On ne prépare pas tous ses vacances de la même manière. On n'a pas tous la même façon d'y mettre du piquant. Il y en a qui planifient tout longtemps à l'avance, réfléchissent beaucoup à ce qui leur tente, font des réservations, prévoient le trajet après avoir tout chronométré. Les moyens modernes ne manquent pas: Google maps, gps, etc.J'ai rarement fonctionné comme ça. J'ai toujours préféré les vacances improvisées. Laure aussi. On part sans savoir où l'on va. Il y a 40 ans, par une belle journée d'été, nous avons rendu visite à des amis qui nous ont proposé à brûle-pourpoint un voyage dans la forêt de St-Adolphe de Dudswell où un vieil autobus scolaire leur servait d'abris pour dormir. Nous avons accepté.
D'une chose à l'autre, sans l'avoir prévu, nous nous sommes retrouvés sur une plage des États-Unis, plus précisément à York Beach. Il n'y avait pas de problèmes pour nous: nous étions en vacances. Nos amis n'étaient cependant pas dans la même situation. Ils ont donc dû trouver une raison pour expliquer qu'ils ne pouvaient entrer au travail. Quand on est jeune, un peu de délinquence ajoute toujours un peu de piquant!
Ça voulait dire on a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l'air du temps

Maison du 1120 Conseil, Sherbrooke
Le terrain, bien aménagé, était très grand: 150 pieds par 220 pieds. J'ai tout de suite le coup de foudre. J'imaginais déjà un jardin, l'espace pour avoir plusieurs enfants, les lilas en fleurs.
Terrain de la maison de la rue Conseil

Mais, comme j'étais encore pauvre comme Job, je n'avais pas à me faire d'illusions.Je décide tout de même d'aller visiter la maison après avoir dit à Laure que le jour où nous voudrions nous en acheter une, nous serions mieux préparés à le faire. Il fallait se donner tout le temps pour s'y connaître un peu en la matière. Mais, nous sommes souvent plus vite sur la gachette. Nous sommes les maîtres de tout ce qui peut s'apparenter au mot improvisé. Nous avons acheté la maison la journée même.
Nous avions improvisé une visite chez des amis qui nous avaient amené en campagne dormir dans un autobus, de là nous avions fait un détour improvisé sur les plages de l'Est américain avant de nous acheter une maison à l'improviste le lendemain de notre retour de la mer.
Après, je me suis demandé si nous étions capables de payer. J'ai rencontré un gérant de banque qui, scandalisé, m'a sermoné. Il parait qu'on n'achète pas une maison comme on achète un cornet de crème glacée.
Henri-Paul Rousseau
Paniqué, je voulais en avoir le coeur net. J'ai donc consulté madame Yvette Rousseau, conseillère financière chez chez Desjardins. Elle m'a tout de suite rassuré pour ne pas dire félicité. Quand on ne prend jamais de risque, on a peu de chance de faire des bons coups.
Comme par hasard, il fallait que le destin se charge d'ajouter un peu de décorum. Madame Rousseau a eu un fils: Henri Paul, celui-là même qui est devenu président de la Caisse de Dépot et Placement. Et madame Rousseau est devenue sénatrice. Moi, j'attends encore ma chance.La maison que nous avons achetée était une maison de vétérans. Ces maisons étaient vendues pour presque rien à des vétérans de la dernière guerre mondiale. Le propriétaire, monsieur Émile Dubois était un homme fascinant. Pilote d'avion, il avait participé dans les airs à toute la guerre de libération contre Hitler.
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Il avait même été enquêteur au procès de Nuremberg et avait rencontré plusieurs criminels de guerre dont Hermann Goëring, le plus important nazi après Hitler. Je me souviens qu'il m'avait parlé de sa rencontre avec lui, son suicide.Par la suite, monsieur Dubois avait été le premier attaché commercial de France, poste qui allait plus tard devenir celui de Délégué du Québec. Monsieur Dubois ne l'a pas occupé cependant. Il voulait rentrer au pays et s'est logé dans la maison qui allait devenir la nôtre.
C'est fou le nombre de petits détails qui changent une vie. Avec le recul du temps, je regrette de ne pas avoir pris plus de temps à connaître davantage la vie de monsieur Dubois. Nous sommes restés amis longtemps, jusqu'à ce que la maladie d'Alzheimer viennent embrouiller ses esprits.
Il faut faire confiance au hasard, à l'imprévu. Il faut savoir foncer aussi longtemps qu'on peut car un jour, la vie se charge de sonner la cloche de la récréation. Il vient vite le temps où tout n'est plus permis. Il faut toujours regarder devant soi, sauf qu'un jour tout est derrière soi. Il ne reste plus que ce que l'on a déjà bâti. Vaut mieux ne pas avoir à vivre uniquement de regrêts, d'occasions et de rendez-vous manqués.
La morale de cette histoire: profitez de vos vacances. Et si vous ne savez pas où aller, La Minganie où je suis est une belle destinée. L'Estrie est aussi de plus en plus une destination de rêves. Il y a plusieurs nouvelles attractions qui en valent le coup. Si vous êtes en France, en Suisse ou tout près, je vous recommande le festival Musique en Stock de Cluses.
Promenade Lac des Nations, Sherbrooke
Photo: Lucie Blais

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Du 7 au 11 juillet 2010: Festival du conte et de la légende de l'Innucadie, à Nastashquan
Pour nos amis français
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Je viens à l'instant de recevoir ce email de mon fils Jipé:Je pars pour la France dans quelques heures.... je vais faire mon spectacle dans un gros festival qui s'appelle Musique en Stock (à Cluses). On rentre le 12 juillet. Bonne fête encore!









































