dimanche 16 février 2014

Anticosti: Reprendre ses droits


Le Québec reprend ses droits sur des ressources naturelles qui lui appartiennent collectivement et qui doivent profiter à tous les Québécois (Pauline Marois, première ministre du Québec)
Référence : Le devoir - Anticosti

Voir Anticosti

C'´est un coup de maître. Il faut se rappeler que les droits de forage et d'exploitation appartenaient  à Hydro-Québec qui les avait cédé secrètement à l'entreprise privée en 2008. Madame Normandeau, ministre du gouvernement libéral,  n'avait pas voulu dévoiler la teneur de l'entente secrète.


Dorénavant, le Québec détiendra 35 % de la coentreprise mise sur pied pour mener les travaux d'exploration. Pétrolia et Corridor Resources, qui contrôlent la majorité des permis sur Anticosti, devraient détenir chacun 21 % de la coentreprise d'exploration.


Je trouve que c'est une très bonne nouvelle, un bon compromis et un heureux dénouement. C'est encore plus important au moment où le Fédéral nous traite d'incompétents et de dépendants du Canada. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.  C'est fou de voir tout ce qu'on dit et ce que l'on ne dit pas. Dans les reportages que j'ai vus, on est souvent loin de la vérité.

On a écrit que tout avait été essayé pour rendre Anticosti autonome et ce, sans succès. Ce que l'on n,a pas dit, c'est qu'on a tout fait pour empêcher l'industrie touristique florissante sur l'ile. Le potentiel était énorme. Et le terme est faible. On voulait garder les touristes loin... Du moins, tout semble en donner l'impression.


Anticosti, Port Menier 2010, cours de l'hôtel
Ma meilleure contribution, je veux l'apporter en remettant ici, regroupés en deux billets, ceux que j'avais laissés lorsque j'avais visité l'ile en 2010. Depuis le seul hôtel où nous étions hébergé à Port Menier a été rasé par un incendie. Il n' jamais été reconstruit. Le kiosque à Havre-Saint-Pierre pour des visites à l'Ile, on l'a retiré en 2011.



Anticosti 2010:



Je garde de mon séjour sur l'Ile d'Anticosti un souvenir inoubliable, riche en émotions de toutes sortes. En fait nous avons connu toute la gamme des émotions en 3 jours:
  1. L'extase
  2. L'émerveillement
  3. La curiosité
  4. L'indignation
  5. La révolte
  6. Le regret

Déjà, à notre arrivée, des cerfs de Virginie en liberté sur le terrain de l'Hôtel nous souhaitaient la bienvenue et se laissaient approcher facilement. Je n'ai eu aucune peine à prendre cette photo et plusieurs autres du genre par la suite. Les cerfs semblaient même se donner des airs pour avoir l'allure plus photogénique. L'Ile d'Anticosti compte 240 habitants et 170 000 cerfs de Virginie aux yeux doux.

Mon emballement, si fort fut-il, était parsemé d'embuches. C'était l'heure du souper. Nous aurions dû être sur l'Ile à 8h15 et non à 17h. Le repas du midi était compris dans le forfait ainsi qu'une visite guidée. Notre gentille hôtesse nous proposa de prendre le repas du soir et ensuite la suivre pour assister à un coucher de soleil qu'elle allait nous commenter.



Nous commenter le coucher de soleil? Le problème, c'est que le ciel s'était recouvert de nuages gris. Mais le bon Dieu a été de notre bord. L'expédition de soirée fut féérique. La route et les champs étaient bondés de chevreuils en liberté. Par moment, nous pouvions en voir plus d'une vingtaine en même temps. Et quelques renards disparaissaient en vitesse devant nous. Cliquez
Le décor était spectaculaire. Nous avons vu de vieilles constructions du premier village de l'Ile: Baie-Sainte-Claire. Il ne reste que deux bâtiments. On a dû déplacer presque tous les bâtiments parce que la baie choisie pour établir le village n'était pas pratique. Il y avait trop de récifs et il était impossible de s'approcher des côtes à marée basse. Le territoire entourant l'Ile d'Anticosti fut baptisé de plusieurs noms dont Le cimetière du Golfe Saint-Laurent. Il y eut plus de 400 naufrages depuis la découverte de l'Ile par Jacques Cartier en 1535. On nous avait promis un coucher de soleil comme activité. Nous avons été plus que comblés. J'ai trouvé le spectacle tellement grandiose que j'ai fini par apprécier le retard de l'avion réservé pour nous amener sur l'Ile. Le soleil avait même dessiné une croix sur les flots comme pour nous suggérer que des miracles pouvaient toujours se produire. Finalement, je me suis dit que le hasard avait bien fait les choses. J'ai ajouté qu'il faut lui faire confiance, faire preuve de souplesse, croire en la bonté divine, etc. L'émerveillement Chute Vauréal, Anticosti, août 2010 L'Ile d'Anticosti a tout pour fasciner. Elle m'a séduit, émerveillé, intrigué, bousculé dans mes principes. C'est un phénomène unique en son genre en Amérique. Il y a peu d'endroit au monde qui ont conservé un paysage sauvage naturel sur une si grande étendue: 17 fois l'Ile de Montréal, soit 222 km par 56 km. On dit même qu'il y a sur l'Ile d'Anticosti une des plus grandes concentrations de fossiles au monde, témoin d'un passé riche en espèces animales embryonnaires. En même temps, c'est un puissant symbole qui témoigne de la bataille de l'homme à la fois pour et contre la nature. La chute Vauréal, c'est un peu l'emblème de l'Ile d'Anticosti. Avec ses 76 mètres d'altitude, l'équivalent d'un édifice de 15 étages, elle représente la 2è chute en importance au Québec, après la chute Montmorency haute de 83 mètres. Si vous avez remarqué, il y a une différence marquée avec la photo de la chute prise en 2005 et celle que j'ai prise en juillet dernier. Le débit a beaucoup diminué. On a remarqué le même phénomène pour la chute Montmorency. Certains accusent les changements climatiques provoqués par l'homme. Vérité ou mensonge? Accusation alarmiste? L'avenir le dira. Mais une chose est sûre: le manque de précitation de 2010 a affecté le niveau des cours d'eau. La chute Vauréal se trouve dans un environnement naturel exceptionnel: un des canyons parmi les plus impressionnants en Amérique du Nord. Il s'étend sur 3 km de long. Il fourmille de fossiles. Et on peut aller y tremper les pieds en famille. Imaginez l'euphorie! Rivière Vauréal La nature est grandiose, accueillante et sauvage à la fois. Y faire des randonnées en famille dans le calme a quelque chose d'unique. On se croit seul au monde, à l'abri de tous les conflits et problèmes de la terre. Même les animaux semblent se sentir en sécurité. Et c'est peut-être parce que la présence de l'homme est si limitée que tout est si en harmonie. Quoique...

