samedi 1 août 2020

Malchances en série


Une photo peut être drôlement trompeuse. Celle-ci est loin d'exprimer ce qu'elle devrait. 
Mais j'avais le goût de montrer le sourire divin qui était celui de Laure. 
Ça me réconforte d'y penser. 
Un sourire comme ça, personne ne peut l'oublier. Ça me manque.
Mes derniers billets ont porté sur un deuil récent. Je voulais passer à autre choses, mais je n'étais pas pu. 

J'ai envie de vous dire que tout a commencé par un pressentiment orchestré autour d'un valeur très chère: la liberté.  Les pressentiments, c'est parfois très forts et certains semblent plus particulièrement habiles pour en avoir. Est-ce un hasard?

 À l'automne 2017, je ne sais trop pourquoi, j'ai tenu un langage à Laure qui ressemble à ceci:
 "Par amour, j'ai toujours respecté ta liberté. Mais je m'en voudrais de savoir que tu as attrapé un cancer du poumon, sans que je n'aie rien fait. Quand as-tu l'intention d'arrêter?" 

J'ai été surpris par sa réaction. Elle l'a fait sans tarder, probablement par amour. Mais c'était trop tard. Après quelques traitements, on a su que c'était peine perdue.  Lucide et sereine jusqu'au dernier jour, elle s'est envolée en l'espace de quelques heures le 2 mars 2020 au matin, alors que je lui tenais la main.

 L'hiver tirait à la fin. Mais pour moi, tout ou presque tout, s'est arrêté là. La photo qui suit montre la chaise restée vide que Laure avait l'habitude d'occuper face à la fenêtre de la maison, en pleines lumières. Ma chaise est à gauche.


Je m'empresse d'ajouter qu'il n'y a pas eu que des malchances autour de ce grand départ.
J'ai même eu une chance incroyable. Si Laure était décédée une semaine plus tard, je n'aurais pas pu être à ses côtés jusqu'à la fin. 
J'aurais été pris, avec tous mes proches, en période de confinement. Vous imaginez la différence?

Vous l'imaginez peut-être un peu, mais probablement pas suffisamment. Il y a un grand parallèle à faire avec la situation de Laure. J'avais mis sa liberté en suspends pour qu'elle puisse mettre sa santé en priorité. Il était trop tard, mais elle l'a fait. 

Actuellement, je suis totalement renversé par tous ceux qui refusent de porter le masque en invoquant le principe de la liberté.  Depuis quand le principe de la liberté ne s'applique qu'à soi? 
On ne fera jamais ça, mais imaginez si l'État refusait de soigner ceux qui refusent de porter un masque de protection.
            Ô liberté, que de crimes a-t-on commis en ton nom

J'avais toujours l'habitude de faire relire mes billets par Laure avant de les publier. Je dois maintenant le faire librement par moi-même. Comme dirait Justin Trudeau:
 "J'en prends l'entière responsabilité".


mercredi 24 juin 2020

Le jour de la marmotte

Quand on regarde en arrière, je crois qu'on aurait tous le goût de reprendre certains passages de sa vie.

C'est encore plus vrai quand on pense à un être cher disparu. C'est sans doute ce qui peut rendre notre deuil plus difficile quand on voudrait recommencer certains événements autrement.

Ce serait tellement pratique si on pouvait faire comme dans « « Le jour de la marmotte ».

Le film met en scène Phil Connors, présentateur météo sur une chaîne de télévision régionale américaine. Homme prétentieux, aigri et imbu de lui-même, Phil est obligé de se rendre en reportage le 2 février à l'occasion du Jour de la marmotte, une festivité traditionnelle célébrée en Amérique du Nord (le même jour que la Chandeleur). Mais, une fois son sujet tourné, un blizzard le force à passer la nuit sur place. Par la suite, et à son corps défendant, la même journée recommence encore et encore à chaque fois que son réveil sonne : Phil semble bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_jour_sans_fin)

Ce serait bien si c'était comme ça.
J'en rêve, mais la vie, c'est pas comme ça. Et, bien sûr si on avait à revivre la même situation  dans les mêmes circonstances, on ferait probablement la même chose.

