samedi 14 avril 2012

La tête en bois

 
C’est dans un souci d’intégrité que Jipé Dalpé a choisi d’intituler son deuxième album La tête en bois. 
« Comme j'ai la tête dure, pour moi, ça veut dire être fidèle à son instinct, fidèle à ce qu'on veut accomplir dans la vie. C'est un petit peu ma façon d'envisager ce métier-là aussi. Je le vois un peu comme un sculpteur qui va prendre son temps, qui va travailler le bois, qui est un matériau rough, mais qui a sa part de fragilité aussi. J'aime beaucoup les travaux de longue haleine qui sont faits pour durer dans le temps. » 
Le texte de la chanson qui a inspiré ce titre décrit d’ailleurs parfaitement la démarche ou la quête artistique de Jipé Dalpé, qui propose de toujours rester fidèle à ses racines et de se battre pour ce que l'on veut accomplir dans la vie. 
« Il y a des chansons sur le deuil, sur l'urgence de vivre, mais c'est vrai que je parle beaucoup d'amour. Dans les collaborations aussi, il y en a qui m'ont fait des tounes d'amour, mais ce n'était pas dans le but de faire un disque d'amour. Il y a des affaires qui me sont arrivées à ce niveau-là et j'avais simplement besoin de les coucher sur papier. » Source Le Journal de Montréal Ce dernier lien donne accès à un extrait vidéo du spectacle.
Ce texte paru dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui, avait de quoi me rendre fier.  Comme par hasard, il rejoint ce que je venais d'écrire sur l'attachement à nos racine et l'importance de ne pas avoir peur de s'exprimer tel qu'on est. La langue de bois, si à la mode actuellement, me déplait et me rebute.

Pour en savoir plus,il me fait plaisir de vous inviter à ses prochains spectacles.


Le premier lancement se fera à Sherbrooke le 16 avril 2012 à 18h au St-Malo, 255 Jacques-Cartier Sud.
L'album sera mis en vente le lendemain 17 avril.
Le lancement à Montréal au Le Belmont, le 24 avril 2012 à 18h, 4483 Blv Saint-Laurent.
Pour plus de détails, vous pouvez visitez le site officiel de jipé

Si vous êtes en Europe, tout n'est pas perdu. Jipé rêve de la France. Évidemment, il y a parfois un écart entre le rêve et la réalité. Mais la vie n'est-elle pas faite de rêves? lIs nous permettent d'avancer.





Lors des dernières années, Jipé Dalpé fut aussi demandé pour ses talents d’auteur-compositeur.

 Après une faste récolte de prix dans les festivals de chanson et un premier opus (Les préliminaires, en 2008), il a brillamment réchauffé les planches pour des artistes d’ici qui lui ressemblent, comme Daniel Bélanger et Vincent Vallières (qui lui a fait cadeau d’une chanson, Faut qu’on fitte), mais on s’étonne qu’il ait fait la première partie de Miossec, mauvais garçon de la chanson française.


 "J’ai des amis français qui m’avaient parlé d’un festival, Musique en stock. J’y ai envoyé mon dossier, mon disque. Ils ont tripé, et je me suis retrouvé sur la grosse scène, à jouer avant Miossec. Bizarre, hein?" Source: Voir (L'entêtement)

Plusieurs collaborations viennent aussi teinter cet album folk rempli d'humanité et d'authenticité. À commencer par celle qu'il a entamée avec Éloi Painchaud, le réalisateur de ses deux albums. «Il a grandi avec moi là-dedans. On a fait ce disque-là à la lumière du premier en retenant les choses qu'on aimait le plus.»

À cette complicité, Pierre Fortin est venu ajouter sa touche. «On a enregistré les pièces live dans une même pièce avec l'énergie. On voulait que ce soit humain, que ce ne soit pas des machines. Il n'y a rien de cérébral, tout vient ici du coeur», explique-t-il en nommant au passage les Gaële, Vincent Vallières, Antoine Gratton et Martin Léon qu'il a aussi accueillis dans son univers.

Chaque fois complice de ses pas musicaux, sa fidèle trompette le suit encore et toujours. Véritable support lyrique, il s'exprime à travers elle comme il le fait avec les mots. «Elle est une extension de ce que je suis. J'ai une grande gueule, il y a beaucoup de choses que j'aimerais raconter, alors la trompette c'est l'extension de ma voix», conclut celui qui souhaite maintenant reprendre la route pour que son album fasse partie de la vie des gens. «Quel chemin, je ne sais pas, mais je veux qu'il accompagne les gens.»
Source: La Nouvelle de Sherbrooke.


Après bien des péripéties, Laure a finalement pu arriver de l'Ile d'Anticosti vers 13h sous un ciel radieux. Hier l'avion avait survolé l'Aéroport de Havre-Saint-Pierre pendant un bon moment. Il n'avait que deux passagers à bord. L'ambiance était donc intime. À un certain moment donné, le pilote a dit qu'il préférait retourner sur l'ile d'Anticosti parce qu'il y avait trop de brume. Laure avait d'abord pensé que c'était une blague. Mais elle vite réalisé que c'était le cas. Elle est retourné sur l'Ile, a mangé du cerf. Il y en a 200 000 sur l'ile.

Si vous pouvez vous rendre facilement au lancement de Jipé à Montréal, le 24 avril, comptez-vous chanceux. Quant à nous, Laure et moi, il nous faudra faire preuve d'une grande témérité. Nous devrons parcourir 1200km dont une bonne partie en pleine tempête sur la route 138.


Cette route est l'une des plus anciennes au Canada. Elle prend sa source à la frontière de l'État de New-York et se termine 1300km plus loin à Natshquan. Plus à l'Est, il n'y a plus de route. Sur une distance de 800 km, c'est la seule route que l'on peut emprunter. Vous pouvez parcourir plus de 100km sans pouvoir vous arrêter ou rebrousser chemin et à certains endroits, la route plonge droit dans la mer.






C'est beau, mais parfois inquiétant. Et c'est ce que nous devrons affronter pour voir Jipé. Alors, si vous pouvez y aller sans problèmes, appréciez votre chance.

À suivre...








lundi 9 avril 2012

L'épine

Sitôt nommé, le nouvel archevêque de Montréal a subi tout un baptême du feu à l’émission Tout le monde en parle. Dès les premières secondes de présentation, on a fait remarquer à Son Éminence qu’il avait un nom prédestiné. Nommé peu de temps avant Pâques, son nom Christian Lépine permet de faire un rapprochement entre le Christ et sa couronne d’épines.

