bois étaient plus excitante et plus payante. Le commerce de la fourrure était très payant. Et Brigitte Bardot n'était pas encore née. Personne ne prenait la défense de ces pauvres bêtes qu'on tuait pour la fourrure.

La guerre de Louis XIV prit fin en 1713 et le roi Soleil mourut en 1715.
Pour la Nouvelle France commença alors une ère merveilleuse, impotoyable mais envoûtante. Le petit fils de Jean Dalpé allait y être associé sur les terres des Pères de St-Sulpice. Il aura un rôle de prestige assez amusant.

On peut comprendre pourquoi plusieurs soldats du régiment de Carignan sont restés en Nouvelle-France. La vie n'était pas plus rose en France. Il y avait la guerre, des guerres de religion et beaucoup d'instabilité. En Nouvelle France, il y avait une communauté soudée, avec des valeurs communes, de l'aventure pour tous les goûts, d'immenses concessions cédées sur le bord de cours d'eau magestueux: le fleuve St-Laurent, la rivière Richelieu (en l'honneur du Cardinal), des territoires immenses à découvrir, etc.

Mais pour les premiers colons installés ailleurs, sans commodité, les temps allaient être durs. Et pour eux, rester là, n'étaient pas évidentes. Pourquoi sont-ils restés?
Une vraie leçon de vie...

À suivre...

dimanche 4 janvier 2009

Grande recrue, grande misère


Le début de la colonie de Nouvelle-France est fort bien documenté. Cette colonie fut organisée, préparée, protégée avec de grands moyens. On voulait créer en Amérique une société "parfaite". Les Jésuites furent dès le début associés à l'aventure. Ils ont laissé des écrits fort impressionnants dans les Relations des Jésuites.

On peut en lire le contenu intégral sur des textes numérisés. On relate les événements à partir de 1642, date de fondation de Montréal d'abord appelée Ville-MarieLa lecture des Relations des Jésuites, en 2009, surprend et fait sourire un peu. On décrit par exemple en détails comment par une tempête hallucinante, les chrétiens avaient risqué leurs vies pour assister à la messe du dimanche. L'église était pleine. Les temps ont changé. Les Jésuites étaient ébloui par la foi de leurs fidèles.

Voici la page couverture d'un livre passionnant qui mériterait 100 fois d'être réédité. Il a été publié en 1955.Les soldats du Régiment de Carignan avaient été recrutés selon des normes strictes. N'était pas recruté qui voulait. Il fallait montrer patte blanche, être catholique, d'une moralité reconnue et pratiquer un métier pointu en plus d'être soldat. La plupart étaient catholiques. Il y avait aussi certains protestants qu'on appelait hérétiques. Sous la force du nombre, la plupart se rallièrent aux catholiques. L'ancêtre du célèbre Chanoine Groulx était protestant. C'est cet ancêtre qui va donner son nom au fameux combat de la Coulée de Grou. Il mourut aux côtés du soldat Jean Dalpé.


Quand j'étais au Séminaire de St-Hyacinthe on faisait l'apologie de ce Chanoine dont la pensée fut à l'orgine de plusieurs générations de patriotes. On en faisait un modèle, pour ne pas dire un héros. Sa pensée a fortement influencé les indépendantiste québécois de la première heure.

Je vous livre une page du livre de La grande recrue de 1653 pour vous montrer dans quel contexte les premiers soldats du régiment de Carignan sont arrivés à Québec en septembre 1653. Vous vous rappellerez que le bateau avait dû retourner à St-Nazaire pour subir d'importantes réparatons après son premier départ. À cette époque, il n'y avait ni iphone, ni télé, ni radio.

Les français étaient découragés de voir que le bateau devant ramener des renforts ne revenait pas. Ce fut l'euphorie lorsqu'ils virent appraite le navire un beau jour de septembre.

Parmi ces soldats se trouvaient Pierre Desautels, dit Lapointe, l'ancêtre de Laure. Ils sont arrivés à Québec, fondée en 1608 par Samuel de Champlain, il y a donc 400 ans. C'était la seule place fortifiée occupé par des européens à cette époque. L'accueil fut enthousiasme. Mais les malheurs se succédèrent tragiquement. Un navire qui devait les ravitailler et payer les soldats coula en mer.


