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jeudi 18 novembre 2021

Conservation du patrimoine

J'ai été pensionnaire au patro de Saint-Hyacinthe à partir de l'âge de 12 ans avec mon frère Yves. L'endroit était charmant. Son architecture était d’aspect seigneurial. Situé au 750 de la rue Girouard, il était au centre d'un magnifique parc. Quel jeune garçon ne s'est-il pas demandé un bon matin qui pouvait bien habiter cette charmante propriété ressemblant au Château de Moulinsart des aventures de Tintin?

Cependant, il est bon de dire dès le début que le Patronage est plus qu’un simple club récréatif; c'est une œuvre magnifique dont le caractère charitable et la valeur sociale ont profondément marqué l’histoire. maskoutaine

Le Père Rodrigue dirigé l'œuvre a dirigé avec brio à partir de 1956.
De gauche à droite: Père Labbé, Père Rodrigue

Le Patronage Saint-Vincent-de-Paul a ouvert ses portes en 1905, dans une maison ayant appartenu à un riche industriel anglophone de la région maskoutaine. Cette maison confiée aux Religieux de Saint-Vincent-de-Paul avait été achetée par l’évêché de Saint-Hyacinthe, par l'entremise d'un citoyen de Saint-Hyacinthe.

La photo qui précède date de l'époque ou nous  étions pensionnaire là, de 1957 à 1965.

L'endroit était charmant. Il comprenait de nombreux arbres matures imposants, des sentiers pédestres, un petit pont surmontant un ruisseau. C'était un lieu poétique ou il faisait bon vivre.

Croyez-le ou non, tout a été démoli. Pourquoi? Pour construire des HLM (Habitations à loyer modique). Pour ce genre d'habitations oubliez la poésie. Je n'ai rien contre les HLM, mais pourquoi ne pas respecter le charme de son milieu d'origine?

Au début de la Révolution tranquille, le Québec n'avait pas de dettes. Le gouvernement avait toujours un budget équilibré.

Les hôpitaux étaient tenus par des religieuses. Leurs méthodes de gestion et leur leadership étaient enviables. Une de mes tantes, étudiante infirmière à cette époque, en témoigne avec passion. Les religieuses prenaient à cœur le bien-être de leurs patients. Elles étaient parfois désagréables mais animées par de bonnes intentions. 

Même les médecins devaient les respecter. Elles avaient le souci des finances et ne manquaient pas d'imagination.

Elles n'hésitaient pas à dire, par exemple:
"Docteur, ce n'est pas comme ça qu'on doit traiter les patients".

L'histoire ne rend pas justice aux femmes et aux hommes dévoués qui ont contribué à créer cette société dont on peut être fiers. Il m'est arrivé de croiser des religieuses dans un centre commercial et de les interpeler en ces termes: 
"Merci pour tout ce que vous avez fait avec générosité pour l'évolution de notre société".

vendredi 7 février 2014

Effacer l'histoire qui dérange

On peut décimer des générations entières, raser leurs maisons. Elles se relèveront. Mais on ne peut détruire leurs monuments et leurs œuvres d'art, car c'est détruire leur histoire, nier qu'elles ont déjà existé. (The Monoments men- Bande annonce)


Voir aussi autre présentation du film



Le dépôt par le gouvernement du Parti Québécois de la Charte sur la laïcité, appelée aussi Charte des valeurs, a provoqué tout un débat que plusieurs ont qualifié d'inutile.

On a aussi douté de la pertinence de parler de l'importance de reconnaître la protection du patrimoine puisque par le biais de celui-ci on semblait vouloir donner un statut particulier aux signes religieux appartenant à la religion chrétienne. Et pourtant s'il y a un sujet dont il faut parler, c'est bien celui-là. Ce n'est pas quand la situation sera explosive qu'il faudra y penser.

Je ne veux pas ici parler du patrimoine en opposition à quelques valeurs ou cultures que ce soit. Ce qui m'a poussé à vouloir vous parler de patrimoine, c'est ce que je vois de ma cuisine quand je fais la vaisselle après chaque repas. Vous avez noté? C'est moi qui la fais.

D'accord, l'arrière d'une église, ce n'est pas son meilleur côté. Mais c'est ainsi que je la vois tous les jours. Il y a longtemps que je ne vais plus à l'église régulièrement. Mais là... vous comprenez que je n'ai pas le choix.

Je suis confronté avec cette  réalité tous les jours. Et comme vous savez que mon blogue a pour thème principal le hasard et la synchronicité,  alors vous comprenez vite que ça brasse dans ma tête. Comment se fait-il que je me trouve là, si près?  Pour aller à l'église, pas besoin d'un détour improvisé, elle est dans ma cour. Et je me suis souvent plu à dire: Rien n'arrive pour rien. Ici, je vous permet de sourire un peu. Il ne faut rien prendre trop au sérieux, particulièrement lorsque la vie semble nous forcer à l'être.