 Ceci a donné le ton au reste de l'entrevue et créé un certain malaise. Et dans un certain sens, on peut dire qu'on a pratiqué une certaine forme d'intimidation qui frôlait l'humiliation jusqu'à ce que le malaise soit perceptible.On a cherché à le mettre en boîte, à lui reprocher « tous les péchés » du monde.

L'archevêque s'est vite trouvé en terrain miné, par exemple sur la pédophilie et la non reconnaissance par l’Église de l’homosexualité. En démocratie, les questions méritaient d'être posées. Il faut reconnaître que l'Église a encore de l'influence dans certains milieux Mais il ne fautdrait pas l'exagérer.

Voir vidéo de l'entrevue.

 Je ne suis pas d'accord avec plusieurs positions de l'église catholique, notamment sur l'avortement, le mariage des prêtres et le rôle de la femme.

Je rejoins donc les points de vue des animateurs. Mais lors de l'émission à laquelle je fais référence, le ton et le manque de respect n’étaient pas appropriés. Je crois que le personnage est sincère et a droit à ses opinions. L'idée d'inviter Richard Martineau à la même tribune n'était pas la trouvaille du siècle. La présence de ce dernier sur le plateau était de nature à porter le niveau là où il ne fallait pas. La suite était prévisible.

C'est avec diplomatie que le prélat s'est retiré dès l'entrevue terminée,  mentionnant que c'était la semaine sainte et qu'il avait des offices à préparer.

L’héritage que nous a donné le monde religieux n’a pas bonne presse. Les commentaires sont durs, parfois injustes. On ne compte pas le nombre d'hommes et de femmes de grande valeur qui ont voulu donner leur vie au service de leurs semblables avec sincérité.

 Dans un blogue on pouvait lire : Qu’est-ce qu'on foute encore avec les soutanes? Il y a eu des abus, c’est vrai. Il y a eu des maladresses, c’est vrai. Qui n'en commet pas? On en parle sans tenir compte de la société de l’époque,de la mentalité, des mœurs d’alors. L’histoire qu'on apprend à l'école ne donne pas un portrait réel et complet de l’héritage culturel religieux du Québec.

Séminaire de St-Hyacinthe, 1962


Quand j'étais  au collège, les profs étaient presque tous des reliegieux. Plusieurs se dévouaient entièrement à leur tâche avec rigueur et désinstéressement. Ils étaient passionnés par leurs matières. Ils transmettaient aussi des valeurs, le sens de la discipline, le sens critique, le sens de l'inovation. Plusieurs américains envoyaient leurs enfants dans nos collèges parce qu'ils y croyaient. À gauche, un de mes anciens profs: Jules Beaulac. Tout le monde l'appréciait. Il est décédé le 13 juin 2010. Je venais tout juste de lui envoyer un couriel pour l'inviter à me visiter.

 Cette époque avait quelque chose de particulier.  Les enseignants avaient beaucoup de marge de manoeuvre pour leurs plans de cours et les tests d'évaluation. Les questions ne venaient pas du Ministère de l'Éducation. Cette forme d'autonomie fait présentement ses preuves en Filande. On obtient des résultats spectculaires en choisissant bien les candidats à l 'enseignement, en les supprotant et leur donnant ensuite toute l'autonmie nécessaire pour assurer le succès. Des règles strictes et efficaces permettent de combattre efficacement l'intimidation à l'école.

Jean-Françcois Lépine
Le reportage de Une heure sur terre vaut vraiment la peine d'être vu. Petit fait amusant: nous avons vécu 2 mois à Paris dans une maison de chambre, chez madame Côme, avec Jean-François Lépine. Comme il était célibataire nous l'invitions souvent à partager les respas avec nous. Il était pigiste pour Radio-Canada. Et comme par hasard, après l'avoir cité, j'ai remarqué qu'il avait Lépine comme nom de famille. Le même que celui du nouvel archevêque de Montréal. Ce qui est surprenant, c'est que ce que l'on décrit dans ce reportage ressemble étrangement, sous plusieurs aspects, à ce qui se faisait au Québec il y a 50 ans. Quand on fait de gros changements au nom de la modernité, on jette souvent le bébé avec l'eau du bain.

Ceci étant dit, je ne voudrais pas manquer l'occasion de parler du plaisir que j'éprouve en voyant le combat que mènent présentement les étudiants. Avec le temps, j'ai  mieux compris la justesse de leur cause. Ils auront ainsi réussi à redonner le goût de la mobilisation nécessaire à l'expression démocratique, de façon calme, coordonnée et réfléchie. C'est prometteur pour l'avenir.

Grève étudiante avril 2011, Montréal
Source: La Presse

Pour signer une pétition en faveur des étudiants, cliquer sur le lien qui précède.

jeudi 29 mars 2012

La fesse cachée de la Romaine


Coke, jeu, prostitution, corruption, intimiditation... Y rien de trop beau pour la classe ouvrière.
Avec tout projet d'envergure, il y a des coûts sociaux qu'on a souvent du mal à évaluer et contrôler. On ose à peine effleurer le sujet. Loin de moi l'idée qu'ici, c'est pire qu'ailleurs. Partout où roule de l'or, il y a des loups qui rôdent. C'est inévitable. Je m'empresse d'ajouter que les gens d'ici que je connais sont sympathiques et admirables.

J'ai entendu parler avec ironie du projet de barrages électriques sur la Rivière La Romaine: la Rome and coke. Le projet La Romaine, ce n'est qu'une toute petite partie d'un projet gigantesque: Le Plan Nord. Voir le documentaire intéressant sur l'arnachement de la rivière La Romaine. Cherchez le courant.

Havre-Saint-Pierre, une toute petite ville en subit les contrecoups. Il faut se rappeler qu'il faut faire un voyage de 5 heures aller-retour à Sept-Iles pour aller au cinéma ou tout simplement faire nettoyer son linge dans une buanderie. Mais on trouve facilement le moyen des s'offrir des services privés plus sophistiqués dignes des plus grandes villes.

Il n'y avait en apparence pas de prostitution à Havre-Saint-Pierre lorsque nous y sommes arrivés en début de 2009. La situation a changé depuis un an. Et nous n'y sommes pour rien. Je vous le jure!

