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lundi 9 mars 2009

Chasser ou défricher

Les premiers soldats du régiment de Carignan appelés en renfort arrivent à Québec en 1653. L'ancêtre de Laure s'y trouvait.

Ce n'était pas suffisant. L'ancêtre de Laure et tous ses camarades avaient beau faire leur possible, les Iroquois étaient déterminés et coriaces. On peut les comprendre.

C'est ainsi que mon ancêtre, Jean Dalpé dit Parisot, arrive en Nouvelle-France en 1665. Cet ancêtre est le même que celui de Jacques Pariseau, ancien premier ministre du Québec. Je crois qu'il devait être fort et courageux comme mon père.

Mon ancêtre n'avait cependant pas été le seul à être recruté. Le Roi Louis XIV avait envoyé 1300 soldats appartenant au Régiment de Carignan-Salières pour mater les Iroquois.

Je ne sais pas si mon ancêtre y fut pour quelque chose, mais en 1666, l'armée française défait les Iroquois et la paix est rétablie dans la région. Le traité qui s’ensuit, en 1667, reconnaît la souveraineté du roi de France et assure à la colonie 16 années de développement pacifique.

Frontenac
Cependant, l'agression des Iroquois reprend de plus belle vers 1690. Le gouverneur de la Nouvelle-France est alors Frontenac. Comme par hasard, il logeait au Château Frontenac à Québec. Mais le château a été reconstruit après sa mort.

Ça vaut la peine de cliquer pour aggrandir

Mon ancêtre, arrivé à l'âge de 18 ans n'avait que 43 ans à sa mort en 1690 en combattant les Iroquois à Pointe aux Trembles à proximité de Montréal.

La paix avec les Iroquois a été signée. C'est ce qu'on a appelé La grande paix de 1701. Si l'histoire vous passionne, le lien est très intéressant.

Louis XIV souhaitait que quelques soldats demeurent sur place pour conserver les acquis, cultiver les terres tout en participant à des activités militaires. Quatre cents (400) soldats du régiment de Carignan acceptèrent de donner suite à la volonté du roi et restent en Nouvelle-France.

À cette époque, Louis XIV trouvait qu'il y avait abondance de fourrure et en défendit la traite. Trop de fourrures en circulation en diminuait la valeur.
C'était un avant-gardiste. Brigite Bardot et le Parlement européen ont peut-être été inspirés par lui. Le Roi retira une partie de ses troupes de l'Ouest où il y avait moins d'enjeux économiques puisque le commerce des fourrures n'avait plus besoin de protection.

L'ardeur des premiers défricheurs est ralentie par l'attrait de jeunes pour l'aventure et l'argent. Ils n'avaient que faire des désirs du Roi qui en possédait abondamment.
Ironiquement le sujet est revenu sur l'actualité cette semaine. On parle d'une grande table pour traiter de la question. On a même suggéré lors de l'émission Tout le monde en parle d'inviter Brigitte Bardot et des membres du parlement européen à participer au débat. On a dit, à juste titre qu'il était temps que quelqu'un prennne la défense des chasseurs de phoques.

La prise de position m'a touché. J'ai beaucoup de peine à comprendre que des organismes aussi prestigieux que le Parlement européen consacrent tant de temps et d'énergie à la défense des phoques alors qu'il y a bien pire: on tue femmes et enfants en toute impunité au Darfour. Des femmes sont victimes de viols, des enfants d'enlèvements. Il y a autour de ces questions un silence lourd et inquiétant. Les actions sont plus rares que les discours pourtant très timides.

Je disais donc... que nos ancêtres se laissaient distraire par le commerce de la fourrure. Mais pas tous. Le petit fils de mon ancêtres défrichait la terre. Il avait aussi une fonction noble et fort originale.


Dites-moi, entre nous, quel est l'idéal:

se couvrir d'une fourrure pudique ou se promener frivolement à moitié habillé?
Bien honnêtement, je suis embêté par la réponse.
Question quizz: Vous connaissez ces dames?

À suivre... (Je parle du récit)

mercredi 7 janvier 2009

Les filles du roy

Résumé des deux derniers billets

Mon ancêtre est arrivé de Rodez, dans l'Aveyron, au sud de la France, comme soldat du Régiment de Carignan, en 1665. Il avait 18 ans. Deux ans plus tard, il y eut un traité de paix avec les Iroquois, ce qui n'empêchait pas les escarmouches. Les Iroquois, alliés des Anglais avaient déjà découvert des techniques de guérillas.