Bar l'Écoutille, Havre-Saint-Pierre
Les incidences du hasard sur notre vie, ce n'est pas encore l'objet de ce billet. Il ne vise pas à vous dire si je me suis laissé tenter par l'idée d'aller à la messe ou pas. On ne choisit pas ses tentations et il n'est pas nécessaire de les exposer en public. Je me contenterai uniquement de vous dire que la demeure où je me trouve est entourée d'occasion de tentations.

En effet, la vue d'une autre fenêtre donne directement sur un bar terrasse où, semble-t-il il y a d'autres sortes de tentations. Face au bar, il y a la mer ou plus exactement, l'estuaire du Saint-Laurent parsemé d'iles magnifiques à cet endroit: les iles de l'Archipel Mingan.


Revenons à notre église. La paroisse a plus de 150 ans. Mais l'église ne fait pas parti du patrimoine. Elle est trop récente: 1962. Ne cherchez plus l'évêcher, le couvent, l'église patrimoniale, le presbitère, le cimetière des anciens. Tout a disparu. Je ne prétends pas que cette municipalité de Havre-Saint-Pierre n'a pas de charme. Au contraire! Je suis tombé en amour avec elle. Mais. je suis triste un peu de voir tout ce qu'on aurait pu préserver.


Havre-Saint-Pierre janvier 2014

Personnellement, les petites églises aux clochers effilés, je crois qu'il donnent une charme fou à tous nos petits villages. Celle de Havre-Saint-Pierre avait beaucoup de cachet.

En regardant des photos anciennes de Havre-Saint-Pierre, je me demandais ce qui avait bien pu se passer. Laissez-vous aller dans un petit voyage dans le temps.

À droite:le couvent;
en allant vers la gauche: l'église et e presbytère.
Tous ces édifices ont disparu.


Y avait-il eu un incendie, une guerre ou même un tremblement de terre, un kamikaze né avant son temps? Non. Il y avait eu un curé: le Père Simon Larouche. Depuis des années les curés avaient ramassé de l'argent à la quête du dimanche, quête qu'ils appelaient la part de Dieu.

On voulait remplacer l'église en bois, avoir une plus belle maison pour Dieu et avoir plus de places. Pourtant, cette église avait beaucoup de charmes. Elle était de plus le témoin vivant d'une bien belle époque où s'étaient succédées plusieurs génération. Certains habitants de Havre-Saint-Pierre avait le coeur brisé à l'idée de voir disparaître l'église de leurs ancêtres. Mais personne n'aurait osé contredire le curé.

Les premiers habitants de Havre-Saint-Pierre étaient de souche acadienne et venaient des Iles de la Madeleine. Un an et demi après la fondation de leur village, les chefs de familles, au nombre de 23 décidèrent de construire leur première chapelle. C'est impressionnant de voir comment les premiers habitants d'un territoire de Nouvelle France se retroussaient vite les manches pour se donner une chapelle, une église. En janvier 1859, malgré un hiver très froid, ils se mirent à la tâche, coupant le bois nécessaire. Elle fut terminée la même année.

De nos jours, on détruit des églises parce qu'on manque de fidèles. À cette époque, on en détruisait parce que les églises étaient trop petites.

Au mois de mai 1961, l'église des anciens fut démolie. Avec les années, la fabrique avait accumulée un fond de 125 000$ qui devait servir à la construction d'une nouvelle église.

Le 5 mai, le curé Larouche arriva sur le bateau de la compagnie Komo construction de Québec. Il n'y avait pas de route pour se rendre à Havre-Saint-Pierre avant 1974 et les rues ne portaient pas encore de nom. En 1953, il y avait aussi un aéroport situé sur l'emplacement actuel du Centre d'achat, à 10 minutes, à pied, de la mer.
Le Père Simon Larouche avait l'argent et le contrat de construction. Mais la compagnie Komo Construction sortit un lapin de son sac: elle chargeait un montant additionnel de 12 000$ pour démolir l'église. Le curé demanda donc avec insistance à tous les paroissiens de participer à une grande corvée de démolition le 6 mai. Il était trop tard pour reculer. Le contrat était signé. Tout le monde devait être présents. Aussitôt la messe terminée on se mit à la tâche.

Voici le récit que l'on trouve dans le programme souvenir du 125 anniversaire de la paroisse à la page 61: Le premier qui arriva à la sacristie fut papa: monsieur Frédéric Jomphe. Je demande à papa de décrocher l'horloge et de l'apporter à la salle paroissiale. Puis arrivaient Paulo Landry, son frère Joseph et quelques autres avec des barres à clous, des haches, des marteaux. Après quelques réflexions, on décida de commencer par les confessionnaux en faisant attention aux vieux péchés qui pouvaient avoir été oubliés àa l'intérieur de ces murs.

Puis de là, les gens arrivaient par groupe avec leurs outils de démolition. Dans peu de temps, 75 étaient arrivés sur les lieux et se mirent en marche par le dehors et le dedans. Des soutanes, des crucifix, des cadres, des chandeliers, enfin tout le bagage d'une sacristie en service depuis près de 100 ans.

