mardi 19 mai 2020

Mémoire oubliée

Le 22 mai 2020, Laure aurait eu 76 ans, mais elle n'atteindra jamais la rive,
Son âme s’est envolée vers d’autres cieux.
Un deuil comme celui-là, je crois que c'est pour la vie. (sans jeux de mots)

Le Covid-19 prend toute  la place dans nos bulletins de nouvelles. On ne parlent que de ça depuis des mois.  C'est comme si c'était la première fois qu'on connaissait cette situation. Pourtant, il y en a toujours eu, même dans l'Antiquité. Les pandémies les plus récentes que l'on cite:
  • La Peste noire (1347 - 1351)
  • La grippe espagnole (1918 - 1919)
Ceux qui ont connu ces pandémies sont presque tous morts. Mais il y a une pandémie beaucoup plus récente dont nos ainés se souviennent: la grippe asiatique (1956-1957). On oublie souvent de consulter la richesse du savoir de nos ainés. La grippe asiatique, elle fut terrible. Nicole fut fauchée en novembre 1957 en moins d'une semaine.

Nicole à droite (Noel 1956) avec sa sœur Micheline et ma mère
De gauche à droite (mon frère Yves ms sœur Micheline, Francine, Nicole)





Cette photo de Nicole a été prise, je crois 3 mois avant sa mort. Elle était belle, vive et jamais malade.
La grippe asiatique  figure parmi les 10 plus importantes pandémies de l'histoire."https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie



Toutes les écoles et les commerces étaient fermés. Yves était fiévreux alité à l'infirmerie du Patro.
Un drame comme celui qui allait suivre, ça ne s'oublie pas et le choc est encore pire puisque Laure nous a quittés en pleine pandémie. Ça fait revivre des souvenirs plutôt déchirants.

La joie

J'étais en congé seul avec ma mère puisque je n'avais pas le virus. Le dimanche, Nicole alors pensionnaire à l'orphelinat des sœurs grises, avait congé puisque c'était un dimanche. Elle était pleine d'énergie. Elle riait, sautait sur le lit de ma mère, ce qui me scandalisait. Micheline n’avait pas eu la permission d’accompagner Nicole. Elle était pensionnaire avec elle mais ne pouvait sortir étant fiévreuse et atteinte du virus de la grippe asiatique.

Le drame




A gauche notre mère en 1960

Nicole était en pleine santé le dimanche. Elle était venue en fin de semaine avant de retourner où elle était pensionnaire. Le mardi, elle fit une poussée de fièvre et fut transportée à l'hôpital en ambulance. J'étais aux côtés de ma mère lorsqu'elle a reçu le coup de fil lui annonçant l'incident. Je me rappelle encore de tous les détails. Je revois encore les jambes  tremblantes de ma pauvre mère conne si elle appréhendait déjà le pire. Souvent une catastrophe est précédée d’un terrible pressentiment, du moins c’est mon cas. Je me souviens que Laure ne voulait pas que j’appelle l’ambulance la dernière fois qu’elle est partie pour l’hôpital. 

Nicole fut hospitalisée et sa poussée de fièvre ne put s'arrêter. Elle délirait continuellement. On l'avait placée sous une tente d'oxygène. Le médecin dit à ma mère que sa fièvre avait été tellement forte que même si elle revenait à la santé, elle ne retrouverait pas ses facultés.

À notre grande surprise, au début de la soirée du vendredi 11 octobre, elle s'est assise dans son lit, nous a tous salué à tour de rôle. 

Puis elle a dit:
Comment ça se fait que j'étais morte et que je ne suis plus morte? Ma mère crut au miracle et dit à Nicole qu'elle était bien heureuse de la voir prendre du mieux, qu'elle avait hâte de la ramener à la maison. Nicole, avec un calme et une lucidité étonnant lui répondit: Ne pense pas ça, maman. Tu vas te faire du mal pour rien. Je ne retournerai plus jamais à la maison et c'est très bien comme ça. Elle est décédée quelques heures plus tard, en soirée.