Il ne s'agit pas de qu'en-dira-t-on. Il ne s'agit pas de commérage des voisins. C'est le député du coin (Jonathan Genest-Jourdin), député autochtone du NPD, qui le dit:
Voir: La prostitution à Havre-Saint-Pierre.
Il est conscient que sa sortie risque de faire des vagues dans son coin de pays. Après tout, la municipalité de Havre-Saint-Pierre, située près du mégachantier, compte seulement 3 279 habitants, selon le ministère des Affaires municipales. Tout le monde se connaît. Néanmoins, il souhaite à tout prix attirer l’attention du public sur les conséquences du boom minier et du chantier hydroélectrique.

La prostitution a ses ardents défenseurs. Il paraitrait qu'un certain DSK en est un. Mais il ne faut pas croire tout ce que l'on entend. Il faut des preuves et laisser aux tribunaux le soin de faire leur travail. Mais, se fier sur le jugement des juges est parfois un peu hasardeux.  Un jugement récent a fait partler de lui jusqu'en France, notament sur France 24 en ces termes:

Trois femmes de Toronto, capitale de la province d'Ontario, avaient défié devant les tribunaux en octobre 2009 des lois contre la prostitution. La Cour supérieure de l'Ontario avait invalidé un an plus tard des lois interdisant notamment la tenue de maisons closes et le racolage de clients.
Voir Contexte légal de la prostitution au Canada.

Il paraît, selon certaines mauvaises langues que certains profiteurs de la mafia n'offrent pas toujours les meilleures conditions de travail aux prostituées qu'il vaut mieux appeler les travailleuses du sexe. Le gouvernement serait mieux placé pour le faire.

Déjà, certains médias ont commencé à préparer le terrain. Dans certaines émissions, on a pu voir de jolies dames fort distinguées nous donner leur point de vue, donner l'image d'honnêtes mères de famille consciencieuses comme n'importe quelle travailleuse bien pensante. Elles nous ont aussi parlé de certaines travailleuses exploitées par des organisations mafieuses. On nous parle aussi de certains problèmes de santé publique que le contexte illégal ne permet pas de bien encadrer.

Revenons aux jugements des juges de l'Ontario dont a parlé plus tôt. Je vous recommande chaudement cet article du journal Le Devoir que vous pouvez lire en cliquant sur
La postitution, un jugement qui oublie les victimes.

Voici un extrait assez élgoquent du reportage:

Selon différentes études canadiennes et québécoises, de 33 à 80 % des femmes dans la prostitution ont été victimes de sévices ou de violence sexuelle avant leur entrée dans le système prostitutionnel, et l'âge moyen auquel elles y sont entrées est de 14 ans. Cela signifie qu'une très grande part des personnes prostituées ne seront pas touchées — ni protégées — par une loi qui décriminaliserait la prostitution. C'est aussi la preuve que plusieurs d'entre elles n'ont pas eu l'occasion de faire un «choix éclairé».

92% pour cent des personnes prostituées au Canada affirment qu'elles sortiraient du système prostitutionnel si elles en avaient la possibilité.
Pourquoi alors ne pas criminaliser ceux qui profitent de cet état de faits, clients-prostitueurs et proxénètes, décriminaliser les personnes prostituées et mettre en place des programmes de réinsertion plutôt que des bordels? Le jugement de la Cour d'appel de l'Ontario va à la fois à l'encontre de la logique, de la compassion et des besoins réels des personnes dans la prostitution.

Comme le souligne le professeur de sociologie Richard Poulin: «À Amsterdam, où il y a 250 bordels, 80 % des personnes prostituées sont d'origine étrangère et 70 % d'entre elles sont dépourvues de papiers, ayant été victimes de la traite.» Difficile, dans ces conditions de sortir de l'ombre... Encore une fois, la loi ne semble pas faite pour protéger les victimes du système prostitutionnel.

 En 2008, le journal La Presse a produit un très beau dossier sur la prostitution à Montréal. Le lien qui précède comporte plusieurs reportages fort intéressants.

Tout se passe rapidement. Dix minutes, parfois quinze. Après la fellation, Pierre sent un immense vide. Il est toujours déçu, jamais comblé. Sa sexualité est sans fond. Il se sent coupable, honteux d'avoir cédé à ses démons. L'éternité, dit Pierre, c'est entre le moment où tu as joui et celui où tu débarques la fille de ton auto. Quand elle part, je la regarde et je me dis : «Je ne veux plus, c'est trop moche. La Presse

On pourrait aussi penser au reportage de J.E. qui a démasqué plusieurs prédateurs sexuels qui attiraient des filles mineures par internet. Les enquêteurs de JE leur ont joué un mauvais tour dont plusieurs vont se souvenir longemps. Voir le 1er reportage en cliquant sur prédateurs sexuels. Je pense à ce pompier volontaire, bon père de famille, qui a été démasqué et devenu la risée de tout le monde en plus de perdre son travail. Le reportage a mis le feu aux poudres. Je sympathise avec le monsieur en imaginant l'immense détresse qu'il doit ressentir.

Est-ce qu'on va finir par légaliser totalement la prostitution?  Si on légalise la prostitution, avez-vous une idée de ce que le gouvernement pourrait recueillir en impôts? Vous avez votre réponse.

Bien sûr, je provoque un peu. Nous sommes dans une société ouverte et évoluée. Mais comme rien n'est jamais acquis, il faut demeurer vigilants. Tout ce qui n'avance pas recule. Il faut voir l'exemple de certains pays, notamment en Amérique du Sud, pour réaliser qu'une société qui ferme les yeux sur le raccolage de la mafia avec ses institutions finit par être de plus en plus envahie par elle. Un jour, même l'armée ne suffit plus à rétablir le contrôle démocratique des institutions publiques.

Tout à fait par hasard, sur le blogue de Joseph Facal dont le lien est à droite, sous le titre Punitions divines on parle de sondage d'opinions. Le suivant montre comment on est à des années-lumière de d'autres sociétés. Voici un élément qui a été sondé:

Pensez-vous que les gens qui commettent l’adultère méritent la lapidation ? La lapidation, c’est tuer à coups de pierre. C’est oui à 82 % en Égypte, à 82 % au Pakistan et à 70 % en Jordanie.

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce passage biblique: Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre.

On dirait qu'on a toujours tendance à aller dans les extrêmes. Il faut réaliser que c'est ainsi qu'évolue l'humanité. C'est rarement par la voie du milieu.

mardi 13 mars 2012

Joyeuses Pâques!

Il y a deux façons de vivre sa vie:
l'une, c'est de faire comme si rien n'était un miracle. 

