mardi 4 février 2014

Le Bella-Desgagnés

Presque dans notre cour, en ce  lundi 2 février 2014, est apparu le Bella-Desgagnés dans toute sa splendeur. Il était fort attendu depuis quelques jours partout sur la Côte-Nord.

Bella Desgagnés février 2014

Le Bella Desgagnés était fort attendu car c'est le seul moyen de transport pour pas moins de 17 villages où la route ne se rend pas.

Le Bella Desgagné devant la poissonnerie de Havre-Saint-Pierre
Le problème a été plus criant qu'à l'habitude. On dit que la planète se réchauffe. Mais pas cette année. Je n'avais jamais vu ça depuis les 5 ans que je connais des hivers ici à Havre-Saint-Pierre. Il y avait beaucoup trop de glace sur la mer pour que le bateau s'aventure même  tout près sur l'Ile d'Anticosti à 15 minutes de Havre-Saint-Pierre à vol d'oiseau.

Inutile de vous dire que les gens de l'ile d'Anticosti n'ont pas beaucoup apprécié la pénurie. Le Bella Desgagnés, c'est le nouveau joyau de la famille Desgagnés. Construit à gros budget en Europe de l'Est et en Italie,  il en est à sa première année de service. Certains disent qu'on aurait dû prévoir une construction mieux adaptée aux rigueur de l'Hiver d'ici.



Tempête de sable janvier 2010 Havre-Saint-Pierre
Mais il faut reconnaître que la situation est exceptionnelle. Ce qu'il y a de spécial, avec les changements climatiques, ce sont les situations extrêmes imprévisibles. En 2010, il n'y avait pas eu de neige de l'hiver à Havre-Saint-Pierre. Il y avait même eu une tempête de sable en janvier 2010 et des amis avaient dû faire remorquer une auto enlisée dans le sable.

 
 Quand on parle d'approvisionner l'Ile d'Anticosti, il faut savoir de quoi on parle. Cette ile que l'on voit se profiler à l'horizon de Havre-Saint-Pierre, ce n'est pas rien. Elle a la même grandeur que la célèbre ile de Corse et 17 fois la dimension de l'Ile de Montréal. Mais contrairement à l'ile de Montréal qui compte plusieurs millions d'habitants, Anticosti n'a que 200 habitants et 200 000 cerfs de Virginie en totale liberté.

Mentionner que les gens de l'Ile peuvent manquer de nourriture, c'est pas facile à dire sans rire.

Face aux difficultés d'approvisionnement de l'ile d'Anticosti avec le Bella Desgagnés, certains résidents se sont demandés pourquoi on n'utilisait pas l'avion. Il y a un aéroport à 10 minutes de Havre-Saint-Pierre et il y en a un sur l'Ile d'Anticosti. La trajet ne prend que 15 minutes. L'avion décolle et redescend aussitôt. C'est simple. Mais il est vrai qu'il ne faut pas oublier de mettre de l'essence avant de partir. C'est déjà arrivé comme le montre l'écriteau suivant sur l'Ile et la carcasse de l'avion qu'on a laissé là pour alimenter les touristes.





 
Question de transport, y en a pas de facile! :-)

C'est une blague, bien sûr. Le Bella Desgagnés, ce n'est pas seulement un navire cargo. C'est aussi un bateau de croisière que je vous recommande fortement. Il a remplacé le Relais Nordik que nous avions déjà emprunté pour nous rendre jusqu'à Blanc Sablon, à la frontière du Labrador.

Pour plus de renseignement sur les croisière à bord du Bella Desgagnés, cliquer ICI.



Voir aussi vidéo du lancement du Bella-Desgagnés


jeudi 16 janvier 2014

Glissade au Nord du 50è parallèle



La Côte-Nord détient du pain, du feu, la simple joie de vivre pour des milliers d’hommes qui ne sont pas nés. Cette terre n’appartient pas aux cultures d’aujourd’hui. Elle se réserve pour les conquérants de l'avenir  (Gabrielle Roy, 1941)
Sherbrooke  janvier 2014

Sherbrooke sous le verglas, 2014
Comme prévu, nous avons repris la route du Nord. Parti de Sherbrooke le 9 janvier 2014, en négociant avec des routes glacées, nous sommes arrivés dans les mêmes conditions. Mais là s'arrête la comparaison. Sherbrooke et Havre-Saint-Pierre sont deux univers totalement différents, mais tout aussi charmants.

La ville de Sherbrooke compte 158 000 habitants. Elle est située près de la frontière américaine et en plein centre des régions les plus peuplées du Québec. Elle comprend deux unniversités prestigieuses: l'université de Sherbrooke (francophone) et l'Université Bishop (anglophone).