Vers 13h30, par groupes de 15 ou 20, il y avait environ 150 gars qui étaient arrivés. Le Père Le Gresley est venu pour sortir le St-Sacrement à travers les bancs cassés et les débris de bois déjà accumulés dans les allées avec un vacarme d'enfer. Il a fallu 11 minutes pour sortir les bancs attachés au plancher. Puis ce fut les fournaises, l'orgue, les cloches...  Vers 6h, l'église avait bien triste mine,il ne restait que sa carcasse (...)
Le 15 avrill 1962, dimanche des rameaux, la nouvelle église est ouverte au public pour la semaine sainte.


 Voilà pour la version officielle. En venant ici, en janvier 2014, nous nous sommes arrêtés chez des amis fort sympathiques, qui nous ont hébergés pour la nuit à Sept-Îles à cause du mauvais état des routes et de la poudrerie qui nous faisaient craindre le pire.

Élie nous a dit qu'il faisait partie du groupe de volontaires obligés à contribuer à la démolition de l'église. Je lui ai dit que ça me scandalisait de voir qu'on ne respectait pas davantage notre si beau patrimoine. Sans hésiter, il m'a dit:

"On n'avait pas le choix. Nous étions tellement pauvres. C'est le même problème aujourd'hui. Il y a beaucoup d'autres églises qui devront être démolies faute d'argent. L'église de Baie-Johan Beetz, par exemple. Elle est bien belle. Mais où va-t-on trouver l'argent?"

Église de Baie-Johan-Beetz
L'église de Baie-Johan-Beetz, c'est une véritable merveille bien intégrée à la nature, tout près du château et de la mer. Elle a été construite sous l'initiative de Johan Beetz. Très riche, cet homme remarquable d'origine belge a fait construire l'église et le château.

Penser que cette église peut disparaître parce qu'on n'a plus les moyens de conserver ces joyaux du passé, c'est un peu triste. Il faut la voir, entrer à l'intérieur, pour en saisir la valeur et sentir les émotions qu'elle fait naitre chez tout visiteur qui s'y présente.

On ne pourra plus jamais rattraper tout ce qu'on laisse aller, voir même dépérir, dans une sorte d'indifférence totale. Pire encore, on provoque presque la démolition de tous ces éléments du patrimoine. Non seulement on ne consacre pas de ressources pour les entretenir, on fixe des taxes que plus aucune communauté ne peut supporter. Des promoteurs immobiliers se pointent vite, flairant de bonnes affaires, font tout raser et construisent des édifices sans âme après avoir fait disparaître toute verdure et des arbres souvent centenaires, derniers témoins d'une époque héroïque dont nous devrions être fiers.

Ces églises que l'on trouve normal et équitable de taxer, elles ont souvent été l'œuvre des habitants de la place. Elles sont été construites grâce à leur savoir faire, la force de leurs bras de leurs convictions. Ils rendaient ainsi service à leur communauté.

Mais de nos jours, nos représentant veulent mettre un prix à toutes nos réalisations, même aux cadeaux, afin de pouvoir en tirer profit. Pour qui? pourquoi? On ne s'intéresse plus à l'histoire à moins d'y trouver un moyen de la manipuler à son avantage.

On peut décimer des générations entières, raser leurs maisons. Elles se relèveront. Mais on ne peut détruire leurs monuments et leurs œuvres d'art, car c'est détruire leur histoire, nier qu'elles ont déjà existé. (The Monoments men- Bande annonce)
Paradoxalement, je suis pour un état laïque. Trop d'abus peuvent survenir quand l'État affiche des couleurs religieuses. Trop de dérapages peuvent survenir au nom de Dieu lorsqu'on montre une trop grande ouverture. Les droits juridiques collectifs et sociaux ne devraient jamais être limités par des croyances religieuses.

Actuellement, l'église que je vois par la fenêtre en lavant la vaisselle, elle se cache un peu sous un manteau d'hiver de plus en plus imposant. On dirait qu'elle veut se faire discrète, et je crois que c'est bien ainsi. Les signes trop ostentatoires, peuvent éloigner plus que rapprocher.

Se sentir libre de ses choix, c'est essentiel pour en faire. Je fais confiance aux jeunes pour le reste. Nos milliers de tablettes et de cellulaires se chargent déjà de documenter l'histoire qui se dessine maintenant.


Peu après avoir publié ce blogue, j'ai pris connaissance avec plaisir d'une décision politique capitale qui me rassure: l'importance que l'on veut à nouveau donné à l'enseignement de l'histoire. Le gouvernement Marois veut y apporter beaucoup plus d'importance et surtout laisser la matière entre les mains des historiens diplômés.

Voir Le Devoir, enseignement de l'histoire



vendredi 12 août 2011

Changer

Tous les vices à la mode passent pour des vertus (Molière)
On a beaucoup parlé de résistances au changement. Il y a eu son pendant: vouloir tout changer même ce qui allait très bien. Pensez au Bloc! Il y a des modes. Il y a même eu une mode contre la mode: des vêtements mal ajustés, des pantalons trop larges, des jeans vendus déchirés au genou ou à l'arrière, des chandails trop courts ne protégeants pas suffisamment le nombril, etc...