Paradoxalement, une si grande ile n'a jamais pu être largement peuplée parce qu'elle était trop inhospitalière. C'est comme si la nature, en ce lieu, avait trouvé le moyen de tenir l'homme à distance pour se protéger. L'homme ne pouvait s'approcher de l'Ile sans y risquer sa vie. On compte plus de 400 naufrages depuis le passage de Jacques Cartier en 1534.



Après plusieurs tentatives infructueuses pour peupler l'Ile d'Anticosti, l'une d'elles a failli réussir. Et c'était vraiment bien parti. Un des hommes les plus riches de France, Henri Menier avait acheté l'Ile pour en faire un grand terrain de jeu où y pratiquer ses sports favoris: la chasse et la pêche.

Mais il avait aussi de grands projets de peuplement. Le 16 juillet 1895, sans même l'avoir visité, Henri Menier Achète l'ile d'Anticosti pour 125 000$. L'ampleur des investissements qu'il va réaliser pour coloniser ce coin de terre sera unique et va surprendre tout le monde.




Château Menier

On ne peut parler de l'Ile d'Anticosti sans parler d'Henri Menier et bien comprendre le personnage. Il était le fils du non moins célèbre et engagé Émile-Justin Menier. En 1895, le meilleur moyen d'être riche, ce n'était pas de cultiver du pot, de la mari, du pavot, du crack, des peanuts. La grande était au chocolat. C'était hyper sexé et full payant! La graine de cacao avait été découverte par les mayas en l'An 600 de notre ère. Et dès le départ, on lui prêta des vertues spéciales, spirituelle, voire même aphrodisiaques. Les nobles d'Europe éprouvèrent à son égard un véritable engouement. J'en fis même le thème d'un travail de recherches dans mes années de Collège à St-Hyacinthe. C'est donc dire que le hasard a voulu que je m'intéresse à la question depuis longtemps.

  Il faut attendre au XIXè siècle pour que le chocolat puisse devenir accessible à tous. Et ce fut grâce à Menier. C'est lui qui développa la technique pour fabriquer du chocolat en tablette. Auparant, le chocolat ne se prenait que comme breuvage. Menier s'associa ensuite à un certain monsieur Nestlé, l'inventeur du lait en poudre. Rien à voir avec la popularité de la poudre que l'on vend présentement dans les bars. Mais aussi payant pour l'époque. Vous l'aurez deviné, c'est ainsi que prit naissance la chocolaterie Nestlé. Il ne faut donc pas se surprendre de savoir que Menier, le milliardaire, ait voulu se faire construire un château en arrivant sur l'Ile d'Anticosti.





Il possédait déjà de nombreux château en Europe dont celui de Chenonceau dans la vallée de la Loire. De nos jours, on se serait demandé s'il avait des liens avec le milieu de la construction. Il possédait un autre château qui portait, par hasard, le nom de la chute de l'Ile d'anticosti: Vauréal. D'accord, le château de l'Ile d'Anticosti était plus modeste. Pour Menier, ce n'était qu'un pavillon de chasse. La construction du château, commencée en 1903 a tout de même coûté 100 000$, soit presque le même prix que toute l'ile en entier. Et l'inauguration du château se fit en grandes pompes. Lord Grey, le Gouverneur général du Canada faisait même parti des invités.

  Le château comptait 30 pièces richement meublées. Des tourelles du château, Menier pouvait admirer son ile et les chevreuils grâce à un télescope naval. Il impressionnait beaucoup dans le paysage où se trouvait aussi l'auto d'Henri Menier en 1905. Ce dernier n'y séjourna que 6 fois. Menier aimait bien recevoir et bien loger ses nobles amis qui l'accompagnaient à ses excursions de chasse et de pêche.