Sherbrooke appartient à la région des Cantons de l'Est dont voici les données déographiques:
  • Population : 309 975 (2010)
  • Superficie : 10 195 km²
  • Densité : 29,2 hab./km²
  • Taux de natalité : 10,3 ‰ (2006)
  • Taux de mortalité : 7,6 ‰ (2006)
Havre-Saint-Pierre (3600 habitants) appartient à la région de la Côte-Nord dont les données démographiques sont:


  • Population: 96 861 (2004) 
  • Superficie: 236 700 km² 
  • Densité: 0,4 hab./km²
  • Taux de natalité: 10,8 ‰ (2006)
  • Taux de mortalité: 6,3 ‰ (2006)

  • Source: Institut de la statistique du Québec

    On voit tout de suite une énorme différence entre la densité de la population de la région des Cantons de l'Est et la région de la Côte-Nord. Mais cette différence est encore plus forte qu'il n'y parait. En effet la population de la Côte-Nord se trouve principalement concentrées dans deux villes:
    • Sept-Îles: 28 500 habitants en 2011
    • Baie Comeau: 28 800 habitants.
    Plus loin que Sept-Îles... 11000 habitants sur 800 km de long. Il y a 74 fois moins d'habitants par km² en Minganie où se trouve Havre-Saint-Pierre.



    Route 138, Magpie














    A partir de Baie-Comeau, il n'y a que la 138. C'est la seule voie d'accès. Si la route est fermée, impossible de se rendre à destination par un autre chemin. Lorsque nous sommes passés par là le 10 janvier, en direction de Havre-Saint-Pierre, un peu après Baie-Comeau, un policier faisait ranger tout le monde sur le bord de la route parce qu'elle était trop glacée. On nous a prévenu que quelques autos pourraient circuler passer un peu plus tard.

    Il y avait plusieurs camions en attente. Pour eux, c'est du sport. Entre Baie-Comeau et Sept-Îles, particulièrement près de Godbout, la route est très accidentée.

    Les pentes sont longues. Les camions doivent rouler très vite en descendant afin d'être en mesure de les monter par la suite. Si la manœuvre échoue, ils bloquent automatiquement la route. Impossible de faire escale ou faire demi-tour sans risque.

    Nous avons été les premiers à être autorisés à affronter la route totalement inhospitalière, enneigée et glacées sur des centaines de kilomètres. Des camions ont décidé de défier l'interdiction, après notre départ. C'est ce qu'on nous a raconté. Nous n'avons vu que 2 charrues. Plus tard, nous avons croisé deux ambulances et un auto de police.

    Conduire sur des routes glacées sur de si longues distances, c'est du sport. Une chose était évidente dans bien des sections: il ne fallait pas avoir à freiner sans mettre sa vie en jeu ou plonger dans le décor. Pour ma part, j'avais deux avantages: j'avais une Jeep équipée de pneus Michelin neufs et je tenais le volant. J'étais trop occuper à conduire pour avoir le temps d'avoir peur. Mais Laure était dans une toute autre situation. Elle avait le temps d'avoir peur.

    Nous avons appris un peu plus tard qu'il y avait eu un accident près de Godbout. Ils avaient défié l'interdiction aux véhicules lourds, s'étaient emboutis et avaient provoqué un carambolage avec blessés. Godbout est un endroit stratégique. Il y a un traversier qui relie la rive sud du St-Laurent à la Côte-Nord. Le trajet prend 2 1/2 heures. Il est d'une importance capitale pour alimenter la région et tout le Labrador. Le traversier était paralysé par les glaces depuis plusieurs jours. Des camionneurs avaient perdu près de 15 000$ pour ne pas avoir pu prendre livraison des cargaisons à Godbout. On comprend donc leur empressement à passer défiant même les interdictions sachant que le traversier avait des chances de traverser ce jour-là. En fait il a fallu attendre au lendemain avant qu'il puisse naviguer.

    Pour ajouter au problème, il faut comprendre qu'il n'y a qu'une route pour aller à Fermont et au Labrador: la route 389 qui prend sa source sur la 138 près de Baie-Comeau. Elle est dangereuse, sans asphalte et sans service sur une grande partie de son parcours.
    Il est difficile de comprendre que la Côte-Nord soit si peu peuplée. Le décor est fabuleux et le sous-sol contient des mines de très haute qualité. Le potentiel touristique est incroyable. Mais les moyens de communications sont pénibles. Il existe trois priorités pour remédier à la situations:

    Bella Desgagnés
    1. Poursuivre la construction de la route 138 jusqu'à Blanc-Sablon.
      La route 138 se rend jusqu'à Kégaska depuis l'automne dernier. Tous les petits villages sont reliés par bateau cargo. Mais avec le froid intense et la formation de glaces, ça ne passait plus en début de janvier. Le 11 janvier dernier, il y avait pénurie de nourriture. On manquait de pain et de lait. Voir pénurie de nourriture.
    2. Faire la réfection de la route 389 pour relier Baie-Comeau à Fermont et le Labrador.
    3. Construire un pont pour relier les deux rives de la rivière Saguenay à Tadoussac.
      On en parle depuis 10 ans. Le problème est toujours sur la table au Ministère des Transports.




