Elle avait demandé un crayon et du papier. Elle avait écrit sur ce papier: « Je vous salue... » Elle avait tourné le papier de côté pour écrire le même mot. Nous n’avons jamais su si ce mot était un message d’adieu ou une demande de prier pour elle en récitant des « Je vous salue Marie ».

Nicole avait pourtant perdu connaissance au début de la même semaine, avait eu de la fièvre et déliré sans arrêt le reste de la semaine. Le médecin avait dit qu'elle avait fait trop de fièvre pour retrouver ses facultés. Pour moi, tout ça demeure pur mystère. 


Similitudes entre la grippe asiatique et covid19


  • Les deux viennent de la Chine qui n'en a pas reconnu la paternité. Mais dans sa grande  bonté, Donald Trump leur en a donné le mérite.  La grippe asiatique a été baptisée plus tard sous le nom de H2N2. La grippe espagnole vient des États-Unis. On l'a appelée grippe espagnole parce que c'est le premier pays qui a eu le courage d'en parler.
  • Aucun vaccin n'existait à l'origine de ces pandémies.
  •  On a caché l'existence de ces pandémies pour ne pas nuire à l'économie des pays concernés.
    Conclusion: des million de morts qui auraient pu être évités. Aucun coupable identifié. 
  • Yves et Nicole à la gare de St-Hyacinthe
     Les deux pandémies m'ont touché de plein fouet, Nicole en est morte, Yves a failli y laisser sa peau et Laure est décédée au tout début de la distanciation sociale. Heureusement, puisqu'il faut voir un point positif, la distanciation dans les hôpitaux, est entré en vigueur une semaine après son décès.


Je ne peux m'empêcher de penser aux centaines de milliers de morts emportés par la covid19. On les banalise comme si c'étaient seulement des statistiques. On oublie tous les drames qui s'y cachent, souvent en l'absence des proches.

jeudi 30 avril 2020

Le partenaire idéal

Trouver le partenaire idéal peut être tout un défi. Les agences de rencontres en savent quelque chose. Certains ont plus de succès que d'autres. Pour faire simple, disons que certaines personnes s'entendent mieux avec des partenaires qui leur ressemblent. Pour d'autres, c'est le contraire. Ils recherche un  partenaire tout à fait différent de ce qu'ils sont.

Jacques et Laure 1974
Laure et moi, nous appartenions à la 2è catégorie.  Elle l'avouait souvent. Elle disait souvent que ce qui l'avait attirée en moi, c'était un certain mystère. Elle avait l'impression que j'avais vécu beaucoup de choses avant de la connaître. Elle n'avait pas tort. J'en avais vu de toutes les couleurs.

Nous nous complétions très bien. Au début de notre union, j'avais tendance à faire des tâches que j'aimais moins jusqu'au jour ou j'ai réalisé que c'étaient les tâches que Laure préférait. Par contre, il y avait des choses que je voulais que Laure change et je n'y arrivais pas.

 Avec le temps, j'en suis venu à me dire qu'on ne change pas fondamentalement. Aimer vraiment, c'est accepter l'autre tel qu'il est. Vouloir le changer peut conduire à beaucoup de frustrations. Par exemple, Laure avait remarqué que je perdais facilement ce que je mettais dans mes poches, mes clés par exemple. La solution qu'elle a trouvé: m'acheter un vide-poche pour garder mes poches vides. Inconvénient: j'ai tout perdu en perdant mon vide-poche. Drôle d'histoire.