Une si belle histoire, un si beau patrimoine allait cependant connaître une bien triste fin. Sur un paneau, devant l'ancien site du château, on peut lire: En 1953, les dirigeants de la Consolidated Bathurst font incendier l'édifice devenu dangeureux. J'ai été étonné de voir comment on avait l'art de toujours maquiller la réalité pour être politiquement correct. J'ai eu le plaisir d'entendre la vraie histoire de la bouche d'un historien très au fait de l'histoire de l'Ile et de la Côte Nord. Sa version correspond aussi aux témoignages que j'ai entendus plus tard sur l'Ile. Après la mort d'Henri Menier, le 6 septembre 1913 à Vauréal (Val-d'Oise), ses descendants n'ont pas voulu garder l'Ile qui avait englouti une trop grande partie de la fortune d'Henri Menier. C'est la forestière Consolidated Barhurst qui en a fait l'acquisition en 1928. Pour le nouveau maître des lieux, l'édifice n'avait pas d'intérêt. On s'en servait comme entrepôt. Et des jeunes de l'Ile aimaient bien y faire la fête. On avait même découvert une cave à vin où Menier avait rangé une collection précieuse de grands crus. Whow! Ils ont dû se payer la traite. On craignait les accidents et les poursuites qui pouvaient s'en suivre.

  Le représentant de la Consolidated Bathurst déclara qu'il n'avait pas été engagé pour faire l'entretien des bâtisses historiques, mais pour faire couper du bois. Il en fit couper et mit le feu au château. Une façon de couper les coûts comme on en voit encore aujourd'hui. Les critères des coupures sont encore aussi discutables. Des mauvaises langues ont aussi prétendu que le château rappelait trop une époque où les gens étaient mieux traités que sous le rêgne de la papetière. Henri Menier faisait, par exemple, vacciner gratuitement tous les habitants de l'Ile dont le nombre dépassait celui d'aujourd'hui. On en parlait avec nostalgie en disant: "Dans le temps de Menier... " Ces réactions agaçaient au plus au point les maîtres de la Consolidated Bathurst. C'est ce qui aurait précépité la fin du château.

Avant
Après Inutile de vous dire que j'ai été probablement ébranlé pour les ruines que j'ai pu observer. Ébranlé est un terme très faible. Des jurons typiquement québécois seraient beaucoup plus appropriés à la sitautation. Le pire, c'est qu'il n'y a pas eu que le château qui a été rasé, détruit. Je vous parlerai de d'autres désastres, d'autres destructions et d'autres dangers que l'on fait courir à l'ile.

 On nous a dit ici qu'on n'avait jamais vu autant de machinerie lourde débarquer sur l'ile en même temps. La nature, le patrimoine, la poésie, la mise en valeur du territoire, ce n'est pas le point fort de nos représentants politiques actuels. Et les dégats seront bien souvent irréversibles. Déjà, on dit dans certains milieux que l'Ile d'Anticosti n'a pas beaucoup de potentiel touristique. Et oui, elle a tu potentiel! Nous avons pu bénéficier cette année d'une formule intéressante, accessible à la majorité des citoyens. Le voyage en avion de l'aéroport de Havre-Saint-Pierre à celui de l'Ile d'Anticosti permettait une formule à 499$ par personne comprenant: le coût du billet d'avion aller-retour, une chambre d'hôtel plus que très convenable, 3 repas gastronomiques par jour, des visites guidées sur l'ile dans des mini van confortables. Dans notre cas, nous avions une suite et des meubles provenant de l'ancien château Menier. Imaginez notre chance! Nous avons été parmi les derniers à bénéficier de ce forfait. L'an prochain, il faudra payer plus cher pour possiblement moins de services. Je conviens que la formule actuelle commandait certains ajustements. Mais on a souvent trop tendance au Québec à jeter le bébé avec l'eau du bain (Das Kind mit dem Bad ausschütten). Mes prochains billets feront état des dommages causés par l'homme et de ceux qu'on s'apprête à faire de façon irréversible, autant pour l'Ile d'Anticosti que sur la Côte-Nord et les régions les plus rustiques du Québec. Sans vouloir être alarmiste, je veux tout de même contribuer à une sensibilisation sur les enjeux importants de la région. Je le fais pour une raison bien simple: j'aime la Nature et la Côte-Nord. Et je crois que l'expression populaire peut être efficace quand elle s'exprime clairement. Un article intéressant de l'actualité: On dort au gaz. gasland Vidéo sur Youtube montrant le débarquement en juin 2010 de matériel de forage http://www.youtube.com/watch?v=-PhvQIZJ5S4 À suivre... On a dit qu'il était impossible de coloniser et peupler l'Ile d'Antiscosti. Il faut dire qu'avant Menier, 29% de l'Ile était couvert de tourbières, comme on en trouve beaucoup près de Havre-Saint-Pierre. Et pourtant le recensement de 1881 indique qu'il y avait 660 habitants sur l'Ile. Il en reste aujourd'hui 240 pour 170 000 cerfs de Virginie en liberté. Menier fit de l'Ile d'Anticosti une localité moderne. L'Ile avait son médecin, son hôpital, une église, 3 scieries, 2 fermes, des routes cartographiée, un chemin de fer, un bureau de poste, un poste de lélégraphie et de téléphonie, un magasin général, une meunerie, un poste de police, une porcherie, une beurrerie, des ateliers de plomberie, une forge, bref une microsociété indépendante et autosuffisante. On a dit qu'Anticosti n'avait pas de potentiel touristique. On avait cru qu'Anticosti n'avait aucun potentiel agricole. Et pourtant, Menier a réussi tout un tour de force. Non seulement a-t-il installé une ferme sur l'ile pour y amener l'automie alimentaire. Mais il avait développé une agriculture moderne. L'ile comprenait deux fermes avec des terres enrichies avec des engrais fait de couches chaudes et de goémon (algues laissées par le retrait des marées). Il a même réussi tout un exploit: Anticosti avait obtenu le premier prix agricole de Montréal en 1904. Il fallait le faire! Les fermes comprenaient 400 têtes de bétails en 1913. Il y avait des vaches, des porcs, des chevaux, des dindes, des oies, des moutons. Lorsqu'il voulait quelque chose, Menier y mettait le prix et il avait les moyens de le faire. Il avait même installé un système de rails permettant de nourrir 90 porcs à l'heure. Bientôt, de nouvelles familles vinrent s'installer à l'Ile d'Anticosti. Menier avait besoin de leur aide. Il y avait du travail pour tout le monde. Et Menier, qui ne manquait pas de moyen les payait avec de la monnaie frappée à son effigie. Quand on parcout l'Ile, on est surpris de trouver des vestiges d'outils et d'équipements agricoles imaginés et réalisés sur place. J'ai pu ainsi photographier, cette drôle de machine en ruine qui servait à compacter des cubes de foin pour les entreposer. On voit très bien les palettes qui servaient à compresser le foin à l'aide d'un moteur. Baie Sainte-Claire On retrouve ces équipements de ferme tout près du premier village que Menier avait choisi de dévelppement: Baie-Sainte-Claire (nom donné en l'honneur de sa mère). L'endroit était charmant. Mais il y avait un problème. La Baie était impraticable par bateau à marée basse et les récifs rendaient l'endroit trop risqué. Menier a donc fait déménager la centaine de maisons qui s'y trouvaient. Elles ont été relocalisées dans une localité que Menier appela village Port Menier. Baie-Sainte-Claire Maisons classées historiques On n'a conservé que deux maisons qui sont déclarées aujourd'hui monuments historiques. De vraies cabanes au Canada.