On peut s'en amuser un peu. Mais, quand on veut trop se mettre à la mode, se moderniser, le prix culturel et social peut être élevé. Dans les années 60, il y a eu le slogan politique accrocheur "Il faut que ça change!"

Pour une fois, les politiciens ont tenu parole, avec une équipe du tonnerre. Et il a grondé fort, le tonnerre. La révolution tranquille a créé un cadre très stimulant. Mais... on a jeté par dessus bord des pans de notre société que nous aurions dû protéger. Admettons toutefois que ça aurait pu être pire.

Imaginez, le maire de Montréal, Jean Drapeau, avait failli faire détruire tout le vieux Montréal pour y installer des bouches de métros. Il en voyait partout. Au delà de 150. Et tout autour, il imaginait d'immenses tours modernes au centre ville.

Ce projet obtient sans conteste «la palme de l'éradication de l'habitat populaire», affirme l'architecte André Lortie dans son livre Montréal voit grand. Le rêve est pourtant beau: en 1966, on dresse les plans d'une université ouvrière en plein centre-ville. Elle aurait compté 12 pavillons et des résidences d'étudiants sur un campus digne des grandes institutions anglo-saxonnes.

Petit détail: il fallait raser la quasi-totalité du Plateau-Mont-Royal. Carrément. Du parc La Fontaine au boulevard Saint-Laurent, de la rue Rachel à l'avenue des Pins, tout aurait été démoli, au nom de la «rénovation de l'est de Montréal». Le projet est «plus destructeur encore que l'éradication du Faubourg à m'lasse pour Radio-Canada», commente André Lortie.

Il ne verra heureusement pas le jour, remplacé par une version plus modeste animée par les mêmes nobles motifs: l'Université du Québec à Montréal.


Comment expliquer la facilité avec laquelle on envisageait à l'époque la destruction de quartiers entiers? Une idée l'emportait sur tout: le progrès. «À l'époque, tout était permis, on pensait que Montréal aurait 7 millions d'habitants, qu'il fallait détruire les quartiers anciens qui entouraient le quartier des affaires du centre-ville, rappelle Richard Bergeron. Il fallait se préparer à la construction de 150 tours. C'était ça, la vision de Drapeau.»

Les quartiers aujourd'hui branchés, comme le Plateau-Mont-Royal, étaient loin d'avoir autant la cote dans les années 60, rappelle Dinu Bumbaru, directeur des politiques à Héritage Montréal. «Dans beaucoup de quartiers, le tissu social était effectivement affaibli, des quartiers qui étaient devenus des maisons de chambres, presque des quartiers de transition. On était sans mémoire et sans merci, on avait peu de pitié pour ces quartiers.»
Et il y avait une «apathie» de la population, estime-t-il.

Voir Montréal l'a échappé belle!

En 1973, j'ai eu le plaisir de passer 6 mois en France dans le cadre de mon travail. J'avais un projet de recherches sur les ressemblances et les différences sur la façon d'initier les changements d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique. Ma plus grande découverte, en France, fut le respect des édifices en place, leur envrionnement. Et c'était aussi vrai au plan de l'architecture que des institutions en général.
À cette époque, la loi d'aide sociale venait d'être réécrite, au Québec, comme si aucune mesure sociale n'avait existé avant. On a tout bâti sur du neuf. En France, on voyait beaucoup de traces de règles mises en place par Napoléon.

Au niveau de l'architecture, leur mise en valeur, l'amour de communiquer les événements historiques s'y rattachant m'ont fortement impressionné. Il me venait vite à l'esprit que nous n'hésitions pas à soumettre des quartiers entiers aux pics des démolisseurs pour tout reprendre à neuf.

Ici, plusieurs édifices charmants d'une valeur inestimable ont été détruits au nom de la modernité.

Ce phénomène n'est pas unique. On a vu souvent un homme décider à lui seul, ou presque, du sort de notre patrimoine. Beaucoup de quartiers entiers de nos plus beaux villages ont complètement été rayés de la carte, à l'autel de la modernité. Ce fut le cas à Havre-Saint-Pierre. On me dit que les Iles-de-la-Madeleine ont connu un courant semblable.

On regardant des anciennes photos de Havre-Saint-Pierre, je me demandais ce qui avait bien pu se passer.
À droite:le couvent;
en allant vers la gauche: l'église et e presbytère.
Tous ces édifices ont disparu.


Y avait-il eu un incendie, une guerre ou même un tremblement de terre? Non. Il y avait eu un curé: le Père Simon Larouche. Il avait du pouvoir. Un curé moderne. Depuis des années les curés avaient ramassé de l'argent à la quête du dimanche, quête qu'ils appelaient la part de Dieu.

On voulait remmplacer l'église en bois, avoir une plus belle maison pour Dieu et avoir plus de places. Pourtant, cette église avait beaucoup de charmes. Elle était de plus le témoin vivant d'une bien belle époque où s'étaient succédées plusieurs génération. Certains habitants de Havre-Saint-Pierre avait le coeur brisé à l'idée de voir disparaître l'église de leurs ancêtres. Mais personne n'aurait osé contredire le curé.