L'autre, comme si tout l'était. (Albert Einstein)

Depuis quelques jours, j'avais une curiosité en tête. On ne peut nier que l'un des personnages les plus énigmatiques de l'histoire soit Jésus de Nazareth. La puissance de son message lui donne de la crédibilité. Son image fait le reste.


Tout naturellement c'est l'image transmise par la mini-série Jésus de Nazareth qui nous vient à l'esprit quand on pense. C'est la mini-série la plus écoutée de l'histoire. C'est une production de six heures réalisée par Franco Zeffirelli.

Et pourtant, c'est un simple acteur sans croyances particulières qui a interprété le rôle: Robert Powell. Il a dû prendre 3 mois pour entrer dans la peau du personnage de Jésus de Nazareth avant même que le tournage commence. Au moment où il a été choisi pour jouer le rôle, il vivait en couple avec sa petite amie. Mon dieu! On lui a demandé de se marier avant de commencer le tournage. La mini-série avait été commandée par le pape Paul VI. Benoït XVI l'a documentée.

J'ai fait la connaissance de Robert Powell par des recherches sur internet. C'est la curiosité qui me guidait. Il existe un site encore actif que l'on peut voir en cliquant ICI. J'ai trouvé la biographie et la personnalité de l'acteur fascinantes. À l'origine, Robert Powell devait jouer le rôle de Juda. Dustin Hoffman et Al pacino étaient pressentis pour jouer le rôle de Jésus de Nazareth.

Mais le producteur du film a été fasciné par le regard de Robert Powell. C'est ce qui lui a donné l'idée de l'essayer dans le rôle de Jésus et l'essai fut concluant. Il s'est avéré un messager aussi grand que nature.

Nul doute que sa façon d'interpréter le rôle  a fortement influencé ceux qui ont vu la mini-série. Les textes sont puissants. En même temps, on doit admettre que ce que l'on rapporte a été transmis par des humains. La principale source d'information vient des textes rédigés vraisemblablement entre 65 et 110 ans après Jésus-Christ. On ne possède pas de copies originales. Avoir l'assurance que tout ce que l'on rapporte est vrai aiderait à se faire une idée sur l'origine du monde, imaginer si la vie sur terre peut relever du miracle ou d'une successions de hasards.

Plusieurs craignait que le rôle ne mettent fin abruptement à la carrière de l'acteur comme c'est souvent le cas lorsque l'on joue un rôle aussi marquant. Il n'en fut rien. Le reste de sa carrière fut aussi prodigieux comme en témoigne son impressionnante filmographie.

 Cliquez  pour voir une entrevue récente (mars 2011). Malheureusement sa façon de s'exprimer ne m'a pas permis de comprendre ce qu'il raconte. Aidez-moi si vous le pouvez.

Si on n'y était pas autant habitués, on pourrait facilement croire que le cinéma, c'est une série de miracles: on entend un comédien anglais parler en français sous les traits d'un Juif célèbre qui ressemble tellement à l'image qu'on s'en fait. Le tout se déroule dans un lieu qui n'existe pas comme tel. Les décors et les effets spéciaux tiennent du prodige.

Dans la réalité, Robert Powell n'a ni les traits, ni le discours, ni la langue su personnage divin qu'il incarne. Et pourtant on le voit comme presque identique à l'original, Il a nourri la spiritualité de plusieurs générations à travers le monde sans en être lui-même un fervent disciple. Il a même longtemps aimé ne plus en entendre parler.

Dans les années qui ont suivi, il a même incarné aussi bien un alcoolique à la moralité douteuse pour qui les femmes et le jeu font partie du quotidien. Ce qui prouve que si le hasard change parfois toute une existence, c'est loin d'être toujours le cas. Il a incarné par hasard le fils de Dieu, sans être transformé pour autant. Le messager peut tout de même porter le message de façon spectaculaire et convaincante.

Aujourd'hui cependant, il a un tout autre regard sur le film et son tournage. Il est fier d'avoir eu la chance d'être choisi pour le rôle et il se rappelle tout ce qu'il a eu en investir pour le réaliser. L'épisode de la passion a été beaucoup plus exigeante qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il a dû suivre un régime sévère pour perdre du poids, avoir l'air amaigri. Il a dû se passer de ses aliments préférés, notamment de fromage. Pas de poutine, de pizza ni même de pepsi comme dans la chansons de Jean-Pierre Ferland: Souris Jésus-Christ.

Je ne peux m'empêcher de vous suggérer au passage cette merveilleuse chanson de Jean-Pierre Ferland: God is an american Dans cette chanson, Jean-Pierre Ferland a voulu démontrer comment tout le monde à travers la terre a essayé de récupérer le message à son avantage.

Revenons à Robert Powell. Il est né en 1944, un mois avant moi. Aucun rapport. Là s'arrête la comparaison. N'en cherchez pas d'autres. Même si j'étais né avant lui, je n'aurais pas eu de chance de décrocher le rôle. Il ne faut pas trop en demander au hasard. :-)
Il ne faut surtout pas me demander de miracles de mon vivant.  En terminant, voici un autre exemple frappant de synchronicité. Mon ami virtuel Barbe Blanche a publié, il y a deux heures un nouveau billet intitulé:  Messagers?

Les messagers auxquels il fait allusion ce sont des corbeaux. Dans la mythologie maya, les corbeaux sont des messagers des dieux. Ils ont plusieurs connotations divines dans plusieurs mythologies.

J'ai déjà suivi des cours d'ébénisterie à l'atelier du Corbeau de Sherbrooke. On a choisi ce nom parce que le corbeau est le dieu du bois dans je ne sais plus trop quelle civilisation. Il existe plusieurs légendes sur les corbeaux. Selon l'une d'elles, des corbeaux auraient tenté d'enlever les clous de Jésus sur la croix. Personne n'est obligé de le croire. Mais nous sommes dans le sujet du billet. Un vrai miracle.

samedi 10 mars 2012

La capacité de réfléchir


Il y a deux façons de vivre sa vie:
l'une, c'est de faire comme si rien n'était un miracle.
L'autre, comme si tout l'était.
(Albert Einstein)

Peronnellement, je vais souvent d'une conception à l'autre. Il y a des jours où je suis plutôt croyant, d'autres moins. C'est la lecture de la souffrance humaine qui me fait vasciller d'une croyance à l'autre. L'univers est à la fois fascinant et cruellement impitoyable. Il m'arrive de perdre tous mes repères face à la la misère, la souffrance, la douleur. Et en même temps, je reste émerveillé par les ressources et la grandeur des sentiments humains, la force, les capacités dont ils disposent pour s'entr'aider, garder le moral.

