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lundi 14 juin 2010

Pas assez peur!

Je suis estomaqué. Je me terre! J'étais sûr que si le monde apprenait qu'on fait encore de la prospection pour de nouvelles plateformes prétrolières, ça soulèverait l'indignation. Surtout que ça se fait dans le golfe Saint-Laurent.

Dans ma grande naïvité, je croyais que le simple fait de le dévoiler allait soulever instantanément un tollé de protestations. Mais non. C'est le contraire: on veut le pétrole, nos plateformes en pleine mer. Et on est prêt à se battre avec nos voisins pour l'avoir. C'est tragique à en pleurer.

"Nettoyez les plages, mais ne touchez pas à nos forages": c'est en substance ce que réclament les habitants des zones sinistrées par la marée noire dans le sud des États-Unis, alarmés par le moratoire sur la prospection en mer décrété par le président Obama. Ce n'est surtout pas moi qui va se plaindre du sort des Américains dans ce dossier. Ils voulaient du pétroles et de l'agent, ils en ont.

On se chicane entre le Québec et le Labrador pour savoir à qui appartiendra les puits en haute mer. Et le premier ministre de Terre-Neuve montre les crocs. Pas question de moratoire, pas question de négocier avec le Québec. Ça presse. Il veut le pétrole et l'argent du pétrole.

Dans l'Artique, on ne compte plus le nombre de pays qui ont maintenant des prétentions sur le territoire au nord du Québec. Tous les pays veulent prendre possession du territoire pour exploiter le pétrole. Et dans ce pays de glaciers, une catastrophe comme celle du golfe du Mexique serait presque insoluble. Au lieu de se serrer les coudes pour trouver une solution, on se chicane pour savoir qui fera plus d'argent sale.

Non, nous n'avons pas encore assez peur. Le peur est notre seule porte de sortie. Mais la catastrophe est loin d'ête assez grâve pour qu'elle soit prise aux sérieux. Je ne sais plus ce qu'il faut faire. Et je souhaite que la situation dégénère pour qu'on ait l'impression que la planète tire à sa fin, que toute vie pourrait disparaîtr de la surface de la terre en 2010. Et même là, je ne suis pas sûr que nos concitoyens seraient assez inquièts pour réagir. S'il y a de l'argent à faire, on continuera.

Je baisse les bras. J'ai l'impression de faire un fou de moi en cherchant des appuis. J'en ai eu. Je l'ai appréciés. Mais je m'attendais à plus. Je croyais dans la sagesse de l'homme. J'ai peine à croire qu'il pourra réagir avant que nous en soyons rendus à une situation de non retour. Il y a des jours où je ne suis pas fier d'appartenir à l'espèce humaine. Et celui-ci est de ceux-là.

Je tourne la page. Je n'aime pas prêcher dans le désert. Je ferme la télé, la radio, les médias électronique. Je décroche.

Je tiens à attirer tout de même l'attention sur une publicité en France qui a su utiliser la peur pour lutter contre alcool au volant. Pour moi, c'est un bijou dans son genre. Je croix que la publicité risque d'être très efficace. On devrait engager ceux qui ont réalisé ce vidéoclip pour leur demandaer d'en produire un sur les dangers des plateformes de pétrole en pleine mer.

Publicité ionsoutenable, mais très efficace, sur les risques de l'alcool au volant. Ce vidéoclip réprésente bien l'état d'insouciance que je sens face aux risques que nous fait courir la situation actuelle. La seule différence, c'est qu'on ne boit pas le pétrole. C'est l'auto qui le fait pour nous. Mais le résultat est le même pour la planète.

Bientôt, le pétrole, ce sera la mer à boire. On dit qu'on va colmater la fuite de pétrole. Mais qu'est-ce qui nous dit qu'on va réussir? Et s'il coulait encore dans 5 ans, serions-nous toujours là?