Les deux fermes permettaient à la population de l'ile d'être auto-suffisante. L'économie était assez forte pour supporter le peuplement. L'infra-structure avait été mise en place. La voie ferrée permettait aussi à des industries de prospérer puisqu'elle permettait un bon accès à la mer. L'industrie forestière en a largement profité même du temps de Menier. Cette industrie prospère encore. La chasse et la pêches sont également encore florissantes. Mais pour le reste, au plan social, il ne reste plus beaucoup de vie. Il n'y a plus de ferme, plus d'agriculture comme si ça ne pouvait exister. Tout a disparu.

 Et pourtant, Menier avait cru à ce potentiel, l'avait développée de façon admirable. C'est comme si on voulait prouver que cette terre, de la grandeur de la Corse, était inhabitable. C'est comme s'il ne fallait pas rendre l'ile trop attirante pour les touristes. Les routes ne sont pas couvertes d'asphalte, sauf à Port Menier. Les risques de crevaison sont très présents. Et il y a pire. On croise régulièrement des camions qui circulent à des vitesses folles. Les arbres en bordure de la route sont couverts d'une poussière blanche à faire pleurer. C'est comme s'il y avait urgence d'attaquer le paysage avant qu'on ait conscience des dégats qu'ils font. Ce n'est peut-être pas le cas. Mais c'est le sentiment que j'ai ressenti. Et je me suis senti profondément agressé.

 L'ile éblouit par sa nature calme et tranquile. Et j'avais l'impression que des monstres sur roues venaient bêtement rompre le charme. On nous a dit qu'il était impensable de faire recouvrir les routes d'asphalte parce que ça coûterait trop cher. On n'a pas l'équipement nécessaire et les coûts seraient trop exorbitants s'il fallait faire venir l'équipement nécessaire. Mais pour creuser des puits de pétrole, les coûts ne semblent pas un problème. Voici le genre d'équipements qu'on a fait descendre sur l'Ile. Machinerie de Forage Ile d'Anticosti juin 2010



On a beaucoup crtiqué Menier pour ses extravagances, entre autre son aventure anticostienne où il a englouti une partie de sa fortune. Il n'avait été que 6 fois sur l'ile. Mais on a oublié de parler de tout ce qu'il a donné aux infortunés habitants qui s'y trouvaient à son arrivée. Il a crée des industries, des infrastructures, du travail pour tout le monde, une hôpital, une école, des routes, un chemin de fer, etc. Rien à voir avec la désolation que laissent les compagnies minières, forestières et pétrolières lorsqu'elles plient bagage. Peut-on avoir du coeur si on a de l'argent? L'histoire qui suit vous en donnera une idée. Voici un texte savoureux d'une dame qui a rencontré Henri Menier par hasard, lors d'une soirée à l'opéra. Vous y découvrirez un côté charmant de la personnalité de Menier, homme du monde http://pone.lateb.pagesperso-orange.fr/thyra.htm
Il s'agit d'un beau roman d'amour qui finit par un mariage? Il faut lire pour savoir.
Et je vous dirai bientôt pourquoi j'ai été si triste après avoir tout lu.