    Le perfectionnement de ce réseau est capital. La Côte-Nord possède un potentiel de peuplement presque miraculeux. Si on exclue Sept-Iles et Baie-Comeau, la population diminue. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'elle augment dans le reste du Québec. De 2000 à 2013, La Presse notait cette semaine que le nombre de naissances annuelles est passé de 70 000 à 90 000 personnes par années. On parle de l'urgence de construire de nouvelles écoles à Montréal. Non seulement les naissances augment, il en est de même de l'immigration. Le Canada et le Québec sont très convoités par les étrangers.

    Je n'ai jamais cru au vieillissement de la population à long terme au Canada. Je crois qu'il y aura un ralentissement temporaire avant que la courbe s'inverse. Je me demande parfois qui a avantage à créer toute cette panique autour du vieillissement de la population.

    Encore plus haut, encore plus loin

    Si vous trouvez que c'est loin où nous sommes, regardez où demeure présentement notre amie Monique qui nous avait reçu dans le mur de Fermont. Elle demeure présentement à Inukjuak, dans l'Ungava. L'endroit se trouve vis-à-vis l'inscription Baie d'Hudson, à gauche, en haut de la carte.

    Malgré tout, il y a là une population de près de 1800 habitants. Et la population a augmenté de 20% depuis 2001. Faut le faire!

    Et je loue l'esprit d'aventure de ceux qui vont donner un coup de main dans ces régions.

    Vue aérienne de Inukjuak



    vendredi 27 décembre 2013

    Bonne année 2014

    Voici à quoi ressemble notre demeure de Sherbrooke avant le grand départ pour Havre-Saint-Pierre.
    Elle s'est revêtue de ses plus beaux attraits avant notre départ. La nature ne cessera jamais de m'émerveiller. Toutes ces beautés, j'ai de la peine à croire que c'est seulement un coup du hasard.

    
    Notre salle à diner tout en lumière
    Devant de notre résidence

    photo prise de la salle à diner





    Je souhaite à tous une bonne et heureuse année remplie de douceurs et d'affection.
    Et je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui ont moins de chances que nous, ceux qui souffrent de la faim, de l'injustice, d'humiliations. S'il existe un dieu quelque part, peu importe le nom qu'on lui donne, je le prie d'apporter paix et sérénité à tous nos frères et sœurs de cette belle planète qu'on appelle terre. Et je souhaite qu'elle soit encore habitable dans 100 ans.

    mardi 17 décembre 2013

    Il y a toujours une dernière fois


    Lac Mégantic, 6 juillet 2013
    Il n'y a jamais de première fois sans dernière fois.
    Le problème, c'est qu'on ne sait pas toujours d'avance que c'est la dernière fois.

    Aujourd'hui, 19 décembre 2013: dernier jour de travail de Laure au soutien psycho-social de Lac-Mégantic, suite à l'accident ferroviaire qui a littéralement fait exploser tout le centre ville. Le train est revenu sur les lieux pour la première fois hier.Lac-Mégantic accueille avec des sentiments partagés le retour du train



    Joseph Arthur, dans le temps d'une paix, disait souvent: On ne sait jamais les choses d'avance, on le sait toujours juste après.

    Il y a eu des premières fois ...
    • Première journée d'école:
    • Première communion:
      Je l'ai fait tout seul, incognito. Le jour où elle devait avoir lieu officiellement, j'avais été surpris par ma mère à boire de l'eau. Holala! À l'époque, il fallait ne pas avoir pris de solide ni de liquide depuis minuit, la veille, pour avoir droit à la communion.
    • Première action d'éclat:
      En 1950, j'avais mis le feu derrière le bloc appartement où nous habitions à Granby.
    • Première confession: (1950)
      J'avais ainsi confessé mes fautes: " Mon Père, je m'accuse d'avoir volé une allumette".
      Je n'avais pas donné de détails. C'est le seul péché que j'ai avoué.  Le curé a dû sourire.
    • tante Jacqueline
    • Première hospitalisation:J'avais 5 ou 6 ans. Je devais être opéré pour les amygdales. L'infirmière en pédiatrie m'avait demandé pourquoi j'étais hospitalisé. Je lui avais répondu que je devais être opéré pour les garde-malades (au lieu de amygdales). J'ai toujours aimé les garde-malades. Dommage qu'elles ne portent plus le charmant costume qui ajoutait à leurs charmes.
    • Premier amour:La première fille qui a fait battre mon cœur ne l'a jamais su. Chez les religieuses en 4è année, il y avait deux places par banc. Pour des raisons mathématiques, j'étais le seul à occuper le même banc qu'une personne du sexe opposé.
    • Première peine d'amour:J'ai pensé mourir de peines et de chagrins.
    • Premier mariage:Ce fut le premier et le dernier. Laure et moi, nous sommes toujours ensembles depuis presque le premier jour où nous nous sommes rencontrés. L'un de nous deux a un bien beau caractère! :-)
    • Premier jour d'université: Que de belles émotions! Mais je vous épargne des détails. 
    • Premier emploi:
      Ce fut un emploi temporaire qu'on m'avait offert. Sans le savoir, mon dernier jour d'université se trouvait derrière moi puisque j'ai fait carrière dans la Fonction Publique du Québec. J'ai été choyé. À l'époque on pouvait gravir les échelons très vite et bénéficier de belles opportunités.
    • Première auto: (1966)
      C'était une auto usagée. Elle a fini sa vie tristement après nous avoir donné bien des émotions.
      Vauhal Viva

