mardi 2 décembre 2008

Sentir une présence dans l'absence


Après la mort de mon père, plusieurs phénomènes étranges se sont produits. Il y en a eu assez pour que ma mère et nous, ses enfants, nous abordions le sujet. Nous nous disions surpris par le nombre de l'ampleur des événements.

C'est sûr, la mort d'un père, ça ne laisse pas froid. Ça secoue . Nous avions l'impression de nous retrouver dans un monde surréaliste. La dame qui avait pris soin de mon père avant sa mort m'a dit avec émotion: On aurait dit que votre père vous attendait pour mourir. Il a eu comme un sursaut d'énergie lorsque vous êtes venu. Il a perdu conscience très peu de temps après votre départ. Il ne l'a pas retrouvée avant de mourir. Ma visite lui avait permis de terminer quelque chose qui n'était pas réglé. Elle l'avait libéré. Elle avait libéré son âme.

Micheline était venue voir mon père au salon funéraire. Michel était présent aux funérailles.

Phénomènes étranges
Après le décès de mon père, il y a eu plusieurs phénomènes étranges. Coïncidences ? Je le crois। Mais leur ampleur me laisse tout de même perplexe et songeur. J’ai vérifié avec ma sœur Micheline et mon frère Michel si ma mémoire était bien fidèle. Ils ont confirmé, signé et en ont rajouté.

Après le décès de mon père, nous étions tous invités chez ma mère. Dans sa chambre, il y avait une bible ouverte. Michel y jeta un coup d'oeil et il m'appela avec émotion. As-tu vu? La Bible est ouverte à la page où se trouve l'Évangile qui a été lue durant le service funèbre. À ma grande stupéfaction, j'ai constaté que c'était bien vrai.

Nous avons questionné ma mère pour essayer de comprendre. Seuls Laure, Michel et moi avions été présents aux funérailles. Le reste de l'histoire, je n'en ai pas souvenir. C'est donc sous toutes réserves que j'en parle. J'avoue avoir beaucoup de difficultés à le croire. Micheline dit que ma mère avait prétendu que la bible s'était ouverte d'elle-même comme par un coup de vent. Elle se serait montrée surprise du fait que la fenêtre était fermée et que rien ne pouvait expliquer le phénomène.

Micheline dit très bien se souvenri avoir argumenté avec ma mère pour essayer de lui faire admettre un détail plus facile à croire. Elle savait ma mère très honnête. Mais elle aussi avait beaucooup de problèmes à admettre que la bible ait pu s'ouvrir d'elle-même à la bonne page.
Et je puis vous jurer que si Micheline ne se reconnaît pas dans cette version des faits, elle va me téléphoner ce soir, après son travail.

Ma mère a dit à Micheline qu'il y avait eu beaucoup de phénomènes du genre et qu'elle avait l'impression que mon père essayait de se manifester pour se faire pardonner. Elle a dit qu'elle lui avoir pardonné dans sa tête. Selon elle, tout serait rentré dans l'ordre par la suite.

Moi et d'autres membres de la famille se souviennent aussi de d'autres phénomènes. Mais j'avoue ne croire que ce que j'ai vu personnellement. J'avais le goût d'en parler cependant parce que je me souviens clairement que nous en avons tous parlé peu de temps après le décès de mon père.

Les histoires de mon père ou la tristesse de ne pas être cru.

Un jour mon père était venu me rendre visite à Sherbrooke. Il était de bonne humeur. Dans la soirée, il me raconta qu’il avait vécu toute une aventure. Il était concierge à Montréal. Une dame avait été agressée, menacée avec un couteau. N'écoutant que son courage, il s’était rué sur son aggresseur, l’avait maîtrisé et avait appelé la police. J’ai regardé un peu au ciel, puis à côté avant de changer de discours. Ouais! Moi, mon père... ses histoires de Capitaine Bonhomme...