Suite au tremblement de terrre en Haîti, par exemple, on a vu de tout:
  • ceux qui volent et fraudent

  • ceux qui se font justice eux-mêmes.


  • Des gens qui ont remercié le ciel d'être vivants
  • ceux qui ont pleuré; ceux qui ont trouvé le moyens de sourire en racontant leurs peines;
  • ceux qui ont aidé par amour

  • Ceux qui ont consolé en ayant besoin de l'être
Ces situations m'ont toujours bouleversé et impressionné à la fois.

Par ailleurs, imaginons un instant que l'univers soit parfait, sans mystère et sans misère. Imaginons que nous savons tout de la vie, son origine, son sens, sa raison d'être.

L'homme n'aurait pas à faire de recherches, améliorer ses connaissances, sa qualité de vie en société. Tout serait déjà parfait à un point tel que nous n'aurions qu'à l'admirer, sans vouloir rien y changer. Nous n'aurions même pas le goût de lire pour apprendre, comprendre l'univers. Le mot innovation serait absent du dictionnaire.

 Paradoxalement, nous perdrions vite de vue la richesse d'un monde à découvrir pour l'améliorer. C'est pourtant une capacité innée chez l'enfant. Il est curieux, ouvert à tout. Il apprend à marcher en tombant. Une fois devenu adulte, on dirait qu'il oublie vite cette réalité. Tomber, c'est le meilleur moyen d'avancer. C'est la vie.

 L'imperfection du monde, ses épreuves sont vite une occasion de ne plus croire en l'existence d'un dieu intelligent et bon. J'aime réfléchir sur le sens de la vie. J'aime réfléchir sur tout, même sur ce qui est tabou.

 En même temps, je suis étonné de voir comment il est difficile de communiquer le résultat d'un cheminement intérieur. L'essentiel est invisible pour les yeux (Le Petit Prince, St-Exupéry).  Je dirais même  que l'essentiel que l'on découvre en soi-même est pratiquement impossible à transmettre. L'idée se greffe à du vécu qui a germé dans des petites misères au quotidien. Et personne n'a vraiment le même. C'est comme une chanson qui donne des émotions. Tout le monde entend les mêmes mots, les mêmes sons. Mais je crois que personne ne ressent la même chose. La qualité d'une chanson, c'est qu'elle demeure quand même significative pour un grand nombre.

Avoir le temps de réfléchir, avoir l'environnement pour le faire, c'est tout un cadeau. Je l'avais presque perdu, travail oblige. J'ai manqué d'occasions de me permettre des détours improvisés intérieurs, dans un environnement calme et inspirant. C'est fou tout ce qu'on peut découvrir quand on prend le temps de réfléchir. Encore faut-il en avoir le temps, le goût, l'occasion.
Puis tout naturellement, j'ai pensé aux politiciens si pris par un quotidien presque inhumain, rempli de  problématiques et de défis à donner le vertige. Où ces hommes trouvent-ils le temps de réfléchir. J'ai parfois l'impression qu'on perd le sens des valeurs. J'aurais pu dire qu'on perd facilement le nord. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais voté plus de deux fois de suite pour le même parti politique.

En démocratie, tous doivent avoir la chance de s'exprimer. Mais les dérives et les débordements sont toujours à craindre. Il n'y à pas que nos gouvernements qui cherchent à manipuler nos façon de penser.


Au delà de ces phénomènes de contrôle du pouvoir, d'expression de certaines idées corporatives, il existe un domaine de réflexion qui ne cesse de m'émouvoir et me surprendre: c'est tout le domaine des arts que notre premier ministre Stephane Harpeur voudrait bien voir relayer au second plan, surtout que le Québec y excelle. 

Monsieur Lazhar
Le cinéma me fascine, La sensibilité et le regard génial des cinéaste, le jeu dramatique des acteurs aussi. La puissance des trames sonores m'épate. Tout cela tient du prodige et relève presque du miracle. On sort souvent d'une salle de cinéma presque transformé. Il faut un bon moment avant de retomber sur terre.

Ce titre me fait réaliser une chose cocasse. J'ai eu mon premier emploi par hasard à la fin de mes études. Et mon patron était Monsieur Azhar (hasard). Ce n'est pas une blague. Ce monsieur Michel Azhar qui avait été mon patron à St-Hyacinchte a même enseigné à Laure à l'Université de Sherbrooke. Il y a de bien de drôles de hasards.

dimanche 4 mars 2012

Présence... la suite no.3

Suite des deux derniers billets...

Une présence prend tout son sens s'il faut surmonter plusieurs obstacles pour être là au bon moment, particulièrement si  de nombreux embuches nous fournissent des excuses valables. Laure et moi, nous en avons eu l'occasion en février dernier . Nous tenions à être aux côtés d'un ami cher de très longue date. Vous voyez, c'est le genre d'amis qu'un drôle de hasard met souvent sur notre route à plusieurs moments de notre vie, malgré les distances et les choix de vie qui nous séparent continuellement.

Nous allions aux funérailles de Mado que la vie venait de lui ravir. Pour être là, il fallait parcourir 2500 kilomètres aller-retour. Nous y sommes allés. Et c'est fou toutes les coïncidences qui se sont alors produites. Je me limiterai à l'essentiel pour ne pas abuser du temps que vous aurez la gentillesse de passer ici sur mon blogue. Ma couronne ne me donne pas tous les droits.


Le jour se levait à peine lorsque nous sommes partis. Il s'était éteint depuis longtemps lorsque nous sommes arrivés à destination. Pourquoi tenions-nous tant à voir Jean F. ? Comment l'avions-nous connu? Dans quelles circonstances?

 L'histoire commence en 1965. Je n'avais jamais entendu parler ni de Laure, ni de Mado. J'étais étudiant à l'université de Montréal. Jean était mon meilleur ami. En mars 1966, pendant la pause, Jean m'informe qu'il va profiter des vacances de Pâques pour se marier. Il s'agissait de Mado.

En 1966, je quitte l'Université.   Un ancien prof, ami de la famille venu nous rendre visite,  m'a offert un emploi temporaire pour refaire mes forces et mes finances.  Mon emploi m'a amené à Granby où j'ai rencontré Laure. Nous nous sommes mariés l'année suivante. Laure s'est inscrite au département de Services Social de l'Université de Shterbrooke. Par une drôle de hasard, Jean qui avait complété avec brio ses 2 ans de médecines à l'Université de Montréal a décidé de changer d'orientation. Lui et sa compine Mado se sont donc retrouvés dans la même classe que Laure, à Sherbrooke.