      Une roue arrière, côté conducteur, m'avait dépassé sur l'autoroute des Laurentides alors que j'avais plusieurs passagers. J'avais des Aspirin dans ma boîte à gants. Ils en ont tous réclamé une.
      La batterie était à plat le jour de notre mariage, Laure et moi. Nous avions dû l'abandonner aux États-Unis, en plein voyage de noces. Nous étions revenus sans elle. J'ai pu la  puisqu'aucune pièece n'était disponible aux États-Unis pour ce drôle de modèle. Nous l'avons récupérée environ un mois après mon retour au pays.
      La dernière fois que je l'ai conduit, je ne savais pas que c'était la dernière. J'étais allé reconduire des compagnes de travail chez elles. J'ai été embouti par un camion de livraison qui a réduit en ferrailles ma Vauxhal Viva. 
    • Première visite sur un autre continent: (1973)
      Premier voyage en France. Lorsque j'ai touché terre, j'étais aussi ému et dépaysé que si je m'étais retrouvé sur la planète mars. Et j'y étais pour un an, suite à l'acceptation de ma candidature pour un stage d'études.
    Il y a eu des dernières fois:

    La dernière fois que j'ai vu mon père, j'étais sûr de le revoir la semaine suivante. Je lui en avais fait la promesse solennelle. Pour être plus précis, je l'avais revu après l'avoir quitté le sachant atteint d'un cancer incurable. Je l'avais revu parce que, une fois parti, je m'étais rendu compte que j'avais oublié mon porte-monnaie.

    Lorsqu'il est venu m'ouvrir la porte, je lui ai dit:  Je t'avais promis de revenir bientôt, eh bien me voilà! Il avait ri de bon cœur en ajoutant:  Pour être de parole, mon fils, on peut dire que tu l'es et pas juste à peu près. Mon père à été hospitalisé le même soir, sans que je le sache. Et je ne l'ai jamais revu vivant. Mais on aurait dit qu'il nous a fait signe pour nous dire qu'il était rendu ailleurs. Arrivé chez ma mère, sa bible était ouverte dans la salle à dîner à la page du texte de l'Évangile qui avait été lu aux funérailles. Ma mère n'était pas présente. Le seul autre membre de la famille présent au funérailles avec moi avait noté le même événement mystérieux avec stupéfaction.

    La sagesse voudrait que l'on fasse tout comme si c'était la dernière fois. Mais d 'une certaine manière, c'est une chance qu'on ne sache pas toujours d'avance ce qui nous attend ou ce qu'on vie pour la dernière fois. Heureusement, la vie ne nous réserve pas seulement des mauvaises surprises.

    Hôpital Havre-Saint-Pierre
    Il y a un an, Laure et moi, quittions définitivement Havre-Saint-Pierre après y avoir passé cinq belles années. Avant de partir, je suis allé contempler la mer, à quelques pas de notre demeure.

    Mais voilà. Tout a changé: Laure vient d'accepter un autre contrat pour un an et ce, presque un an jour pour jour depuis notre départ et 6 ans, jour pour jour, depuis que nous y sommes arrivés la première fois.

    D'autres premières et d'autres dernières fois viendront:

    Il y en aura encore beaucoup, mais on ne sait jamais d'avance. On sait juste après. Les seules vraies réalités dont nous pouvons être entièrement sûrs, ce sont nos souvenirs. Et notre plus beau défis, c'est de mettre la table pour en préparer les plus beaux, laissant le moins de place possible aux regrets.

    Qui peut dire où vont les fleurs
    Du temps qui passe
    Qui peut dire où sont les fleurs
    Du temps passé
    Quand va la saison jolie
    Les jeunes filles les ont cueillies
    Qu'en saurons-nous un jour ?
    Quand saurons-nous ? Un jour?

    Pour chaque première fois, il y a une dernière fois...

    jeudi 12 décembre 2013

    Nathalie s'en moque?