Après le décès de mon père, j’ai eu la tâche ingrate de tout récupérer et trier ses effets personnels. Son porte-monaie ne contenait pas un sou. Mais il contenait une page de journal usée, repliée quelques fois sur elle-même. C’était une découpure du Journal de Montréal. Le texte de son aventure était dans le journal avec son nom, la mention de son courage et de son exploit. Comme quoi, on reconnait souvent la vraie nature de quelqu’un qu’après sa mort. Et dire que je n'avais pas cru mon père lorsqu'il m'en avait parlé. J'avais changé de sujet.


Régler ses affaires avant de partir
L’autre phénomène qui me frappe, c’est le fait qu’une personne donne souvent l’impression de retarder sa mort jusqu’à ce qu’elle ait pu régler quelque chose, avec une ou plusieurs personnes. C’est d’ailleurs ce que m’avait dit une infirmière avant le décès de ma mère. C’est un fait assez bien connu et documenté, je crois.

Je ne sais pas si vous connaissez ce phénomène. Mais on le retrouve dans la littérature et dans certains livres comme la Source noire. Voici un extrait La Dre Elisabeth Kübler-Ross qui voyait un homme qui avait l'air de retarder sa mort comme s'il avait que chose à régler avant de mourir.

Pourquoi ne meurt-il pas, à la fin? Elle cherche dans le récit de l'homme quel mot de passe lui manque pour mourir. Tout son corps ne demande que ça, c'est clair. Et pourtant il est là à s'accrocher, et Elisabeth Kübler-Ross sait bien ce que celà signifie: il y a de l'unfinished business dans l'air, du travail inachevé.
La Source Noire, Patrice Van Eesel, Édition Grasset, 1986




J'avais observé le même phénomène à la mort de ma mère. Elle nommait deux personnes qu'elle voulait voir. Et c'est incroyable le nombre de jours qu'elle a pu tenir après qu'on ait accepté de la laisser aller. Comment elle a fait?


Elle ne parlait presque plus dans les derniers jours. Lorsqu'elle le faisait, je ne parvenais pas à la comprendre. Un jour elle m'a dit: Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas vous faire de peine. J'ai sorti un papier et j'ai noter la phrase mot à mot pour ne jamais l'oublier. Puis j'ai ajouté: Tu as le droit de ne plus avoir à souffrir. Tu as tout donné ce que tu avais de mieux.

Je crois que ce sont ses derniers mots. Par la suite, je restais à côté d'elle sans parler. Puis une infirmière m'a suggéré de le faire. Je lui ai répondu que ma mère ne pouvait certainement plus comprendre. L'infirmière m'a dit. Mais oui, elle comprend. Tiens-lui la main. Parle-lui. Regarde-là dans les yeux et tu verras ses réactions dans ses yeux. Elle avait raison.

J'ai parlé à ma mère. Souvent, je ne sais trop pourquoi, je disais ce que j'avais à lui dire en chantant sur un air connu. Je me souviens avoir dit des choses sur l'air de Lily Marlen.




La vie est bien énigmatique. Une des choses qui me fascine, c'est le fait qu'un événement si triste soit-il puisse être utile à quelqu'un d'autre. La mort de mon père par exemple m'a été utile pour aider un parfait inconnu à affronter sa propre mort. Elle a servi à redonner du courage à un homme désespéré. L'ironie du sort, c'est que mon père n'a jamais été un exemple à suivre de son vivant, du moins pas avant ses derniers instants.

A suivre...

9 commentaires:

Jackss a dit…

L'exercice que je viens de faire avec vous de mettre de l'ordre dans mes souvenirs et mes expérience m'a amené beaucoup plus loin que je n'ai jamais été.

Jamais je n'aurai cru aller aussi loin dans ma compréhension du monde matériel en lien avec le monde spirituel. Et voilà que de nombreuses recherches scientifiques vont dans le même sens.

De prochains billets sont en préparation avec des citations, des entrevues avec des chercheurs crédibles et des expériences vécues par moi et des proches.

Ceci me permettra d'aller beaucoup plus loin au niveau de témoignages de faits vécus.