On ne peut réécrire l'histoire. Pire encore: on ne peut jamais ni se changer ni changer les autres. C’est d’ailleurs ce qui donne le plus racines à l’amour véritable: il faut accepter l'autre tel qu’il est et se comporter en conséquence. C'est la seule façon d'aimer et d'avancer.

Ce qu'on aimerait changer ? Il peut s’agir de choses toutes simples ou beaucoup plus sérieuses.
Il m’arrive de me dire:
  • « Comment ai-je pu faire ça? »
  • « où avais-je la tête? »
  • « est-ce que j'aurais pu faire mieux? »
  • « Est-ce que j’ai pu lui faire de la peine? »
C'est sûrement le genre de questions que Donald Trump ne se pose pas et  notre premier ministre aurait avantage à se les poser. Je ne vous dis pas lequel, soit celui du Fédéral ou du provincial.

Je pourrais donner plusieurs exemples. Mais je peux me contenter d’un exemple tout simple. Avant de retourner à l’hôpital pour la dernière fois, Laure m’a dit qu’elle aimerait bien se faire bercer. J’étais un peu embêté ne sachant trop comment, où et de quelle façon je pouvais m’y prendre, moi si petit. J’y pense tous les jours depuis. Si c’était à refaire, je ne me poserais même pas la question. Je ne peux m'empêcher de penser encore une fois à tous ceux qui ont été emportés par la COVID-19.

Combien de personnes doivent regretter de ne pas avoir agi de telle ou telle façon, au bon moment.  Je pense aux proches, aux politiciens et au personnel soignant. Même moi, j’aurais dû suivre la situation de plus près. Si je l’avais fait, Laure serait peut-être encore en vie.





Laure et Jipé
On peut penser à ce qu’on aurait pu faire pour changer les choses.
Mais on ne peut revivre ce qu’on a déjà vécu.
« Le jour de la marmotte », c'est un film!

On peut souffrir de ce qu'on aurait aimé faire.
Mais la souffrance est la voie  de la sagesse.
On ne peut revivre le passé mais on peut modifier nos façons d’être aujourd’hui et demain. Si on se comportait avec tous comme si on voyait nos proches pour la dernière fois ce serait le bonheur sur terre.

Certaines personnes semblent avoir un pressentiment dans les moments les plus importants. La dernière fois que j’ai appelé l’ambulance, Laure ne voulait pas. Elle avait le sentiment qu’elle ne reverrait plus la maison. Elle le disait d’ailleurs. Et ce fut le cas. Une autre maison dans un autre monde l’attendait. Et j’ose croire qu’elle y est parfaitement heureuse. Je dirais même que je me console à l'idée qu'elle a eu la plus belle mort qu'elle pouvait avoir, lucide et entourée de ceux qui l'on tant aimée.

Au tout début de notre vie, on commence avec un page blanche. Tout est à faire, On n'a rien à changer.

Nous devons tout apprendre à partir de nos erreurs. C'est comme si « Le jour de la marmotte » ne nous permettait pas de revenir en arrière mais bien s'enligner vers le futur avec des personnes différentes que celles qui nous ont permis d'apprendre.

Merci Laure, je ne serai plus jamais le même, grâce à toi.
Tu étais un vrai modèle, la femme idéale. Après 54 ans de vie commune, je trouve que j'ai été comblé des dieux. Tu as toujours été un ange. Tu es sûrement aller rejoindre tes semblables.





Paroles de la chanson La vie après la vie par Jipé Dalpé
La vie après la vie
Est-ce que c’est loin d’ici?
J’aime ben l’idée d’un paradis







mardi 19 mai 2020

Mémoire oubliée

Le 22 mai 2020, Laure aurait eu 76 ans, mais elle n'atteindra jamais la rive,
Son âme s’est envolée vers d’autres cieux.
Un deuil comme celui-là, je crois que c'est pour la vie. (sans jeux de mots)

Le Covid-19 prend toute  la place dans nos bulletins de nouvelles. On ne parlent que de ça depuis des mois.  C'est comme si c'était la première fois qu'on connaissait cette situation. Pourtant, il y en a toujours eu, même dans l'Antiquité. Les pandémies les plus récentes que l'on cite:
  • La Peste noire (1347 - 1351)
  • La grippe espagnole (1918 - 1919)
Ceux qui ont connu ces pandémies sont presque tous morts. Mais il y a une pandémie beaucoup plus récente dont nos ainés se souviennent: la grippe asiatique (1956-1957). On oublie souvent de consulter la richesse du savoir de nos ainés. La grippe asiatique, elle fut terrible. Nicole fut fauchée en novembre 1957 en moins d'une semaine.