    Dans mon dernier message, je vous avais fait une promesse: expérimenter la méditation.

    Depuis, mon blogue est resté dans un silence total.
     J'étais complètement disparu du décors. Vous vous êtes peut-être imaginé que je m'étais trouvé pris dans une bulle méditative de laquelle je ne pouvais plus m'extirper. Je tiens à vous rassurer: je suis toujours sur terre. Peut-être même un peu trop. Mes préoccupations terre-à-terre ne m'ont donné aucune chance de m'élever à un niveau supérieur.


    Marie-Josée Arel
    Mais, je suis venu jeter un coup d'œil sur mon blogue et ceux que j'aime visiter. J'ai fait une belle découverte.

    Vous vous souvenez du billet récent intitulé Dieu s'en moque. J'avais alors fait part du livre portant le même titre écrit par Marie-Josée Arel que j'avais eu le bonheur d'acheter au Salon du livre des mains même de l'auteure.

    En allant visiter le blogue de Marie-Josée Arel, mon intérêt a vite été piqué au vif. Elle mentionnait que Nathalie Petrowski avait créé toute une commotion sur elle après l'avoir invitée au restaurant pour une entrevue.

    Voici un extrait de ce que cette dame dit sur son blogue:

    Or lorsque je me suis retrouvée dans un café d’Outremont face à cette femme, j’ai saisi en 10 secondes que la partie n’était pas gagnée. En fait, j’ai même eu l’impression de me jeter dans la gueule du loup. Non pas qu’elle soit si redoutable mais lorsqu’elle admet dans son article m’avoir bousculée avec des questions impertinentes, je me suis dit dès le départ: « Qu’est-ce que je fais ici? »

    La suite est palpitante. Je ne vous en dis pas plus. Je vous invite plutôt à vous rendre directement sur le blogue de Marie-Josée en cliquant ICI et surtout, allez voir le lien qui donne accès à la chronique que Nathalie Petrowski a laissé sur La Presse.

    Voir la chronique de Nathalie Petrowski en cliquant ICI.

    mardi 19 novembre 2013

    Changer, c'est possible?


    Il semble que l’homme d’aujourd’hui reçoive plus d’informations en un mois qu’un homme pouvait en recevoir autrefois pendant toute une vie. On est littéralement bombardés de toutes parts. On peut savoir tout ce qui se passe un peu partout sur  la terre presqu’instantanément. On échange, on se documente, on fait des recherches pour son propre plaisir, on peut entrer en contact avec les plus grands penseurs.

    Ce qui est très encourageant, c’est que de plus en plus de jeunes s’intéressent à l’actualité. Alors que la plupart étaient désabusés il n’y a pas si longtemps, on note un intérêt mesurable grandissant. On peut reprocher aux médias d’être superficiels, ne plus avoir le temps de livrer des analyses en profondeur. Il faut que la nouvelle sorte vite, en primeur, avant que la concurrence ne le fasse. C’est vrai, mais le goût  de savoir est là. Et plus on en sait, plus on a le goût d’être bien informés. Et de plus, on veut de l’information vivante, ludique même.

    Anne-Marie Dussault
     Il faut reconnaître plusieurs belles réussites en la matière, comme Tout le monde en parle et La Presse+. 24 heures en 60 minultes. Il faut s’en réjouir.

     Les informations sont intéressantes, accessibles à tous, sans frais. Une tablette électronique est de plus en plus utile. La Presse+ , par exemple n’est pas accessible sur ordinateur.
    Selon l'Agence France Presse, plus d'une personne sur 5 dans le monde  utilise les réseaux sociaux au moins une fois par mois. Ça représente 1,6 milliards de personnes. Imaginez l'impact! Il faut penser que chaque personne communique avec plusieurs personnes.  Dans un récent blogue intitulé "Nous sommes tous reliés", je disais qu'il faut 4 connaissances pour rejoindre l'ensemble de la planète.
    Pour plus détails, cliquez ICI.


    On peut se demander si tant d’informations, ça peut changer notre vie. Moi, je pense que oui. Dans mon cas, ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, ça change ma façon de penser, de voir et d’agir. Et, ce qui me stimule le plus, c’est de savoir que je peux échanger sur les réflexions qui me viennent vite à l’esprit. Les blogues sont des moyens extraordinaires pour le faire et les commentaires que j’y lis m’aident à aller plus loin.

    J'avais écrit le 20 octobre 2011 un billet intitulé: On ne change pas vraiment. Voici un extrait:

    Je crois qu'on est très tôt ce que l'on est appelé à devenir. Et on ne change pas vraiment. On ne change pas sa nature. On s'adapte. On ne peut que mieux se connaître mettre en valeur nos meilleurs atouts et composer le mieux possible avec nos faiblesses. On en tous un peu beaucoup des deux. On a les défauts de nos qualités et les qualités de nos défauts. Les reconnaître, c'est beaucoup. S'en accommoder, c'est le défi de toute une vie.