Puis, plus tard, Jean retourna s'installer à Montréal avec sa famille. Il travailla au CLSC Centre Sud. Toute la synchronicité qui avait imprégné nos parcours n'allaient pas s'arrêter là. Par de drôles de circonstances imprévisibles, on m'affecta au beau chef de mon organisme. Laure demeura à Sherbrooke et moi, je me suis retrouvé à Montréal. Aussitôt arrivé dans mes nouveaux locaux de travail au siège social de la rue Berri à Montréal, je fais une découverte surprenante. Jean qui ne travaillait pas pour le même employeur que moi avait ses locaux dans le même édifice. Nous terminions nos journées de travail presque toujours à la même heure, ce qui nous permettaient de bavarder plusieurs fois par semaine. Nous étions complices, frappés par les mêmes préoccupations.

 De retour à Sherbrooke un an et demi plus tard, nous avons gardé le contact avec Jean et Mado. Pour le 60è anniversaire de naissance de Laure, j'ai voulu inviter les meilleurs ami(e)s de Laure. Jean a tenu à me contacter personnellement. Il était un peu embêté. Il aurait bien aimé faire une suprise à Laure comme je l'avais suggéré. C'était une fête surprise. Mais, il tenait à nous prévenir à l'avance: Mado était atteinte de l'Alzheimer. Si jeune!

 Lorsque nous avons appris, par un courriel de Jean, le décès de Mado, Laure et moi, nous avons spontanément eu la même idée: aller aux funérailles malgré la distance et les fortes occupations professionnelles. Nous n'avons pas voulu prévenir Jean, préférant lui réserver la surprise.

Lorsque nous nous sommes présentés au salon funéraire, en allant souhaiter nos sympathies à Jean, nous avons pris la mesure de tout ce que voulait dire le mot présence. Pas un mot, pas un geste n'a plus de force que celle d'une vraie présence, un présence authentique, sincère, sentie, celle qui vient du coeur et parle par elle-même. Une présence même silencieuse vaut mille mots

C'est l'absence auprès d'un ami qui m'avait fait découvrir l'importance du mot présence. La vie est ainsi faite: nos erreurs nous aident à avancer peut-être plus que nos bons coups.



Mais il semble qu'il en va tout autrement dans le domaine publique. C'est comme si on répétait les erreurs du passé en oubliant même des solutions qui avaient fait leurs preuves. On dirait même qu'on a toujours le don de corriger une erreur par une plus grosse: moins humaine. On change ce qui va bien. Il fut un temps où le service à la clientèle était une vertu. On décentralisait les services pour être plus près de la clientèle. Les temps ont bien changé. Et c'est triste.

Il est de plus en plus difficile d'avoir une vraie présence, un présence humaine, attentive. Les répondeurs prennent la place du vraie monde. Et parfois, les répondeurs ne répondent même plus. Les salles d'attente regorgent de patients qui n'ont jamais si bien portés leur nom. Et  pourtant plusieurs vivent des drames où une vraie présence serait tellement précieuse pour ne pas dire miraculeuse. Il faut comprendre comment les plus grandes épreuves peuvent devenir supportables quand on est  bien entourés. Une société qui semble l'avoir oublié devrait nous inquiéter.

Pourtant, il faut parfois si peu pour permettre une vraie présence de s'exprimer. Et ça existe encore. J'en ai vu de très beaux exemples au CHUS de Sherbrooke, lors du décès de ma mère, par exemple. Vis-à-vis sa chambre, il y avait un écriteau: Les amis et parents de nos patients sont aussi nos clients.

Cliquez sur la photo pour plus de détails

Il y a quelques années, Laure a suivi des traitement pour un cancer du sein dans cet hôpital. Elle y allait trois fois par semaine. Je l'accompagnais. Nous avions alors l'occasion de côtoyer des personnes dans la même situation. C'était une occasion unique d'être présents les uns aux autres. Nous avions hâte de les revoir, prendre de leurs nouvelles, les encourager. J'admirais leur courage et un simple sourire me faisait chaud au coeur. C'est un hasard qui nous avait tous réunis. Une pure coïncidence tragique. Pourtant nous avons l'impression parfois que nous ne sommes pas là pour rien. C'est beau une salle d'attente qui ne sert pas uniquement à attendre.

Une vraie présences, ça faisait sûrement presque aussi de bien que les traitements eux-mêmes. On pourrait aussi parler des soins paliatifs dont l'effet est impressionnnat à voir.

 Je vous conseille enfin de faire la connaissance d'une présence québécoise bien sympathique: Notre rêve québécois

Le site prend tout son importance quand on découvre que le regard qu'on y porte vient d'une présence venue d'ailleurs: d'immigrants français. En allant ce sur ce site, j'ai fait de belles découvertes, au hasard des clics. Il y avait plusieurs liens intéressants dont celui-ci qui prend tout son sens ici.  On va s'aimer encore

Et vous savez quoi? Nous l'avions oublié. Quelqu'un nous a rappelé la semaine dernière que Vincent Vallières nous avait déjà dédié cette chanson, Laure et moi,  il y a environ 2 ans lors d'un spectacle qu'il avait donné au sous-sol de l'église de Havre-Saint-Pierre. C'était une nouvelle toune encore inconnue... Il faut dire que mon fiston Jipé faisait la première partie du spectacle tout en se permettant de participer aussi au spectacle de Vincent V.

Et enfin, sous le signe de la présence, je vous invite à être présents au prochain spectacle de mon fils Jipé Dalpé à Montréal

samedi 18 février 2012

Absence

Ce que tu fuis, te suit
ce que tu fais face s'efface...


Suite du billet précédent... (Présence)
Je ne sais pas si c'est le décès de ma soeur Nicole à l'âge de 11 ans qui m'avait tant marqué. Mais il fut un temps où je ne voulais pas aller dans un salon funéraire. J'avais connu aussi deux amis plus jeunes que la vie avait ravis trop tôt. Leurs morts ne m'avaient pas vraiment traumatisé. Leur exposition, si.