A suivre...


25 commentaires:

manouche a dit…

Merci pour ce superbe reportage.

Jackss a dit…

Le plus inquiètent dans ce dossier, c'est tout ce qu'on a voulu cacher. Je n'ai rien contre l'exploitation des ressources pétrolières. Ce serait tellement merveilleux si nous pouvions acquérir une indépendance énergétique.

Mais ce sont des choix de société qui doivent se prendre froidement, en toute connaissance de cause,mes respectant l'environnement. Le sol est riche, mais tellement fragile. Il comprends de nombreuses failles. On pouvait lancer in caillou dans un faille et entendre un plouc quelques secondes plus tard. Ill y a des cavernes fragiles à protéger.

Il y a aussi un potentiel touristique incroyable qu'on semble surtout pas se développer. Il y a des choix à faire. Mais où est le bon peuple dans tout ce débat? Est-ce que quelqu'un s'en préoccupe? Est-ce qu'on se préoccupe des fossiles les plus anciens et les plumprécieux au monde?

S'il y a de l'argent à faire, il serait surprenant que ce soit les québécois et les habitants de l'Ile qui en profitent.

Je lève mon chapeau tout de même sur l'initiative de Madame Marois. Sa démarcher est noble. Elle a fait ce qu'il fallait faire. Mais il reste des questions sans réponses qui mériteraient une commission d'enquête sur les événement entourant la liquidation d'actifs qui nous appartenaient. Des fouilles archéologiques devraient procédé le début des grands travaux.

Et je crois qu'il ne faut surtout pas compter sur La Presse ou sur Radio-Canada pour être bien éclairés.

N'oublions pas : l'UNESCO avait déjà déclaré ce site "patrimoine mondial".

Jackss a dit…

Manouche,

Le sujet me passionne. Il mérite qu'on accorde beaucoup,d'intérêts. Les enjeux sont trop importants. Il faut être d'autant plus vigilants et critiques qu'il y a des milliards en cause et que l'argent ça rend fou.

Je vois se profiler l'île d'Anticosti au loin... Sa vue me fascine et m'interpelle.

Pierre Forest a dit…

Je suis heureux que le PQ ait récupéré ces droits sur l'exploitation potentielle du pétrole, mais je ne peux m'empêcher de souhaite que le potentiel ne puisse être exploité. Toute la machinerie qu'on devrait installé ruinera le paysage. J'aurais préféré qu'on exploite la capacité touristique de l'île un y investissant 115 millions, mais bon...

Ce que je crains de l'exploitation, c'est qu'elle doit se faire par fracturation. Il me semble que si on fracture les fondations d'une maison, celle-ci sera beaucoup plus fragile instable. Je ne vois pas pourquoi ce serait si différent d'une île.

Et après tout, les profits générés ne suffiraient même pas à nous payer des jeux olympique d'hiver à Québec.

Ce fut un plaisir de relire ces billets sur Anticosti.

Barbe blanche a dit…

Quelle fumiste cette politicienne,
il n'y a pourtant pas si longtemps, elle (étant dans l'opposition)réclamait un moratoire d'au moins une génération, sur l'exploitation par fracturation des gaz de schiste.
La elle se lance dans l'exploitation par fracturation, du pétrole de SCHISTE.
Quelle grande dame, je dois dire, qu'elle me fait ch....suer.
Bravo Jackss, tu as fait ce que tout journaliste digne de ce nom se devrait de faire, pour informer le bon peuple qui dort au gaz et rêve de milliards.
Le réveil va être brutal.

Jackss a dit…

Tes craintes sont tout à fait justifiée, Pierre

Toute cette machinerie lourde sur l'île, les vibrations intenses que l'on fera subir au sol, tout ça ne peut se faire sans conséquence car le sol de L'île d'Anticosti est très fragile.

Les canyons imposants qu'on y voit sont le résultait de sections de sol qui se sont effondrées. On obseve d'ailleurs des petites crevasses étroites, longues et profondes qui témoignent de l'instabilité du sol. Quand on laisse tomber un petit caillou dans un de ces crevasses, ça prend plusieurs secondes avant qu'on entende le plouc qui nous signale qu'elles ont touché le fond. C'est aussi le signe qu'il y a de l'eau en profondeur. Il y a aussi de belles grottes à visiter.

Sur le plan de l'archéologie, c'est un site d'une valeur inestimable, un des berceaux de l'humanité. Des fossiles ont de longues histoires à raconter. Mais la machinerie lourde risque d anéantir leurs secrets. Je dirais que les pétrolières s'en foutent un peu. Je pense qu'il ne faut pas croire leurs beaux sentiments, les préoccupations qu'ils expriment par pure stratégie.

Je ne suis pas contre l'exploitation et la mise en valeur de nos ressources. Au contraire! Mais tant qu'on n'investira pas sur le tourisme et le développement des communautés locales, je trouverai suspectés les activités de prospection.

