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mardi 21 mai 2013

L'effet papillon

Il y a deux façons de vivre sa vie:
l'une, c'est de faire comme si rien n'était un miracle.
L'autre, comme si tout l'était.
(Albert Einstein)

Je serais porté à paraphraser cette citation au goût du présent blogue:
Il y a  deux façons de voir un événement:
l'une est d'y voir un simple fait du hasard, une coïncidence,
l'autre, comme si ce qui se produit est le résultat d'une volonté délibérée ou de gestes insouciants. 

Certains prétendent même que le hasard n'existe pas. Je viens de faire mon jardin et je suis fasciné par ce que la nature  prépare avec les tout petits gestes que je viens de poser. Mon pommier est en fleurs. Et je sais que ce n'est pas un effet du hasard.


Ce sacripant de pommier a bien des pommes cachées dans son sac. Et pleins de petits détails me fascinent. Par exemple, comment se fait-il que les petits moustiques qui piquent sont portés tout naturellement à faire ce qu'il faut pour que le pommier puisse donner des pommes.

Ce qui me frappe encore plus, c'est l'effet d'un événement, à première vue dû au hasard a des chances de changer totalement la suite des choses. Tenez par exemple, cette visite d'un ancien prof chez ma mère, un après-midi d'été 1966. À peu près rien de ce qui fait partie de ma vie ne serait pareil s'il n'avait pas eu l'idée de s'arrêter chez nous jour-là. C'est d'ailleurs la seule fois qu'il l'a fait, je crois.

Voyant ma situation, il m'a suggéré un travail temporaire en service social, question de refaire mes forces et mes finances. J'ai accepté le travail à Granby. J'y ai rencontré Laure qui demeurait normalement à environ 175 km de chez-moi et qui se trouvait aussi à Granby temporairement, par hasard.

Si ce prof. ne s'était pas présenté chez-moi ce jour-là en 1966, je n'aurais jamais travaillé à Granby. J'aurais continué mes études universitaires. Je n'aurais pas rencontré Laure. Elle ne serait jamais devenue travailleuse sociale. Je n'aurais jamais connu un seul membre de sa nombreuse famille. Cette dernière est au centre de la photo; elle avait alors 38 ans, le même âge que notre fille a par hasard présentement. Par hasard, ce sera son anniversaire demain le 22 mai.

Cliquez pour mieux voir

Si ce même prof. ne s'était pas présenté chez-moi ce jour-là en 1966, notre fille n'existerait pas, sa clinique d'orthophonistes non plus. Notre fils Jipé Dalpé n'aurait jamais donné un seul spectacle. Gaële vivrait probablement encore en France. Mon pommier n'existerait pas non plus.

En résumé à peu près tout ce qui fait partie de ma vie n'existerait pas.

C'est ce qu'on appelle l'Effet papillon.
D'où vient cette expression? En 1972, le météorologue Edward Lorenz fait une conférence à l'American Association for the Advancement of Science intitulée: Prédictibilité : le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? Le titre de sa conférence a eu le mérite d'attirer beaucoup de curieux. Plusieurs de nos jours croient qu'il a voulu dire qu'un tel phénomène pouvait se produire alors que d'autres sont plutôt d'avis qu'il a voulu démontrer qu'il était totalement impossible de prédire la météo avec exactitude.

Et justement jeudi dernier, j'avais remarqué qu'on avait toujours le contraire de ce qu'on avait prédit à la météo. Jeudi dernier, on avait prévu de la pluie. Je me suis rendu chez Home Dépôt et j'ai loué un rotoculteur. Il a fait soleil pendant 3 jours. Le hasard fait bien les choses. Si je m'étais fié sur un raisonnement logique, et bien, mon jardin ne serait pas encore fait et on prévoit une semaine de pluie, en partie causée par l'ouragan qui vient de dévasté. Maudits papillons!

 
 
Personnellement, j'accuserais plutôt le pétrole et tout ce qui contribue à désorganiser la nature.
Ce qui me surprend le plus, c'est qu'on évite d'en parler. On parle davantage de l'importance de creuser des puits de pétrole, comme sur l'Ile d'Anticosti, par exemple.
 
Si on fie aux experts et ce qu'on a vu ces dernières années, les tornades seront de plus en plus fréquentes, commenceront plus tôt et frapperont de plus en plus fort. Mais, consolons-nous, il y aura encore plus de pétrole. Tout le monde en trouve un peu partout ou presque, par fracturation de la couche rocheuse protectrice qui emprisonne le pétrole.  
 
 Si la survie de l'homme sur la planète est de plus en plus menacée, ça ne sera sûrement pas à cause des papillons ni du hasard. 
 
Si vous voulez suivre la trace de mon plus jeune fils, cliquez sur Jipé