Nous achevions notre séjour de quelques mois à Montpellier dans le sud de la France. Pour couronner le tout, nous avions prévu faire un détour en Espagne avant de rentrer à Paris. Chemin faisant, nous laissons monter un jeune homme qui faisait de l'auto-stop, puis nous nous arrêtons pour faire le plein d'essence. C'était le dernier poste avant la frontière. Je fais le plein et au moment de payer, Malheur!
Je trouvais plus  mon vide-poche. Je jette un coup d'oeil perplexe au jeune homme que j'avais fait monter.  Vous pouvez imaginer son malaise. Je l'était tout autant en me présentant à la caisse.Le garagiste fut très compréhensif et me dit que mon plein d'essence, c'était un cadeau.

Je n'étais pas au bout de mes surprises. Je rebrousse chemin vers Montpellier. Je reviens à l'appartement que je  venais de laisser. On me dit que quelqu'un avait retrouver mon vide-poche cachée derrière le bol de toilette d'un centre commercial . Imaginez si ça vous arrivait. Il voulait comprendre d'autant plus qu'il était détective privé. Il m'invita donc à souper  en compagnie de Laure et me demanda pourquoi je l'avais mis là. C'est bien simple, répondis-je,  je l'avais caché au cas ou je l'oublierais.

Vide-poche original, 1974


 Laure étant très différente de moi, elle n'aurait jamais fait ça. Mes différences l'amusaient. E j'étais heureux de tout l'attention qu'elle me portait. Elle était douce et si elle avait voulu me changer, nous n'aurions jamais été capable de vivre 53 ans ensemble. Elle n'est plus là. Une de ses dernières paroles, la veille de son décès fut : maintenant, gouvernez-vous.

samedi 4 avril 2020

Affamé enragé

L'histoire qui suit est bien réelle.
jean-Philippe(Jipé Dalpé)
Le texte a été écrit par notre fils, Jean--Phlippe Dalpé sur sa page Facebook.

Sa mère (Laure), donc ma conjointe, était pourtant décédée quelques jours auparavant, soit le 2 mars 2020. Il était donc en état de choc. Et pourtant..

Laure, dans son coin de Paradis doit être bien fière de lui. Elle aimait tellement tout le monde sans les juger.

Voici donc le texte tel qu'écrit par Jipé (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jipé_Dalpé)



Hier, au coin de ma rue y’avait un gars qui demandait de l’argent aux automobilistes qui s’arrêtaient au feu de circulation. Je l’entendais crier fort: « J’ai pas le Corona, j’ai faim tabarnak, J’AI FAIM »!!! 

Visiblement, personne n’osait lui donner de la monnaie. Je suis donc allé le voir (à 1m de distance:) et lui ai demandé: « As-tu faim mon homme»? Il m’a regardé avec des yeux doux et tristes. Il m’a dit: « Oui, j’ai faim. T’as pas idée. Ça fait 6h que je suis là, et j’ai juste réussi à me faire 4$. On est vendredi pourtant… mais y’a pas d’autos dans les rues! Pis personne veut ouvrir sa fenêtre. Moi, si y’a pas de char, j’peux pas manger. Ni faire manger ma blonde. ».

Je lui ai dit, viens avec moi, on va aller t’acheter de quoi souper à l’épicerie ok? Si vous aviez vu son sourire… Ça valait de l’or! Il voulait un paquet de saucisses et un sac de patates pour tougher 2-3 jours. Il me regarde en disant : « Sont chers les patates hein? C’est-tu correct pareil? », je lui ai confirmé que c'était ok. 


Après je lui ai dit: "puisqu'on est vendredi, aimerais-tu une petite bière avec ça? ». Il était un peu gêné de me répondre…. « Oui, c’est sûr que j’aimerais ben ça ». J’ajoute: « On en prend-tu une pour ta blonde aussi? » Il dit « Ah ça ce serait vraiment gentil! ». Ensuite, on est passé à la caisse.

Une fois de plus, les yeux qu’il m’a faits pour me remercier valaient 100 fois plus que le 14$ d’épicerie que je lui ai offert. Je ne dis vraiment pas ça pour recevoir des fleurs. Simplement, je me trouve chanceux dans la vie; j’ai une famille, une blonde, des ami(e)s, un toit sur la tête, et ce qu’il faut pour manger. 