Nicole à droite (Noel 1956) avec sa sœur Micheline et ma mère
De gauche à droite (mon frère Yves ms sœur Micheline, Francine, Nicole)





Cette photo de Nicole a été prise, je crois 3 mois avant sa mort. Elle était belle, vive et jamais malade.
La grippe asiatique  figure parmi les 10 plus importantes pandémies de l'histoire."https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie



Toutes les écoles et les commerces étaient fermés. Yves était fiévreux alité à l'infirmerie du Patro.
Un drame comme celui qui allait suivre, ça ne s'oublie pas et le choc est encore pire puisque Laure nous a quittés en pleine pandémie. Ça fait revivre des souvenirs plutôt déchirants.

La joie

J'étais en congé seul avec ma mère puisque je n'avais pas le virus. Le dimanche, Nicole alors pensionnaire à l'orphelinat des sœurs grises, avait congé puisque c'était un dimanche. Elle était pleine d'énergie. Elle riait, sautait sur le lit de ma mère, ce qui me scandalisait. Micheline n’avait pas eu la permission d’accompagner Nicole. Elle était pensionnaire avec elle mais ne pouvait sortir étant fiévreuse et atteinte du virus de la grippe asiatique.

Le drame




A gauche notre mère en 1960

Nicole était en pleine santé le dimanche. Elle était venue en fin de semaine avant de retourner où elle était pensionnaire. Le mardi, elle fit une poussée de fièvre et fut transportée à l'hôpital en ambulance. J'étais aux côtés de ma mère lorsqu'elle a reçu le coup de fil lui annonçant l'incident. Je me rappelle encore de tous les détails. Je revois encore les jambes  tremblantes de ma pauvre mère conne si elle appréhendait déjà le pire. Souvent une catastrophe est précédée d’un terrible pressentiment, du moins c’est mon cas. Je me souviens que Laure ne voulait pas que j’appelle l’ambulance la dernière fois qu’elle est partie pour l’hôpital. 

Nicole fut hospitalisée et sa poussée de fièvre ne put s'arrêter. Elle délirait continuellement. On l'avait placée sous une tente d'oxygène. Le médecin dit à ma mère que sa fièvre avait été tellement forte que même si elle revenait à la santé, elle ne retrouverait pas ses facultés.

À notre grande surprise, au début de la soirée du vendredi 11 octobre, elle s'est assise dans son lit, nous a tous salué à tour de rôle. 

Puis elle a dit:
Comment ça se fait que j'étais morte et que je ne suis plus morte? Ma mère crut au miracle et dit à Nicole qu'elle était bien heureuse de la voir prendre du mieux, qu'elle avait hâte de la ramener à la maison. Nicole, avec un calme et une lucidité étonnant lui répondit: Ne pense pas ça, maman. Tu vas te faire du mal pour rien. Je ne retournerai plus jamais à la maison et c'est très bien comme ça. Elle est décédée quelques heures plus tard, en soirée.

Elle avait demandé un crayon et du papier. Elle avait écrit sur ce papier: « Je vous salue... » Elle avait tourné le papier de côté pour écrire le même mot. Nous n’avons jamais su si ce mot était un message d’adieu ou une demande de prier pour elle en récitant des « Je vous salue Marie ».

Nicole avait pourtant perdu connaissance au début de la même semaine, avait eu de la fièvre et déliré sans arrêt le reste de la semaine. Le médecin avait dit qu'elle avait fait trop de fièvre pour retrouver ses facultés. Pour moi, tout ça demeure pur mystère. 