    Il m'est arrivé souvent de vivre des difficultés que j'essayais de voir comme la conséquence de quelque chose ou quelqu'un. Avec les années, je me suis aperçu que ces problèmes me suivaient partout. Le contexte avait beau changer radicalement, je ne changeais pas. Et je crois que nous sommes tous ainsi. Non, on ne change pas sa nature. Et on peut encore moins changer les autres. Un narcissique sera toujours un narcissique. Vivre en société, c'est avant tout, je crois, savoir s'adapter et posséder l'art du compromis.

    Je suis revenu avec cette idée à quelques reprises. Et je savais qu’à chaque fois, un visiteur de mon blogue, Réjean, viendrait nuancer mon affirmation en parlant d’une dimension profonde intérieure. Honnêtement, je ne comprenais que superficiellement le sens de son propos sans y adhérer totalement. Mais ça mijotait dans mon esprit. Puis, un jour, à l’émission de Denis Lévesque, un illustre invité est venu servir de déclencher pour m’aider à comprendre. Son nom? Matthieu Ricard.
    Voici un lien pour son blogue : http://www.matthieuricard.org/

    Matthieu Ricard né le 15 février 1946 à Aix-les-Bains1 est un docteur en génétique cellulaire, un moine bouddhiste tibétain, un auteur et un photographe. Il est le fils du philosophe, essayiste, journaliste et académicien Jean-François Revel (né Jean-François Ricard) et de la peintre Yahne Le Toumelin. Il réside actuellement au monastère de Shéchèn au Népal.


    Ses propos m’ont profondément touché. Il explique très bien en quoi consiste la méditation et comment cette dernière peut nous transformer de l’intérieur. Ce qui me frappe particulièrement, c’est ceci : souvent quand quelque chose nous échappe, quand nous nous questionnons, les éléments de réponses nous arrivent comme sur un plateau d’argent. Il suffit d’être attentifs, ouverts et curieux. Il faut savoir cueillir le fruit qui tombe de l’arbre.

    Matthieu Ricard explique le rôle important de la méditation dans un contexte comme le nôtre où notre cerveau est littéralement bombardé d’informations qui nous envoient dans toutes les directions. Il y a de quoi perdre la boussole.

    Pour être en mesure de méditer, il ne s’agit pas de penser à rien, mais plutôt s’entrainer à penser à moins de choses à la fois. Dans un deuxième temps, il faut se laisser guider par quelque chose de neutre, comme notre respiration. Ensuite,  il faut choisir un thème qui nous permet de grandir intérieurement et nous sentir mieux.

    Paradoxalement, selon lui, on ne peut y parvenir qu’en pensant à ce qui peut enrichir notre entourage. Il fait la distinction entre l empathie et la compassion. Le premier peut conduire au burn-out et le 2è, nous apporter du mieux-être.
    Je discutais récemment avec une infirmière qui, comme la plupart de ses collègues, est continuellement confrontée aux souffrances et aux problèmes des patients dont elle s’occupe. Elle me disait que dans les nouvelles formations de personnel soignant, l’accent était mis sur la nécessité de garder une distance émotionnelle vis-à-vis des malades? pour éviter le fameux burnout qui affecte tant de professionnels de la santé. Cette femme très chaleureuse, dont la simple présence rassure, me confia ensuite : « C’est curieux, j’ai l’impression de gagner quelque chose lorsque je m’occupe de ceux qui souffrent, mais lorsque je parle de ce « gain » à mes collègues, je me sens un peu coupable de ressentir quelque chose de positif. » Ce qu’elle avait constaté c’est que, contrairement à la détresse empathique, l’amour et la compassion sont des états d’esprit positifs, qui renforcent la capacité intérieure à faire face à la souffrance d’autrui.

    Matthieu Ricard insiste aussi sur le fait que la méditation, ce n'est pas de la magie. Les effets ne se manifestent pas du jour au lendemain. Il faut de l'entrainement. On ne devient pas cuisinier après un cours de cuisine de quelques jours. Pour que la méditation nous change de l'intérieur, il faut compter sur un long processus qu'on finit par maîtriser de mieux en mieux.

    Je ne parle pas par expérience personnelle. Je n'ai jamais médité, du moins pas de la façon dont Mattieu Ricard en parle. Mais j'ai été fort intéressé par ses propos. Je suis toujours fasciné par les gens qui sortent de l'ordinaire. Heureusement, on en parle de plus en plus dans certaines émissions de télévision.

    Occupation double en Espagne
    Il y a beaucoup d'émissions qui n'ont pas la même valeur. À mon avis, il y a trop d'émissions où la compétition est l'ingrédient premier pour soulever l'intérêt.