Évidemment, je ne pourrais pas faire ça avec tout le monde, ni à tous les jours, mais là, j’ai eu envie de partager et de faire une mini différence dans la journée de quelqu’un. Je suis presque certain que ça m’a fait autant de bien qu’à lui. En fait, c'est lui qui a fait ma journée. En y repensant ce matin, je rêverais d’avoir une photo de lui avec sa blonde en train de faire un chin!

lundi 23 mars 2020

Les choses de cette maison te regrettent


Les choses de cette maison
Te regrettent autant que moi
La seule différence c'est qu'elles ne savent pas pleurer

Claude François 



Hiver comme été, cette maison ne sera plus jamais la même. Pourtant, je sens l'âme de Laure comme si elle y habitait encore. Son âme est présente partout. J'ai souvent cru que nous avions une âme indépendante du corps et qu'elle ne pouvait mourir. Plus que jamais, j'ai le goût d'y croire.


On dit souvent que les yeux sont le miroir de l'âme. Quand je regardais Laure, j'avais l'impression de voir son âme à travers son sourire angélique et sa voix douce ainsi que son immense bonté. J'aime bien l'idée d'un Paradis. S'il y en a un, je suis sûr qu'elle y est. 





samedi 7 mars 2020

Laure connait maintenant le secret

La vie après la vie est-ce que c'est loin d'ici?
La vie après la vie, est-ce que c'est mieux qu'ici?
Moi j'aime bien l'idée d'un paradis (J.P. Dalpé)

Y a-t-il un Paradis?
Est-ce qu'on est encore en contact avec ceux qu'on aime?
Est-ce qu'on peut les retrouver près de soi un jour?

Il y a là beaucoup de mystères dont on voudrait bien connaître la réponse sur terre.
S'il y a un au-delà, Laure en connait maintenant le secret.
Et je prends une chance: je lui parle avec amour, tendresse et beaucoup d'émotions depuis ce jour.

Laure a appris tout récemment qu'il ne restait plus aucun traitement poor guérir son cancer.
Je l'ai accompagnée continuellement ou presque jusqu'aux derniers jours. Quelques jours avant son départ, je dormais sur un lit de camp au pied de son lit. Laure était tellement heureuse que je sois là.
Elle en parlait à ses infirmières.
Le soir du 1er mars, fut le dernier soir en famille avec elle. 

Nous pensions pourtant qu'il y avait encore plusieurs jours avant que le cancer l'emporte.


Nous avons tous parlé longuement avec elle avec beaucoup d'amour et de franchise. Elle nous répondait avec une lucidité peu commune et beaucoup d'aplomb. Vers 21h30, je me suis couché au pied de son lit avec le sentiment que tout avait été dit de part et d'autre. J'avais l'âme en paix.
Jean-Phlippe et Véronique sont partis un peu plus tard.

Vers 6h30, du matin, une préposée m'a réveillé pour me dire que Laure vivait ses derniers instants.
J'ai juste eu le temps de lui prendre la main et son âme s'est envolée pour le Ciel.
La veille, je lui avais dit: Quand tu partiras pour le paradis, je vais te tenir la main jusqu'à ce que tu sois rendue, et avec un peu de chance, je verrai peut-être un petit coin de ciel.