Une seule dame vient avec ces cent hommes, mais elle seule en vaut cent : c’est Marguerite Bourgeoys.
Au moment de l’arrivée de ces gens, le nombre des habitants de la Ville-Marie ne dépasse 50 personnes. Naturellement, la perspective d’y vivre n’a rien d’amusant et des défections sont constantes. Personne ne peut blâmer les gens qui n’ont eu le courage suffisant de vivre sous les attaques des Indiens, dans le froid et le travail très dur.
En 1653, des premiers colons de la Ville-Marie, il n’en restait plus que neuf personnes
.


Ce n'est que 12 ans plus tard qu'arriva mon ancêtre, Jean Dalpé dit Parizeau. Il n'avait que 18 ans. Il perdit la vie en 1690 en combattant les Iroquois à Pointe aux Trembles à proximité de Montréal. Les français étaient courageux, selon les textes qui nous ont été laissé. 25 soldats français ont attaqué un centaine d'Iroquois. Ils ont perdu la bataille. Ceux qui étaient tués étaient plus chanceux car ler Iroguois, Agniers de leur vrais noms, étaient reconnus pour leur cruauté. Les survivants ont été torturés et brûlés. J'ai souvent vu le nom de mon ancêtre dans la liste des torturés, mais il semble que non d'après ce que je viens de lire. II n'avait que 43 ans.
Il n'y a rien de nouveau: on connait le plus vieux métier du monde pour les dames. Il existe aussi un plus vieux métier du monde pour les homme: la guerre. Encore aujourd'hui on s'enrôle. Cette fois, c'est pour l'Afganistan. On s'enrôle jeune et avec les règles d' On n'a peur de rien, même pas de mouir. Comment expliquer?

Le lien qui suit donne une idée des circonstances: La bataille de Coulée de Grou.La suite est plus captivante. Je parlerai des raisons qui ont fait que 400 soldats de Carignan ont décidé de demeurer en Nouvelle-France après la fin de leur engagement. Elle vous donnera en une idée de la vie des enfants de mon ancêtre Jean Dalpé dit Parisot.

vendredi 2 janvier 2009

Courir après le trouble


Il y a 350 ans, il y avait à peine 50 français à Montréal. Tout juste 10 ans après sa fondation, Montréal agonisait. La ville était une immense forêt où se trouvaient en majorité des Iroquois, appelés aujourd'hui Mohawks. La grand mère de Laure en est d'ailleurs descendante directe de cette nation autochtone. Le décor a bien changé depuis. En seulement 350 ans!

Le mot Mohawks signifie mangeurs d'hommes dans la langue de leur ennemis les Algonquins. Vous saurez plus tard ce qu'ils ont fait à mon ancêtre. Heureusement que je ne suis pas rancunier: je n'en tiens rigueur ni à Laure ni à sa grand-mère.

Les premiers français arrivés en Amérique se sont trouvés dans un monde où tout était à bâtir. Il n'y avait même pas un dépanneur sur place. Mais il y avait du tabac sans taxe. Il peut être difficile de comprendre pourquoi certains ont voulu rester une fois leur engagement terminé. Vous devinez? C'est le thème principal de cette première série de billets.

Prenons les choses par le début. Le hasard, ce magicien, a voulu que mon ancêtre JeanDalpé dit Parisot et l'ancêtre de Laure, Pierre Désautels soient arrivés en Nouvelle-France, en Amérique du Nord, à la même période. Celui de Laure en1653 et le mien en 1665. Ils étaient tous deux soldats du régiment de Carignan. Et ils étaient beaux-frères, voisins l'un de l'autre.

Jean Dalpé dit Parisot 1647-1690 était originaire de Rodez dans l'Aveyron. Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec, est descendant de ce même ancêtre.

L'origine du régiement de Carignan:
Le régiment de Carigan avait été fondé, semble-t-il, dans la lignée de certains croisés, tous catholiques, en quête de missions d'inspiration chrétienne. L'évangélisation de nouvelles colonies, en Amérique allait leur en donner l'occasion. Soit dit en passant, je ne veux pas me mêler des intentions passées de mes ancêtres. Je m'en dissocie pour éviter toute représaille (sourire).

Depuis 1641, la Nouvelle-France vit continuellement sous la menace iroquoise. Recevant un jour Mgr de Laval à Versailles, Louis XIV lui promet d'aider militairement la Nouvelle-France.