Similitudes entre la grippe asiatique et covid19


  • Les deux viennent de la Chine qui n'en a pas reconnu la paternité. Mais dans sa grande  bonté, Donald Trump leur en a donné le mérite.  La grippe asiatique a été baptisée plus tard sous le nom de H2N2. La grippe espagnole vient des États-Unis. On l'a appelée grippe espagnole parce que c'est le premier pays qui a eu le courage d'en parler.
  • Aucun vaccin n'existait à l'origine de ces pandémies.
  •  On a caché l'existence de ces pandémies pour ne pas nuire à l'économie des pays concernés.
    Conclusion: des million de morts qui auraient pu être évités. Aucun coupable identifié. 
  • Yves et Nicole à la gare de St-Hyacinthe
     Les deux pandémies m'ont touché de plein fouet, Nicole en est morte, Yves a failli y laisser sa peau et Laure est décédée au tout début de la distanciation sociale. Heureusement, puisqu'il faut voir un point positif, la distanciation dans les hôpitaux, est entré en vigueur une semaine après son décès.


Je ne peux m'empêcher de penser aux centaines de milliers de morts emportés par la covid19. On les banalise comme si c'étaient seulement des statistiques. On oublie tous les drames qui s'y cachent, souvent en l'absence des proches.

jeudi 30 avril 2020

Le partenaire idéal

Trouver le partenaire idéal peut être tout un défi. Les agences de rencontres en savent quelque chose. Certains ont plus de succès que d'autres. Pour faire simple, disons que certaines personnes s'entendent mieux avec des partenaires qui leur ressemblent. Pour d'autres, c'est le contraire. Ils recherche un  partenaire tout à fait différent de ce qu'ils sont.

Jacques et Laure 1974
Laure et moi, nous appartenions à la 2è catégorie.  Elle l'avouait souvent. Elle disait souvent que ce qui l'avait attirée en moi, c'était un certain mystère. Elle avait l'impression que j'avais vécu beaucoup de choses avant de la connaître. Elle n'avait pas tort. J'en avais vu de toutes les couleurs.

Nous nous complétions très bien. Au début de notre union, j'avais tendance à faire des tâches que j'aimais moins jusqu'au jour ou j'ai réalisé que c'étaient les tâches que Laure préférait. Par contre, il y avait des choses que je voulais que Laure change et je n'y arrivais pas.

 Avec le temps, j'en suis venu à me dire qu'on ne change pas fondamentalement. Aimer vraiment, c'est accepter l'autre tel qu'il est. Vouloir le changer peut conduire à beaucoup de frustrations. Par exemple, Laure avait remarqué que je perdais facilement ce que je mettais dans mes poches, mes clés par exemple. La solution qu'elle a trouvé: m'acheter un vide-poche pour garder mes poches vides. Inconvénient: j'ai tout perdu en perdant mon vide-poche. Drôle d'histoire.

Nous achevions notre séjour de quelques mois à Montpellier dans le sud de la France. Pour couronner le tout, nous avions prévu faire un détour en Espagne avant de rentrer à Paris. Chemin faisant, nous laissons monter un jeune homme qui faisait de l'auto-stop, puis nous nous arrêtons pour faire le plein d'essence. C'était le dernier poste avant la frontière. Je fais le plein et au moment de payer, Malheur!
Je trouvais plus  mon vide-poche. Je jette un coup d'oeil perplexe au jeune homme que j'avais fait monter.  Vous pouvez imaginer son malaise. Je l'était tout autant en me présentant à la caisse.Le garagiste fut très compréhensif et me dit que mon plein d'essence, c'était un cadeau.

Je n'étais pas au bout de mes surprises. Je rebrousse chemin vers Montpellier. Je reviens à l'appartement que je  venais de laisser. On me dit que quelqu'un avait retrouver mon vide-poche cachée derrière le bol de toilette d'un centre commercial . Imaginez si ça vous arrivait. Il voulait comprendre d'autant plus qu'il était détective privé. Il m'invita donc à souper  en compagnie de Laure et me demanda pourquoi je l'avais mis là. C'est bien simple, répondis-je,  je l'avais caché au cas ou je l'oublierais.