Il fut un temps, très court, où on pouvait se rendre à l'Ile en traversier, avec notre auto. Il fut un temps où on pouvait loger dans un hôtel réputé et s'offrir des repas gastronomiques à peu de frais. Il fut un temps où on pouvait faire de l'équitation.

Ce billet n'est pas le dernier, Pierre. Je me trouve privilégié d'être si près.

Jackss a dit…

Barbe blanche,

Ton commentaire vient raviver encore davantage la passion que j'ai pour le sujet. Tu es un vrai de vrai, foncièrement attaché à cette belle nature dont tu es si amoureux. Et cette solidarité entre nous, tu possèdes l'art de la raffermir. Tes émotions sont fortes. Il en faudrait des milliers comme toi, les pieds bien campés au sol de nos ancêtres.

J'ai beaucoup pensé à toi, en fin de semaine. Tu avais dit dernièrement t'ennuyer des bonnes vieilles tempêtes d'autrefois. J'ai ri en pensant que la nature t'avais bien exaucé.

Bravo Barbe blanche pour ces préoccupations toujours aussi vivantes.

Jackss a dit…

Je trouve qu'au plan stratégique madame Marois a réalisé un exploit.

M.Couillard et les libéraux voulaient ramener le débat sur l'économie dont ils volaient se faire les grands défenseurs. Ils étaient un peu empétrés dans la Charte de la laïcité. Les québécois penchaient trop fort en faveur de la Chartre. Leur position est ambigüe et c'est de clarté qu'on a besoin dans ce dossier.

Le dossier du pétrole d'Anticosti risquait donc d'être mis de l'avant par les libéraux avec tambours et trompettes. Bien sûr, ils auraient voulu en même temps y impliquer l'entreprise privé.

Madame Marois a pris l'initiative dossier en lui donnant une couleur nationaliste: il faut devenir maître chez nous et reprendre ce que les libéraux ont donné au privé par entente secrète. Du coup, M. Couillard se trouve sur la défensive dans un dossier où il pensait marquer des points.

Zoreilles a dit…

Quelle épopée! Et mille mercis de la partager avec nous... J'ai été passionnée par la lecture de ton billet et j'ai cliqué toutes tes photos une à une pour en apprécier toute la grandeur et tout le charme alors que j'en avais déjà vu plusieurs dans des billets des années précédentes. Je suis toujours autant émerveillée! Ça m'émerveille et ça me fend le cœur en même temps.

Touchée serait le mot plus juste. Je partage tes émotions quand tu scrutes l'histoire, le patrimoine, les paysages, les possibilités infinies... J'en viens à la même conclusion que toi :

« Et c'est peut-être parce que la présence de l'homme est si limitée que tout est si en harmonie. »

Du temps de Menier, on aurait dit qu'Anticosti était un paradis terrestre, une micro société qui fonctionnait à merveille.

Malgré l'étendue de l'Île, aussi grande que la Corse, je ne crois pas un instant qu'elle n'avait pas de potentiel touristique et qu'elle n'en a pas plus maintenant. C'est trop semblable aux Îles de la Madeleine et n'est-ce pas avec le tourisme que les Madelinots s'en sortent? Les Madelinots ont aussi très peur de Old Harry, ce gisement pétrolier au large de leurs côtes, mais ils se battent becs et ongles pour ne pas se le faire imposer... Anticosti offre plus encore plus d'attraits que les Îles de la Madeleine, et ce n'est pas peu dire!

L'agriculture y serait possible également, l'exploitation de certaines ressources naturelles aussi, mais le hic, c'est qu'on veut toujours faire de l'argent trop vite, au détriment de la nature et de la population. S'il y avait plus de 240 habitants sur l'île, peut-être serions-nous très nombreux à nous exprimer sur des tribunes publiques pour faire entendre nos voix?

En ce sens, ton billet sensibilisera, je l'espère, de nombreux lecteurs et lectrices, qui manifesteront leur opinion haut et fort. Assez fort pour se faire entendre par nos dirigeants.

Faire plein de petits pas dans la bonne direction, c'est l'espoir qui nous reste et ça, personne ne pourra nous l'enlever.



Jackss a dit…

Zoreilles,

Anticosti, c'est une île fascinante à plusieurs po points de vue. C'est un bijou. Son histoire, sa flore, ses espèces animales méritent d'être connus, ètudiès, protégés. Je ne comprends pas qu'on en parle de façon aussi superficielle. J'ai l'impression d'en avoir découvert plus en deux jours que plusieurs journalistes e plusieurs.

En voyant jusqu'à quel point l'agriculture avaient déjà été florissante sur l'île, j'ai demandé à des gens d'ici pourquoi il il avait pas de ferme sur la Côté-Nord. On m'a répondu que ce n'était pas assez payant.

Je te remercie de ton intérêt, Zoreilles. Je vais continuer de fournir d'autre photos, d'autres anecdotes et je vais continuer de travailler certains dossiers. Je veux en profiter pendant que je suis sur place.