Les premiers habitants de Havre-Saint-Pierre étaient de souche acadienne et venaient des Iles de la Madeleine. Un an et demi après la fondation de leur village, les chefs de familles, au nombre de 23 décidèrent de construire leur première chapelle. C'est impressionnant de voir comment les premiers habitants d'un territoire de Nouvelle France se retroussaient vite les manches pour se donner une chapelle, une église. En janvier 1859, malgré un hiver très froid, ils se mirent à la tâche, coupant le bois nécessaire. Elle fut terminée la même année.

Mais on n'allait pas s'arrêter là. À peine 5 ans plus tard, une souscription permit d'amasser les 3 000$ nécessaires à la construction d'une véritable église où la première grand-messe fut chantée le 5 juin 1867. Pourtant, ces gens là étaient pauvres. Ils avaient cependant du cran et de la débrouillardise.


De nos jours, on détruit des églises parce qu'on manque de fidèles. À cette époque, on en détruisait parce que les églises étaient trop petites.

Au mois de mai 1961, l'église des anciens fut démolie. Avec les années, la fabrique avait accumulée un fond de 125 000$ qui devait servir à la construction d'une nouvelle église. L'argent brûle toujours les doigts de celui qui en accumule, fut-il même un homme de Dieu.

Le 5 mai, le curé Larouche arriva sur le bateau de la compagnie Komo construction de Québec. Il n'y avait pas de route pour se rendre à Havre-Saint-Pierre avant 1974 et les rues ne portaient pas encore de nom. En 1953, il y avait aussi un aéroport situé sur l'emplacement actuel du Centre d'achat, à 10 minutes, à pied, de la mer.

Déjà à cette époque, il fallait se méfier de l'industrie de la construction. Ce n'est pas nouveau. Pour vous mettre dans l'ambiance, vous pouvez voir Véronique Cloutier se moquer de la corruption récente: Voir Bye Bye 2010

Le Père Simon Larouche avait l'argent et le contrat de construction. Mais la compagnie Komo Construction sortit un lapin de son sac: elle chargeait un montant additionnel de 12 000$ pour démolir l'église. Le curé demanda donc avec insistance à tous les paroissiens de participer à une grande corvée de démolition le 6 mai. Il était trop tard pour reculer. Le contrat était signé. Tout le monde devait être présents. Aussitôt la messe terminée on se mit à la tâche.

Voici le récit que l'on trouve dans le programme souvenir du 125 anniversaire de la paroisse à la page 61: Le premier qui arriva à la sacristie fut papa: monsieur Frédéric Jomphe. Je demande à papa de décrocher l'horloge et de l'apporter à la salle paroissiale. Puis arrivaient Paulo Landry, son frère Joseph et quelques autres avec des barres à clous, des haches, des marteaux. Après quelques réflexions, on décida de commencer par les confessionnaux en faisant attention aux vieux péchés qui pouvaient avoir été oubliés àa l'intérieur de ces murs.

Puis de là, les gens arrivaient par groupe avec leurs outils de démolition. Dans peu de temps, 75 étaient arrivés sur les lieux et se mirent en marche par le dehors et le dedans. Des soutanes, des crucifix, des cadres, des chandeliers, enfin tout le bagage d'une sacristie en service depuis près de 100 ans.

Vers 13h30, par groupes de 15 ou 20, il y avait environ 150 gars qui étaient arrivés. Le Père Le Gresley est venu pour sortir le St-Sacrement à travers les bancs cassés et les débris de bois déjà accumulés dans les allées avec un vacarme d'enfer. Il a fallu 11 minutes pour sortir les bancs attachés au plancher. Puis ce fut les fournaises, l'orgue, les cloches...

Vers 6h, l'église avait bien triste mine,il ne restait de sa carcasse que les pièces du carré, la couverture débardoisée et le clocher qui attendait. (...)

Le 15 avrill 1962, dimanche des rameaux, la nouvelle église est ouverte au public pour la semaine sainte.
La nouvelle église de Havre-Saint-Pierre, photo 2010
Je suis souvent incomodé par les fils électriques que l'on dispose n'importe où dans le décor sans se soucier de l'esthétique. C'est ainsi devant l'église de Natashquan et beaucoup d'autres belles pièces historiques que l'on voudrait prendre en photo. Décidément Hydro-Québec n'engage pas de poête pour superviser ses travaux.

Et en 1968, ce fut le tour du presbytère de disparaître. Une autre très belle pièce de notre patrimoine.
Et, environ 35 km au sud, sur l'Ile d'Anticosti, que dire du manoir Menier que les papetières ont brûlé parce que, semble-t-il, trop cher à entretenir et surveiller.


Comme si ce n'était pas assez, c'est toute l'Ile qu'on veut maintenant détruire. On tient les touristes à distance pour exploiter, dans le secret, le gaz de schiste sur un territoire 17 fois l'ile de Montréal.

