jeudi 11 décembre 2008

Cachez ce sein

Cachez ce sein que je ne saurais voir (Tartuffe de Molière)
On veut le meilleur pour nos enfants. On leur souhaite de belles valeurs, du bonheur à l'infini. Un monde sans violence, sans exploitation.

On voudrait qu'ils aient confiance en eux, en l'avenir, en la nature humaine, en nos représentants. Quand on regarde la réalité de tous les jours, on aimerait leur cacher bien des choses. On essait. On ne réussit pas toujours. Et si on réussit, ça ne change pas la réalité.

Personne ne peut faire disparaître tous les images pour 18 ans et plus à télé, sur internet. Personne ne peut faire disparaître la violence au cinéma. On croit parfois, à tort selon moi, qu'on pourrait changer le monde en effaçant des images de nos écrans, de nos têtes.

Il y a quelques années, l'imagination populaire avait été frappée, choquée par un événement. Une adolescente est allée faire une course au dépanneur. Elle n'est jamais revenue. On l'a trouvée morte. La soeur de la victime, désemparée avait fait circuler une pétition à travers le Canada pour demander à nos élus de légiférer contre les scènes de violence à la télé.

Ma fille Véro était alors au secondaire. Lors d'une réunion de parents, la titulaire de la classe de Véro nous avait raconté qu'elle avait donné un travail de français à ses élèves. Il s'agissait d'écrire un texte sur la violence à la télé. De façon unanime, tous les élèves l'avaient dénoncée. Sauf Véro. La prof nous a dit qu'elle avait demandé à Véro de lire son texte devant la classe.

Elle décrivait dans son texte que je lui racontais des histoires depuis qu'elle était jeune. Il y avait des loups, des parents qui égaraient leurs enfants, des soricières méchantes et cruelles. Elle disait qu'il était sain de passer son aggressivité à travers des histoires fictives. Elle ajoutait qu'elle aimait voir avec ses parents des films violents ou d'autres réalités de la vie. Pour elle, ça lui donnait l'occasion de voir que ça existait et d'en parler.

Nous vivons dans une époque où les moyens de communications sont illimités. On ne peut plus effacer la réalité, les différences. Mais je crois que nous n'avons jamais été aussi mal informés. On n'enseigne plus l'histoire comme autrefois. On essaie de la changer pour ne pas offusquer.

On a même vu, encore cette semaine, nos politiciens tenter de faire disparaître le mot Noël de notre vocabulaire. Des citoyens avaient donné un immense sapin de Noël pour être placé devant le parlement. Nos élus parlaient de sapin des fêtes au lieu de sapin de Noël. Je veux voir la réalité telle qu'elle est. Je veux que mes enfants la voient, qu'on leur en parle. Je veux que mes enfants connaissent nos racines, les civilisations qui nous ont précédées. Je veux que les générations futures sachent encore dans 100 ans ce que dire le mot Noël et ce que représentait cette fête dans les siècles passées. Il faut voir, selon moi, regarder en face, apprendre à bien réagir, ne rien renier.


Je ne veux pas jouer au Tartuffe de Molière, je ne veux pas qu'on me cache que la violence existe, qu'un sapin de Noël existe.


Si vous n'aimez pas la musique de Noël, vous aimerez quand même le disque de Noël de Claire Pelletier. J'ai vu son spectacle, Sublime! On y trouve des chansons de Noël du XVIè siècle. S
Mon premier Noël

3 commentaires:

Magenta a dit…

Je suis tout à fait d'accord...
Il y a trop de camouflage de la réalité, la vie n'est pas un jardin de roses...
Les grandes réformes scolaires éliminant le sentiments de compétition entre les élèves. Pourquoi ? Le marché du travail est très compétitif lui.
La desinstitutionnalisation de nos écoles... On se demande à quoi ça rime alors que d'un autre côté, on permet le poignard Djambiya dans les écoles. Faudrait au moins être équitable envers nous-même. Est-ce qu'on pourrait aussi garder nos fêtes, s'il vous plait ?

Et oui, la violence fait partie de nos vies et je crois aussi qu'en la cachant et qu'en évitant d'en parler ça ne donne rien de bon... J'écoute aussi des films de science fiction et de monstre avec mes enfants (j'aime ça quoi que je suis quand même prudente sur les choix) et je leur ai toujours expliqué la différence entre la réalité et la fiction et je n'ai jamais eu de problème, la communication est très importante... Par contre, je suis beaucoup plus réticente quand aux jeux vidéos violents car quand l'enfant joue, il ressent en lui l'adrénaline et là, ça devient plus réel et la part des choses est plus difficile à faire.

Jackss a dit…

Bonjour Magenta,

Je trouve rassurant de savoir que l'on puisse encore penser comme tu le fais.

Comme tu le dis si bien: La vie n'est pas un jardin de roses. On n'a pas le choix, on doit voir la réalité et composer avec elle.

Il y a tellement de tabous, de mots déguisés, de mots maquillés, qu'on en vient à ne plus savoir de quoi on parle.

Quand je travaillais à l'aide social, on parlait au début de pauvres, puis de bien-être social, ensuite d'aide sociale. Jusque là, il y avait une évolution positive des termes. Mais maintenant on parle de prestataires de dernier recours. J'ai hâte de voir le prochain mot.

Comme tu le dis si bien, le marché du travail est compétitif. J'aime bien ton exemple. Il ne faut pas avoir peur de montrer que ça existe. Il faut plonger vite dans la vraie vie pour savoir composer avec la réalité.

On parle d'augmenter la diplomation, réduire le décrochage. C'est beau. Je préférerais qu'on parle d'améliorer le niveau de compétences, les méthodes pour donner le goût d'apprendre.

On a même peur d'utiliser le mot élite comme s'il était mal de penser que certains ont plus de capacités que d'autres.

Comme toi, je suis tout à fait contre les jeux vidéo violents.

Françoise a dit…

Ton texte me rappelle une chanson de Patrick Abrial que j'écoutais lorsque j'étais jeune : "Il ne faut jamais mentir aux enfants"...
Il ne faut pas prendre les enfants pour des imbéciles. Ils devinent d'ailleurs bien souvent les choses, ils ont beaucoup d'intuition.
Alors pourquoi leur mentir ? pour les protéger ? Non, leur dire la vérité, c'est les protéger. Enfin, c'est mon avis...
Bonne soirée, Jackss. Je continue ma lecture.