Zoreilles a dit…

Jacks, quand tu dis « J'ai l'impression d'en avoir découvert plus en deux jours que plusieurs journalistes en plusieurs », je ne peux m'empêcher de rétorquer qu'il y a là une partie du problème :

Quand est-ce que nos journalistes prennent la peine de fouiller un dossier à fond, d'en faire une analyse sérieuse et de nous informer sur une situation qui nous concerne?

Quand est-ce qu'on assigne un(e) journaliste dans une région éloignée d'un grand centre? Ici, on dit toujours en boutade (mais ça reflète une réalité) que les médias ne traversent jamais de ponts, autrement dit qu'ils ne sortent pas Montréal!

Rien n'est plus valorisant et valorisé dans ce milieu (information et affaires publiques) qu'un scandale bien dodu, un potin croustillant, une situation sensationnelle à saveur politique, avec des images exclusives qu'on nous repassera en boucles, évidemment. Faire la une est devenu l'objectif à atteindre. On est loin de l'information et des affaires publiques. Nous sommes à l'ère de la désinformation. On balaie sous le tapis, on dort aux gaz, on gouverne par sondages, on pense à court terme, on consomme, consomme, consomme... Une société de consommation, c'est ce qu'on est devenu.

Jackss a dit…

Zoreilles ,

Tu as raison. C'est beau de voir cette flamme qui t'habite. Tu as conservé une passion, une capacité d'exigences et d'indignations qui caractérisent normalement la jeunesse. Bravo!

Au moins, il y a encore de belles réalisations: 24 heures en 60 minutes avec Anne-Marie Dussault La Presse + qui fouille certains dossiers sur toutes leurs coutures et il y a nos blogues qui ont un impact certain sur la circulation de l'information. Tu nous permets un regard unique sur cet Abitibi que nous avons l'impression de connaître. Tu nous en parle avec passion. Tu suscites notre intérêt. Et ce que je veux continuer de faire.

Je suis fier de me retrouver sur la Côté-Nord et profiter de cette belle vitrine qui m'est offerte. Qu'elle chance!

Je continuerai à parler de l'île d'Anticosti, d'Havre-Saint-Pierre, de la route qui mène à Kégaska en passant par Baie-Johan-Bectez, Aguanish, Natashquan et Point-Parent. Je prendrai plaisir à prendre des photos en pensant au plaisir que j'aurai à les partager. Je continuerai à admirer celles que Barbe-Blanche prend pour nous.

Une chance qu'on s'a!

Barbe blanche a dit…

Oh que oui, une chance qu'on s'a,
mais, on se passerais bien de la Pauline Charest, qui était contre les gaz de schistes, et qui maintenant, est pour les pétroles de schistes.
Que c'est il passé?
Ah oui, à l'époque, c'était John James Marois qui avait les commandes, pis le gaz était proche de Montréal et Québec, là où il y a du monde important,
mais, sur Anticosti, à Gaspé, ce sont à leurs yeux, à Pauline et ses comparses, des entités négligeables, nous sommes loin , mais, ils vont s'apercevoir, que nous avons la couenne dur, et la mémoire Looongue.
Forte stratège la Pauline, mais, elle a oublier d'être HONNÊTE.

Jackss a dit…

Whow!

Barbe-Blanche, je vois que mon délégué syndical préféré se sent drôlement d'attaque. C'est rassurant de voir tant de sensibilisation. J'ai découvert par hasard que le sujet était l'objet de préoccupations même sur un blogue fréquenté de la Vallée du Richelieu.

http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca

On fait allusion à Anticosti et Gaspé.

Barbe blanche a dit…

Dis Jackss, tu sais ce qu'il dit, l'officier syndical au directeur de la csst?

Un blogue de la Vallée du Richelieu, je vais y faire un tour à l'instant.
Merci de l'information.

Jackss a dit…

Tu m'as bien fait rire, Barbe-Blanche.

Nous avons tout ce qu'il nous faut pour nous partir une bonne compagnie: un bon délégué et un bon boss. Je trouve que ça prend les mêmes qualités pour les deux rôles. Si je n'avais pas été boss, j'aurais été délégué syndical. Lorsque j'ai quitté ma job de boss au Ministère de la Main d'Oeuvre et de la sécurité du revenu, c'est le principal délégué syndical qui a pris ma place.

Barbe blanche a dit…

Dis Jackss, si on est un bon boss, les employés n'auront pas besoins de syndicat, c'est connu.
Mais, l'expérience m'a appris, que les syndicalistes devenus boss, pour la plupart n'ont pas d'allure et alors, les employés doivent se syndiquer en vitesse grand V.
Bonne fin de semaine chez vous.
Ah oui, j'allais oublier, ici, actuellement, le soleil brille et je file manifester contre le pétrole de schiste de la Pauline.
Nous nous rendons chez le ministre Lelièvre, histoire de voir ce qu'il a dans le ventre.

Caboche a dit…

Wow! Quel cours d’histoire tu nous offres dans ce billet. J’apprécie particulièrement la façon dont tu nous présentes les faits tout en nuances, sans nécessairement poser un jugement ou prendre de positions partisanes. Tout n’est pas noir ou blanc face à l’exploitation du pétrole sur l’île et aux conséquences que ça entraîne, ainsi qu’au développement touristique de ce territoire.
C’est un sujet complexe.
L’histoire de l’Île d’Anticosti est fascinante. Quel conteur tu fais!
J’ai hâte de lire la suite de tes réflexions. Dommage que les journalistes, que ce soit de la presse écrite ou parlée ne montent pas de dossiers un peu fouillés sur le sujet.