    Il parait qu'il en faut pour tous les goûts.  Mais je crois que rien n'est inutile. Il y a des modes qui font peut-être partie d'un cheminement normal de la société. Elles sont comme un miroir.

    Dans une société fortement compétitive, les individus se méfient les uns des autres, s’inquiètent de leur sécurité et cherchent constamment à promouvoir leurs intérêts et leur rang social, sans trop se soucier des autres. À l’opposé, dans une société coopérative, les individus se font confiance et sont prêts à consacrer du temps et des ressources à autrui. Ainsi s’enclenche un cycle vertueux de solidarité et de réciprocité qui nourrit des rapports harmonieux.
    Mathieu Ricard.

    samedi 9 novembre 2013

    Le hasard n'existe pas?

    On dirait que tout est relié dans la vie. C'est fou les hasards et les coïncidences qui viennent continuellement changer notre destin. Il y en a tellement! Mais pour les voir, il faut être attentif, aux aguets. Il m'arrive souvent d'aller voir les pages de mon blogue qui sont visités dans la journée. Il y a trois choses qui me surprennent:

    - parmi les billets consultés plusieurs datent de plusieurs années
    - ces billets sont souvent en lien avec mes derniers billets plus récents
    - mes préoccupations demeurent sensiblement les mêmes comme si je ne changeais pas.

    Voici donc un extrait de deux billets écrit en juillet 2008 qu'on vient de consulter.
    Je les ai modifiés un peu pour faciliter la compréhension.

    Un beau jour, je me suis présenté au travail comme d'habitude, plein de projets et d'idées en tête. Puis tout a changé à la vitesse de l'éclair. Un coup du destin.



    Moins de trois mois plus tard, bingo! J'étais retraité. En me présentant au bureau, un matin, à Montréal, on m'a annoncé que le gouvernement venait tout juste de présenter un programme de pré-retraite fort avantageux auquel j'avais droit. Il offrait des conditions de retraite en or pour réduire la taille de la fonction publiquer et en arriver à l'équilibre budgétaire. Nous avons été 34 000 à prendre leur retraite le 1er juillet 1997. À l'automne,  en compagnie de Laure, je voguais dans un avion qui allait au Paradis: l'Alsace, plus précisément à Aubure. Imaginez!

    Ce village était au ciel, nichés à 850 mètres d'altitude en lisière de forêt, au coeur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, les gîtes Adelspach vous garantissent tranquilité, détente, et bien être. le plus haut village d'Alsace, et à un quart d'heure de Ribeauvillé et Riquewihr sur la célèbre " Route du Vin ".

    Notre départ avait eu lieu à l'aéroport de Mirabel, le 22 octobre 1997, à 21h15. Et dans l'avion qui nous menait à Paris, à côté de nous, il y avait un informaticien qui récitait son chapelet. Avez-vous déjà vu ça un informaticien qui dit son chapelet dans un avion filant vers Paris? Pas nous. Jamais. Il parait même qu'à Paris il y a des informaticiens qui ne croient pas en Dieu. Bonne Ste-Anne! Pour l'instant, laissons-le prier. Je le regarde du coin de l'oeil, avec l'idée de ne pas laisser filer le fond de l'histoire.

    Au tout début, je ne savais pas que c'était un informaticien. Il était bien concentré, les yeux fermés, le chapelet à la main. Je me disais: Ça doit être quelqu'un qui a peur de prendre l'avion. Quand il a ouvert les yeux, j'ai décidé de lui parler. Je l'ai interpelé en parlant très doucement pour ne pas lui faire peur. Je lui ai demandé s'il avait déjà pris l'avion. Il a souri. Ça m'a rassuré.


    C'est là que j'ai appris qu'il était informaticien. Il avait 27 ans. Il travaillait comme un fou. Puis un jour, il a eu un choc. Le choc du futur! Le hasard a fait qu'il s'est mis à se poser des questions existentielles. Il nous a raconté, à Laure et moi, que la religion, la philosophie, le sens de la vie, ça ne lui avait jamais effleuré l'esprit jusqu'à ce que un événement particulier vienne le sortir de son univers. De reflexions en réflexions, il en était venu à quitter un emploi payant et prometteur. Il s'en allait au monastère de Lisieux pour donner un an de sa vie, poursuivre un cheminement spirituel. Un peu fou, dans un sens, le monsieur.


    Ce genre de virages ne pouvait me laisser indifférent. Mais nos chemins se sont séparés là. Il a eu un destin bien à lui, moi le mien. Ainsi va la vie. On fait une parfois un bout de chemin avec quelqu'un, on le fait avec intensité, puis on se sépare et redevient des inconnus avec chacun notre histoire parsemées de hasards et de coïncidences. Parfois, on a peine à croire que ça en est vraiment tellement les liens sont forts.

    Dans un sens nous avions quelque chose en commun, l'informaticien et moi: nous étions tous les deux retraités. Nous avions pris notre retraite par surprise. Lui s'en allait faire une longue retraite fermée, à Lisieux.