Comment sensibiliser les gens à une cause, quels moyens utiliser pour nous faire prendre conscience des effets de nos comportements, et par la suite, nous faire réagir? Caboche


http://www.cyberpresse.ca/actualites/201006/28/01-4293994-prospection-gaziere-des-lecons-pour-le-quebec.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1

mercredi 9 juin 2010

La peur

Notre cerveau est plus fait pour éviter les expériences douloureuses que pour rechercher des situations plaisantes.
Notre cerveau est plus fait pour survivre que pour rechercher le plaisir.
(Voir l'être biologique)

La vie m'a appris que tout ce qui existe sert à quelque chose. En d'autres mots, rien n'est inutile. C'est dans la nature même de l'homme de trouver une explication à ce qu'il ne comprend pas: la mort, la souffrance, par exemple. Et je crois que ce n'est pas un hasard.

Si quelque chose nous semble inutile, c'est qu'il y a quelque chose qui nous échappe, quelque chose à découvrir. Pour Einstein, la peur de la mort était la force la plus créatrice qui soit.

J'ai toujours été stimulé par la peur. Étant peureux de nature, j'ai pu me contenter. J'ai eu la chance de faire beaucoup de chemin. J'étais le 2è d'une famille de 6 enfants. Quand Yves, le plus vieux de la famille me disait: T'as peur de faire telle chose, je vous jure que je relevais le défis.

Yves et moi (1954)
Yves et moi, nous avions tous les deux des airs d'anges. J'ai bien dit: l'air. Nous avions des jeux qui faisaient le bonheur de ma mère. J'avais des plans qui faisaient la terreur de ceux qui avaient à me garder.

En 1951, nous venions d'aménager dans un nouveau logement à Granby. Notre père et notre mère venaient de reprendre une vie commune après un an de séparation.

La nouvelle chambre où je venais de m'installer avec Yves était impeccable. On sentait encore l'odeur de la peinture fraîche.

Yves me dit:

- Jacques, t'as peur de défoncer le mur.
- Moi peur?


Mon père
Bang!

Il n'en fallait pas plus pour que je m'exécute. Une seul coup de pied a suffi. J'ai eu vite affaire à mon père qui s'est chargé de m'apprendre la peur de l'autorité.

Et s'il est vrai que la peur est le commencement de la sagesse, pour moi il en était autrement. Mon père n'a su la vraie histoire qu'une quinzaine d'années plus tard.

1956
Au même endroit, quelques mois plus tard, j'ai mis le feu derrière la maison. Un hangard a brûlé et il a fallu plusieurs alertes pour que les pompiers puissent l'éteindre. Le bloc appartement tout entier a failli y passer.

J'ai eu peur du feu, peur de me faire prendre. Je me sentais coupable. Je me souviens encore très bien des sentiments qui m'habitaient. Je me sentais comme Judas dans l'Évangile après son geste de trahison. C'est vrai. Je me rappelle que j'avais cette image précise en tête. C'était en 1951. On voit que ça marque une histoire pareille.

J'ai vite avoué lorsqu'on ma demandé si c'est moi qui avais mis le feu. Et je me suis senti libéré. Lors de ma première confession un peu plus tard, le seul péché que j'ai avoué fut d'avoir volé une allumette. Dieu me pardonne!

Des peurs, j'en ai connu de toutes les sortes: peur du feu, peur de la mort, peur du diable, peur du noir, peur d'être battu, peur de parler en public, peur de faire de la peine,peur de connaître des problèmes d'argent, peur de se tromper, d'être ridiculisé, décevoir, être accusé, condamné, damné, et j'en passe.

Plus jeune je faisais régulièrement des cauchemars. Je mouillais mon lit parce que j'avais peur d'aller à la toilette dans le noir.

Lorsque j'ai vu dernièrement, sur Le blog de Jean-Louis Muller (Le management dans tous ses états)qu'il y avait 5 grandes peurs, ma curiosité a été piquée. J'avais l'impression d'en avoir connu tellement plus... Vraiment, j'ai été gâté. On paie souvent cher pour avoir peur au cinéma et dans les manèges. Moi, j'ai souvent eu peur gratis!