 J'avais dit à Laure à plusieurs reprises que les salons funéraires étaient tout simplement des institutions barbares et inhumaines. J'avais l'intention de les boycotter. Il me semblait que c'était un sacrilège de garder comme dernier souvenir l'image dérangeante d'un corps inanimé, les traits artificiellement tirés. Non, je ne voulais pas jouer le jeu. Je ne voulais surtout pas voir les photos qu'on prenait dans de telles occasions. J'avais en tête certaines photos de ma soeur Nicole décédée. J'aurais préféré ne jamais les avoir vus. Je n'ai jamais voulu voir celles de ma mère prises avant qu'on la mette en terre.

 Un événement allait toutefois transformer mon attitude pour toujours. On peut parfois changer, malgré ce que j'ai souvent dit. J'ai voulu trouver le texte de cet ancien billet que j'ai lassé il y a plus de 4 ans sur cet ami que je n'avais pas su accompagner à son dernier repos. À ma grande surprise, j'ai vu que j'avais alors donné à peu près le même titre que pour le présent billet: l'absence remarquée.

Daniel J était un ami sympathique qui me visitait régulièrement. Il venait de la Gaspésie et se trouvait en Estrie comme animateur social. Il avait comme mandat de faire cheminer le personnel dans un processus de changement. Il devait modifier une attitude de résistances où le droit de gérance était une notion incomprise ne pas dire vue comme indésirable. Dans ces temps anciens, on n'aimait pas les boss.

 Daniel était l'homme de la situation. Il était aimé de tout le monde. Il avait le physique de l'emploi: barbe et cheveux longs, l'air contestaire. C'était le type de personne que l'on recherchait dans certains milieux pour des pressions syndicales. Il bégayait et savait utiliser les jurons de façon à se rendre sympathique. En d'autre mots, c'était comme un représentant du boss déguisé en syndicaliste. L'illusion était parfaite.

 
Un jour, Daniel m'a appelé de sa chambre d'hôpital du CHUS de Sherbrooke où il venait d'être admis d'urgence. Je me suis empressé de m'y rendre. On m'a expliqué qu'il était dans une section isolée et que je devais porter un masque pour aller le voir. Tabarouette! Que je me suis dit. Ça doit être grâve.

Pour moi tout ce décor était surréaliste. J'ai entamé la conversation, comme on le fait toujours en demandant: Comment ça va ? Et, selon ce que veut l'usage, il m'a répondu: Ça va bien. Et à le voir, rien ne laissait croire que ce n'était pas le cas.

Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Daniel m'a expliqué le contexte qui l'avait amené à l'urgence et son passage rapide en isolation. Il m'en parlait de façon tellement dramatique que je n'ai pu m'empêcher de rire en imaginant la peur qu'il avait dû ressentir. Nous avons ri de bon coeur, parlant de choses et d'autres. Et je suis reparti de bonne humeur, rassuré, en lui promettant de revenir.

Deux ou trois jours plus tard, j'apprenais son décès. Je prenais toute la mesure de la fragilité de la vie. J'étais bouleversé, presque incrédule. Je me sentais incapable de me rendre le voir au Salon funéraire. Il venait de si loin. Ceux qui le connaissaient depuis longtemp étaient des inconnus pour moi. Je ne voyais donc pas ce que ma présence pouvait apporter à tout ce beau monde.

Le lundi, en revenant au travail, on m'a appris que toute la fin de semaine, la copine de Daniel avait demandé, au Salon, si j'allais venir faire une visite. Aux funérailles, elle a demandé à mes collègues de travail comment il se faisait que je n'était pas venu voir Daniel avant son dernier repos. Je n'avais vue cette copine de Daniel qu'une seule fois. Mais elle savait ce que j'avais représenté pour Daniel, sans même en avoir pleinement consciencde. Ce genre de situation, c'est ce que j'appelle un rendez-vous manqué, le genre de situation qui nous hante longtemps.
C'est dur de faire son deuil d'un rendez-vous manqué. Et j'en ai trop.

L'autel de l'absence Caracol(Carol Facal) Cliquez sur le lien précédent

Cet incident a transformé à jamais ma façon de voir et de me comporter lors d'un décès. Depuis ce temps, je me fais toujours un devoir d'être présent lors d'événements tragiques. Je sais qu'une présence dans ces occasions n'a pas de prix même si le principal intéressé n'est plus là.



Il faut savoir prendre place sur un siège vide qui a une histoire.

 À la fin de janvier, nous avons encore pu réaliser avec intensité l'importance d'une présence dans des moments difficiles, en particulier dans la ;pire des situations: le décès d'un être cher. Lorsque nous nous sommes présentés, Laure et moi, au salon funéraire pour offrir nos condoléances à Jean le 28 janvier 2012, l'émotion fut à son comble. En donnant la main à Jean,  je lui ai dit que nous tenions être à ses côtés à tout prix, même si le voyage aller-retour représentait 2500 km. Il ne nous attendait pas. Il ne put cacher son émotion,ses larmes. D'autres amis n'avaient pu venir et il en était triste. Jean et Mado représentaient beaucoup pour nous.

Il faut se rappeler que j'avais connu Jean parce qu'il était dans ma classe, en première année de médecine, à l'Université de Montréal.
Ce fut vite mon meilleur ami. Nous prenions nos pauses ensembles. Nous partagions des confidences. La plus grande fut l'annonce de son marigage avec Mado. Il était rayonnant, ému.

J'avais dû abandonner mon cours à la fin de ma première année d'université. Je caressais le rêve de me reprendre. Pendant que Jean poursuivait sa 2è année de médecine, je travaillais temporairement à Granby.

Laure qui n'était pas du tout de la même région fut aussi appelée, par hasard à y travailler comme enseignante dans un collège classique tout près de mon travail. Elle alla partager l'appartement de la secrétaire du bureau où je venais d'être engagé. Je fut vite séduit et émerveillé par les qualités de Laure. Elle enseignait le latin et le français, ce qui était bien. Mais j'étais impressionné par ses qualités au plan sociale et son esprit pratique toujours à la recherche de solution. Il me semblait qu'elle était née pour être travailleuse sociale.

Conséquences: nous nous sommes mariés quelques mois plus tard et j'ai recommandé à Laure de suivre un cours de services sociales pour mettre son potentiel en valeur. De Ganby, nous passons donc à Sherbrooke reconnu pour le dynamisme de son université. Jean Fortier marié à Mado pendant notre année de médecine, s'inscrit avec elle au Département de Services Sociales de l'Université de Sherbrooke et se retrouvent tous les deux dans la même classe que Laure. Par un drôle de hasard, Jean avait en peu de temps été dans ma classe à l'Université de Montréal et dans celle de Laure à l'Université de Sherbrooke.
Ils eurent des enfants, nous avons fait de même et nos enfants sont devenus amis. Nous avons passé des vacances ensembles.