Vide-poche original, 1974


 Laure étant très différente de moi, elle n'aurait jamais fait ça. Mes différences l'amusaient. E j'étais heureux de tout l'attention qu'elle me portait. Elle était douce et si elle avait voulu me changer, nous n'aurions jamais été capable de vivre 53 ans ensemble. Elle n'est plus là. Une de ses dernières paroles, la veille de son décès fut : maintenant, gouvernez-vous.

samedi 4 avril 2020

Affamé enragé

L'histoire qui suit est bien réelle.
jean-Philippe(Jipé Dalpé)
Le texte a été écrit par notre fils, Jean--Phlippe Dalpé sur sa page Facebook.

Sa mère (Laure), donc ma conjointe, était pourtant décédée quelques jours auparavant, soit le 2 mars 2020. Il était donc en état de choc. Et pourtant..

Laure, dans son coin de Paradis doit être bien fière de lui. Elle aimait tellement tout le monde sans les juger.

Voici donc le texte tel qu'écrit par Jipé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jipé_Dalpé)



Hier, au coin de ma rue y’avait un gars qui demandait de l’argent aux automobilistes qui s’arrêtaient au feu de circulation. Je l’entendais crier fort: « J’ai pas le Corona, j’ai faim tabarnak, J’AI FAIM »!!! 

Visiblement, personne n’osait lui donner de la monnaie. Je suis donc allé le voir (à 1m de distance:) et lui ai demandé: « As-tu faim mon homme»? Il m’a regardé avec des yeux doux et tristes. Il m’a dit: « Oui, j’ai faim. T’as pas idée. Ça fait 6h que je suis là, et j’ai juste réussi à me faire 4$. On est vendredi pourtant… mais y’a pas d’autos dans les rues! Pis personne veut ouvrir sa fenêtre. Moi, si y’a pas de char, j’peux pas manger. Ni faire manger ma blonde. ».

Je lui ai dit, viens avec moi, on va aller t’acheter de quoi souper à l’épicerie ok? Si vous aviez vu son sourire… Ça valait de l’or! Il voulait un paquet de saucisses et un sac de patates pour tougher 2-3 jours. Il me regarde en disant : « Sont chers les patates hein? C’est-tu correct pareil? », je lui ai confirmé que c'était ok. 


Après je lui ai dit: "puisqu'on est vendredi, aimerais-tu une petite bière avec ça? ». Il était un peu gêné de me répondre…. « Oui, c’est sûr que j’aimerais ben ça ». J’ajoute: « On en prend-tu une pour ta blonde aussi? » Il dit « Ah ça ce serait vraiment gentil! ». Ensuite, on est passé à la caisse.

Une fois de plus, les yeux qu’il m’a faits pour me remercier valaient 100 fois plus que le 14$ d’épicerie que je lui ai offert. Je ne dis vraiment pas ça pour recevoir des fleurs. Simplement, je me trouve chanceux dans la vie; j’ai une famille, une blonde, des ami(e)s, un toit sur la tête, et ce qu’il faut pour manger. 

Évidemment, je ne pourrais pas faire ça avec tout le monde, ni à tous les jours, mais là, j’ai eu envie de partager et de faire une mini différence dans la journée de quelqu’un. Je suis presque certain que ça m’a fait autant de bien qu’à lui. En fait, c'est lui qui a fait ma journée. En y repensant ce matin, je rêverais d’avoir une photo de lui avec sa blonde en train de faire un chin!

lundi 23 mars 2020

Les choses de cette maison te regrettent


Les choses de cette maison
Te regrettent autant que moi
La seule différence c'est qu'elles ne savent pas pleurer

Claude François 



Hiver comme été, cette maison ne sera plus jamais la même. Pourtant, je sens l'âme de Laure comme si elle y habitait encore. Son âme est présente partout. J'ai souvent cru que nous avions une âme indépendante du corps et qu'elle ne pouvait mourir. Plus que jamais, j'ai le goût d'y croire.