Sous le coup de l'émotion, le soir du départ de Laure, Jean-Philippe a écrit d'un trait, en une demie heure, ce poème plein d'amour:


Ma belle et douce maman

Beaux yeux rieurs au cœur d’enfant

J’aurais encore tant à te dire

À t’offrir, à t’écrire



Ce n’est pas le cancer qui t’emporte

Mais l’amour qu’on te porte

Qui te soulève pour que tu t’envoles

Au-dessus du temps et des tournesols



Haut et loin des tourments d’ici-bas

Je sais que tu trouveras là-bas

Un coin qui ressemble à l’au-delà

Que tu appelleras comme tu voudras

Qui prendra soin de toi



Veille sur nos jours

Garde-nous une place aux alentours

Car lorsque viendra notre tour

Juré, on te rejoindra sans détour



Ma lumineuse et tendre Laure

Je t’aime si grand, si fort

De tout mon cœur et mon espoir

De te revoir



À jamais, pour toujours

Un merci grand comme l’amour

Pour tout, pour toi

Pour ce que tu as fait naître en moi

Qui me portera



Précieuse maman, cœur de diamant

Bel oiseau libre, retourne au vent

Vole où tu veux, là où c’est doux

Où c’est beau, vaste et fou

Je laisse ta main, mais tu es partout

Gravé en chacun de nous



Ce n’est pas un adieu

C’est un aveu

C’est de l’amour

Qui dure toujours

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx





vendredi 18 octobre 2019

L'arbre du bien et du mal

À l’occasion de l’Action de grâce, je vous ai présenté l’érable que j’ai trouvé par hasard près du solage de la maison. Le l’ai transplanté pour qu’il soit bien en vue de la salle à diner. C'est à l'Action de grâce que ses couleurs sont le plus flamboyantes. Voir billet précédent.

De l’autre côté de la maison, sur la façade, se trouve un autre arbre. Je l’ai acheté dans une pépinière et je l’ai planté avec amour. C’est un pommier dont je suis fier. Il est tellement généreux que j’aurais pu aussi lui rendre hommage de jour de l’Action de grâce.

Adam et Ève
Mais l’histoire du pommier est très différente de celle de l’érable. Pourtant, il a trouvé le moyen de nous faire des leçons par le biais de hasards assez étonnants. J’avais toujours rêvé d’un pommier même si la Bible en parle comme l’arbre du bien et du mal dont se serait servie Ève pour tenter l’homme.

Cet arbre, je l’ai acheté pour la fête de Laure il y a plus de 20 ans. Il était là pour nous rappeler sa présence chaque année à l’anniversaire de Laure. Mais, c’est mon anniversaire de naissance qu’il a choisi pour faire preuve de sa malédiction. L’histoire n’est pas inventée, vous pouvez me croire.

C’est comme si Dieu avait voulu me faire peur pour que je ne mange jamais de pommes de ce pommier. Donc un 4 juillet, jour de mon anniversaire de naissance, un vent terrible se leva et mon pommier bascula à la renverse, les racines en l’air pointées vers le ciel. Vous pouvez imaginer que nous étions un peu découragés. Le pommier était assez mature pour donner des fruits et il en avait.

Ne sachant trop quoi faire, nous avons fait comme certains gouvernements face aux changements climatiques : nous n’avons rien fait. Quatre jours ont passé. Le pommier était toujours allongé sur son flanc. Une voisine passa et nous demanda pourquoi nous ne remettions pas le pommier sur pied. Elle nous aida à mettre le pommier en place. Nous l’avons attaché à d’autres arbres pour le maintenir droit.

Instrument de cueillette de pommes


Le pommier donna des pommes à la fin de la saison et il continue de le faire depuis au moins une quinzaine d’années. Cette année a été une année record autant en qualité qu’en quantité. C’est incroyable tout ce que la nature peut faire pour nous.
J’avais l’habitude de faire traiter le pommier par un spécialiste. Il pulvérisait de l’insecticide pour le protéger. Depuis que je ne mets ni insecticide ni autre produit chimique, il est plus en santé que jamais. Grâce aux réseaux sociaux, j'ai cru comprendre pourquoi mon pommier avait eu des fruits de si bonne qualité.

Sans le savoir, j'ai eu le bon réflexe: ramasser tous les jours les pommes tombées près de l'arbre et les déposer dans le bas à compost.
Il semble que si on les laisse par terre, les insectes sont attirés et vont vite envahir le pommier. Pas fous les insectes. Ils ont presque une intelligence artificielle.