Puis, plus tard, Jean retourna s'installer à Montréal avec sa famille. Il travailla au CLSC Centre Sud. Toute la synchronicité qui avait imprégné nos parcours n'allaient pas s'arrêter là. Par de drôles de circonstances imprévisibles, on m'affecta au beau chef de mon organisme. Laure demeura à Sherbrooke et moi, je me suis retrouvé à Montréal. Aussitôt arrivé dans mes nouveaux locaux de travail au siège social de la rue Berri à Montréal, je fais une découverte surprenante.

Quand le hasard sonne plusieurs fois à la même porte, il y a lieu de s'étonner.

Dieu réunit ceux qui s'aiment...  À suivre....

lundi 6 février 2012

Présence

Un blogue, c'est une suite de billets qui stimulent les échanges. Ces derniers ont une durée de vie limitée. Ils sont toujours là, mais on peut les comparer à un journal de la semaine précédente. Je trouve parfois dommage d'interrompre une conversation bien partie ou de revenir sur un blogue où je n'avais pas eu l'occasion de réagir à temps.

 Mon dernier billet a eu une très longue vie tout simplement parce que je manquais de temps. Et je suis bien étonné de constater qu'on s'y présente encore. Plusieurs artistes sortent des nouveaux albums qui durent moins longtemps. :-) J'ai manqué de temps, mais un événement très particulier s'est produit dans la lignée de ce qui a donné naissance à ce blogue: la synchronicité. C'est comme si elle était venue me chercher. Les plànètes étaient on ne peut mieux alignées, vous allez bientôt comprendre pourquoi.

Je venais de vivre des moments intenses mêlées de coïncidences. Et le sort a voulu qu'en réagissant au dernier commentaire de mon dernier billet je ressente un besoin puissant, une inspiration pour un autre billet. Voici donc ce commentaire:

Coucou Jackss, un petit mot simplement pour te dire que je pense très souvent à toi. Sois sans crainte, on va t'attendre...

Et voici le commentaire que j'ai ajouté avec l'idée d'introduire mon prochain billet qui n'était pas écrit. Merci de ta présence, Nanou,J'ai pris connaissance de ton message dans un contexte particulier où le mot présence prend tout son sens.


Tout a commencé par une vulgaire contravention. Je roulais lentement sur la 138. À une dizaine de reprises, je me rangeais sur le bord de la route pour laisser passer tous ceux qui roulaient trop vite à mon goût. Je me disais que la surveillance routière était défaillante. Je me disais que nos élus devaient faire un peu moins de publicité et un peu plus d'action: la surveillance routière. Puis, en entrant dans le village de Magpie, surprise! 

 Et voici la suite:
Magpie, c'est un des plus anciens villages de la Côte-Nord. C'est un coin qu'on pourrait qualifier de perdu. Il y a 200 habitants, une église et de la police.

 En entrant dans le village de Magpie, j'ai ralenti. Mais pas assez vite. J'ai eu droit au genre de présence qu'on n'appércie pas toujours: la présence policière. J'aime bien les policières, mais il y a des présences dont on se passerait. C'est fou comme le même mot peut donner lieu à des réalités différentes.
Je n'ai pas eu de chance. On voit plus de véhicule de police sur l'eau que sur les routes.

La police à Havre-Saint-Pierre, été 2011.


Bon, on reprend la route, direction Longueuil en banlieue de Montréal, à basse vitesse.
Le but de notre voyage, Laure et moi, c'était une présence auprès d'un ami de très longue date qui incarnait les mystères de la synchronicité. Nous allions aux funérailles de son épouse que la vie venait de lui ravir. Pour être présent, il fallait parcourir 2500 kilomètres aller-retour. Nous tenions à être à ses côtés pour les funérailles et nous en avions gardé le secrêt.

La suite est une série étonnante de synchronicités. Je dirais meme que ça tient presque du prodige tellement il y en a. Pourquoi tenions-nous tellement à voir Jean F. ? Comment l'avions-nous connu? Dans quelles circonstances?

 L'histoire commence en 1965. Je n'avais jamais entendu parler ni de Laure, ni de Mado. J'étais en première année de médecine à l'université de Montréal.  (Ça se place bien dans une conversation!) Je considère que Jean était mon meilleur ami. En mars 1966, pendant la pause, Jean m'informe qu'il va profiter des vacances de Pâques pour se marier. L'amour se lit dans ses yeux. Mais j'étais loin de me douter que cet événement allait avoir une telle importance pour nous.

 En 1966, j'ai connu une très dure épreuve. Je travaillais dans une clinique médicale tout en suivant mes cours de médecine, ce qui était plutôt prétentieux. En plus de me faire perdre un temps précieux à consacrer aux études, j'avais perdu beaucoup d'éngergie. J'étais crevé. Et j'avais échoué mon année (Ça se place mal dans une conversation!)

 Un ancien prof venu nous rendre visite m'a offert un emploi temporaire pour refaire mes forces et mes finances. Cette visite a changé ma vie. Mon emploi m'a amené à Granby où j'ai rencontré Laure. Nous nous sommes j'ai mariés l'année suivante. J'étais impressionné par les qualités de Laure, un être que je considérais essentiellement sociale et d'un sens pratique hors du commun. Mes commentaires l'ont amené à s'inscrire au département de Services Social de l'Université de Shterbrooke.

 Par une drôle de hasard, Jean qui avait complété avec brio ses 2 ans de médecines a décidé de changer d'orientation. Lui et sa compine Mado se sont ainsi retrouvés dans la même classe que Laure.

Un événement parfois bien banal vient changer le cours de notre vie. Nous nous sentons bien petits et dépourvus de moyens. Pourtant, avec le recul du temps, nous réalisons tout ce que l'on aurait manqué si les choses s'étaient passées autrement.

Imaginez! Je n'aurais jamais connu Laure ni les enfants si importants pour nous peut importe ce qu'ils sont et ce qu'ils font.

On ne peut le nier. Pourtant, si on savait d'avance tout ce qui nous attend, on aurait peut-être peur d'emprunter certaines routes. Heureusement que nous n'en savons rien. Et c'est dans les moments les plus difficiles qu'une présence prend tout son sens. J'avais déjà eu l'occasion de le réaliser dans une expérience qui m'a marqué. J'ai eu des remords, mais je n'ai jamais répété la même erreur.

 À suivre....