    En relisant ce texte, j'ai découvert un autre lien fascinant que je n'avait pas remarqué avant. Je ne l'avais même pas remarqué après l'avoir publié. J'ai été tellement frappé par la coïncidence que j'ai décidé de la mettre en évidence en ajoutant ce dernier paragraphe.

    J'attire votre attention sur le début de mon texte. J'avais écrit:
    Ma carrière s'est terminée de façon aussi spectaculaire qu'inattendue. (...) J'avais un travail passionnant, stimulant et ma foi assez bien rémunéré. (...) Puis tout a changé à la vitesse de l'éclair. Un coup du destin.

    Centre-ville Ribeauvillé, Alsace

    Pendant tout le voyage en Alsace, j'ai tenu un journal de bord. Je l'avais d'ailleurs commencé dans l'avion, notant les moindres réactions de l'informaticien en prières.Après mon retour, j'ai découvert La Place Publique, le forum de discussion de Sympatico. Un jour, par hasard, je me suis mis à raconter mon voyage avec l'idée de livrer l'essentiel. Je pensais le faire en deux ou trois messages. Finalement, l'expérience a duré quelques mois. Un trip!

    Tous les soirs, je racontais un épisode. Des participants du forum se mêlaient à la discussion. Je me laissais prendre au jeu jusqu'à très tard dans la nuit. Vers une heure du matin, apparaissait toujours un chef cuisinier qui animait un forum de cuisine sur Sympatico. J'étais flatté de sa présence. J'adorais son sens de l'humour, ses allusions à sa vie amoureuse. Un Grand Chef amoureux, de l'émotion à pleins chaudrons.

    J'ai appris qu'il enseignait à Ottawa, qu'il avait son émission de télévision et qu'il avait gagné plusieurs médailles d'or dont une à Vancouver. Mais, il a avoué qu'il ne récitait jamais son chapelet. Il laisse ça aux informaticiens!


    Un soir, alors que nous échangions en direct sur le forum, j'ai prononcé le mot St-Hyacinthe. Le mot fut magique. Le chef m'a dit qu'il était originaire de St-Hyacinthe. Cette révélations fut à l'origine de la découverte d'une série de coïncidences tout à fait inattendues.

    J'ai ajouté un détail:



    • J'ai travaillé à l'hôpital de St-Hyacinthe.
    • Ma grand-mère aussi a travaillé à l'hôpital, répond le Grand Chef
    • Ah oui? Moi, j'ai travaillé à l'information, comme garçon d'ascenseur et aux cuisines.
    • Ma grand-mère aussi a travaillé aux cuisines, précise le Chef.
    • Aux cuisines? Je l'ai probablement connue. Moi, c'est avec madame Tessier que je travaillais
    • Madame Tessier? C'est ma grand-mère!
    • Une femme extraordinaire! Elle m'a montré pleins de trucs qui me servent encore.


      Le Grand Chef, ou sa copine, n'aurait pas été plus surpris si je leur avait dit que madame Tessier était ma mère ou que moi, j'étais son père. Mes les coïncidences n'allaient pas jusque là. Et il ne faut pas essayer tout savoir.

      L'image que j'ai de madame Tessier, c'est celle d'une femme très douée, énergique, chaleureuse qui avait dans la quarantaine. Le Chef n'avait pas connu sa grand-mère si jeune. L'image qu'il avait en tête, lui, c'était celle d'une vieille dame plutôt tranquille. J'ai pu lui expliquer qui était sa grand-mère, si douée en cuisine. Le Chef avait sûrement hérité de son talent.

    Toute cette histoire m'a donné comme un frisson d'émotions. Imaginez, presque tous les jours, vers une heure du matin, depuis des mois, j'ai une conversation virtuelle avec un chef réel d'Ottawa et sa grand-mère m'a enseigné la cuisine pendant longtemps.

    Si je n'avais pas pris ma retraite, je n'aurais pas été en Alsace, je n'aurais pas eu de voyage à raconter, je n'aurais jamais connu le petit fils de madame Tessier devenu un Grand Chef médaillé d'or. Et je ne serais pas en train d'écrire ce billet.

    Un autre détail cocasse mérite d'être noté. Nous nous sommes rendus en Alsace suite à un drôle de hasard. Une française originaire de cette région nous avait invitée gratuitement à occuper son logement à Aubure pour nous remercier de lui avoir rendu service. Alors qu'elle effectuait un stage à Sherbrooke, nous avions appris qu'elle occupait un appartement très peu meublé. Et nous lui avons prêté des meubles. Si nous ne l'avions pas fait, je n'aurais jamais connu le petit fils de madame Tessier, chef cuisiner et ce dernier n'aurait jamais eu de détails aussi intéressants sur sa grand-mère.