Puis, en marchant sur le bord de la mer, je me suis mis à réfléchir sur le sens de la peur, celle qui alimente les pires souffrances. C'est fou comme la mer est un lieu propice aux réflexions profondes. J'en ai quelques unes à partager.

Havre-Saint-Pierre, face à l'Hôpital
le 10 juin 2010 10h30




Et quel bel exemple que la mer. Elle respire le calme, la sérénité. Certains jours comme aujourd'hui, on ne peut imaginer jusqu'à quel point elle peut faire peur. Pourtant, elle alimente présentement une vraie peur en moi: la marée noire.
Oui, je n'exagère pas. Qu'est-ce qui va arriver si on ne réussit pas à colmater la fuite de pétrole?
À suivre...

Et dire qu'on fait de la prospection pour des plateformes de pétrole près d'ici: Anticosti, Iles de la Madeleine, Gaspésie... On n'a pas encore assez peur.

Je viens tout juste de retourner sur le bord de la mer, avec l'espoir de vous rapporter une autre bonne photo. Et comme par hasard, une espèce a bondi de l'eau comme pour témoigner de sa présence et demander qu'on ne l'oublie pas. Ce n'est pas une histoire inventée. Je viens juste de photographier cette baleine en face de l'hôpital où travaille Laure. Une baleine qui s'approche d'un hôpital, c'est un puissant symbole!

Baleine en balade Havre-Saint-Pierre (juin 2010)
Voir vidéoclip Pollution sonore, cétacés menacés.

L'Hôpital de Havre-Saint-Pierre (juin 2010)



Comme par hasard, je viens de constater que le dernier billet du Gestionnaire Borg (dans ma liste de blogs favoris) porte sur la peur: la peur du Web 2.0J'adore ce billet et sa conclusion: Arrêter d'avoir peur du méchant loup! Il ne faut pas avoir peur de tout.

Voir aussi Histoire de peur de Barbe blanche.

mercredi 26 mai 2010

Anticosti: place au pétrole

A l'eau les chevreuils! Place au pétrole.

L'Ile d'Anticosti est un joyau, un trésor de l'humanité. Elle représente 16 fois la dimension de l'Ile de Montréal. Elle est aussi grande que la Corse, comprend environ 480 habitants et 200 000 cerfs. Elle est visible, par beau temps, de ma maison de Havre-Saint-Pierre. Et je compte y aller cet été. On peut s'y rendre en 15 minutes en avion. Les cerfs en liberté approchent les visiteurs. On me raconte qu'ils viennent manger dans notre sac de chips si nous les laissons faire.



Le cerf de Virginie y a été introduit et s'est multiplié sur l'île, qui est reconnue pour sa chasse (plus haut taux de succès à la chasse au cerf de Virginie en Amérique du Nord, avec plus de 85 %). La population de cerf de Virginie est estimée entre 160 000 et 200 000 bêtes, alors que celle de l'orignal ne dépasse pas 1 000.

On parle beaucoup ces jours-ci de la catastrophe incroyable qui fait rage dans le golfe du Mexique. On parle très peu du scandale des compagnies de pétrole qui instalent des plate-forme de forage en pleine mer.

Pire encore, on garde sous silence le fait que Hydro-Québec a abandonné ses droits dans le golfe Saint-Laurent. On vient de vendre le tout au secteur privé. L'industrie pétrolière s'en vient. C'est ainsi qu'on dépossède en catimini un peuple qui n'a conscience de rien. Il me semble que les médias et les partis d'opposition ont été bien silencieux.

Pour mieux comprendre le drame qui se prépare, lisez ce qui suit. Il s'agit d'un extrait d'un billet que j'avais laissé l'année dernière.

CLIQUER POUR MIEUX VOIR

Quand on parle de la Côte Nord du Québec, on ne peut imaginer l'immensité du territoire. C'est gigantesque. Il faut voir. Havre Saint-Pierre, c'est le chef-lieu de la Minganie. Pour le coin, c'est une très grande ville avec ses 3600 habitants.