Un régiment de l'armée royale avait pris part à toutes les guerres de la monarchie, depuis plus de vingt ans, et s'était couvert de gloire en combattant les Turcs. C'était le Régiment de Carignan. En 1653, le roi accorde une aide importante à la défense de sa colonie et envoie 1300 soldats appartenant au Régiment de Carignan-Salières pour mater les Iroquois. On avait d'abord tenté d'envoyer du renfort en juin 1653.

Le navire parti de St-Nazaire en France le 20 juin avait des troubles. De gros troubles! On s'aperçut que le navire était pourri et prenait eau de toutes part. Comme on pouvait compter sur l'équipage régulier, de même que sur la centainge de passagers masculins pour étancher le navire, on continua le voyage. Certains soldats de Sa Magesté étaient furieux. Il s'en trouva même pour se jeter à la mer afin de regagner le rivage à la nage. C'est ce qu'on peut appeler de l'élimination naturelle.

On avait finalement décidé de rebrousser chemin vers St-Nazaire et reprendre le voyage une fois les réparations effectuées.

L'équipage arriva à bon port le 22 septembre 1653. Seuls les plus braves et les plus forts parvinrent en Amérique. Ça semble prétentieux (sourire), mais c'est ce que j'ai compris. Dans ce cas, il s'agit de l'ancêtre de Laure: Pierre Desautels 1631-1708, dit Lapointe, originaire de Malicorne-au-Mans. Je ne sais pas toujours si je dois qualifier le caractère de Laure de tenace ou de tête dure, mais je sais au moins d'où ça vient! (sourire discret)

Le mien, Jean Dalpé dit Parizot a connu une traversée moins périlleuse en 1665. Mais il ne perdait rien pour attendre.

J'aurais pu intituler cette série de billets: Comment courir après le trouble et vouloir continuer?


À suivre...


Cliquez sur la photo de Jacques Pariseau pour plus de détails sur sa biographie et le lien avec notre ancêtre Jean Dalpé (appelé d'abord Jean Delpué ou Jean Delpeche)

dimanche 14 décembre 2008

Affronter la douleur

La mort. Quel mot terrible!
Il y a différente réactions:
Ceux que ne veulent pas en entendre parler.
Ceux qui qui la souhaitent
Ceux qui en ont peur.
Ceux qui disent ne pas en avoir peur,
mais ne pas vouloir souffrir.

Il y a la peur.
Il y a la peur d'avoir peur.
Il y a la peur de vieillir.
Il y a la peur de mourir.
Il y a la peur de voir mourir.
Il y a la peur de la violence.
Il y a la peur de l'intimidation.
Il y a la peur de la douleur.

Vaincre ses peurs, c'est se donner une chance de vivre.
Mais la douleur lorsqu'elle cesse d'être une peur,
lorsqu'elle est là, en nous
peut-on s'en accomoder pour contineur à vivre ?
Le débat est d'actualité. On parle de plus en plus du droit au suicide assisté. Mais tel n'est pas le but de mon propros. Quoique le sujet est fort intéressant.

J'ai plutôt deux billets à venir sur le contrôle qu'on peut avoir sur une vraie douleur. Peut-on la contrôler par le simple conditionnement de son cerveau?

Dans ma tendre jeunesse, j'avais le goût de cultiver le stoïcisme. J'étais influencé par des héros de romans. J'avais été influencé par le livre Exodus, par exemple. À cette époque, les romans et les films de la Rome antique étaient mes préférés. Cette époques, les coutumes, la civilistaion du temps, ses héros me fascinaient.

Un jour, un film allait changer ma vie: Les esclaves de Cartages. Imaginez, je me souviens encore du titre. Vous pouvez cliquer sur le lien pour en voir un court extrait. J'étais allé voir le film au cinéma avec Yves mon frère. Ma mère, mes frères et soeurs n'étaient pas à la maison.

En revenant du film, Yves et moi avons décidé de nous battre à l'épée, comme faisaient les Romains. Nous avons pris chacun un couteau à pain que me mère venait tout juste de faire aiguiser chez le boucher. Les lames étaient scintillantes. J'avais de l'initiative. C'est moi qui avait proposé à Yves le jeu de la bataille à l'épée. Un vrai jeu de gars, des gars pas peureux.


Mais il a pris le jeu beaucoup plus au sérieux que je ne l'aurais cru. Tout d'un coup, je suis devenu un gars peureux. J'ai vite dit que je ne voulais plus jouer. Trop tard!

