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mercredi 28 janvier 2009

Un marsien dans la ville

Voici de quoi j'avais l'air ce matin en prenant ma marche. J'ai pris la photo juste avant de partir. Je le jure! Courageusement, j'ai marché d'un pas alerte, n'hésitant pas à faire quelques détours au hasard pour mieux apprécier la nature.

Lorsque, une heure plus tard, je suis arrivé au bureau de poste, il y a avait un colis. Je me suis adressé à la réception. La dame m'a regardé, a regardé à terre, puis elle a pouffé de rire. Vous n'êtes pas habitué au froid vous monsieur? J'ai remarqué que personne n'était déguisé comme moi.

J'ai dit: Je pensais que c'était toujours froid comme les autres journées ici. Elle n'a pu s'empêcher de rire à nouveau, l'air de dire: le Pôle Nord, c'est plus haut monsieur!

Cliquez sur la photo
La marche m'a fait du bien. J'avais l'impression de marcher, côte à côte, avec le bonheur, le vrai celui qui nous suit partout. Quand on est seul, on pense.

Je me rappelais ce fameux livre d'Ernest Hemingway "Farewell to arms". Le film que j'ai vu dans mon adolescence, je m'en souviens encore.
C'est l'histoire d'un américain malheureux chez lui dans sa maison familiale.

Il s'enrôle dans l'armée pour l'aventure, se refaire une vie. Il est blessé et doit être amputé. Le titre Farewelle to arms est un jeu de mots. On pourrait le traduire par Adieu aux armes ou Adieu aux bras. Il réalise un peu tard que le malheur il n'est pas autour de lui mais en lui. Il revient chez lui. Son père est mort.

Il est nostalgique. Il prend conscience du fait qu'il aurait dû apprécier chercher son bonheur plus près au lieu de fuir. Vous savez sans doute qu'Ernest Hémingway s'est suicidé avec un fusil de chasse.

Je n'en suis pas là. Laure et moi, nous sommes aussi partis au loin pour l'aventure. Nous sommes gâtés. Contrairement à Hemingway, le bonheur était déjà en moi lorsque je suis parti de Sherbrooke à Havre Saint-Pierre, 1100 Kilomètres plus loin.

Je crois que ce n'est pas pour trouver le bonheur qu'il faut s'éloigner de chez soi. Il faut l'avoir dans ses bagages avant de partir. C'est dans ces conditions qu'il nous est le plus fidèle et qu'il peut grandir, en dépit des circonstances. C'est ce que je me disais la tête bien au chaud dans mon casque de foururre de renard.

Perdu dans mes pensées, j'ai vu tout à coup que j'étais près de la mer. Une vraie jouissance! Et j'ai pensé èncore à ma chance. Heureusement que mon auto ne partait pas. Imaginez si elle avait démarré. Si j'avais été dans son intérieur, au lieu de marcher. J'aurais pu manquer de frein, tomber droit dans la mer et être avalé par une baleine! Plouff! Plus de Jackss! Fiou! Quelle chance j'ai eu !

Le Jacks dans la baleine disait
Je voudrais bien m'en aller papoum, papoum (bis)

Je vais m'arrêter avant que vous me demandiez... le nom de mon pusher.