Avant 1996, la route s'arrêtait là. Pour aller plus loin, il fallait le bateau, l'avion, la motoneigne ou des moyens très rudimentaires comme les traîneaux à chien. À ce qu'on m'a dit ce dernier moyen de locomotion était très exaltant.

Maintenant, la route se rend jusqu'à Natashquan, la patrie de Gille Vigneault. Sise sur les rives du golfe du Saint-Laurent, la réserve se trouve à 140 kilomètres à l’est de Havre-Saint-Pierre. Population de Natashquan: 896 personnes.

Mais voilà que la Côte Nord se met à l'heure de la Planète. Les prospecteurs de pétrole rôdent. Tous les pays du monde rêvent de découvrir du pétrole! On déclare des guerres pour beaucoup moins. L'écologie est en danger. Mais les cerfs et la baleines sont bien mal placés pour se défendre. Les populations locales qui devraient aussi se sentir menacées y voient cependant trop souvent de bonnes occasions d'affaires. L'argent rend fou. Ce n'est pas nouveau.

Janvier 2004
Prospection ou baleine?
La réponse se trouve du côté de la division Pétrole et Gaz d'Hydro-Québec. L'été dernier, la société d'État a fait 350 kilomètres de prospection sismique dans les grandes forêts qui recouvrent l'île d'Anticosti, au beau milieu du golfe Saint-Laurent. Selon les résultats de cette prospection, divulgués à la fin novembre, on aurait trouvé dans le sous-sol d'Anticosti de grosses structures très poreuses, apparemment remplies de liquide.

Les hydrocarbures, une menace pour les baleines?

Robert Michaud est un expert des baleines du Saint-Laurent. Il les connaît presque par leur petit nom! Jamais il n'a été aussi inquiet pour l'avenir des baleines du Saint-Laurent. Et il n'est pas le seul. Autour de lui gravite toute une coalition d'écologistes, des regroupements de pêcheurs, des associa-tions touristiques et d'artistes. Tous se sont mobilisés contre une campagne de levées sismiques qu'Hydro-Québec a commandée à Geophysical Service Incorporated, de Calgary. GSI doit, en deux semaines, procéder à 1600 km de levées sismiques entre la Gaspésie, l'île d'Anticosti et les Îles-de-la-Madeleine, et cela, à travers le couloir de migration des grands rorquals bleus, les plus gros animaux vivants sur notre planète.

(...)Pour Paul Einarsson, c'est tout le contraire! Le Québec ferait une grave erreur stratégique en renonçant aux hydrocarbures pour protéger l'écologie.


Janvier 2008
La société suisse Pétrolia, basée à Rimouski, rachète les intérêts d'Hydro-Québec sur les permis de prospection de pétrole et de gaz dans l'île d'Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent. La société suisse Pilatus Energy, qui est devenue le plus important actionnaire de Pétrolia l'an dernier, a des options pour poursuivre des travaux d'exploration sur un terrain appelé Bourque.
Voir détails

21 mai 2010
La compagnie rimouskoise Pétrolia et son partenaire Corridor Resources lanceront en juin 2010 un programme de quatre forages d'exploration pétrolière à l'île d'Anticosti.

Voir détails Les forages et les essais de production se termineront vers la fin de septembre.

Pourtant, ceci ne respectent pas les ententes internationales avec l’Union mondiale pour la nature (UICN).

(...)Outre ces aspects, diverses activités et affectations à des fins industrielles, telles que l’exploitation forestière commerciale et l’octroie de droits gaziers et pétroliers, ont cours sur l’île.
Des permis pour la recherche de gaz et de pétrole sont valides sur une grande partie du territoire de l’île. Cela ne respecte pas les critères récents adoptés par l’UICN en octobre 2002, à Aman en Jordanie. Voir Aires protégés du Québec.

Tout ceci se passe au moment même où toute la planète regarde avec stupéfaction la catastrophe d'une plate-forme de forage dans le golfe du Mexique. Et les médias n'en parlent pas...