Je rencontre de plus en plus de personnes proches de moi qui ont vécu des événements semblables.

Jackss a dit…

Sourcil Jaune

Tu m'as déjà demandé si ma mère aimait mon père. Une des soeurs de ma père prétend que oui. Selon elle m'a mère n'a jamais accepté que quelqu'un parle en mal de mon père.

Encre a dit…

Je trouve admirable ce que tu fais en racontant tout cela.

À la mort de ma grand-mère, c'est moi qui ai dû choisir le texte biblique qui serait lu. Après la cérémonie, mon oncle, une personne très religieuse qui lit chaque jour, comme les moines, la liturgie du jour, m'a demandé pouquoi j'avais choisi le texte liturgique du jour de la mort de ma grand-mère. J'ai été étonnée : c'était un pur hasard. Tu me diras que ce n'était peut-être pas un hasard. Je ne peux nier qu'une partie de moi ne soit encore fortement troublée par cela. Mais je suis double, on ne se refait pas ;-)

Jackss a dit…

Encre,

Tu dis qu'on ne se refait pas. J'ai le même sentiment. Je l'ai réalisé souvent.

Il m'est arrivé de croire que certaines expériences m'avait changé. Puis j'ai eu l'occasion de réaliser que tout était là dans mon enfance. J'avais des réactions et des réflexions semblables à celles d'aujourd'hui.

La vie, c'est comme une valse. On fait les mêmes mouvements avec ce qu'on est et ce qu'on a. Mais, petit à petit, on peut devenir de meilleurs danseurs, ressentir et percevoir le mouvement différemment.

Les échanges et les réflexions que nous faisons, y compris les tiens, m'aident beaucoup à y voir plus clair.

Encre a dit…

Tu as parfaitement raison, c'était de l'auto-ironie plus qu'autre chose ;-) Chaque jours ne apprenons et évoluons, si tel est notre désir du moins.

Courrier Noir .... a dit…

Bonsoir Jacks,
Je crois que les morts ont un accès vers les vivants qui les ont entouré, (le livre qui ne doit plus tardé, il est au douane en ce moment, j'ai un suivi grace à la poste, parle de ce phénomène) mais je pense qu'il faut avoir une certaine sensibilité pour pouvoir comme tu le dis "sentir une présence", cela j'en suis persuadée. Les morts ne nous quittent jamais seulement des âmes sont plus sensibles et peuvent les voir et d'autres non, je pense notamment au médium.

Encore une fois, Jacks ton article et très interessant.

Jackss a dit…

Bonsoir Encre,

Si je comprends bien, je me suis fait avoir. (Sourire) Encre fait des blagues et je ne vois que du feu. Avec tout le sérieux dont je suis capable, me voilà parti avec de grandes considérations philosophiques, les violons, la valse et tout.

Tout était en place pour une nouvelle aquarelle.

Elle est bien bonne.

Jackss a dit…

Bonne soirée, Sueanne

Je restais debout près de la porte. Je ne voulais pas manquer la messagère.

Si le colis est à la douane, je vais prendre un instant pour m'assoeir un peu.

J'ai bien hâte de lire ce livre. Le sujet me passionne de plus en plus. Plutôt sceptique de nature, certains phénomènes commencent à devenir comme des évidences pour moi.

J'ai confiance en ton jugement, la sincérité et tes perceptions. La lecture en sera d'autant plus agréable.

Françoise a dit…

Ma belle-mère a attendu que tous ses enfants soient autour d'elle pour partir, et que sa fille aînée lui dise : "Vas, tu peux partir maintenant..."
J'ai déjà raconté ici ce que j'avais ressenti aussi lorsque ma mère est morte. Je crois à tout cela, à tous ces phénomènes. Mais nous ne sommes pas tous réceptifs de la même façon. Certains ne les perçoivent pas.
Tes textes sont très intéressants, Jackss et m'interpellent beaucoup.
Bonne soirée à toi, et bon dimanche.