Je compte sur toi pour alimenter ma réflexion.

Zoreilles a dit…

Tu vois comme on compte sur toi, Jacks?

L'île d'Anticosti n'a jamais été autant dans l'actualité que maintenant, tu as un sens du timing extraordinaire pour nous partager tes connaissances, tes expériences, tes images, tes réflexions, tes analyse et tout ce qui te tient à cœur et dont nous avons soif.

Tu aimes ce coin de pays, tu le connais, tu le défends, tu veux le faire découvrir à d'autres, tu es un patriote!

Jackss a dit…

Caboche,

Tu as tout compris. Tes commentaires me touchent. C'est vrai que l'histoire me captive et que j'ai le goût de partager cette passion. Nous avons des petits bijoux dans notre milieu. On gagne à les connaître pour en reconnaître la valeur et le prix.

Parler des risques du pétrole de schiste, c'est trop restrictif. Le problème est beaucoup plus large. Il faut connaître l'histoire de l'Ile d'Anticosti y être attaché émotivement pour mieux apprécier les enjeux et les choix qui s'offrent à nous.

Notre patrimoine est beau. Il faut le protéger. C'est une valeur proche de celle que tu abordes dans ton dernier billet: récupération . Les réalisations que tu présentes sur ton blogue méritent d'être vues. Bravo!

Jackss a dit…

Zoreilles,

L'attachement à notre milieu, voilà une valeur qui nous rejoint profondément. Nous la partageons avec une même intensité. C'est bien agréable de le ressentir.
Je suis attaché à la Côté-Nord comme si j'y étais né. Je la défends avec plus de conviction que ma région d'origine, l'Estrie, où se trouve encore ma maison. Peut-être est-ce dû au fait que l'Estrie n'est pas menacée.

Je suis heureusement touché de l'intérêt que soulève présentement la protection de l'Ile d'Anticosti. Je n'aurais jamais pu imaginer une telle réaction. Ça donne foi et l'avenir et confiance dans le bon jugement de nos concitoyens.

Pendant que je laissais ces commentaires, j'écoutais Tout le monde en parle d'une oreille. Par hasard, Dan Bigras a dit en parlant d'Anticost: On n'a pas à se réjouir du fait qu'on nous remette une partie des droits sur Anticosti. Si on te vole ton char, tu n'as pas à te réjouir parce qu'on te redonne tes pneus d'auto.

J'ai hâte de laisser la suite. En attendant, je me plais souvent à regarder le profil d'Anticosti que je peux voir d'ici sur la ligne d'horizon de la mer.

Zoreilles a dit…

Juste pour te dire un petit bonjour en passant et te demander si les zoreilles t'ont silé lundi soir dernier? C'est que j'ai pensé à toi et j'ai même parlé de toi à Isabelle qui m'a invitée à l'accompagner au cinéma pour voir « The Monuments Men »!

C'est toi qui avait parlé de ce film ici et je peux t'assurer que nous avons apprécié le film nous autres aussi.

Jackss a dit…

Chanceuse!

Nous n'avons pas eu l'occasion de voir The monument men . Nous n'aurons probablement pas cette chance. Il faut faire 5 h de route pour le cinéma le plus près, à Sept-îles. La critique n'avait pas été favorable, mais je ne me fie pas aux critiques. Ils sont souvent plutôt snobs à mon avis.

Les Zoreilles m'ont silé souvent, mais pour plusieurs autres raisons. J'ai demandé à Laure ses souhaits pour les vacances. Son premier choix: Les Îles de la Madeleine . J'aurai besoin de suggestions.

Je me prépare à écrire un autre billet. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Mais je veux laisser une suite au billet sur Anticosti. J'avais promis de le faire.

Ici, la luminosité est impressionnante à ce temps de l'année. Les journées allongent de façon étonnantes. Au déut de l'hiver, l'obscurité commencé s'installer à 15 h. Actuellement, c'est à 17 h. L'été la clarté commencé à 2 ½ du matin.

Thomas Larouche a dit…

Et maintenant, depuis que les libéraux vont vendre nos ressources pour un petit pain, qu'est-ce que vous en pensez, hen ?

Jackss a dit…

Je viens juste de voir le dernier commentaire.

Avec un peu de recul, je dois dire que je regrette avoir pris cette position. On fait tous des erreurs. L'important, c'est de les reconnaître. Seuls les fous ne font pas d'erreur. La plus grosse erreur, c'est d'avoir cédé nos droits à des pétrolières pour une bouchée de pain, suite à une entente secrète. L'Ile d'Anticosti a un potentiel incroyable. Mais jamais on ne devrait la sacrifier, en compromettre la richesse. Son sous-sol est trop fragile pour être soumis à la fracturation hydrolique.

Son potentiel touristique est beaucoup plus prometteur. Elle fait partie de notre patrimoine historique et l'ONU avait déjà déclaré l'Ile comme patrimoine mondial. J'ai applaudi la position de madame Maroi parce que jejugeais qu'elle nous évitait de tout perdre. J'aurais plutôt dû dénoncer toute exploitation pétrolière.