Les pommes que vous voyez ont été cueillies la semaine dernière. J'en cueille autant que je veux chaque jour. J'ai aussi un outil que me permet d'en cueillir en hauteur sans escabeau.

Ma conclusion est la même que celle du billet précédent.
Quand on fait sa part, la nature fait le reste.

Pommier (Cortland)
Notre capacité d’émerveillement doit se nourrir des merveilles de Mère Nature.

lundi 14 octobre 2019

Sourire d’automne


En ce jour de l’Action de Grâce, j’ai une révélation à vous faire. Cet arbre, à travers de la fenêtre de notre salle à manger, je l’ai trouvé par hasard tout près de la fondation de la maison. Il mesurait environ deux pouces. Je l’ai transplanté un peu plus loin.
Conclusion: quand on fait sa part, la nature fait le reste


Conclusion: quand on fait sa part, la nature fait le reste.
On a aussi trop souvent perdu notre capacité d’émerveillement.

samedi 5 octobre 2019

Ne pas voter, un péché?

Un péché?

Il paraît que les péchés, ça n'existe plus. Mais on a horreur du vide. On a trouvé le moyen d'en inventer d'autres comme, par exemple, le fait de ne pas voter, un droit. Selon la formule d'Abraham Lincoln la démocratie c'est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple

Pour y parvenir, il faut une condition: voter.
Mais le droit de vote ne doit pas être une fin en soi.
Actuellement, pour la plupart des pays occidentaux, le suffrage universel est la règle. Chaque vote compte et devient pratiquement une obligation pour tout bon citoyen.

Ce n'était pourtant pas le cas au début.
Pericles et la démocratie
Dans la Grèce antique, considérée comme
le berceau de la démocratie, seulement quelques citoyens étaient appelés à voter.
Il n'y avait que 500 électeurs choisis par tirage au sort. Ils devaient participer à des assemblées publiques pour bien connaître les diverses opinions de leurs concitoyens.

Les choses ont bien changé. Tous peuvent voter et sont même obligés de le faire dans certains pays. Au Canada, on n'oblige personne à le faire, mais on en fait une valeur essentielle pour être reconnus comme de bons citoyens.

J'ai beaucoup de réserves.
  • Beaucoup se présentent au urnes sans savoir pour qui voter. On dit même que plusieurs prennent leur décision dans l'isoloir. 
  • On peut difficilement avoir une opinion éclairée si on n'a aucun intérêt pour la politique. On s'informe rarement pour les sujets qui ne nous intéressent pas. La lutte contre les changements climatiques a eu au moins un bon côté: donner le goût à tous, surtout au jeunes, de s'impliquer. Les médias sociaux deviennent la plus grande source d'informations. 
  • On échange en groupes restreints à partir d'informations plus ou moins valides.
    De plus en plus de pays trouvent le moyen d'influencer le vote ici comme ailleurs. Selon un sondage récent, 60% des québécois pensent que ça peut nous arriver.


À 19 jours du vote, il semble que 47% des canadiens ne savent pas encore pour qui voter.
Ce chiffre a été dévoilé avant le débat des chefs.

Débat des chefs 2019
Les débats constituent une occasion en or pour se faire une idée. Il y a des débats en français et en anglais puisque ce sont les deux langues officielles au Canada. Mais que penser de ceux qui ne maîtrisent ni l'une ni l'autre de ces deux langues officielles? Ils ne peuvent accéder directement à l'information pertinente présentée par les partis politiques.


Il y a quand même une bonne nouvelle. Au dernier débat, il y a eu 20% de plus d'auditeurs qu'à l'élection précédente en 2015. Les jeunes ont été beaucoup plus nombreux qu'à l'habitude. Mais le problème, c'est qu'il n'y a pas vraiment eu de débat. Tout a été traité superficiellement sans que les candidats n'aient le temps d'approfondir leurs idées.