Yves, grisé par sa victoire sur moi donna un dernier coup m'atteignat à la main gauche. Puis tout s'est déroulé à la vitesse de l'éclair. Peu de temps après, j'étais installé sur une table à la salle d'urgence.

Quand ma mère entra dans loyer, elle vit la scène du crime, téléphona à l'hôpital et s'y rendit en vitesse, les jambes molles.

À suivre...

vendredi 12 décembre 2008

Souffrance en silence

Mon dernier billet était un plaidoyer sur la transparence. En d'autres mots je parlais de l'importance de ne pas avoir peur de montrer la réalité et s'y adapter. La vie est souvent plus facile quand on partage ce qu'on vit.

Pourtant, il m'est arrivé de faire le contraire. Il m'est arrivé de ne pas parler de certaines souffrances. Contrairement aux commentateurs de nouvelles, j'aime mieux partager les événements joyeux. Je demande à Laure de ne jamais garder pour elle des pensées qui la font souffrir. Je lui dis que c'est toujours plus simple de tout partager, même ce qui blesse. Mais, je ne le fais pas toujours.

Il y a quelques années, quelques jours avant Noël, j'étais allé reconduire Laure à son party de bureau du temps des fêtes. Le temps était exécrable. J'avais rarement vu une pluie si forte et une visibilité si détestable. J'étais sur une rue qui donnait sur le côté de ma maison. Cette rue n'avait ni trottoir, ni lampadaire.

Je suivais une auto qui roulait lentement. Elle était environ à 20 mètres de la mienne. Tout à coup, je l'ai vu tourner d'un coup sec sur la gauche. J'ai cru voir des sacs renversés sur la chaussée. Je me suis engagé à gauche pour les éviter, ne sachant pas trop ce que c'était. En m'approchant, j'ai entendu des cris d'enfants. Mon coeur s'est accéléré de façon inquiétante.

Une auto s'en venait en direction opposée. Pour ne pas prendre de chance, je me suis tout de même déplacé complètement à gauche. Je risquais une collision frontale. L'auto a ralenti. J'ai pu avancer et me ranger à droite au dernier instant. Je me trouvais à quelques pas de ma maison. Mais le choc m'avait fait perdre le souvenir des derniers moments avant d'entrer dans la cour.

Je suis entré et j'ai téléphoné à la police pour signaler l'événement. Le lendemain, Véro m'a dit qu'on avait donné le signalement de mon véhicule à la radio et qu'on demandait que le propriétaire se rapporte au poste de police, ce que j'ai fait. J'ai fait une déclaration. Je ne l'ai pas lue avant de la signer. Quelques mois plus tard, on m'a appelé pour que j'aille témoigner en cour.

Pendant un an, je paniquais. J'avais des maux de tête. J'entendais les cris des enfants qui avaient été frappés en se rendant à un party de Noël. Je n'avais rien fait de mal. Mais j'allais jusqu'à me demander si j'avais pu les toucher avec mes pneus sans m'en aperçevoir. Les enfants n'avaient pas survécu à leurs blessures.

Je trouvais que le cauchemar était trop grand pour être partagé. J'étais incapable, mais totalement incapable d'en parler. Mais j'ai compris la souffrance de ceux qui accidentèlement peuvent vivre des instants semblables. Les parents des inocentes victimes tenaient à ce qu'il y ait un procès. Ils avaient besoin d'un coupable pour faire leur deuil. C'est une dame qui était accusée. C'est elle qui conduisait l'auto qui me précédait. Les accusations ont été rejetées suite à mon témoignage aux policiers. Je ne l'ai jamais vue. Mais j'ai souvent pensé à elle.

J'ai tout de même beaucoup appris de cette situation. C'est fou parfois comment on peut se sentir coupables lorsqu'on vit de trop près un événement traumatisant. Dans mon cas, c'était pire puisque j'avais déjà perdu une soeur àgée de 11 ans. J'ai beaucoup appris. Mais si c'était à refaire, je crois que je vivrais tout de la même façon. Le plus paradoxal, c'est que je conseillerais à tout le monde de faire le contraire.

Pour vous réchauffer le coeur, je vous propose un vrai cadeau: les voeux de Noël de Réjean Mélançon
Cliquez sur l'image