Quand j'ai acquis ma première maison à Sherbrooke, je l'ai acheté de monsieur Émile Dubois, un sympathique vétéran de la dernière guerre mondiale, pilot d'avion bombardier. Après en avoir pris possession, je lui ai dit que j'étais follement amoureux de la belle petite table en acajou avec des pattes de lion qu'il avait laissé. Surpris, il m'a demandé:
  • Vous aimez ça les vieux meubles comme ça?
  • Oui, beaucoup!
  • Dommage! J'ai un peu honte. J'ai brûlé beaucoup de meubles dans le poêle a bois au sous-sol. Je ne voulais pas vous encombrer avec mes vieilleries.
N'allez surtout pas croire que je suis contre tout changement. Je suis fou des gadgets. Et il y a parfois des changements tellement simples qu'on peut se demander pourquoi on n'y a pas pensé avant. Pour en savoir plus cliquer sur l'auto de demain.

vendredi 3 septembre 2010

Anticosti: la déconfiture

Je ne comprendrai jamais pourquoi nous, québécois, sommes si peu attachés à notre patrimoine dont nous devrions pourtant être si fiers. L'Ile d'Anticosti nous en donne plusieurs démonstrations. J'ai lu aussi avec tristesse comment certains de nos compatriotes avaient publié des études pour dénigrer l'oeuvre de Menier.

On a reproché à Henri Menier d'avoir trop dilapidé d'argent sur son ile et d'avoir chambardé le milieu en y introduisant des espèces animales qui ont eu des effets néfastes sur l'environnement. Le vrai scandale, ce n'est pas l'argent que Menier a investi. C'est plutôt la désinvolture la plus totale avec laquelle nous avons détruit l'héritage incroyable qu'il nous avait laissé. L'Ile pourrait aoujourd'hui être un site prospère où il fait bon vivre comme nulle part à cent milles à la ronde.


Menier, chocolatier miliardaire, avait fait bâtir un château qui pourrait être un hôtel 5 étoiles attirant des touristes très payants et des gens ordinaires amoureux de la nature. Rappelons-nous que Menier avait fait construire une magnifique villa, inaugurée en 1905. Elle comportait 9 chambres à coucher avec salle de bain dans chacune dont 2 en marbre. Il y avait aussi 2 chambres pour les domestiques, une infirmerie, une bibliothèque, un hall d'entrée avec 18 têtes de cerfs empaillés.

Voici ce qu'il en reste aujourd'hui.
Château Menier Anticosti (ruines)
Photo 15 août 2010

Extrait d'un témoignage fort éloquent: Mon nom est André Duval, fils de Rosaire Duval, employé à la compagnie forestière Consolidated Bathurst, de 1950 à 1956, sur l'île d'Anticosti. Mon père a été témoin impuissant, tout comme plusieurs employés de la compagnie qui ont connu l'époque glorieuse des Menier, de la disparition de ce bien culturel, le matin du 3 octobre 1953.

Le gérant de l'île à l'époque, Frank Wilcox, ordonna à quelques travailleurs de prendre des dispositions afin de contrôler un risque d'incendie sur les terres avoisinantes du "château" Menier, ainsi désigné par les insulaires. Frank Wilcox lui-même et son assistant, M.Charlie McCormick, que mon père a bien connu , répandirent de l'essence sur les planchers de cette somptueuse résidence laissée à l'abandon.
Cliquez pour Texte intégral.

La Consolidated Bathurst la fit brûler sous prétexte que leur mission n'était pas d'entretenir des bâtiments anciens.

Menier avait mis en place tout un infrastructure dont un chemin de fer
Menier avait développé une localité moderne avec une église, un hôpital, des fermes productives.

Il n'y a plus rien de tout ça: plua de chemin de fer, plus d'hôpital, plus de médecin, plus de ferme, plus de chevaux. Il n'y a même plus de curé!

Cette nature sauvage de l'ile, elle avait maintenu ses droits en érigeant une barricade naturelle tout autour de l'Ile.

On trouve encore plusieurs épaves autour de l'ile.

Menier avait grandement amélioré la situation en faisant construire des phares qui constituaient de véritables oeuvres d'art. Le phare de la pointe sud ouest était considéré comme le 2è plus beau au Canada et un de celui qui avait une plus grande portée.

En 1961, le gouvernement fit dynamiter le phare sous prétexte que son entretien aurait coûté trop cher. On réserva le même sort à un autre phare dont la beauté était également à faire rêver les plus grands poètes. On prétexta un incendie accidentèle provoqué par une explosion. On se préparait à faire sauter un 3è phare. Mais, cette fois, il a eu une forte mobilisation populaire. Le voici:



Derrière ce phare, il y a un drôle de criard qui permettait de s'orienter en cas de brouillard. J'ai été bien amusé de voir sur la plaque qu'il avait été construit à Sherbrooke (ma ville de résidence!) par Jenckes Machines Co qui devint la légendaire Ingersoll Rand.