Les Français faisaient à l'occasion des attaques préventives. En 1690, 25 Français attaquent une centaire d'Iroquois. Mon ancêtre, Jean Dalpé (ou Delpué ou Delpèche) fut tué. Il avait 43 ans. Après le traité de paix conclu avec les Iroquois, 400 soldats du régiment de Carignan étaient restés au pays. Par ce traité, le roi de France devint le seul chef d'État reconnu sur les terres d'Amérique. Le territoire était très vaste. À cette époque, une bonne partie du territoire actuel des États-Unis était une colonie de la France. La Louisiane, dans le sud des États-Unis fut baptisée ainsi en l'honneur de Louis XIV.
Cliquer pour voir la carte: carte Nouvelle France;

Pourquoi 400 soldats sont restés en Nouvelle-France ?

Louis XIV avait rapatrié une partie du régiment tout en souhaitant que quelques-uns restent en Nouvelle-France pour développer et protéger la colonie. Pour les encourager, il leur offrit des concessions de terre le long du fleuve St-Laurent. Mon ancêtre s'établit à Vercheres. Une rue porte son nom.

Cliquez pour aggrandir
Le vidéoclip de Caracole auquel nous avons participé comme figurants il y a quelques mois a justement été tourné par hasard dans le Vieux centre ville de Verchères. Un endroit à faire rêver.

En plus d'octroyer des terres à ces anciens soldats devenus agriculteurs, il fallait offrir des filles à marier. Un bateau de filles du roi fit la joie des soldats. Des 1000 filles qui avaient entrepris le voyage, seulement 800 arrivèrent en Nouvelle-France. Pour plus de détails cliquez sur les filles du roy.

Filles de petite vertu ces jeunes femmes arrivées en 1665 pour peupler la Nouvelle-France? Certains disent que oui. D'autres rappellent qu'elles avaient été sélectionnées une à une par les religieuses et qu'elles étaient en bonne santé. La preuve? Vingt ans plus tard, elles avaient fait tripler la population.




En peu de temps on passa à 4000 résidents, puis à 6000. Il était d'ailleurs très mal vu à cette époque qu'une dame reste veuve longtemps.

Les soldats demeurés en Nouvelle-France y étaient restés surtout par loyauté au roi et par héroïsme pour le développement d'une société idéale. Ils s'entraidaient, s'épaulaient.

Ils eurent de nombreux enfants. Certaines filles n'hésitaient pas à changer de mari au besoin. Elles se souvenaient bien des paroles de la Bible: "Allez, multipliez-vous..." Alors elles multipliaient les descendants, à la grâce du roi, peu importait la façon.

Mais tout était trop beau pour se poursuivre si bien. Les guerres de Louis XIV en Europe drainaient la jeunesse française et il y eut peu de nouveaux arrivants.

Alors que les défricheurs vivaient péniblement de durement, luttant contre le froid et la misère, les fils devenus grands comprirent vite que la vie de coureur des bois étaient plus excitante et plus payante. Le commerce de la fourrure était très payant. Et Brigitte Bardot n'était pas encore née. Personne ne prenait la défense de ces pauvres bêtes qu'on tuait pour la fourrure.

La guerre de Louis XIV prit fin en 1713 et le roi Soleil mourut en 1715.
Pour la Nouvelle France commença alors une ère merveilleuse, impotoyable mais envoûtante. Le petit fils de Jean Dalpé allait y être associé sur les terres des Pères de St-Sulpice. Il aura un rôle de prestige assez amusant.

On peut comprendre pourquoi plusieurs soldats du régiment de Carignan sont restés en Nouvelle-France. La vie n'était pas plus rose en France. Il y avait la guerre, des guerres de religion et beaucoup d'instabilité. En Nouvelle France, il y avait une communauté soudée, avec des valeurs communes, de l'aventure pour tous les goûts, d'immenses concessions cédées sur le bord de cours d'eau magestueux: le fleuve St-Laurent, la rivière Richelieu (en l'honneur du Cardinal), des territoires immenses à découvrir, etc.

Mais pour les premiers colons installés ailleurs, sans commodité, les temps allaient être durs. Et pour eux, rester là, n'étaient pas évidentes. Pourquoi sont-ils restés?
Une vraie leçon de vie...

À suivre...