On dit souvent que les yeux sont le miroir de l'âme. Quand je regardais Laure, j'avais l'impression de voir son âme à travers son sourire angélique et sa voix douce ainsi que son immense bonté. J'aime bien l'idée d'un Paradis. S'il y en a un, je suis sûr qu'elle y est. 





samedi 7 mars 2020

Laure connait maintenant le secret

La vie après la vie est-ce que c'est loin d'ici?
La vie après la vie, est-ce que c'est mieux qu'ici?
Moi j'aime bien l'idée d'un paradis (J.P. Dalpé)

Y a-t-il un Paradis?
Est-ce qu'on est encore en contact avec ceux qu'on aime?
Est-ce qu'on peut les retrouver près de soi un jour?

Il y a là beaucoup de mystères dont on voudrait bien connaître la réponse sur terre.
S'il y a un au-delà, Laure en connait maintenant le secret.
Et je prends une chance: je lui parle avec amour, tendresse et beaucoup d'émotions depuis ce jour.

Laure a appris tout récemment qu'il ne restait plus aucun traitement poor guérir son cancer.
Je l'ai accompagnée continuellement ou presque jusqu'aux derniers jours. Quelques jours avant son départ, je dormais sur un lit de camp au pied de son lit. Laure était tellement heureuse que je sois là.
Elle en parlait à ses infirmières.
Le soir du 1er mars, fut le dernier soir en famille avec elle. 

Nous pensions pourtant qu'il y avait encore plusieurs jours avant que le cancer l'emporte.


Nous avons tous parlé longuement avec elle avec beaucoup d'amour et de franchise. Elle nous répondait avec une lucidité peu commune et beaucoup d'aplomb. Vers 21h30, je me suis couché au pied de son lit avec le sentiment que tout avait été dit de part et d'autre. J'avais l'âme en paix.
Jean-Phlippe et Véronique sont partis un peu plus tard.

Vers 6h30, du matin, une préposée m'a réveillé pour me dire que Laure vivait ses derniers instants.
J'ai juste eu le temps de lui prendre la main et son âme s'est envolée pour le Ciel.
La veille, je lui avais dit: Quand tu partiras pour le paradis, je vais te tenir la main jusqu'à ce que tu sois rendue, et avec un peu de chance, je verrai peut-être un petit coin de ciel.

Sous le coup de l'émotion, le soir du départ de Laure, Jean-Philippe a écrit d'un trait, en une demie heure, ce poème plein d'amour:


Ma belle et douce maman

Beaux yeux rieurs au cœur d’enfant

J’aurais encore tant à te dire

À t’offrir, à t’écrire



Ce n’est pas le cancer qui t’emporte

Mais l’amour qu’on te porte

Qui te soulève pour que tu t’envoles

Au-dessus du temps et des tournesols



Haut et loin des tourments d’ici-bas

Je sais que tu trouveras là-bas

Un coin qui ressemble à l’au-delà

Que tu appelleras comme tu voudras

Qui prendra soin de toi



Veille sur nos jours

Garde-nous une place aux alentours

Car lorsque viendra notre tour

Juré, on te rejoindra sans détour



Ma lumineuse et tendre Laure

Je t’aime si grand, si fort

De tout mon cœur et mon espoir

De te revoir



À jamais, pour toujours

Un merci grand comme l’amour

Pour tout, pour toi

Pour ce que tu as fait naître en moi

Qui me portera



Précieuse maman, cœur de diamant

Bel oiseau libre, retourne au vent

Vole où tu veux, là où c’est doux

Où c’est beau, vaste et fou

Je laisse ta main, mais tu es partout

Gravé en chacun de nous



Ce n’est pas un adieu

C’est un aveu

C’est de l’amour

Qui dure toujours

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lundi 14 octobre 2019

Sourire d’automne


En ce jour de l’Action de Grâce, j’ai une révélation à vous faire. Cet arbre, à travers de la fenêtre de notre salle à manger, je l’ai trouvé par hasard tout près de la fondation de la maison. Il mesurait environ deux pouces. Je l’ai transplanté un peu plus loin.
Conclusion: quand on fait sa part, la nature fait le reste


Conclusion: quand on fait sa part, la nature fait le reste.
On a aussi trop souvent perdu notre capacité d’émerveillement.