Cette acierie géante comptait 800 employés à Sherbrooke en 1981. Elle a fermé définitivement ses porte en 1998.

En arrière plan, vous avez ma fille Véro qui s'intéresse aux sons puisqu'elle est orthophoniste. Et comme par hasard, elle vient de produire aujourd'hui un livre, Difficultés de lecture et d'écriture, en collaboration avec des collègues. Voilà pour la petite pub que j'ai voulu discrète.

J'ai pensé qu'on devrait mettre ce genre de bidules partout sur l'Ile avec un mécanisme qui déclenche la sirène quand une machine de forage s'approche trop proche de lui.

On peut voir ici un phare conçu par Menier. C'est un des deux phares alignés. Ces phares permettaient aux navires de mieux se situer par rapport à l'Ile. Il fallait les aligner pour aller dans la bonne direction.


Hellene Thyra Seilliere
En résumé,
après la mort de Menier, on a tout détruit. Et sa compagne, Hellene Thyra Seillière, se vit même privée des biens que Menier lui avait laissés en faisant d'elle sa légataire. Gaston Menier, le frère d'Henri Menier devait, selon le testament racheter la part de la dame. L'héritière ne reçut qu'une infime partie du montant que Gaston Menier aurait dû lui laisser, comme en témoigne le récit que l'on peut lire en cliquant sur la photo de la dame. Il avait nettement sous-évaluer la valeur de la compangie puisqu'il a vendu l'Ile d'Anticosti 6 millions de dollars à la papetière Consolidated Bathurst.

Pour plus détails: http://pone.lateb.pagesperso-orange.fr/thyra.htm

La saga se termina devant les tribunaux. Comme il peut arriver, les juges sont parfois injustes, si bien que dame Sellière ne put obtenir justice.

Ainsi va la vie... Je trouve toujours triste de voir détruire ce qu'un être héroique prend toute une vie à batir. Pire encore, quoi de plus désolant qu'une famille qui se déchire pour les restes souvents bien humbles laissés par testament d'un parent à ses proches?

Ce que l'on observe à la dimension familiale, on le retrouve aussi au sein de toute une société. Notre testatment à tous, celui de notre civilisation, c'est notre culture, notre patrimoine, nos valeurs. Il a fallu plusieurs siècles pour bâtir ce qui nous a été donné à notre naissance.

Sur une plus grande échelle, dans la partie la plus riche de la vallée du Saint-Laurent, une menace très sérieuse nous menace et il sera difficile d'arrêter la folie dévastatrice. Rappelons-nous que plusieurs membres influents du parti libéral en sont les principaux partenaires.

Selon une experte du Bureau d'Audience de l'Environnement, il est impossible de faire une rapport sérieux sur les risques de l'exploitation du gaz de schiste. Le projet présenté par le Gouvernement est trop vague pour qu'on puisse l'analyser. Les risques observés aux États-Unis font cependant l'objet de rapports accablants: eaux souterraines contaminés, gaspillage d'eau potable, troupeaux de bête malades et mortalité anormale. Pourtant les projets de forage avancent à une vitesse folle et des millions ont déjà été investis.

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jeudi 26 novembre 2009

La recherche du temps perdu


Très tôt apparut sur les deux rives du Saint-Laurent un long ruban de villages, tous dotés d'un quai. C'est donc sur les bords du grand fleuve qu'a pris naissance le peuplement de la Nouvelle-France et c'est à partir de ces premiers villages qu'ont déferlé les vagues de peuplement suivantes. Ces premières paroisses répondaient à un besoin et aucunement à une quelconque théorie ou à un vague modèle préexistant.
Cliquez sur Réflexions sur les villages du Québec


J'explore le même univers dans tous mes billets depuis la fin d'octobre.

J'ai parlé notamment
  • de Havre-Saint-Pierre qui a perdu son titre de capitale de la Côte Nord, son évêcher, son couvent et plusieurs vestiges du passé qui faisaient l'envie des environs;
  • de ma soeur Nicole décédée en 1957 de la grippe asiatique, une grippe de souche H1N1;
  • de ces monuments, ces valeurs et vestiges du passé disparus aussi comme si on les avaient enterrés;
  • ces vastes étendues de la Côte Nord sous le pic des pelles mécaniques;
  • du cimetière où sont enterrés, côte à côte pour l'éternité: Nicole, mon père, ma mère et son ennemie juré, si on peut dire;
  • des Croix Blanches, cette compositions de Gaële sur les soldats morts au champs d'honneur presque sans avoir commencé à vivre;
  • de ce cimetière des Anciens où les morts ont disparu d'une certaine façon.
Avant de tourner la page sur ce chapitre, je me dois de vous donner quelques explications sur la disparition du coeur de la première comunauté de Havre-Saint-Pierre.

Village St-Siméon,
Comté Charlevoix


Dans presque tous les villages du Québec, l'église était une des premières habitations. Puis il y avait des dispensaires, des écoles, des couvents. Un peu plus tard, il y avait immanquablement des Caisses Populaires Desjardins pour les finances. La nature humaine étant ce qu'elle est, il fallait aussi prévoir un espace pour enterrer nos morts. Tout village qui respecte possède tout ça.