Source: TVA.

Tout est fait justement pour qu'il n'y ait pas de débat.
Débat ou chicane
Un débat, c'est la possibilité de pouvoir exposer des points de vue différents, les confronter. Au moment où l'on valorise tellement la diversité et le vivre ensemble, le caractère unique du Québec est reconnu par tous. Pourtant, tout ce que le Québec affirme de différent du reste du Canada est souvent interprété comme de la chicane.

Vous savez ce que signifie "chicane" ? C'est un mot familier québécois qui signifie "querelle, dispute".

Les québécois sont reconnus comme des êtres tolérants qui n'aiment pas la chicane. Les politiciens le savent et qualifient vite de chicane ce qui est une simple affirmation légitime du Québec liée à son caractère unique.


Rachida Azdouz

Rachida Azdouz a écrit un livre fort intéressant sur le sujet: Pas de chicane dans ma cabane

Souvent, quand on croit débattre, on expose seulement nos points de vue », affirme l'essayiste, psychologue et spécialiste des relations interculturelles à l'Université de Montréal,  Rachida Azdouz. Dans son livre , elle nous invite au dialogue et au débat public.

Un vrai débat, c'est bien. Mais il y a plus. L'intérêt véritable pour la politique, ça ne vient pas tout seul. Ça se cultive. L'intérêt doit être développé sur les bancs d'école.
Lors de mes dernières années de collège, tous les vendredi après-midi, il y avait une discussion libre sur notre conception de l'avenir du Québec et sur  les partis politiques les mieux placés pour y arriver. Les débats étaient animés.

Jean Lesage
Je me souviens tellement de la première  assemblée publique à laquelle j'ai assisté. L'orateur était Jean Lesage, chef du parti libéral du Québec de 1960 à 1966. Il  y avait de l'électricité dans l'air, une ambiance survoltée. Jean Lesage avait beaucoup de charisme et une diction qui le servaient bien. J'étais fier d'être québécois.

Cet homme savait nous charmer, nous mobiliser profondément avec des slogans accrocheurs comme:
"Maîtres chez-nous", "Qui s'instruit s'enrihit".

De nos jours, si un politicien du Québec avait comme slogan&nbsp"Maîtres chez-nous", on l'accuserait vite d'être raciste". On dirait préférer les sujets qui nous unissent au lieu de nous diviser.
Et pourtant, Jean Lesage a été à l'origine  d'un des plus grands moments de l'histoire du Québec: la révolution tranquille. Il était respecté de tous.
Il a fait sa marque, de façon magistrale, lors d'un premier grand débat des chefs face à un Daniel Johnson complètement désemparé.&nbsp
Premier débat des chef au Québec
Voir le premier débat des chefs de l'histoire du Québec en 1962.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1065691/debat-lesage-johnson-election-quebec-archives



1962 marque la diffusion du premier face-à-face entre deux chefs de parti à la télévision canadienne. Jean Lesage, chef du Parti libéral du Québec et Daniel Johnson, chef de l'Union nationale, s'affrontent lors des élections provinciales québécoises. Cette campagne  passera à l'histoire. Le débat aura lieu en tout de fin campagne. Il y aura 4 sujets débattus pendant deux heures. Les candidats ont  donc eu le temps de confronter à fond chacune de leurs idées. Les électeurs ont eu ainsi l'occasion de se faire une idée précise des enjeux. Ils ont pu faire un choix éclairé. Quelle époque!


Conclusion:
Les citoyens ont le devoir de voter, oui. Mais ce devoir s'accompagne d'un autre:
celui de se renseigner convenablement et d'être en mesure de le faire.
La démocratie à Hong Kong
La démocratie n'a pas de prix.
Il faut se renseigner et voter.

Et si quelqu'un vous dit de rester chez vous si ça ne vous tente pas de voter, ne l'écoutez pas.
Fiez-vous plutôt à ceux qui vous disent de le faire.