Voyez Les plus beaux villages du Québec

Havre-Saint-Pierre n'avait pas de route pour être relié au reste du Québec avant 1967. Tout ça n'avait pas empêcher d'y ériger un environnement à faire rougir bien des villages. Où sont donc les vestiges de cette époque.

Fred Pellerin
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On m'a raconté qu'un jour, il y a quelques dizaines d'années, le village a eu un curé tout neuf, comme dirait Fred Pellerin. Le curé, c'était un des personnages les plus respectés de la communauté. Le curé en question, à ce que l'on m'a dit, voulait moderniser Havre-Saint-Pierre. Il fallait démolir les vieilles constructions datant du début du siècle, y compris l'église, l'édifice de l'évêcher qui avait été transféré, du couvent qui ne servait plus.

En démolissant l'église, on a eu toute sorte de surprises. On a même dévouvert des ossements humains. Vous comprendrez que j'ai été un peu bouleversé par toutes ces confidences. Je n'ai pu m'empêcher de demander si le curé avait des amis dans la construction. Tout rebâtir n'était pas une mince affaire. Comme réponse, j'ai eu quelques sourires et ce mot: C'est ce que quelques uns se sont demandés. Mais personne n'osait critiquer ouvertement monsieur le curé.

Avez-vous remarqué comme plus ça change, plus c'est pareil. Ce n'est pas d'hier qu'il y a des histoires louches autour de l'industrie de la construction.

jeudi 23 avril 2009

Le passé est bien passé...

Avant 1967, aucune route terrestre ne reliait Havre Saint-Pierre au reste du Québec. Il fallait longer la rive en bateau sur plus d'une centaine de kilomètres.

Il est assez étonnant de voir comment, avec peu de moyens, dans des régions difficiles d'accès, on trouvait vite le moyen de construire des églises qui sont encore parmi les plus beaux joyaux de notre patrimoine.

Cette photo de l'église de Havre Saint-Pierre date de 1950. Tout à côté, il y avait l'évêcher. Cet édifice magnifique qui servait d'évêcher, ne le cherchez pas. On a non seulement dénaturé l'église. On a aussi perdu tout l'environnement qui lui donnait du cachet. En 1923, un incendie avait détuit 13 habitations du village. Mais l'homme n'a pas besoin de catastrophes naturelles pour faire du dégat.

Dans ma belle ville de Sherbrooke, j'ai vu le même phénomère se produire. On a détruit des églises, leurs arbres matures presque centenaires pour faire place à des édifices commerciaux froids et laids, à mon avis. Il ne reste plus ni arbre ni verdure. Le quartier a perdu son âme. C'est bien triste. Fini la culture, le romantisme, les décors historiques. Place aux dollars et aux produits pharmaceutiques.

Cliquez pour plus de détails sur le patrimoine religieux

Dès 1611, les Jésuites étaient en Acadie. Ils ont été suivis par les Récollets (1615), les Capucins (1632), les Ursulines (1639), les Sulpiciens (1657) et les Hospitalières de Saint-Joseph (1659). L'Église mit également en place les premières institutions éducatives, hospitalières et caritatives de la Nouvelle-France.
Ces religieux avaient joué un rôle inestimable dans notre société. Ils avaient mis en place des institutions de grandes valeurs. Les Collèges classiques qui produisaient des élites reconnus partout au Canada et dans le monde, on les a renié, déracinés.

Au début de la révolutions tranquille, le Gouvernement de Québec n'avait aucune dette. Ce n'est pas un hasard. En guise de reconnaissance, l'État a mis la main sur tout en invitant les relgieux à quitter les lieux. Le premier réflexe fut d'effacer toute trace de leur passage, en commençant par les crucifix. On fit appel aux tribunaux en cas de résistance.

Comme a déjà dit quelqu'un: Pardonnons-leur car ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient.
Collège classique St-Hyacinthe 1964


Il y avait environ 2 ans, j'ai aperçu une vieille religieuse costumée dans un supermarché. Je me suis approché, je lui ai tendu, la main et j'ai dit: Ma Soeur, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour le Québec. Notre société ne serait jamais la même si vous n'aviez pas été là comme vous l'avez été, impliquées et généreuses. Elle m'a ragardé, intriguée. Après une légère pause, elle a dit: Merci, monsieur. Je ne suis pas habituée à entendre des choses comme ça. Elle devait avoir plus de 75 ans. Sa vie, elle l'avait presque toute donnée.

J'attire votre attention sur un autre aspect intéressant de la protection de notre patrimoine: le billet de Zoreilles sur l'exploitation mininière. On y parle de l'expoitation minière, les projets lancés presque en catimini sans vraiment bien inrormer les populations concrnées. Une fois, les mines fermés, les compangies quittent en se lavant les mains sur les conséquences sur le paysage et les populations laissées pour compte.

A voir sur le lien suivant: les mines de l'Abitibi.

Note: